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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Les anticorps monoclonaux thérapeutiques : une classe médicamenteuse majeure en pathologie digestive Volume 19, numéro 2, Février 2012

Auteurs
Université François-Rabelais de Tours, CNRS, UMR 7292 (GICC), Service d’hépatogastroentérologie et de cancérologie digestive, CHRU de Tours, Hôpital Trousseau, 37044 Tours Cedex 9, CHRU de Tours, Hôpital Bretonneau, laboratoire d’immunologie, 37044 Tours Cedex 9, CHRU de Tours, Hôpital Bretonneau, laboratoire de pharmaco-toxicologie, 37044 Tours Cedex 9

En plus de 10 ans, les anticorps monoclonaux thérapeutiques ont profondément modifié la thérapeutique dans les principales maladies digestives, comme le cancer colorectal avancé et la maladie de Crohn. Les premiers anticorps monoclonaux étaient murins, et ils se sont révélés peu efficaces et fortement immunogènes. Les progrès considérables réalisés dans le domaine des biotechnologies ont permis le développement d’anticorps monoclonaux de plus en plus humains, c’est-à-dire chimériques, puis humanisés et enfin intégralement humains. Bien que le développement des anticorps monoclonaux soit un processus complexe, et que certains d’entre eux peuvent entraîner des effets indésirables graves, leur apport dans l’arsenal thérapeutique est majeur. Ils ont validé le concept d’immunothérapie passive en clinique et la plupart sont des immunoglobulines de la sous-classe IgG1 avec les mêmes fonctionnalités que les immunoglobulines endogènes. Les immunoglobulines possèdent deux portions Fab capables de se lier chacune avec un seul épitope d’un antigène cible. Les antigènes cibles des anticorps thérapeutiques sont des cytokines circulantes ou des protéines transmembranaires. Un anticorps ne peut en aucun cas cibler l’épitope d’une protéine située uniquement en intracellulaire. En plus des liaisons possibles des portions Fab avec l’antigène cible, la portion Fc de l’anticorps thérapeutique de type IgG a la capacité de se lier à des récepteurs Fcγ ou au complément permettant à cette portion le contrôle de deux fonctions effectrices : respectivement, l’activation de cellules de l’immunité telles que les macrophages et les lymphocytes natural killer (NK) et l’activation de la voie classique du complément. Aujourd’hui, plus d’une vingtaine d’anticorps monoclonaux thérapeutiques sont disponibles dans des indications de plus en plus larges et un grand nombre de nouveaux anticorps est actuellement en développement.