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Environnement, Risques & Santé

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Énergie et intolérances environnementales : électro-hypersensibilité, syndrome éolien, qu’en est-il vraiment ? Volume 16, numéro 2, Mars-Avril 2017

Illustrations

  • Figure 1
  • Figure 2
Auteurs
EDF
Service des études médicales
45, rue Kléber
92309 Levallois-Perret cedex
France
* Tirés à part
  • Mots-clés : électro-hypersensibilité, maladie environnementale, troubles somatoformes, champs électromagnétiques, énergie renouvelable
  • DOI : 10.1684/ers.2017.0971
  • Page(s) : 141-50
  • Année de parution : 2017

Dans le contexte actuel des réflexions sur les moyens de production d’énergie dans le cadre de la transition énergétique, les questions d’intolérances environnementales idiopathiques s’invitent largement dans le débat, notamment l’électro-hypersensibilité attribuée aux champs électromagnétiques et le syndrome éolien incriminant les infrasons et sons de basses fréquences émis par les éoliennes industrielles. Cet article tente de faire le point sur chacune de ces deux intolérances, en mettant en exergue leurs différences et leurs similarités.

Si les sources incriminées sont différentes, en revanche les symptômes ressentis, variables et non spécifiques d’une pathologie particulière, sont très similaires. Pour ces deux types de manifestations, aucune définition consensuelle du cas et aucun diagnostic médical n’ont été établis.

Malgré l’absence de critères diagnostiques objectifs, de nombreuses études ont recherché l’existence d’un lien potentiellement causal entre les symptômes et les facteurs environnementaux incriminés, visant à mettre en évidence un éventuel mécanisme sous-jacent plausible, qu’il soit de nature biologique ou psychologique. Pour l’électro-hypersensibilité, si la réalité et parfois la gravité des symptômes ne font pas de doute, aucun lien causal avec les champs électromagnétiques n’est à ce jour démontré. Aucun mécanisme biologique n’apparaît plausible. Pour le syndrome éolien, aucun effet sanitaire direct sur l’appareil auditif ou sur les autres organes imputable aux émissions sonores des éoliennes, dont les basses fréquences et les infrasons, n’a pu être démontré. La gêne tangible fréquemment évoquée est considérée le plus souvent liée à une perception négative des éoliennes en tant que telles. Pour l’un et l’autre syndrome, la piste d’un mécanisme psychologique a été explorée, notamment la recherche d’un effet nocebo. En complément, des études commencent à investiguer le poids du collectif et les aspects sociologiques qui pourraient favoriser l’émergence de ces diverses formes d’intolérances.

Enfin, en termes de prise en charge médicale, l’article s’interroge sur la place de ces intolérances environnementales émergentes par rapport aux manifestations somatomorphes bien connues notamment des médecins internistes.