John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

Influence des points de concentration en césium‐137 sur la contamination d‘une chaîne alimentaire de type alpin et estimation des doses associées Volume 2, numéro 2, Mars 2003

Auteurs
Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN), Département de protection de l‘environnement, Centre d‘études nucléaires de Cadarache, Bât 153, 13108 St‐Paul‐lez‐Durance <laurent.pourcelotirsn.fr>
  • Mots-clés : chaîne alimentaire ; polluants radioactifs sol ; césium, radioisotope ; contamination radioactive alimentaire ; dosimétrie rayonnement.
  • Page(s) : 112-20
  • Année de parution : 2003

Entre 1999 et 2002, l‘Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a étudié l‘influence des points de concentration de 137Cs des prairies d‘altitude du Mercantour sur la contamination des produits de la chaîne alimentaire alpine (lait, fromage, champignons, baies et gibier) et estimé les doses associées. Les mesures des échantillons prélevés sur une « zone atelier » comportant des points de concentration font apparaître de fortes variabilités de l‘activité des champignons (273‐1165 Bq.kg ‐‐1 frais) et des myrtilles (5‐140 Bq.kg ‐‐1 frais). Même si les niveaux d‘activité de ces échantillons ne sont pas directement imputables aux points de concentration, on ne peut exclure de réaliser une cueillette d‘activité plus élevée si la proportion de champignons ou de baies qui en provient est plus importante. Les activités mesurées dans les muscles de gibier (cerfs, chamois, mouflons et sangliers) sont faibles (quelques Bq.kg ‐1 frais) en regard de la contamination du milieu. Les activités mesurées dans le lait (1,3‐6,2 Bq.L ‐‐1), parmi les plus élevées de France, s‘expliquent par la forte activité moyenne de l‘herbe ( 137Cs ∓ 50 Bq.kg ‐‐1). L‘influence de l‘ingestion d‘herbe provenant des points de concentration (dont l‘activité atteint 800 Bq.kg ‐‐1) sur l‘activité du lait du troupeau est faible, mais pourrait expliquer en partie la variabilité des activités mesurées dans le lait. Les mesures in situ du débit de dose montrent que la contribution du 137Cs au débit de dose ambiant est de 40 %. Néanmoins, la dose associée à un passage ou un séjour de quelques heures sur les points de concentration est faible (quelques micro sieverts). Par ailleurs, en ce qui concerne l‘homme, la dose absorbée résulterait principalement de la consommation d‘une cueillette comportant quelques champignons prélevés sur des points de concentration. Un tel scénario conduit à une dose de l‘ordre de 10 à 100 µSv.