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Hématologie

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L‘érythrovirus B19 en hématologie Volume 9, numéro 5, Septembre-Octobre 2003

Auteurs
Laboratoire d‘hématologie, immunologie et cytogénétique et centre de traitement de l‘hémophilie, hôpital Bicêtre, 78, rue du Général‐Leclerc, 94270 Le Kremlin‐Bicêtre, France

Découvert en 1975, l‘érythrovirus B19 a été reconnu, dans les années suivantes, comme l‘agent responsable de l‘érythroblastopénie aiguë décrite chez les sujets atteints d‘anémie hémolytique chronique et de mégalérythème épidémique. Il s‘agit d‘un virus ubiquitaire, autonome, non enveloppé, constitué de trois protéines dont une seule est cytotoxique. Le récepteur cellulaire est l‘antigène P, porté par de nombreuses cellules permissives, mais la réplication virale n‘a lieu que dans les érythroblastes. La transmission se fait par voie respiratoire, le plus souvent. Plus rarement, elle peut être materno‐fœtale ou par l‘intermédiaire de produits sanguins. Chez le sujet immunocompétent, l‘érythroblastopénie aiguë aggrave ou décompense une situation préexistante d‘hémolyse ; elle est contemporaine de la virémie, traduisant la réplication virale et la lyse des érythroblastes. L‘apparition des anticorps entraîne des manifestations cutanées et souvent articulaires et ces anticorps permettent la clairance du virus. L‘érythroblastopénie peut devenir chronique chez des sujets atteints de déficit immunitaire constitutionnel ou acquis (VIH, chimiothérapie, greffes de cellules souches hématopoïétiques, greffes d‘organes). La primo‐infestation maternelle peut aboutir à une mort fœtale ou à une anasarque. On a également décrit des manifestations articulaires chroniques, hépatiques et auto‐immunes attribuées à l‘EB19. En raison de l‘inefficacité des procédés d‘inactivation virale vis‐à‐vis de ce virus non enveloppé, les hémophiles ont connu une prévalence élevée d‘infection à EB19. La mise à disposition de produits recombinants sans albumine a résolu ce problème. Chez l‘hémophile immunocompétent, l‘infection à EB19 est en règle inapparente ou bénigne. On a cependant évoqué le rôle de l‘EB19 dans l‘aggravation des arthropathies hémophiliques chroniques. Le diagnostic de routine repose sur la sérologie (IgM, puis IgG) et la mise en évidence par PCR de l‘ADN viral dans le sérum ou les tissus. Le traitement repose sur les transfusions si l‘anémie est mal tolérée et sur les immunoglobulines polyvalentes IV en cas d‘infection chronique et d‘immunodépression.