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Hématologie

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Cobalamines : actualisation des données métaboliques, cliniques, diagnostiques et thérapeutiques Volume 2, numéro 2, Mars - Avril 1996

Auteur
Service d'hématologie biologique, hôpital Henri-Mondor, 94010 Créteil.

Les cobalamines (Cbl) sont des coenzymes impliquées chez l'homme dans la synthèse de la méthionine à partir de l'homocystéine et dans la conversion de l'acide méthylmalonique en acide succinique. Les cobalamines sont liées à des protéines à toutes les étapes de leur métabolisme : le facteur intrinsèque (FI), glycoprotéine, permettant l'absorption des cobalamines au niveau iléal via un récepteur spécifique, a été localisé non seulement au niveau des cellules pariétales gastriques mais aussi des glandes salivaires, des cellules G gastriques, des cellules endothéliales. Les haptocorrines (HC), incluant les transcobalamines (TC) I et III, glycoprotéines, identifiées dans la plupart des sécrétions, auraient une action antibactérienne en liant des analogues structuraux des cobalamines, présents dans les aliments et dans l'organisme, et favorisant la prolifération des germes. La TC II, polypeptide synthétisée par des cellules d'origine diverse, intestin, moelle osseuse, endothélium., a un rôle essentiel dans le transfert intracellulaire des cobalamines via un récepteur spécifique. La séquence de l'ADNc et la séquence déduite des aminoacides ont montré des analogies de structure du facteur intrinsèque et des haptocorrines toutes deux localisées sur le chromosome 11, et aussi de la TC II localisée sur le chromosome 22. Les pathologies dues à une carence ou une anomalie métabolique des cobalamines sont habituellement révélées par une anémie macrocytaire mégaloblastique ; elles peuvent se manifester parfois par des troubles neurologiques ou neuropsychiatriques même en l'absence d'anémie ou de macrocytose. Parmi les malabsorptions des cobalamines, la maladie de Biermer est une gastrite atrophique auto-immune associant des auto-anticorps anticellules pariétales spécifiquement dirigés contre la pompe à protons, ATPase H+/K+ ainsi que des auto-anticorps antiFI à une fréquence moindre. La maladie d'Imerslund, malabsorption congénitale des cobalamines, serait due à un défaut d'expression du récepteur à la surface de l'entérocyte par anomalie de structure. Les déficits en TCII responsables d'anémie mégaloblastique néonatale ne présentent pas d'anomalie au niveau du gène, mais une absence de l'ARNm et de la protéine a été notée dans les quelques cas étudiés. Les anomalies d'utilisation intracellulaire des cobalamines par trouble de biosynthèse des formes actives, adénosylCbl et méthylCbl, ont permis de progresser dans l'identification des enzymes impliquées dans cette biosynthèse. Il existe des indicateurs précoces de carences en cobalamines tels que l'élévation de l'acide méthylmalonique et de l'homocystéine dans le sérum ainsi que la baisse de l'holoTC II, fraction de TC II liant les cobalamines circulantes. En thérapeutique, l'hydroxoCbl, mieux retenu dans les tissus, tend à remplacer de plus en plus la cyanoCbl. In vitro, l'hydroxoCbl inhibe l'infection du virus VIH dans les monocytes et les lymphocytes humains normaux et peut être un traitement adjuvant de l'infection par le VIH.