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Vaccins préventifs anti-VIH/sida


Virologie. Volume 10, Numéro 3, 193-206, Mai-Juin 2006, Revue

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : MP Girard, B Verrier

Résumé : Un très grand nombre d’essais cliniques de vaccins préventifs contre le VIH/sida a déjà eu lieu depuis la fin des années 1980, dont près de 50 études cliniques de phase I, au moins 2 études de phase II et 2 de phase III. Au total, plus de 16 000 volontaires ont participé à ces essais. Bien que plusieurs épitopes de neutralisation aient été identifiés sur les spicules des glycoprotéines d’enveloppe du virus, aucun des vaccins développés jusqu’ici ne s’est avéré capable d’induire des anticorps à large spectre de neutralisation actifs contre les souches sauvages du virus. Un vaccin sous-unité à base de glycoprotéine gp120, qui a été évalué dans deux études de phase III, l’une aux États-Unis et l’autre en Thaïlande, n’a montré aucun effet protecteur contre l’infection à VIH. On a montré que, dans le modèle du virus de l’immunodéficience simienne (SIV), chez le macaque, la charge virale et la vitesse d’évolution de la maladie sont contrôlées par la réponse des lymphocytes T CD8+ (CTL) des animaux. Cette observation a conduit à développer de nouveaux types de vaccins anti-VIH capables d’induire des réponses d’immunité cellulaire. Les plus avancés parmi ceux-ci sont les vaccins vivants recombinants utilisant pour vecteur le virus de la variole du canari (Alvac), qui est en phase III en Thaïlande, un adénovirus non réplicatif de sérotype 5 (Ad5), qui est en phase II aux États-Unis et aux Antilles, ou la souche atténuée MVA du virus de la vaccine, qui a déjà fait l’objet de nombreuses études de phases I et II. Ces vaccins ont été étudiés soit tels quels, soit après avec primovaccination avec un vaccin ADN plasmidique, dans une stratégie de type prime-boost. De nombreux autres vaccins à base de vecteurs viraux ou bactériens, de pseudo-virions ou de peptides, sont aussi en cours de développement. Jusqu’ici, dans le modèle SIV, aucun de ces types de vaccins n’a protégé le macaque de l’infection consécutive à une épreuve expérimentale, mais la plupart ont permis aux animaux de mieux contrôler leur infection, ce qui se traduit par une réduction significative de leur charge virale et le maintien de leur taux de lymphocytes CD4+ circulants. Ces résultats illustrent un nouveau concept de vaccins antiviraux, celui de vaccins capables, non pas d’empêcher l’infection virale, mais d’en atténuer les conséquences cliniques en contrôlant la réplication du virus au sein de l’organisme. L’efficacité de ces vaccins chez l’homme reste maintenant à déterminer.

Mots-clés : vaccination, sida, VIH, SIV, vaccin vivant recombinant, vaccin sous-unité, étude clinique, anticorps neutralisant, lymphocyte T cytotoxique, charge virale

 

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