John Libbey Eurotext

Hématologie

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Aspects génétiques, moléculaires et cellulaires du métabolisme du fer Volume 5, numéro 2, Mars - Avril 1999

Auteur
  • Mots-clés : fer, ferritine, frataxine, transporteurs, hémochromatose.
  • Page(s) : 122-32
  • Année de parution : 1999

Des progrès importants ont été accomplis dans la connaissance du métabolisme du fer grâce à la découverte récente, dans la levure ou chez les mammifères, de nouvelles protéines impliquées dans le transport du fer à travers les membranes ou dans la régulation de ce transport. Chez les mammifères, les cellules peuvent acquérir le fer par endocytose du complexe de la transferrine et de son récepteur ou par l’intermédiaire de transporteurs présents à la surface de la membrane plasmique ou recrutés à la membrane de l’endosome et appartenant à la famille Nramp. Une nouvelle molécule HLA de classe I, la protéine HFE dont une mutation est responsable de l’hémochromatose génétique, pourrait contrôler ce transport au niveau de la cellule duodénale. Dans le cytoplasme, le fer transite par un pool de fer libre à l’état d’oxydation Fe(II), qui participe à la régulation de l’expression d’un certain nombre de gènes. Une mutation de la séquence de régulation du gène L ferritine par le fer est responsable d’un syndrome héréditaire associant une élévation de la ferritine sérique et une cataracte de développement précoce, syndrome qu’il ne faut pas confondre avec l’hémochromatose génétique. Dans des proportions qui varient suivant les cellules, le fer libre cytoplasmique est mis en réserve associé à la ferritine, transporté vers la mitochondrie pour participer à la synthèse d’hème ou recyclé vers le plasma. Ce transfert plasmatique nécessite une oxydation en Fe(III), assurée par la céruloplasmine, une oxydase cuivre-dépendante qui existe sous deux formes, une forme circulante et une forme membranaire probablement associée à la cellule duodénale. Le transport du fer à travers la membrane de la mitochondrie se fait par un mécanisme encore non élucidé mais qui pourrait être régulé, du moins dans certains tissus, par la frataxine. Un déficit en frataxine est responsable chez l’homme de l’ataxie de Friedreich et conduit à une cardiomyopathie et une dégénérescence neuronale, probablement par suite d’une accumulation de fer dans la mitochondrie. Des dépôts anormaux de fer s’observent aussi dans les mitochondries des érythroblastes chez les malades atteints d’anémies sidéroblastiques, qu’elles soient génétiques ou acquises.