John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

MENU

Proposition d’une méthode empirique de construction de valeurs toxicologiques de référence pour des effets sensibilisants après une exposition cutanée Volume 7, numéro 4, juillet-août 2008

Auteurs
Institut national de l’environnement et des risques industriels (Ineris), Unité « Évaluation toxicologique des substances chimiques » (ETSC), Département des risques chroniques (DRC), Parc technologique ALATA, 60550 Verneuil-en-Halatte

Actuellement, en France, l’exposition cutanée n’est généralement pas prise en compte dans les évaluations du risque sanitaire pour protéger la population générale. Parmi les six organismes reconnus pour élaborer des valeurs toxicologiques de référence (VTR), aucun n’en propose pour une exposition cutanée. De même, dans le milieu professionnel, aucune méthode n’est vraiment développée pour quantifier les effets induits après une exposition cutanée. Seule la « notation peau » est utilisée ; elle renseigne sur le potentiel d’absorption de la substance. Ainsi, il apparaît intéressant de travailler sur la prise en compte de la voie cutanée dans les évaluations de risque sanitaire et particulièrement sur l’élaboration d’une méthode de construction de VTR pour une exposition cutanée. Un travail de revue bibliographique portant spécifiquement sur les approches empiriques par détermination de facteurs d’ajustement a permis de mettre en évidence la complexité et le nombre important desdits facteurs influençant la voie cutanée. En revanche, l’existence de travaux menés dans le milieu de la cosmétique et ayant pour sujet la quantification des effets sensibilisants après une exposition cutanée permet d’ores et déjà un travail sur l’élaboration d’une méthode de construction de VTR ad hoc. La méthode ainsi proposée est une première approche car elle ne concerne qu’un type d’effet et l’exposition de la peau. De plus, en raison de l’ensemble des éléments influençant la réponse cutanée et la complexité de cette voie, le choix des facteurs d’incertitude reste délicat et sera, sans doute, à rediscuter au fur et à mesure de l’évolution des connaissances, en particulier celles relatives aux approches par modélisation qui se multiplient. Enfin, dans le cadre de la réglementation REACH (Registration, Evaluation and Authorization of Chemicals), de nouveaux tests cutanés seront développés et menés sur de nouvelles substances, ce qui permettra d’obtenir de nouvelles données et d’élargir la méthode proposée aux autres effets induits par la voie cutanée.