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Hématologie

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L’hématologie, précurseur de l’externalisation des traitements anticancéreux vers le domicile ? Volume 22, numéro 2, Mars-Avril 2016

Auteurs
1 Coactis EA 4161, université Lumière Lyon 2, Institut de sciences de l’homme, 14/16 avenue Berthelot, 69363 Lyon Cedex 07
2 CHU Dupuytren, Service d’hématologie clinique et thérapie cellulaire, UMR CNRS 7276, université de Limoges
* Tirés à part

Les traitements médicamenteux contre les cancers et les hémopathies malignes ont fortement évolué ces dernières années, du fait d’un accroissement de la diversité pharmacologique des molécules disponibles, avec notamment une explosion des formes sous-cutanées ou orales. Ces nouvelles galéniques sont à l’origine d’une modification profonde du parcours de soin du patient, au profit du maintien à domicile. Le rapport de la Haute Autorité de santé (HAS), publié début 2015, soulignait la valeur ajoutée pour les patients fragiles, et notamment les enfants, les personnes âgées et les patients en phase avancée, de l’administration des traitements au domicile, en particulier lorsque leur administration est courte (perfusion courte ou administration sous-cutanée). Alors que les industriels pharmaceutiques proposent un nombre croissant d’adaptations galéniques aux thérapeutiques innovantes, privilégiant les formes orales ou sous-cutanées, c’est un véritable challenge auquel doit s’adapter l’ensemble des professionnels de santé, notamment hospitaliers, pour se coordonner et se réorganiser afin de sécuriser prescription, administration, et surveillance de ces nouvelles molécules délivrées en dehors de leur lieu d’exercice. Il s’agit moins, aujourd’hui, de choisir entre hôpital et domicile, que d’organiser une gradation des possibilités de prise en charge, rendant possible l’administration des traitements à domicile lorsque les conditions de qualité des soins le permettent. L’hématologie est considérée par la HAS comme le secteur prioritaire où la chimiothérapie à domicile devrait se développer. Ainsi, que ce soit le souci de la qualité de vie des patients fragilisés par la maladie, ou les possibilités récemment ouvertes par les nouvelles molécules et leurs formes galéniques facilitant l’administration, les conditions semblent réunies pour faire évoluer la répartition de l’administration des chimiothérapies entre l’hôpital et le domicile. Suite à la publication du rapport de la HAS, cet article se propose de faire le point sur les enjeux que représentent ces traitements à domicile pour l’hématologie, les contraintes qu’ils génèrent et les aménagements nécessaires dans la tarification pour lui permettre d’évoluer, en particulier dans le contexte du développement des formes sous-cutanées.