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Hématologie

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Cytokines endogènes et molécules d‘adhésion impliquées dans la mobilisation des cellules souches hématopoïétiques Volume 9, numéro 3, Mai 2003

Auteur
Unité de thérapie cellulaire et Inserm U 553, hôpital Saint‐Louis, 1, avenue Claude‐Vellefaux, 75475 Paris cedex 10, France.

Les mécanismes moléculaires responsables de la redistribution des cellules hématopoïétiques de la moelle vers le sang sont mal connus alors même que des traitements de mobilisation sont utilisés depuis de nombreuses années pour collecter des cellules hématopoïétiques circulantes en vue de greffe. Parmi les facteurs de croissance hématopoïétiques capables d‘induire la mobilisation des cellules hématopoïétiques chez l‘animal et chez l‘homme, c‘est le G‐CSF qui est le plus utilisé en clinique. Selon des arguments expérimentaux qui s‘enrichissent au fil du temps, il semble que ces traitements de mobilisation induisent la production de cytokines endogènes qui, d‘une part, interagissent avec des molécules d‘adhésion (en particulier des intégrines) et, d‘autre part, induisent la production de différentes protéases permettant la migration des cellules souches (CSH) et des progéniteurs hématopoïétiques des niches médullaires vers les sinusoïdes et, de là, vers la circulation. Des molécules d‘adhésion, en particulier les intégrines VLA‐4, VLA‐5 (β 11) et LFA‐1 (β 2) et leurs ligands VCAM‐1 et ICAM‐1\2 mais aussi les sélectines E, P et L et leurs ligands permettent l‘adhésion des cellules hématopoïétiques aux cellules du stroma médullaire et à l‘endothélium sinusoïdal. Des cytokines endogènes coopèrent pour permettre le détachement et la migration des CSH vers la circulation. En particulier, le stem cell factor (SCF), en se fixant à son ligand c‐kit à la surface des CSH, permet la modulation des fonctions des intégrines mais aussi, comme le stromal cell‐derived factor 1 (SDF‐1), induit la sécrétion de métalloprotéinases de la matrice, en particulier MMP‐2 et MMP‐9, par les CSH et les cellules stromales. Ces cytokines sont chimiotactiques pour les CSH qui, notamment, migrent vers les fortes concentrations de SDF‐1. L‘IL‐8 interviendrait en induisant la dégranulation des polynucléaires neutrophiles qui infiltrent la moelle sous traitement par le G‐CSF, libérant ainsi deux sérine protéases, la neutrophile élastase et la cathepsine G ; ces dernières protéolysent les molécules VCAM‐1 qui ancrent les CSH aux cellules stromales. Enfin, des facteurs angiogéniques, dont le VEGF, peuvent mobiliser des CSH et pourraient participer à leur mobilisation ainsi qu‘à celle des angioblastes dans des circonstances physiologiques, comme la réparation tissulaire, ou pathologiques, comme l‘angiogenèse tumorale.