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Environnement, Risques & Santé

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Risques sanitaires associés aux traceurs fluorescents utilisés en hydrologie Volume 6, numéro 6, Novembre-Décembre 2007

Auteurs
École nationale de santé publique (ENSP), Département EGERIES, avenue du professeur Léon Bernard, 35043 Rennes cedex, Eaux de Paris, rue Victor Schoelcher, 75014 Paris, 16, rue Paul Carle, 94600 Choisy

Les traceurs fluorescents sont très utilisés pour déterminer les vitesses d’écoulement de l’eau dans le milieu superficiel ou souterrain en raison d’une facilité de mise en œuvre et d’un coût abordable. Le risque sanitaire pour le consommateur d’eau marquée par ces molécules est cependant mal connu. Peu d’informations sont disponibles quant aux dangers que présentent ces produits et les données toxicologiques sont parfois contradictoires. La caractérisation des expositions par voie orale, seule à considérer, est compliquée. Si le passage du pic de traceur s’approche d’une exposition de type aigu, les concentrations maximales atteintes sont, sauf accident, toujours très faibles. La libération différée d’une fraction du traceur piégé dans le terrain, conduirait plutôt à des expositions de type subchronique. En l’absence de valeur toxicologique de référence pour les différentes molécules, une évaluation quantitative des risques sanitaires n’est pas réalisable. Afin d’établir des recommandations pour l’usage de ces produits l’United States Environmental Protection Agency (US EPA) a appliqué la méthode SAR (structure activity relationship) à ces molécules. L’évaluation montre qu’aucun des traceurs fluorescents ne présente de risque important pour l’homme ou l’environnement aux concentrations utilisées pour ces produits. Le risque sanitaire pour le consommateur est considéré comme négligeable pour un niveau d’exposition correspondant à une concentration dans l’eau inférieure à 1 ou 2 mg/L durant 24 heures. En revanche, une réflexion menée par l’Agence fédérale pour l’environnement allemande et s’appuyant sur les résultats de tests de génotoxicité et d’écotoxicité, conduit à ne pas conseiller l’usage de certaines molécules. Au vu des différentes informations, toutes les molécules paraissent cependant utilisables sans restriction particulière, même si certaines d’entre elles telles que la fluorescéine et les stilbènes paraissent plus anodines que d’autres. Cela n’exclut pas d’adapter la quantité de produit injecté à l’objectif de traçage et de mettre en œuvre si nécessaire des mesures de gestion afin de limiter l’exposition.