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Hépato-Gastro & Oncologie Digestive

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Cancer colorectal : place des chimiothérapies orales Volume 17, numéro spécial 5, Cancer colorectal : acquis thérapeutiques récents

Auteur
Institut de cancérologie, Hôpital privé Jean Mermoz, 55, avenue Jean Mermoz 69008 Lyon

Les seules molécules utilisables par voie orale ayant démontré une efficacité dans le cancer colorectal appartiennent à la famille des fluoropyrimidines dont le chef de file est le 5-fluoro-uracile (5FU). Cet anti-métabolite de type anti-pyrimidique, dont les effets sont modulables par l’acide folinique, est la molécule la plus anciennement utilisée dans le traitement du cancer colorectal. Encore de nos jours, il s’agit de la molécule pivotale utilisée à tous les stades de la maladie soit en monothérapie, soit en association à d’autres antimitotiques ou à des biothérapies. L’administration du 5FU, initialement en bolus, est actuellement réalisée en perfusion prolongée, plus efficace et moins toxique. Pour cela, le recours à une chambre implantable est indispensable, exposant à la survenue non exceptionnelle de complications infectieuses ou thrombotiques. En outre, l’utilisation indispensable d’un infuseur engendre des coûts en matériel et personnel et des contraintes pouvant altérer la qualité de vie des patients. Il est ainsi apparu séduisant de remplacer la perfusion de 5FU par un de ses précurseurs oraux (capécitabine, tégafur-uracile), dans la mesure où les concentrations plasmatiques et/ou tumorales requises en molécules actives se sont avérées globalement similaires à celles obtenues avec les perfusions prolongées de 5FU. Cette équivalence pharmacocinétique, les résultats des essais, des contraintes moindres et une acceptabilité bonne pour les patients ont permis à ces deux précurseurs oraux d’être une alternative valide au 5FU intraveineux pour le traitement du cancer colorectal en situation métastatique ou adjuvante.