John Libbey Eurotext

Hématologie

MENU

Hyperferritinémie isolée et cataracte à transmission dominante : une association qui se répète Volume 3, numéro 6, Novembre-Décembre 1997

Auteur
  • Page(s) : 565
  • Année de parution : 1998

En 1995, deux équipes, l'une française, l'autre italienne, décrivaient presque simultanément un nouveau syndrome, fait de l'association entre hyperferritinémie héréditaire et cataracte [1, 2]. Dans les deux cas, la description initiale était suivie de l'identification de sa base moléculaire : une mutation au niveau d'un élément de régulation traductionnelle dans la partie 5' du gène de la sous-unité L de la ferritine [3, 4]. Cet IRE (pour iron responsive element) fait partie d'un ensemble coordonné de régulation du métabolisme du fer au niveau des ARNm. Quand le niveau du fer libre intracellulaire est bas, l'IRE de la ferritine fixe spécifiquement une protéine cytoplasmique, l'IRP (pour iron-regulatory protein), laquelle réprime sa traduction et limite l'utilisation et le stockage du fer. En se fixant sur cinq éléments IRE qui existent par ailleurs dans la partie 3' non traduite de l'ARNm du récepteur de la transferrine (TfR), les IRP stabilisent ce messager et stimulent l'absorption du fer. Un fer intracellulaire élevé, en revanche, en modifiant la conformation des IRP, diminue leur affinité pour les IRE et a le résultat inverse. L'élévation de la ferritine est donc normalement un reflet valable des réserves en fer de l'organisme. Le syndrome identifié se caractérise par : 1) la co-existence, avec l'hyperferritinémie, d'un taux de fer sérique normal ou bas, de même que la saturation de la transferrine ; 2) la notion d'une cataracte à transmission dominante ; 3) enfin, par opposition à l'hémochromatose idiopathique, l'absence de toute relation avec le HLA. Il s'agit donc, par perte de l'inhibition normale de la traduction de l'ARNm, d'une dérégulation de la synthèse de la L-ferritine non sensible au fer.