John Libbey Eurotext

Environnement, Risques & Santé

MENU

Étude des effets de l’uranium sur l’intégrité de l’os Volume 17, numéro 1, Janvier-Février 2018

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
  • Figure 3

Tableaux

Auteurs
Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN)
Laboratoire de radiotoxicologie et radiobiologie expérimentale (LRTOX)
31, avenue de la Division Leclerc
92262 Fontenay-aux-Roses Cedex
France
* Tirés à part
  • Mots-clés : microtomographie tridimensionnelle, uranium, contamination chronique, os
  • DOI : 10.1684/ers.2017.1119
  • Page(s) : 31-9
  • Année de parution : 2018

L’uranium naturel est un radionucléide (un métal lourd radioactif) présent naturellement dans l’environnement depuis l’origine de la terre. À cet uranium d’origine naturelle viennent s’ajouter des apports plus récents résultant des activités industrielles et militaires de l’homme, traduisant une dissémination de cette radionucléide dans l’environnement. Après ingestion chronique (alimentation, eau potable), l’uranium est accumulé dans divers organes, et plus particulièrement dans l’os, qui constitue un site préférentiel d’accumulation à long terme et d’une potentielle toxicité due essentiellement à ses propriétés chimio-toxiques. Plusieurs études ont montré que l’exposition à des concentrations élevées d’uranium affecte la croissance osseuse. Néanmoins, on connaît peu les effets de l’exposition chronique à de faibles doses d’uranium sur l’os, en particulier lorsqu’il est ingéré via l’eau de boisson, une des principales voies d’exposition pour le public après contamination de l’environnement. Dans cette étude, les effets d’une exposition chronique à l’uranium naturel via l’eau de boisson sur l’intégrité de l’os et le remodelage osseux ont été analysés. Pour cela des rats ont été contaminés dès la naissance avec différentes concentrations d’uranium naturel (1,5, 10 et 40 mg/L) pendant neuf mois. Afin d’étudier l’impact des modifications du métabolisme osseux susceptibles d’être engendrées par l’uranium sur l’intégrité du tissu osseux, nous avons utilisé pour la première fois la microtomographie tridimensionnelle qui correspond à un microscanner de haute résolution. Après neuf mois de contamination, l’étude des paramètres de micro-architecture a permis de mettre en évidence une diminution significative du diamètre de l’os cortical du fémur chez les rats contaminés dès la naissance, seulement avec la dose de 40 mg/L.

En conclusion, l’ingestion chronique d’uranium à de faibles concentrations est susceptible d’affecter la croissance en largeur de l’os cortical, suggérant un éventuel effet sur la robustesse de l’os. Ces résultats expérimentaux suggèrent ainsi qu’il est important d’apporter une attention particulière aux individus en croissance lors d’une exposition chronique à de faibles doses de ce radionucléide.