John Libbey Eurotext

Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

Nutrition en oncologie digestive Volume 24, numéro 6, Juin 2017

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3
  • Figure 4

Tableaux

Auteurs
1 Hôpitaux Universitaires de Strasbourg,
Hôpital de Hautepierre, pôle des pathologies digestives, hépatiques et de la transplantation,
service d’hépato-gastroentérologie et d’assistance nutritive,
67098 Strasbourg Cedex, France
2 Unité INSERM 1113,
Laboratoire « Voies de signalisation du développement et du stress cellulaire dans les cancers digestifs et urologiques »,
Université de Strasbourg, Faculté de Médecine, 3 avenue Molière,
67200 Strasbourg, France
3 Fédération de Médecine Translationnelle de Strasbourg,
Université de Strasbourg, Faculté de Médecine,
4 rue Kirschleger, 67085 Strasbourg Cedex, France
* Tirés à part
  • Mots-clés : dénutrition, cancer, immuno-nutrition, chirurgie, nutrition entérale
  • DOI : 10.1684/hpg.2017.1473
  • Page(s) : 595-605
  • Année de parution : 2017

La dénutrition est fréquente en oncologie digestive et concerne près d’un patient sur deux. D’origine multifactorielle (anorexie, hypercatabolisme, effets secondaires des traitements, dysphagie, etc.), elle a un impact négatif sur le pronostic et diminue la tolérance des traitements. Malgré cela, son dépistage et sa prise en charge sont encore trop souvent négligés et doivent donc significativement progresser, plus d’un patient cancéreux dénutri sur dix n’ayant pas de support nutritionnel. Son diagnostic repose sur des paramètres simples, cliniques (poids et taille avec calcul de l’indice de masse corporelle, cinétique de la perte pondérale) et biologiques (albumine plasmatique à interpréter en fonction de l’existence éventuelle d’un syndrome inflammatoire et de son intensité). Les modalités du soutien nutritionnel dépendent de la gravité de la dénutrition, des capacités fonctionnelles du tube digestif et des apports caloriques spontanés du patient. Il est fondé sur les compléments nutritionnels, la nutrition entérale par sonde nasogastrique, par gastrostomie ou jéjunostomie, et enfin sur la nutrition parentérale qui doit être réservée aux seuls cas d’échec de la nutrition entérale ou quand le tube digestif n’est pas fonctionnel. En période préopératoire, le grade nutritionnel du patient est évalué afin de guider le support nutritionnel. Dans tous les cas, une pharmaco-nutrition préopératoire durant 5 à 7 jours est indiquée permettant notamment de réduire significativement le risque de complications infectieuses. Une alimentation orale ou entérale est à reprendre dès que possible en période postopératoire. En cas de radiochimiothérapie, l’objectif du soutien nutritionnel est d’éviter les interruptions de traitement pour mauvaise tolérance. En cas de dénutrition, une nutrition entérale doit être mise en place. En cas de traitement par chimiothérapie, il n’y a pas d’indication à l’utilisation systématique de la nutrition artificielle si les ingesta sont conservés. Enfin, les médicaments orexigènes sont à réserver aux situations palliatives si la perte de poids est préjudiciable au projet de vie du patient ou si l’hypophagie est une plainte forte exprimée par le patient.