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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Pancréatite chronique : nouveaux concepts dans la prise en charge de la douleur (première partie) Volume 21, numéro 9, Novembre 2014

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
Auteurs
Hôpital Beaujon,
100, boulevard du général Leclerc,
92110 Clichy Cedex France
* Tirés à part

Le traitement de la douleur de la pancréatite chronique (PC) reste difficile, notamment par une insuffisance de la compréhension des mécanismes nociceptifs sous-jacents. Les traitements sont trop souvent fondés sur les modifications anatomiques en dépit de l’absence de corrélation entre les changements morphologiques et l’intensité de la douleur.

La vision actuelle de la douleur n’est plus seulement centrée sur le pancréas et devient également neurobiologique. Dans la PC, de nombreuses études ont montré des altérations des processus nociceptifs, similaires à ce qui est observé dans la douleur neuropathique. En outre, d’autres mécanismes nociceptifs peuvent contribuer à la douleur abdominale qui est probablement le résultat d’une interrelation complexe entre ces différents mécanismes.

Ces mécanismes nociceptifs variant selon les patients, il n’est pas possible de définir une approche unique qui assure un succès thérapeutique chez tous les individus.

Par ailleurs, l’hypothèse du « burn-out » est questionnée par de nombreux travaux, y compris par l’équipe qui en est à l’origine. Ce concept de « burn-out » postule la disparition de la douleur dans le temps avec la progression de l’atrophie du parenchyme de la glande. En fait, il est probable que la douleur puisse persister indéfiniment. Aussi, les cliniciens devraient traiter plus agressivement et plus précocement leurs patients.

Toutes ces nouvelles connaissances impliquent un changement de paradigme dans les stratégies thérapeutiques de la douleur de la PC. En particulier, les traitements devraient tenir compte des mécanismes nociceptifs sous-jacents et une médecine plus personnalisée s’avère nécessaire. Afin que les patients puissent bénéficier du traitement qui leur convient le mieux, il est nécessaire de développer des outils permettant d’identifier le type de mécanisme.