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Bénéfices histologiques associés au traitement de l'infection virale B. Impact de la virosuppression sur l'amélioration histologique


Virologie. Volume 14, 13-21, juillet 2010, revue

Texte intégral   Summary  

Auteur(s) : Stanislas Pol, Vincent Mallet

Résumé : La sévérité des hépatopathies virales B et la survenue de la cirrhose et de ses complications sont précipitées par la persistance d'une multiplication virale, génératrice de l'activité nécrotico-inflammatoire et responsable d'une morbidité et d'une mortalité importantes liées dans un tiers des cas au carcinome hépatocellulaire, dans un tiers des cas à l'hypertension portale (hémorragie digestive, principalement variqueuse, ascite) et dans un tiers des cas à l'insuffisance hépatique (encéphalopathie, infection du liquide d'ascite). La physiopathogénie immunomédiée explique les approches thérapeutiques combinées qui associent, d'une part, les antiviraux pour réduire l'expression des antigènes viraux, d'autre part, les immunostimulants pour améliorer une lymphocytotoxicité suboptimale et permettre la clairance des hépatocytes infectés. L'objectif du traitement antiviral est dans tous les cas une indétectabilité rapide de l'ADN duvirus de l'hépatite B (VHB) réduisant les risques viraux (résistance/échappement) et hépatiques (complications de la cirrhose). Tout patient ayant une hépatite virale B active et fibrosante et un ADN du VHB détectable (ou des transaminases anormales en dehors de comorbidités) doit recevoir un traitement antiviral efficace et à barrière génétique élevée, c'est-à-dire en 2009 l'entécavir ou le ténofovir. L'inactivation de l'activité inflammatoire histologiquement prouvée après un an de traitement chez presque tous les patients virosupprimés permet une stabilisation de la fibrose puis une réversion. Après plusieurs années de virosuppression, une biopsie hépatique de bonne qualité peut confirmer la réversibilité de la cirrhose attendue à cinq ans chez environ 40 % des patients en l'absence de comorbidités. Ainsi, à chaque étape de l'hépatopathie virale B, la virosuppression, associée aux traitements par interféron ou analogues nucléos(t)idiques, apporte un bénéfice clinique lié à l'inactivation et à l'amélioration histologique : réduction du risque de progression de la fibrose et réversion de la fibrose dans le temps, réduction du risque de complications carcinomateuses ou non carcinomateuses de la cirrhose, réversibilité de la cirrhose. Ces bénéfices ont pour traduction principale un effondrement de la morbidité et de la mortalité liées au VHB chez les patients traités soulignant la nécessité d'un renforcement du dépistage, de l'évaluation de l'impact de l'infection et du traitement des hépatopathies significatives.

Mots-clés : virus de l'hépatite B, cirrhose, analogues nucléos(t)idiques, virosuppression, réversibilité de la fibrose

 

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