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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Cancer du pancréas localement avancé Volume 24, supplément 2, Juin 2017

Tableaux

Auteurs
1 Institut régional du Cancer de Montpellier (ICM)
208 rue des Apothicaires 34298 Montpellier Cedex 5
France
2 Hôpitaux Universitaires Paris Nord Val de Seine (HUPNVS), Hôpital Beaujon, service d’oncologie digestive, Université Paris 7 – Denis Diderot, INSERM UMR1149, 100 boulevard du Général Leclerc, 92110 Clichy-La-Garenne, France
* Tirés à part

Le cancer du pancréas localement avancé (LA) représente un tiers de ces cancers. Sa prise en charge n’est actuellement pas consensuelle. La gemcitabine, avec une survie médiane de 6 mois, longtemps seule option, fait place à une possibilité de traitement par FOLFIRINOX et gemcitabine-nab-paclitaxel, standards pour les cancers métastatiques et la radiothérapie sont des options non validées. Seules des études rétrospectives évaluent la chimiothérapie et/ou la radiothérapie avec des résultats variables en termes de survies médianes, par le caractère non randomisé de l’étude, ou des caractéristiques de patients hétérogènes (tumeur borderline ou LA). Plusieurs méta-analyses objectivent des médianes de survie dépassant 15 mois. On attend les résultats d’études de phase II évaluant l’association gemcitabine-nab-paclitaxel (LAPACT) et de phase III comparant l’association FOLFIRINOX à la gemcitabine (NEOPAN), qui devraient permettre de répondre à la question de la supériorité de l’association.

La chimioradiothérapie reste controversée, avec les résultats récents du seul essai randomisé de phase III (LAP-07) qui concluaient à l’absence de supériorité de la chimioradiothérapie sur la chimiothérapie mais avec une période sans traitement significativement plus longue.

De nouvelles voies de développement sont en cours, étudiant les mécanismes de résistance à la chimiothérapie, la présence d’une importante stroma-réaction péri-tumorale, les mécanismes tumoraux de blocage du système immunitaire, le séquençage de l’exome et les cellules ou ADN circulants comme biomarqueurs.

La résécabilité après traitement médical d’un cancer LA était non envisageable mais depuis l’avènement des chimiothérapies systémiques plus efficaces dont on dispose depuis cinq ans, c’est devenu un enjeu thérapeutique afin de transformer un traitement supposé palliatif en un traitement d’induction.

En conclusion, le pronostic des cancers LA s’est amélioré avec une survie médiane de 15-16 mois. Optimiser le traitement systémique est probablement la clé de l’amélioration du pronostic à l’aide d’outils pronostiques. Inclure les patients dans les essais thérapeutiques est le moyen de répondre aux interrogations concernant cette forme « intermédiaire » de cancer du pancréas.