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Hématologie

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L’information aux patients en transfusion sanguine Volume 15, numéro 5, septembre-octobre 2009

Auteurs
Établissement Français du Sang Auvergne-Loire, Saint-Étienne ; Université Jean-Monnet, Faculté de médecine, EA 3064-GIMAP, Saint-Étienne

Une information particulière pour les patients pouvant ou allant être transfusés a été pensée dès les suites de la période sombre de la transfusion (fin des années 1980 et 1990) en France, puis rendue incontournable par la parution d’une circulaire en 1996, sur la prescription d’examens pré- et post-transfusionnels, et enfin obligatoire, bien qu’édictée par voie de circulaire, en 1998, et toujours confirmée depuis. La Loi Kouchner de 2002 n’a donc pas réellement modifié la pratique de l’information délivrée aux patients pour ce qui concerne la transfusion, mais elle en a modifié le contexte et les contours. Tout d’abord, l’information aux patients est devenue une obligation légale ; ensuite, outre l’information, la Loi a prévu la recherche du consentement du patient, lequel doit, bien entendu, être honnêtement éclairé pour codécider, avec le médecin, de son traitement. L’information aux patients, en matière de transfusion, doit impérativement être orale, autant que faire se peut, et être complétée par la remise d’un document. À ce jour, la signature d’un consentement du patient (ou même de récépissé d’information) n’est pas prévue par la législation, alors même que la traçabilité de l’information est exigée : l’ouverture d’un dossier transfusionnel (obligatoire), et surtout sa bonne tenue, ainsi que celle du dossier médical du patient sont les meilleurs garants des étapes de l’information. Des étapes complémentaires seront nécessaires (présence de tiers, courriers aux médecins, etc.). L’information au patient devant être transfusé peut être compliquée dans diverses situations qu’il faudra apprécier et lever à chaque fois que nécessaire (urgence, analphabétisme, défaut de communication verbale, etc.). L’information au patient transfusé peut aussi survenir au milieu d’un grand nombre d’autres informations, dont certaines traumatisantes (annonce d’une maladie grave) : aussi faudra-t-il veiller à l’apporter, en plusieurs temps si nécessaire et de la manière la plus appropriée qui soit. De plus, l’information devra être factuelle – réelle sur les incidents et accidents connus en l’état de l’art, y compris les événements rares mais connus ou « prévisibles » – tout en restant le plus possible dédramatisée (eu égard au risque très faible, par exemple, de contaminations par des virus comme le VIH ou le VHC). L’information au patient et la recherche de son consentement sont des obligations pour le médecin prescripteur, ce qui signifie une nécessaire « bonne » information de ce dernier. Enfin, le domaine de l’information au patient devant être transfusé semble pouvoir bénéficier d’opportunités d’amélioration des pratiques.