JLE

Epilepsies

MENU

Représentations socioculturelles de l’épilepsie en milieu scolaire à Bangui en République centrafricaine Volume 21, numéro 3, juillet-août-septembre 2009

Auteurs
Service de neurologie, hôpital de l’Amitié, BP 3183, Bangui, République centrafricaine, Service de psychiatrie, centre national hospitalier universitaire de Bangui, BP 911, Bangui, République centrafricaine, Institut d’épidémiologie neurologique et de neurologie tropicale (EA3174), faculté de médecine, 87025 Limoges cedex, France, Faculté des sciences de la santé, BP 1383, Bangui, République centrafricaine

En République centrafricaine (RCA), les données sur l’épilepsie sont pratiquement inexistantes. Une étude transversale prospective conduite en milieu scolaire a intéressé 1 799 élèves. Les données ont été recueillies par des interviews. La tranche d’âge la plus représentée était celle de 15 à 19 ans avec des âges extrêmes de 10 et 24 ans et une moyenne d’âge de 15,0 ± 2,0 ans. Les garçons étaient plus représentés (64,6 %) que les filles. Cinq des sujets enquêtés étaient épileptiques, soit une prévalence en milieu scolaire de 2,8 ‰ (IC 95 % : 1,0-6,4 ‰). 78,3 % des enquêtés ont déclaré avoir été témoin d’une crise épileptique. Pour 79,7 %, l’épilepsie était une maladie contagieuse. La contamination par la salive était évoquée dans 88,9 % des cas. Quatre-vingt-sept pour cent estimaient qu’un épileptique pouvait poursuivre ses études, 82,3 % estimaient qu’il pouvait exercer un emploi et 80,2 % étaient d’accord pour qu’il puisse se marier. Plus de vingt-huit pour cent (28,8 %) croyaient que l’épilepsie était due à un mauvais sort et 45 % croyaient aux mauvais esprits. Cette étude montre que l’épilepsie est connue en milieu scolaire et que les attitudes des élèves sont encourageantes. Il reste toutefois nécessaire de démystifier cette maladie par le biais de la sensibilisation.