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Hématologie

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Une solution à la souffrance des soignants face à la mort : la démarche palliative Volume 20, supplément 1, Mars 2014

Auteurs
GRASPH, service d’hématologie, CHRU Bretonneau, 37044 Tours cedex 1. 2

Une bonne prise en charge des malades en fin de vie et de leurs proches nécessite de prendre en compte de manière satisfaisante les symptômes physiques des malades mais également la souffrance psychologique, sociale et spirituelle de ceux-ci. Si la réponse aux symptômes passe par la formation médicale, la réponse aux autres types de souffrance passe par un accompagnement de qualité, ce qui nécessite pour les soignants écoute, disponibilité, empathie… Nous pensons que les prochaines lignes directrices pour les soins palliatifs seront de mettre en place des structures internes à chaque unité de soins afin de permettre aux soignants (médicaux et paramédicaux) cet accompagnement de qualité en diminuant leur stress et leurs difficultés, partant du constat qu’un accompagnement de qualité ne peut être réalisé par un soignant en souffrance. Après avoir analysé les phases, les conséquences sur la relation-soigné et les causes de l’épuisement professionnel, nous verrons dans le détail les solutions qui peuvent être mises en place au sein des unités de soins et, pour les établissements, au sein des établissements afin de venir en aide à la souffrance des soignants face à la mort. Au sein des unités de soins, si la formation interne sur le thème des soins palliatifs facilite les autres solutions, celles-ci passent par la création d’un projet de soins palliatifs spécifique à la structure de soins concernée et par la création d’espaces de paroles surtout à type de discussions des cas des malades et, en cas de demande, de groupes de paroles. Cela passe aussi par la mise en place d’aides extérieures (ce qui relève d’une démarche de l’institution) nécessaires à la qualité de prise en charge des patients et de leurs proches : référents en soins palliatifs (qui peuvent être intégrés à une Unité mobile de soins palliatifs), psychologues pour les patients et leurs familles et bénévoles-accompagnants qui offriront leur disponibilité pour l’écoute des malades et de leurs familles. Le rôle de ces intervenants extérieurs doit être cependant précisé en a priori au sein du projet de service pour ne pas créer de dysfonctionnement au sein de l’équipe.