John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

MENU

Troubles fonctionnels intestinaux Données récentes : mai 1994 - septembre 1996 Volume 4, numéro 1, Janvier - Février 1997

Auteur
Service de gastro-entérologie et nutrition, CHU Rangueil, 31054 Toulouse, France.
  • Mots-clés : troubles fonctionnels digestifs, intestin irritable, sensibilité viscérale, motricité.
  • Page(s) : 59-70
  • Année de parution : 2000

Même si, pour l'instant, aucun Helicobacter coli n'a été découvert au cours de l'IBS (syndrome de l'intestin irritable), la forte prévalence du syndrome et les mystères physiopathologiques qui l'entourent expliquent l'intérêt grandissant des cliniciens et des chercheurs pour cette pathologie fonctionnelle, certes banale, mais souvent difficile à soulager durablement. Au plan physiopathologique, l'étude de l'hypersensibilité est devenue un élément incontournable dans ces recherches et on connaît mieux, aujourd'hui, les méthodes de mesure des seuils sensitifs et le rôle déterminant et modulateur que peuvent jouer l'inflammation, le psychisme et le stress. Cette hypersensibilité viscérale a été constatée à tous les niveaux du tube digestif, de l'oesophage au rectum, mais avec une intensité différente selon la topographie. Cela explique qu'elle puisse s'exprimer au plan clinique sur un organe déterminé permettant de classer théoriquement le malade en fonctionnel « haut » ou « bas », c'est-à-dire en dyspeptique ou colopathe. Cependant, en pratique clinique, l'imprécision et la subjectivité des plaintes digestives sont loin de faciliter la création de sous-groupes typiques et invariables. En effet, l'instabilité temporelle des symptômes fonctionnels rend fréquemment inappropriée et artificielle la séparation classique entre dyspepsie et IBS. Le concept de troubles fonctionnels digestifs (TFD) exprime ainsi la globalité du problème. Au plan thérapeutique, la reconnaissance de cibles pharmacologiques au niveau des afférences viscérales représente un nouvel abord pour traiter les TFD, mais le travail de démembrement est loin d'être terminé. Pour l'instant, la preuve expérimentale de l'efficacité de certaines molécules (agonistes des récepteurs kappa, antagonistes des récepteurs 5-HT3, par exemple) sur les voies nerveuses afférentes est acquise, mais les conditions d'application clinique sont encore loin d'être remplies.