John Libbey Eurotext

Hématologie

MENU

Où en sont les indications de l'interleukine-2 en hématologie ? Volume 1, numéro 6, Novembre - Décembre 1995

Auteurs
Unité de transplantation et de thérapie cellulaire, Unité Inserm 119, Institut Paoli-Calmettes, 232, boulevard Sainte-Marguerite, 13273 Marseille Cedex 9.

Les résultats encourageants obtenus grâce aux chimiothérapies intensives chez les patients atteints de leucémies aiguës et de lymphomes ne masquent pas le fait que la plupart des patients succombent encore à l'évolution de la maladie. La greffe de moelle osseuse (GDM) allogénique a permis d'établir que le système immunitaire participait au contrôle des cellules néoplasiques. De ce fait, l'immunothérapie représente une voie intéressante d'investigation thérapeutique. Les techniques de recombinaison génétique ont mis à la disposition de la clinique le principal agent de stimulation des lymphocytes T, l'interleukine-2 (IL-2). L'utilisation in vivo de cette molécule en oncologie s'est accompagnée d'un certain degré d'activité antitumorale clinique. Confortés par des résultats précliniques favorables, des essais cliniques ont donc été entrepris en hématologie : soit dans le cadre de maladies mesurables, en général en échec à la chimiothérapie, soit après GDM autologue, dans une situation de maladie résiduelle. Diverses conclusions peuvent maintenant être avancées : les régimes les plus intensifs s'accompagnent d'une toxicité indéniable, limitant l'impact du traitement. Des protocoles moins intensifs sont en cours d'évaluation. Ces thérapeutiques produisent une très forte stimulation lymphocytaire touchant les différentes sous-populations T et NK, associée au développement d'activités cytolytiques NK et LAK. Sous cette seule thérapeutique, il a été constaté des régressions objectives de maladies mesurables confirmant la sensibilité de certaines leucémies aiguës myéloblastiques (LAM) et lymphomes à un contrôle immunologique. La traduction de cet effet en efficacité antitumorale reste cependant à démontrer. Les résultats des différents essais restent ambigus et parfois contradictoires. Le développement de nouveaux modes d'administration, associé aux possibilités récentes de thérapie cellulaire, peut faire espérer une augmentation de l'activité antitumorale de l'immunothérapie basée sur l'IL-2.