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Environnement, Risques & Santé

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Quantification des années de vie perdues attribuables aux expositions chroniques à la pollution atmosphérique urbaine : le cas de Nantes Volume 6, numéro 3, Mai-Juin 2007

Auteurs
Direction régionale des affaires sanitaires et sociales de Bretagne, Cellule interrégionale d’épidémiologie Ouest, 20, rue d’Isly, CS 84224, 35042 Rennes cedex, Institut de veille sanitaire (InVS), Département santé environnement, 12, rue du Val d’Osne, 94415 Saint-Maurice cedex, école nationale de la santé publique (ENSP), Avenue du Pr. Léon Bernard, CS74312, 35043 Rennes cedex
  • Mots-clés : années de vie perdues, effets à long terme, espérance de vie, pollution de l’air, tables de survie
  • DOI : 10.1684/ers.2007.0085
  • Page(s) : 189-97
  • Année de parution : 2007

Position du problème : lors de l’élaboration en France des plans régionaux pour la qualité de l’air, des évaluations de l’impact sanitaire à court terme de la pollution atmosphérique urbaine ont été réalisées à partir de relations exposition-risque issues d’études de séries temporelles. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a suggéré de prendre également en compte les relations exposition-risque issues d’études de cohortes afin d’évaluer l’impact des expositions chroniques et de caractériser l’anticipation des décès attribuables à la pollution atmosphérique. L’article présente la démarche mise en œuvre à Nantes pour caractériser l’impact à long terme de la pollution atmosphérique en nombre d’années de vie perdues en complément à l’évaluation du nombre de décès attribuables. Méthode : la population d’étude est répartie en cohortes de naissance. Pour chaque cohorte, deux courbes de survie sont construites à partir des conditions actuelles de mortalité. La première des courbes est déterminée à partir des niveaux actuels d’exposition à la pollution atmosphérique tandis que la seconde est établie pour des expositions à un niveau de référence plus faible. Les surfaces entre les deux courbes de survie représentent les années de vie dont la perte est attribuable à la pollution atmosphérique urbaine. Résultats : l’impact de la pollution atmosphérique a été évalué de l’ordre de 56 décès anticipés, soit environ 2,0 % des décès parmi les Nantais âgés de plus de 30 ans. Le nombre d’années de vie perdues par cette population a été estimé à 27,2 années en 1999 et 2 388,1 années sur la période 1999-2008. La réduction d’espérance de vie à 30 ans a été évaluée de l’ordre de 0,3 année. Conclusions : après identification et discussion des erreurs et incertitudes, cette étude a confirmé l’existence à Nantes d’un impact sanitaire non négligeable de la pollution atmosphérique et réaffirmé le rôle essentiel des expositions chroniques dans la manifestation de cet impact. La quantification du nombre d’années de vie perdues et de la réduction d’espérance de vie offre, dans le cadre des études locales, des arguments nouveaux pour réfuter l’hypothèse d’un impact sanitaire limité à des décès précipités de personnes en fin de vie. Malgré des niveaux de pollution modérés, les gains sanitaires attendus à Nantes, sont du même ordre de grandeur, voire supérieurs, à ceux évalués dans 9 autres villes franç;aises pour une même réduction des expositions à la pollution atmosphérique.