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Environnement, Risques & Santé

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Usages sociaux des contenants de pesticides chez les cotonculteurs du nord de la Côte d’Ivoire Volume 19, numéro 5, Septembre-Octobre 2020

Illustrations

  • Figure 1

Tableaux

Auteurs
1 Socio-anthropologue de la santé
Chercheur au Laboratoire de santé, nutrition, hygiène (L-SNH)
Centre de recherche pour le développement (CRD)/Université Alassane Ouattara de Bouaké
01 BP V 18 Bouaké 01
Côte d’Ivoire
2 Sociologue de la santé
Maître de recherche au Laboratoire de santé, nutrition, hygiène (L-SNH)
Centre de recherche pour le développement (CRD)/Université Alassane Ouattara de Bouaké
01 BP V 18 Bouaké 01
Côte d’Ivoire
* Tirés à part

Cette étude qualitative a été menée au nord de la Côte d’Ivoire, à 700 km d’Abidjan. Elle vise à décrire et à comprendre les pratiques d’usage des contenants de pesticides à des fins de stockage des denrées alimentaires, chez les cotonculteurs, face aux normes officielles prescrites en la matière. L’étude a consisté à mener des observations et à réaliser des entretiens semi-directifs. Le corpus de données était composé de 23 entretiens réalisés respectivement auprès de cotonculteurs et d’acteurs institutionnels (ministère de l’Agriculture, structures d’encadrement), et de quelques photographies. Les résultats montrent qu’après traitement des cultures, les contenants de pesticides sont utilisés pour le conditionnement de denrées alimentaires dans les ménages. Il s’agit, entre autres, du conditionnement de la sauce, du sel, du beurre de karité pour la consommation et comme pommade, du miel, du lait, de l’eau de boisson, etc. Ces usages s’écartent des normes prescrites (normes de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture [FAO]), selon lesquelles les contenants doivent être collectés pour éviter qu’ils soient réutilisés. Plusieurs logiques, telles que la banalisation des risques, la réduction des dépenses et l’adaptabilité des caractéristiques des contenants aux goûts de l’usager, mais aussi l’insuffisance de formation des paysans et le manque de communication, motivent ces usages. L’utilisation de ces contenants pourrait comporter des risques sanitaires liés à la toxicité résiduelle des pesticides à court, moyen et long termes. L’étude porte ainsi sur un problème majeur de santé publique que soulèvent ces « usages inventés » ou « normatifs » et « socialisés ».