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Hématologie

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Multiples facettes du gène ATRX : des α-thalassémies avec retard mental aux syndromes myéloprolifératifs Volume 12, numéro 4, Juillet-Août 2006

Auteurs
Institut Cochin, département GDPM, faculté de médecine Cochin, 24 rue du faubourg St-Jacques, 75014 Paris
  • Mots-clés : α-thalassémie, ATRX, gène
  • Page(s) : 229-38
  • Année de parution : 2006

Le terme ATRX a été employé initialement en 1990 pour caractériser un retard mental dont le syndrome comportait une α-thalassémie bien qu’aucune anomalie n’ait été détectée au niveau du locus α-globine. L’ensemble des troubles observés a été rapporté aux mutations d’un gène, appelé ATRX, situé sur le bras long du chromosome X. Ce gène de 36 exons couvrant 300 kb code pour une protéine de la famille SNF2 qui comporte deux régions fonctionnellement importantes : une région en doigts de zinc à l’extrémité N-terminale, et un domaine hélicase dans la partie centrale. L’existence de différentes isoformes et d’épissages alternatifs, tant au niveau de la protéine normale que chez les mutants, explique sans doute l’absence de formes nulles qui pourraient être létales. Le mode d’action est encore incomplètement connu. La protéine ATRX est impliquée dans des complexes multimoléculaires et un remodelage chromatinien dont la précision a une importance critique. L’apparition d’une α-thalassémie chez des sujets âgés dans quelques cas de pathologie maligne est de description plus ancienne. Une description systématique d’un syndrome ATMDS, associant myélodysplasie et α-thalassémie remonte à 1978. Là encore, aucune anomalie n’est retrouvée au niveau du locus α-globine, et en 1993 des mutations somatiques du gène ATRX sont mises en évidence. D’autres cas ont été identifiés depuis lors. De façon remarquable, ces mutations clonales, comme celles observées au cours du syndrome inné, sont majoritairement localisées au niveau des zones fonctionnellement importantes du gène ; certaines ont même été observées dans les deux séries. Le phénotype hématologique est toujours, dans ce cas, plus sévère au cours de la forme acquise que de la forme constitutionnelle, comme si le contexte de myélodysplasie amplifiait l’effet délétère des mutations du gène ATRX. Les mécanismes à incriminer sont, là aussi, encore en cours d’étude.