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La résistance du VHB aux analogues nucléos(t)idiques


Virologie. Volume 14, 35-50, juillet 2010, revue

Texte intégral   Summary  

Auteur(s) : Vincent Thibault

Résumé : Les traitements prolongés de l'hépatite B chronique par les antiviraux per os conduisent pratiquement toujours à la sélection de variants viraux de sensibilité diminuée à ces molécules. Les conséquences cliniques de l'échappement au traitement sont parfois dramatiques. Des paramètres liés à l'hôte, telle laréponse immune aux traitements eux-mêmes, telle leur efficacité à contrôler la réplication virale ou au virus, tels son mode de réplication et son organisation génomique expliquent la cinétique d'émergence et la nature même de ces souches résistantes. Pour chaque molécule, à l'exception du ténofovir, des souches portant des mutations spécifiques et dont la sensibilité aux antiviraux est affectée à des degrés divers ont été décrites. Les critères de définition de la résistance doivent être rigoureux afin d'établir formellement un lien entre une situation clinique, des mutations génomiques et une observation de sensibilité in vitro. De nombreux outils aux performances inégales sont disponibles pour la caractérisation de la résistance \; leur emploi judicieux permettra d'éviter la description abusive de variants sans intérêt clinique notable. Grâce à la démonstration d'un lien formel entre la résistance phénotypique et génotypique, le virologue pourra, après séquençage, orienter le clinicien afin qu'il propose le traitement le plus efficace au patient. L'expérience acquise de façon empirique, puis étayée par des études in vitro démontre l'existence de résistances croisées au sein de chaque classe d'antiviraux et la nécessité d'associer au moins deux antiviraux appartenant à deux classes différentes lorsqu'une résistance a émergé. En raison du chevauchement des cadres de lecture génomiques du virus de l'hépatite B (VHB), les variants sélectionnés par les antiviraux portent parfois des modifications sur l'antigène HBs avec des conséquences parfois importantes sur l'antigénicité de cette protéine ou sa capacité à envelopper les virions hors de la cellule. L'ampleur de ce problème pourrait à terme poser des problèmes sur l'efficacité vaccinale. Le faible taux de résistance engendré par les molécules récentes est de bon augure. Le maniement éclairé des molécules disponibles est indispensable pour prévenir l'émergence de nouveaux variants qui seront nécessairement délétères pour une prise en charge optimale de l'hépatite B.

Mots-clés : hépatite B, traitements, résistance, mutations, vaccination

 

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