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Cette étude montre, pour la première fois, que les cellules du cumulus oophorus sont infectées par le lentivirus ovin et apporte aussi des éléments appuyant le fait que l’ovocyte de brebis contaminé par le lentivirus ovin reste indemne d’infection virale. Cependant, il reste à étudier le mécanisme précis par lequel les ovocytes résistent à l’infection par le lentivirus ovin. Par ailleurs, nous avons démontré que l’élimination complète de l’ensemble des cellules du cumulus entourant les ovocytes, par un procédé enzymatique et mécanique, est une méthode efficace pour générer du matériel génétique indemne de lentivirus ovin, lequel pourrait être utilisé dans les différentes techniques de reproduction. Toutefois, la production d’embryons in vitro suivie par une procédure de transfert embryonnaire peut être utilisée pour introduire des éléments génétiques nouveaux dans un troupeau avec le minimum de risque possible de transmission d’une maladie. Enfin, cette conclusion devrait être confirmée in vivo sur un nombre significatif d’opérations de transferts d’embryons issus de FIV. La dernière étape de cette étude concerne la mise en évidence du rôle protecteur de la zone pellucide, autour de l’embryon, à l’infection par le lentivirus ovin et la recherche de la sensibilité des cellules embryonnaires à l’infection par le lentivirus ovin. P8
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| Date | Traitement | Charge virale VIH (log copies/ml) bDNA, Bayer | Charge virale VHB (log copies/ml) Cobas, Roche | Génotypage LIPA Seéquence |
Mutations sur l’ADN Polymérase du VHB | |
|---|---|---|---|---|---|---|
| Sept 98 | AZT, 3TC, Sqv/rtv | 4,9 | ||||
| Sept 01 | Aucun | 5,2 | 8,5 | A | A | Type sauvage |
| Fév 02 | d4T, 3TC, ddI, Tdf, Lpv/rtv | < 1,7 | 3,1 | A | ND | ND |
| Nov 03 | d4T, 3TC, ddI, Tdf Lpv/rtv | < 1,7 | 4,8 | A | ND | ND |
| Jan 04 | d4T, 3TC, ddI, Tdf, Lpv/rtv | < 1,7 | 7,1 | A | ND | ND |
| Avr 04 | d4T, 3TC, ddI, Tdf, Lpv/rtv | < 1,7 | 9,3 | G | ND | ND |
| Juin 04 | d4T, 3TC, ddI, Tdf, Lpv/rtv | < 1,7 | 9,3 | G | ND | ND |
| Sept 04 | d4T, 3TC, ddI, Tdf, Lpv/rtv | < 1,7 | 9,3 | G | G | M204I, L80I |
| Déc 04 | d4T, 3TC, ddI, Tdf, Lpv/rtv | 1,8 | 6,5 | A/G | G | M204I, L80I |
| Juil 05 | d4T, 3TC, ddI, Tdf, Lpv/rtv | < 1,7 | 5,1 | A/G | G | M204I, L80I |
Comme le montre le tableau ci-dessus, deux souches de VHB de
génotypes différents ont été mises en évidence. Le gène de l’ADN
polymérase de la souche de génotype A est sauvage, alors que celui
de la souche de génotype G porte la mutation M204I, associée à la
résistance à la lamivudine, et la mutation compensatrice sur le
codon 80. La mutation A194T, récemment décrite chez des patients
résistants au TDF, n’a pas été détectée.
Les résultats suggèrent que le patient a été co-infecté ou «
superinfecté » par deux souches de VHB de génotypes différents.
Alors que le génotype A prédominait initialement, le génotype G est
devenu majoritaire probablement sous la pression de sélection
exercée par le traitement et lorsque la réplication virale
réaugmente. La persistance de la réplication du VHB sous TDF, sans
apparition de mutations sur le gène de l’ADN polymérase du VHB,
pourrait suggérer un rôle des génotypes du VHB dans la résistance
au TDF. Les données épidémiologiques récentes montrent que la
prévalence de l’infection par le génotype G est en augmentation
croissante en Amérique du Sud, ce qui suggère que notre patient a
pu être contaminé au cours de ses séjours en Guyane.
Larrat S1, Hilleret MN2, Lupo J1, Nicod S1, Germi R1, Zarski JP2, Seigneurin JM1, Morand P1
1Laboratoire de virologie, CHU, BP 217, 38043
Grenoble Cedex 9 ; 2Département
d’hépatogastro-entérologie, CHU, BP 217, 38043 Grenoble Cedex 9
<SLarrat@chu-grenoble.fr>
Le traitement des hépatites B chroniques par des analogues
nucléosidiques (lamivudine) et/ou nucléotiques adéfovir) constitue
un net progrès thérapeutique mais est compliqué par l’émergence
fréquente de souches du virus de l’hépatite B (VHB) résistantes à
ces antiviraux. Ces résistances sont souvent associées à une
remontée de la charge virale sérique et parfois à des poussées
d’hépatite. De nombreux patients ont bénéficié de séquences
thérapeutiques comprenant de la lamivudine en première intention
relayée par de l’adéfovir lorsque le virus devenait résistant. Chez
ce type de patient, l’évolution de la charge virale VHB et
l’histoire naturelle de l’émergence des souches mutantes
résistantes aux deux antiviraux est mal connue.
Nous décrivons ici le cas d’un patient successivement traité par
lamivudine seule (14 mois) puis, lors de l’apparition de mutations
de résistance à la lamivudine, par bithérapie lamivudine + adéfovir
(15 mois) et enfin par adéfovir en monothérapie (19 mois). Le
traitement actuel comprend la lamivudine et l’adéfovir en
bithérapie depuis un an. Une étude rétrospective par séquençage du
gène de la transcriptase virale inverse et par PCR sélective de la
mutation rtM204V (technique permettant d’augmenter la sensibilité
de détection de la mutation) a été effectuée pour étudier
l’apparition de mutations de résistance aux traitements.
Les résultats, confirmés par Innolipa DR2, montrent que les
mutations de résistance rtM204V, rtN236T et rtA181V à la lamivudine
et à l’adéfovir étaient présentes lors de la réimportation de la
bithérapie. Malgré la présence simultanée de ces trois mutations,
la charge virale de ce patient va se négativer en 1 an environ
(< 6 UI/mL en Taqman Roche) et les transaminases resteront
normales. Sur le dernier sérum dans lequel l’ADN du virus de
l’hépatite B était encore détectable, aucune mutation n’a été
observée.
À notre connaissance, la seule description de l’association de
mutation conférant à la fois une résistance à la lamivudine et à
l’adéfovir correspondait à une construction in vitro
comprenant les mutations rtL180M + rtM204V + rtN236T [Brunelle MN,
Hepatology, 2005]. Ces mutations étaient responsables d’une
augmentation de 58,8 fois de la CI50 de la bithérapie lamivudine +
adéfovir. Les mutations rapportées ici sont différentes (rtM204V +
rtN236T + rtA181V) et on ne sait pas si elles se situent sur la
même souche virale. On constate, néanmoins, la persistance d’une
efficacité clinique et virologique de la bithérapie lamivudine +
adéfovir après 12 mois de traitement. Une étude approfondie de
l’impact de l’association de ces trois résistances sur la capacité
réplicative du virus serait à envisager.
Bessaud M, Pastorino B, Peyrefitte C, Rolland D, Grandadam M, Tolou H
Unité de virologie tropicale, Institut de médecine tropicale
du service de santé des armées, Marseille
<publi.viro@laposte.net>
Le genre Flavivirus regroupe plus de 70 virus dont la plupart
sont des arbovirus. Plusieurs d’entre eux sont des agents
pathogènes humains de première importance responsables dans les
formes les plus graves de manifestations hémorragiques ou
d’encéphalites parfois mortelles. À l’heure actuelle, il n’existe
aucun traitement contre ces virus. Le génome des flavivirus code
une polyprotéine unique, clivée en au moins 10 protéines virales.
Ces clivages, indispensables au déroulement du cycle viral, sont
dus à des protéases cellulaires et au complexe protéasique viral.
Ce dernier, composé de deux protéines virales, NS2B et NS3,
constitue une cible séduisante pour une stratégie antivirale. Notre
objectif est l’identification et la conception d’inhibiteurs de
l’activité du complexe ciblant soit le site catalytique, soit les
domaines impliqués dans l’interaction NS2B/NS3.
Le travail présenté ici concerne l’étude in vitro de
l’activité de la protéase de plusieurs flavivirus choisis selon
plusieurs critères (importance pour la santé humaine, lignage
phylogénétique, groupe sérologique, association à un vecteur). Pour
chaque virus, les domaines de la polyprotéine impliqués dans le
complexe ont été identifiés par analyse de séquences. Différentes
protéines recombinantes regroupant ces domaines ont été purifiées
et leur activité a été caractérisée in vitro.
Nos résultats montrent que les protéases étudiées présentent des
caractéristiques biochimiques communes, mais également certaines
différences qui pourraient entraîner une sensibilité variable aux
inhibiteurs de l’activité protéasique. L’ensemble des protéines
produites constitue un outil actuellement utilisé pour l’étude de
différents aspects de l’activité du complexe NS2B/NS3 tels que la
spécificité de clivage de chaque protéase, la sensibilité à
différents inhibiteurs ou le niveau de conservation des séquences
des domaines d’interaction entre les deux partenaires au sein du
genre Flavivirus.
François C1, Descamps V1, Castelain S1, Brochot E1, Nicolas N1, Duchaussoy I2, Capron D2, Duverlie G1
1Laboratoire de virologie, CHU d’Amiens, UPR CNRS
2511 ; 2Service d’hépatogastro-entérologie, CHU
d’Amiens.
<catherine.francois@u-picardie.fr>
Le traitement de référence actuel de l’hépatite C chronique
associe l’interféron pégylé à la ribavirine. Il reste lourd et
onéreux, non dénué d’effets indésirables parfois sévères avec un
taux d’éradication virale de l’ordre de 50 %, tous génotypes
confondus.
Afin de l’optimiser, nous réalisons une étude du transcriptome
interféron à partir des leucocytes périphériques de patients
atteints d’hépatite C chronique sous traitement. Les prélèvements
sont réalisés avant l’initiation du traitement (J0) et un mois
après la première injection (M1) à l’aide de tubes de prélèvements
contenant un stabilisateur d’ARN. Après extraction des ARN
cellulaires et synthèse d’un ADN complémentaire, l’expression de
100 gènes impliqués dans les défenses antivirales et/ou induits par
l’interféron est mesurée par PCR quantitative en temps réel. Ces
PCR sont réalisées de manière simultanée à J0 et M1, en duplicate,
grâce au système Low Density Array (Applied Biosystems).
Parallèlement, un suivi de la charge virale VHC est réalisé afin de
déterminer l’efficacité du traitement, de même qu’un dosage de
l’interféronémie qui permet de valider le transcriptome
interféron.
Les premiers résultats de cette étude mettent en évidence 31 gènes
dont l’induction est supérieure à 2 fois ; sur ces 31 gènes, 8 sont
induits plus de 10 fois. Parmi ces gènes, on retrouve la protéine
PKR, les protéines Mx et les protéines du système 2-5A synthétases.
Seul IFI27, dont la fonction est inconnue, présente une induction
supérieure à 1000. Ces inductions semblent en outre variables en
fonction des patients (PKR, IRF-7IFI27). Certains gènes sont
induits chez certains patients, alors qu’ils sont réprimés chez
d’autres (indoleamine-pyrrole 2,3 dioxygenase, IRF3). La diversité
des réponses entre les patients suggère que plusieurs voies
effectrices du système interféron peuvent être efficaces pour
obtenir l’éradication virale.
Cette étude pharmacogénétique devrait contribuer à une meilleure
compréhension des mécanismes antiviraux mis en jeu lors du
traitement de l’hépatite C chronique. De plus, elle devrait
permettre la mise au point d’un test précoce permettant de mieux
prédire la réponse au traitement.
Chevalier C1, Saulnier A2, Benureau Y1, Flechet D1, Colbère-Garapin F2, Martin A1
1Unité de génétique moléculaire des virus
respiratoires, CNRS URA 1966 ; 2Laboratoire des virus
entérotropes et stratégies antivirales ; Institut Pasteur,
Paris
<saulnier@pasteur.fr>
L’objectif de ce travail est d’évaluer le potentiel d’une
stratégie antivirale à base de petits ARN interférents (siRNA pour
small interfering RNA) pour traiter l’infection par le virus
de l’hépatite C (VHC). Afin de pallier le manque de modèles
expérimentaux cellulaires et animaux accessibles, l’équipe a
récemment développé un virus chimérique vGB/III (HC), capable
d’infecter des petits primates du Nouveau Monde, chez lesquels il
cause une hépatite, comme le virus parental GBV-B, un virus de la
famille des Flaviviridae très proche du VHC. Le virus
vGB/III (HC) contient le domaine III de la région 5’ non codante
(NC) du VHC, essentiel pour la traduction de la polyprotéine virale
et impliqué dans la réplication du génome viral. Ainsi, nous avons
recherché des siRNA ciblant la séquence du domaine III du VHC dans
le but d’éprouver leur effet inhibiteur sur la multiplication du
virus chimérique vGB/III (HC) dans des hépatocytes primaires en
culture, puis à terme chez l’animal. Une étude préliminaire a
reposé sur l’utilisation de réplicons du VHC qui dirigent
l’expression d’une protéine rapportrice sécrétée dans le surnageant
de culture cellulaire et qui confèrent la résistance cellulaire au
G418. Dans ce système, nous avons identifié quatre siRNA ciblant la
région 5’NC du VHC, qui, lors de cotransfections à de faibles doses
avec le réplicon, réduisent considérablement, voire abolissent la
réplication de l’ARN viral durant les 7 à 14 jours d’observation
post-transfection. Sous pression de sélection du G418 pendant 3
semaines après transfection, les siRNA ont confirmé leur effet
inhibiteur sur la formation de clones cellulaires résistants. Nous
n’avons pas mis en évidence de substitutions nucléotidiques dans
les régions ciblées par les siRNA au sein de l’ARN viral hébergé
dans les clones cellulaires résiduels obtenus après une seule
transfection avec les siRNA. Cependant, pour limiter un échappement
viral potentiel lors de traitements répétés, différentes
combinaisons de siRNA ont été testées et les doses minimales
nécessaires à une extinction de la réplication de l’ARN viral ont
été déterminées. Nous avons également démontré l’effet inhibiteur
des siRNA sur la réplication du réplicon hébergé de façon stable
dans des lignées cellulaires.
En conclusion, le modèle des réplicons du VHC nous a permis
d’identifier des siRNA antiviraux qui éteignent la réplication du
génome viral en culture cellulaire. Leur effet sera prochainement
étudié au cours du cycle viral complet ex vivo, dans des
hépatocytes primaires de primate infectés par le virus chimérique
vGB/III (HC), afin de valider l’effet thérapeutique de siRNA sur
les infections à hepacivirus.
Jeudi 20 avril 2006, 15 h 45 à 17 h
Communications orales O69 à O73
Communications affichées P22 à P45
Thiebeauld O1, Park HS2, Geldreich A1, Spahn CMT3, Keller M1, Ryabova LA1
1Institut de biologie moléculaire des plantes
(CNRS), 12, rue du Général-Zimmer, 67084 Strasbourg Cedex ;
2Département de botanique, Université de Bale, CH 4056
Bale, Suisse ; 3Institu fur Medizinische Physik und
Biophysik Charite-Universitatsmedizin Berlin, Ziegelstrasse 5-9,
10117 Berlin.
<odon.thiebeauld@ibmp-ulp.u-strasbg.fr>
Le virus de la mosaïque du chou-fleur (CaMV), membre type des
Caulimovirus de la famille des Caulimoviridae, est un
pararétrovirus. Sa protéine TAV est codée par un transcrit
monocistronique, contrairement aux autres protéines virales qui le
sont par un transcrit polycistronique. Cette protéine joue un rôle
essentiel dans l’expression des cinq autres protéines du virus, en
activant en trans la réinitiation de la traduction des ORF
correspondants à partir d’un messager polycistronique du CaMV.
Cette transactivation traductionnelle implique l’association de la
protéine TAV avec la machinerie de traduction de la plante hôte.
TAV peut se lier à trois protéines de la sous-unité ribosomique 60S
(L13, L18 et L24) et, à la sous-unité ribosomique 40S en
interagissant avec le facteur d’initiation de la traduction eIF3.
Le criblage d’une banque d’ADNc de la plante hôte Arabidopsis
thaliana a permis d’isoler un autre partenaire cellulaire de
TAV, de fonction inconnue. L’interaction entre TAV et cette
protéine cellulaire a été confirmée in vitro par GST pull
down ; pour cette raison, cette protéine a été dénommée TAV
interacting protein (TAIP).
Des études en protoplastes issus de cellules de tabac BY2
cobombardés par deux clones recombinants codant respectivement pour
les protéines TAV et TAIP montrent une colocalisation de ces deux
protéines dans le cytoplasme. Cette observation suggérait fortement
que la protéine TAIP pourrait être impliquée dans la
transactivation traductionnelle médiée par TAV. Cette hypothèse a
été confirmée par des expériences de transactivation menées en
protoplastes provenant de Nicotiana plumbagnifolia,
cotransfectés avec les deux clones décrits précédemment et un
plasmide codant pour un ARN bicistronique.
L’analyse de la structure tridimensionnelle des deux complexes
ribosomiques impliquant la protéine TAV à savoir 60S-TAV et
80S-eIF3-TAV, permettra de connaître la localisation de la, ou des
molécules de TAV lie (es) à la sous-unité 60S, de même que les
interactions et les changements conformationnels au sein de chaque
complexe ribosomique. Cette analyse se fera par cryomicroscopie
électronique. Parallèlement, nous étudions aussi par cette même
approche, les complexes formés in vitro par les interactions
entre les protéines TAV et TAIP et les sous-unités ribosomiques 60S
et 40S. Cette étude permettra de déterminer si TAIP modifie la
conformation des complexes ribosomiques contenant la protéine TAV
du CaMV.
Jaffrelo L1, Chabas S1, Pflieger A1, Wychovsky C2, Staedel C1, Toulme JJ1
1Unité Inserm U386, Modulation artificielle des
gènes eucaryotes, Université Victor-Segalen Bordeaux 2, 146, rue
Léo-Saignat, 33076 Bordeaux Cedex ; 2Institut Pasteur de
Lille, Institut de biologie de Lille, CNRS-UPR 2511, groupe
Hépatite C, 1 rue du Pr Calmette, BP 447, 59021 Lille Cedex
<jaffrelo@bordeaux.inserm.fr>
La traduction du génome du VHC dépend d’un site d’entrée interne
du ribosome (IRES) localisé dans la région 5’UTR hautement
structurée de l’ARN viral. Quelques facteurs d’origine cellulaire
ou virale capables de moduler l’activité de l’IRES (ITAF :
IRES-transacting factors) ont déjà été identifiés ; cependant, la
régulation de la traduction du VHC est largement méconnue à l’heure
actuelle. Afin d’identifier des éléments régulateurs de la
traduction du VHC, nous avons mis en œuvre une stratégie
combinatoire dans un environnement cellulaire.
Une banque de fragments aléatoires de 100-200 bases du génome du
VHC de génotype 1a a été générée par digestion à la DnaseI et
construite de manière à ce que les fragments puissent être exprimés
sous forme d’ARN sens ou antisens, ou sous forme de peptides. La
banque est introduite sous forme de rétrovirus dans des cellules
cibles HepG2 exprimant de manière stable la HSVTK (Herpes simplex
thymidine kinase) sous la dépendance de l’IRES du VHC. Après
infection par la banque, les cellules sont sélectionnées pendant un
mois par exposition à 140 ? M de ganciclovir (GCV), qui est toxique
pour les cellules exprimant la thymidine kinase. Cependant, les
cellules ayant incorporé un élément de la banque qui soit un
régulateur négatif de l’IRES, deviennent résistantes au GCV. Après
deux tours de sélections au GCV, nous avons isolé 28 clones
HepG2-HSVTK résistant au GCV, desquels nous avons pu récupérer par
PCR les fragments VHC potentiellement actifs, intégrés dans l’ADN
génomique. Ces fragments ont été identifiés par séquençage.
Parmi les 6 éléments VHC majoritaires identifiés au cours de ce
processus de sélection, seuls deux sont capables de reproduire le
phénotype GCV-résistant : un fragment sens localisé dans NS5a et un
autre dans NS5b. Ces fragments sont aussi capables d’inhiber la
traduction IRES-dépendante de la luciférase Renilla, sans affecter
la traduction cap-dépendante de la luciférase Firefly, dans une
construction bicistronique.
Ainsi, ces deux éléments génétiques du VHC sont susceptibles
d’inhiber l’IRES du VHC. Il conviendra de déterminer s’ils agissent
sous forme d’ARN ou de peptide, et de manière directe sur l’IRES,
dans le cadre d’une autorégulation de la traduction du virus, ou
indirectement en séquestrant un ITAF.
ShkreliM, Soubieux D, Kut E, Dambrine G, Rasschaert D
Laboratoire TLVI, UR086, INRA de Tours, 37380 Nouzilly
<shkreli@tours.inra.fr>
La maladie de Marek est caractérisée par le développement de
tumeurs lymphoïdes de type T chez le poulet et la dinde. Son agent
causal, le virus de la maladie de Marek (MDV), est un
alphaherpesvirus. L’identification du gène de la sous-unité ARN
matricielle de la télomérase (TR) au sein du génome du MDV a mis en
évidence un nouvel élément viral potentiellement impliqué dans la
lymphomagenèse associée au MDV. En effet, la télomérase est une
ribonucléoprotéine, composée d’une partie protéique (TERT)
présentant une activité transcriptase inverse, et d’une sous-unité
ARN matricielle (TR). Responsable de l’élongation des télomères
dans les cellules à fort taux de division, la télomérase est
fortement impliquée dans l’immortalisation des cellules lors de
l’oncogenèse.
Une précédente étude menée au laboratoire a montré que la
sous-unité ARN virale de la télomérase (vTR) permet de reconstituer
une activité télomérase in vitro. La première partie du
travail présenté ici consiste en l’étude de la régulation de
l’activité télomérase et de l’expression des partenaires du
complexe télomérasique lors de l’infection par le MDV. Les
résultats obtenus in vivo au cours de l’infection de poulets
par la souche oncogène MDV-RB1-B montrent une augmentation de
l’activité télomérase corrélée à la formation de tumeurs chez le
poulet. De plus, l’analyse de la transcription des gènes relatifs à
la télomérase (vTR, ainsi que les sous-unités cellulaires aviaires
chTR et chTERT) montre que seule l’expression de vTR est augmentée
de façon concomitante avec l’activité télomérase lors de la
tumorogenèse. Ce résultat a ensuite été confirmé in vitro
par l’étude de la fonctionnalité des promoteurs de vTR et chTR
utilisant la luciférase comme gène rapporteur. En effet, le
promoteur de vTR montre une efficacité transcriptionnelle au moins
deux fois plus importante que pour le promoteur de chTR dans les
deux lignées cellulaires aviaires testées (LMH et MSB1). La
fonctionnalité des éléments cis-régulateurs présents dans les
promoteurs de vTR et chTR a ensuite été testée par clonage de
promoteurs mutants en amont du gène de l’enzyme rapporteur
(luciferase firefly). Nous avons ainsi montré que la boîte
TATA-like était nécessaire à l’expression des sous-unités
ARN virale et cellulaire aviaire de la télomérase. Nous avons
ensuite étudié l’implication des éléments cis-régulateurs
spécifiques du promoteur de vTR dans la régulation de son
expression. Les résultats obtenus montrent que dans les deux types
cellulaires testés, la régulation de l’expression de vTR est sous
l’influence de la boîte E localisée deux nucléotides en aval du
site initiateur de transcription. De plus, par surexpression de
l’oncoprotéine c-Myc et par des essais de ChIP, il a été montré que
la transactivation via cette boîte E impliquait
l’oncoprotéine c-Myc.
HammoumiS, Guy M, Bakkali Kassimi L
UMR 1161 INRA-AFSSA-ENVA, 7 avenue du Général-de-Gaulle,
94700 Maisons-Alfort
<shammoumi@vet-alfort.fr>
Dans le but d’évaluer le risque de transmission du virus de
l’EMC de l’animal, en particulier le porc, à l’homme, nous nous
sommes intéressés à l’interaction du virus de l’EMC avec des
cellules humaines avec comme objectif la mise en évidence des
facteurs susceptibles de limiter ou de favoriser cette
transmission. Ainsi nous cherchons à déterminer si la sensibilité
des cellules humaines dépend de la souche virale et/ou de l’origine
tissulaire du phénotype des cellules, à quelle étape du cycle
virale la multiplication du virus est-elle bloquée pour les
cellules insensibles et enfin, quels sont les déterminants viraux
impliqués dans cette restriction.
Les résultats ont montré que les cellules humaines sont
permissives à l’EMCV, notamment des cellules primaires du myocarde
et rénales. Cependant, l’effet cytolytique varie en fonction du
type cellulaire, la multiplication virale étant plus efficace dans
les cardiomyocytes que dans les cellules rénales. En outre, une
variation a également été observée entre les souches. Cette
différence pourrait être expliquée par leur historique de passage
sur cultures cellulaires en laboratoire. En effet, le pouvoir
infectieux, sur les cellules humaines testées, d’une souche
virulente (B279) s’est avéré fortement atténué après plusieurs
passages successifs sur cellules BHK21. Cette diminution du pouvoir
infectieux corrèle avec une diminution de sa capacité d’attachement
sur les cellules humaines. Ces résultats ont également été observés
pour vingt et un variants isolés à partir de la souche atténuée. La
comparaison de la séquence des protéines de capside de ces variants
avec celle de la souche d’origine a permis d’identifier quatre
mutations N12S, N62D, K102E, K231R au niveau de la protéine majeure
de capside VP1. D’après des études de cristallographie de la
capside, les acides aminés 62, 102 et 231 sont situés à la surface
de la particule.
Par des études de mutagenèse à partir d’un clone infectieux, nous
avons montré que la mutation N62 en D62 ne modifie pas le pouvoir
d’attachement du virus sur les cellules humaines. Cependant, cette
mutation induit une diminution du pouvoir infectieux, ce qui
suggère un rôle de cet acide aminé dans une étape ultérieure du
cycle. Par ailleurs, l’analyse de l’interaction de quinze variants
isolés à partir d’une autre souche, 1086C, a permis d’identifier
deux groupes qui diffèrent par leur pouvoir cytolytique et
d’attachement sur les cellules humaines. Les analyses de séquences
de la protéine VP1 ont montré une seule variation au niveau de
l’acide aminé 231 entre les deux groupes. Les clones s’adsorbant
mieux et cytopathogènes portent une lysine alors que les autres
portent une arginine. Par ailleurs, cet acide aminé a été décrit
comme intervenant dans l’attachement aux érythrocytes par une
sialoglycoprotéine, la glycophorine A. Cela suggère un rôle de cet
acide aminé dans l’attachement du virus aux cellules humaines
nucléées via des acides sialiques.
Il en résulte que la sensibilité des cellules humaines à l’EMCV
dépend non seulement de la souche mais également du type
cellulaire, que l’acide aminé 62 de la protéine de capside VP1 ne
jouerait pas de rôle dans l’attachement mais probablement dans
l’internalisation et que la nature de l’acide aminé 231 de la
protéine de capside VP1 a une influence sur l’infection des
cellules humaines : son rôle dans le cycle viral se situerait au
stade de l’attachement. Cette hypothèse est en cours de
vérification par la production de virus muté en position 231 de la
protéine VP1.
Moalic Y, Blanchard Y, Felix H, Jestin A
Unité de génétique virale et biosécurité, Agence française de
sécurité sanitaire des aliments (Afssa)
<y.moalic@afssa.ploufragan.fr>
La capacité du rétrovirus endogène porcin (PERV) à infecter des
cellules humaines in vitro a été démontrée, ce qui suscite
des interrogations sur la biosécurité de greffes utilisant le porc
comme animal donneur et sur le risque zoonotique afférent.
Le PERV, comme tous les rétrovirus, possède un cycle de vie
nécessitant une étape particulière irréversible : l’intégration du
génome proviral dans le génome de la cellule hôte. Le risque
associé à l’étape d’intégration rétrovirale a été clairement
caractérisé par deux cas de leucémies développés lors d’un
programme de thérapie génique utilisant un vecteur rétroviral
appliqué à onze patients. Dans chacun des cas, la maladie a été
causée par la modification de l’expression du proto-oncogène LMO2
suite à l’insertion de la séquence thérapeutique en amont de ce
gène. Le risque rétroviral dépend donc du site d’intégration dans
le génome et des éventuelles modifications de l’expression des
gènes qui en découlent.
Dans le but d’étudier le risque lié à l’intégration du PERV dans
le génome humain, nous avons entrepris de caractériser le profil
d’intégration du génome proviral du PERV dans une lignée cellulaire
humaine in vitro.
La recherche des sites d’intégration du PERV a été réalisée au
cours d’une cinétique d’infection de la lignée HEK293. L’inoculum
viral utilisé est un surnageant de culture de la lignée porcine
PK15 infectée. Une stratégie de capture de séquences a été définie
: L’ADN génomique cellulaire subit une LM-PCR après digestion par
une l’endonucléase MseI, les fragments d’intérêts PERV/humain
amplifiés sont ensuite purifiés sur billes magnétiques par couplage
biotine-streptavidine, puis amplification par nested-PCR.
Les produits de PCR obtenus sont purifiés sur colonne avant
séquençage. Trois critères ont été retenus pour caractériser une
insertion : 1) une séquence hybride PERV/humain, 2) la présence du
dinucléotide CA caractéristique de l’intégration à l’extrémité 3’
du génome proviral et 3) une homologie des séquences humaines
supérieur à 95 % avec celles contenues dans les banques de données.
À ce jour, 191 sites d’intégration du PERV dans le génome de la
lignée cellulaire humaine HEK-293 ont été caractérisés 15 jours
post-infection.
Dans un premier temps, l’analyse a porté sur l’identification des
zones d’intégration préférentielles : 1) les sites d’intégration
sont répartis de façon homogène sur les différents chromosomes, 2)
43,5 % des sites d’intégration sont localisés dans les unités de
transcription (TU) et 3) les zones proches (+/- 5 kb) des îlots CpG
et des extrémités 5’ des TU sont préférentielles (5.5 fois et 15
fois supérieur à une intégration aléatoire). Dans un second temps,
la recherche d’une séquence consensus d’intégration, par l’étude
statistique des bases encadrant les zones d’intégration, a été
menée et permet de visualiser un palindrome statistique de 8
nucléotides spécifique au PERV : « TGGTACCA ». Comparé aux autres
rétrovirus (MLV, HIV, SIV, ASLV), il apparaît que le profil
d’intégration du PERV est comparable à celui du MLV avec un biais
marqué envers les zones proches des îlots CpG et des extrémités
5’des TU.
L’étude du profil d’intégration du PERV a, ainsi, permis de
souligner des similitudes entre deux rétrovirus le PERV et le MLV ;
tout en relevant des différences. L’analyse des sites d’intégration
du PERV dans une cellule humaine sera poursuivie par l’étude de
l’activité transcriptionnelle des gènes à partir : 1) de données
disponibles dans les banques et 2) des données de l’analyse du
transcriptome des cellules infectées par le PERV.
Jeudi 20 avril 2006, 15 h 45 à 17 h
Communications orales O74 à O78
Communications affichées P79 à P95
Roche S, Bressanelli S, Rey FA, Lepault J, Gaudin Y
Laboratoire de virologie moléculaire et structurale,
CNRS-INRA UMR 2472, 1 avenue de la Terrasse, 91198 Gif-sur-Yvette
Cedex
<roche@vms.cnrs-gif.fr>
La glycoprotéine G du virus de la stomatite vésiculaire (VSV)
est constituée de trois monomères de 63 kDa et joue un rôle lors de
la reconnaissance du récepteur du virus, ainsi que lors du
processus de fusion entre les membranes virales et cellulaires. Un
abaissement du pH déclenche une série de réarrangements structuraux
de G qui vont conduire à la fusion. Trois conformations ont été
décrites jusqu’à présent : la forme native (N), présente à la
surface du virus à pH 7 ou plus, la forme activée (A) hydrophobe
sous laquelle G va s’ancrer à la membrane cible pour induire le
processus de fusion et la forme inactivée (I) plus stable à pH. Il
existe un équilibre dépendant du pH entre ces différentes
conformations. La transition vers la forme inactivée est donc
réversible, contrairement à ce qui est observé avec les protéines
fusogènes des autres familles virales. Cela indique également que
la forme native n’est pas métastable.
Par protéolyse ménagée, nous avons isolé un ectodomaine soluble de
la glycoprotéine de VSV-Indiana. Ce fragment EctG conserve les
propriétés biochimiques de la protéine entière (état oligomérique,
capacité à changer de conformation en fonction du pH, capacité à se
lier aux membranes à pH acide). Il a pu être cristallisé dans de
nombreuses formes cristallines à des résolutions allant jusqu’à 2,5
Å. Ces cristaux nous ont permis de résoudre la structure de EctG à
la fois sous les conformations neutres et acides.
Ces structures révèlent la localisation du peptide de fusion de G,
l’amplitude du changement de conformation à pH acide et permettent
de comprendre les bases moléculaires de la réversibilité. De plus,
elles prouvent de manière définitive que G est différente de toutes
les autres protéines fusogènes décrites à ce jour.
Gosselin-Grenet AS, Roux L
Département de microbiologie et médecine moléculaire, Centre médical universitaire, Genève, Suisse. <anne-sophie.gosselin@medecine.unige.ch>
Pour faciliter leur bourgeonnement, de nombreux virus enveloppés
détournent la machinerie de la cellule hôte, et notamment la voie
cellulaire impliquée dans la formation des corps multivésiculaires
(MVB). Les rétrovirus, par exemple, peuvent rediriger cette
machinerie à la membrane plasmique ou bourgeonner directement à
partir des MVB et quitter la cellule par la voie d’exocytose.
L’interaction avec les MVB se fait par l’intermédiaire d’un domaine
dit ’late’, présent dans la protéine de matrice.
Pour le virus de Sendai, prototype de la sous-famille des
Paramyxovirinae, il est généralement admis que l’assemblage
et le bourgeonnement se déroulent à la membrane plasmique, où les
deux glycoprotéines virales HN (hémagglutinine-neuraminidase) et F
(fusion) sont ancrées dans la bicouche lipidique. La protéine de
matrice M, qui forme un feuillet sur la face interne de la membrane
plasmique, rassemblerait les glycoprotéines de surface et la
nucléocapside reconnaîtrait cette portion de la membrane enrichie
en protéines virales. Les virions bourgeonneraient ensuite à partir
de la membrane plasmique. Aucun motif late traditionnel n’a
été à ce jour identifié dans la protéine M de Sendai. Mais les
protéines virales C, dite « accessoires », ont été rapportées
interagir avec AIP1/Alix, une protéine faisant partie de complexes
actifs dans les MVB [Sakaguchi T et al., 2005].
Nous avons donc cherché à déterminer si le virus de Sendai
utilisait malgré tout la voie des MVB lors de l’étape du
bourgeonnement et/ou si les MVB pouvaient également être un site
d’assemblage menant au bourgeonnement. Pour cela, nous avons mesuré
la production virale dans les conditions où l’expression d’Alix est
inhibée par un siRNA spécifique. Nous avons également étudié si le
bourgeonnement du virus était sensible à l’expression d’un mutant
dominant négatif de VPS4A, une ATPase impliquée dans la voie de
formation des vésicules endosomales dont l’activité peut se révéler
essentielle au moment du détachement du bourgeon viral. Par
ailleurs, afin de préciser le site d’assemblage du virus de Sendai,
nous avons utilisé des virus recombinants dont la glycoprotéine HN
est mutée et n’est pas incorporée dans les particules virales, bien
qu’elle soit exprimée à la surface de la cellule. Nous avons
notamment suivi par immunofluorescence la distribution cellulaire
et le devenir de la protéine mutée en comparaison avec la protéine
sauvage. Les résultats obtenus seront présentés.
Ternois F1, Sticht J2, Duquerroy S1,3, Kräusslich HG2, Rey FA1,3
1Laboratoire de virologie moléculaire et
structurale, UMR 2472/1157 CNRS-INRA et IFR 115, avenue de la
Terrasse, 91198 Gif-sur-Yvette Cedex ; 2Department of
Virology, Universitätsklinikum Heidelberg, 69120 Heidelberg,
Germany ; 2Département de Virologie, Institut Pasteur,
25 rue du Dr Roux, 75015 Paris.
<ternois@vms.cnrs-gif.fr>
Après assemblage sous la membrane cytoplasmique de la cellule hôte, les virions de VIH1 bourgeonnent sous la forme de particules immatures et sphériques. Ce processus d’assemblage est régulé par les interactions entre les polyprotéines de Gag. La maturation protéolytique de Gag dans le virion conduit à la formation des particules matures, contenant une capside conique caractéristique des lentivirus. Le domaine C-terminal de la protéine de capside du VIH1 (C-CA), structure globulaire à quatre hélices α, forme un dimère et contient des déterminants d’oligomérisation essentiels pour l’assemblage de ces particules. Ce travail présente la structure cristalline à 1,7 Å de résolution de C-CA en complexe avec un peptide capable d’inhiber l’assemblage in vitro des particules pseudovirales immatures et matures. Le peptide, qui forme une hélice α, s’insère dans un sillon hydrophobe de C-CA, formant ainsi une structure compacte à cinq hélices. Le peptide inhibiteur modifie les interactions dimériques et aboli la formation des particules. Cette structure met en évidence un nouveau site réactif dans la protéine de capside du VIH, cible potentielle pour une nouvelle thérapie antivirale.
Komla-Soukha I, Sureau C
Laboratoire de virologie moléculaire, INTS, 6 rue
Alexandre-Cabanel, 75739 Paris Cedex15
<ikomla@ints.fr>
Le virus de l’hépatite Delta (HDV) est un agent sous-viral,
satellite occasionnel du virus de l’hépatite B (HBV). Dans un
hépatocyte humain infecté, le génome, un ARN circulaire de petite
taille, peut se répliquer en l’absence d’HBV. Il s’associe à de
multiples copies de la protéine delta (seule protéine codée par le
génome HDV) présente sous deux formes : la protéine S-HDV impliquée
dans la réplication du génome et la protéine L-HDV nécessaire à
l’assemblage des virions. Il se forme alors des ribonucléoprotéines
(RNP) qui ne quitteront la cellule, sous forme de virions
enveloppés, que grâce au système d’export fourni par le virus
auxiliaire HBV.
Le HBV, prototype de la famille des Hepadnaviridae, est un
virus à ADN enveloppé dont l’export est dirigé par la petite
protéine d’enveloppe S, seule responsable de la dynamique de
bourgeonnement. Cette protéine forme des agrégats qui bourgeonnent
spontanément dans la lumière du réticulum endoplasmique sous forme
de particules sous-virales lipoprotéiques appelées particules HBs.
Ce mécanisme d’auto-bourgeonnement est extrêmement efficace et joue
un rôle central dans la fonction d’auxiliaire qu’exerce HBV pour
HDV.
Nous nous intéressons à l’analyse moléculaire de l’enveloppement
de la RNP HDV en recherchant, sur les protéines S-HBV et L-HDV, les
déterminants aminoacides impliqués dans la morphogenèse de la
particule HDV.
En premier lieu, nous avons montré que la substitution par une
thréonine de l’asparagine à la position 146 (conduisant à un mutant
S non glycosylé) conserve la capacité de S-HBV à interagir avec la
protéine L-HDV alors que la substitution par une phénylalanine du
tryptophane à la position 196 ne permet plus cette interaction.
Ensuite, nous avons examiné le rôle des nombreux résidus
tryptophanes de la région carboxyterminale de S-HBV et avons mis en
évidence l’importance des résidus tryptophanes 196, 199 et 201 dans
l’interaction avec la protéine L-HDV. Puis, par des expériences
d’enveloppement de protéines GFP-L-HDV par la protéine S-HBV, nous
montrons que les 19 résidus carboxyterminaux de L-HDV sont
suffisants pour l’enveloppement par S-HBV, mais que les résidus
situés juste en amont de cette région et appartenant à la fois à la
S-HDV et à la L-HDV facilitent l’export des particules HDV.
Squires G, Pous J, Bressanelli S, Rozas-Dennis GS, Costabel MD, Navaza J, Guérin DMA, Rey FA
Laboratoire de virologie moléculaire et structurale, CNRS,
bâtiment 14, 1, avenue de la Terrasse, 91190 Gif-sur-Yvette
<squires@vms.cnrs-gif.fr>
TrV est un virus non enveloppé dont le génome est composé d’un
ARN simple brin positif. Il possède trois protéines de capside
différentes chacune d’un poids d’environ 30 kDa et le diamètre de
la capside icosaédrique est d’environ 30 nm. Tout d’abord classé
comme un « picorna-like » virus compte tenu de sa similarité dans
la composition et la taille de leurs protéines de capside et des
propriétés biophysiques de leur génome d’ARN, TrV a ensuite été
classé comme un membre appartenant à la famille des
Dicistroviridae et au genre Cripavirus une fois sa
séquence nucléotidique complètement déterminée. Médicalement, c’est
un virus important dans la mesure où il est un agent de contrôle
potentiel des triatomines, les insectes qui sont les vecteurs de la
maladie de Chagas, endémique dans 21 pays d’Amérique du Sud.
Sa structure cristallographique a été déterminée par remplacement
moléculaire à 2,5 Å de résolution, à partir de celle d’un virus
homologue, le virus de la paralysie du grillon (CrPV), malgré la
faible identité de séquence (26 %). Les comparaisons détaillées des
picorna-like de plantes, des picornavirus de mammifères et des
cripavirus démontrent clairement que les capsides sont reliées dans
l’évolution tandis que la sophistication des capsides reflète
directement la complexité des cycles de vie des virus.
Decouche V1, Squires G1, Chevalier C2, Da Costa B2, Delmas B2, Bressanelli S1
1Unité mixte de recherche 2472 CNRS-INRA Virologie
moléculaire et structurale, 1, avenue de la terrasse, 91190
Gif-sur-Yvette ; 2Unité de Virologie et Immunologie
Moléculaires, INRA, Domaine de Vilvert, 78350 Jouy-en-Josas.
<decouche@vms.cnrs-gif.fr>
Bien que la capside virale de l’IBDV soit de mieux en mieux
décrite, les mécanismes exacts de son assemblage restent
hypothétiques. Trois protéines forment la capside de ce virus non
enveloppé, VP2 en est la protéine majeure (sous forme de trimères
en surface du virion), VP3 est localisée sous VP2 et tient un rôle
central dans l’orchestration de l’encapsidation, VP1 est l’ARN
polymérase ARN-dépendante virale et en interagissant avec VP3, elle
permet l’encapsidation du génome viral auquel elle peut se lier
covalement.
Lors de l’assemblage, VP1 et VP3 doivent d’abord interagir pour
que cette dernière soit activée et puisse interagir à son tour avec
pVP2 (précurseur de VP2). Les interactions VP3/pVP2 sont
nécessaires à l’émergence de la forme mature VP2 (clivage d’un
peptide de pVP2 en C-term), induisant un assemblage correct de la
capside.
Notre étude s’attache à déterminer la nature des interactions
entre VP1 et VP3. Dans un premier temps on produit et on purifie
les protéines virales VP1 et VP3. Une fois les deux protéines
purifiées, nous procédons à la formation et à la caractérisation du
complexe VP1-VP3. Des essais de cristallisation du complexe sont
par ailleurs envisageables. Leur production se fait en système
baculovirus. Pour chaque protéine, deux baculovirus recombinants
ont été préparés, comportant ou non une queue polyhistidine en
N-term. La purification de ces protéines s’opère sur colonne de
nickel. Pour vérifier la formation du complexe VP1-VP3, on procède
également à la purification de celui-ci en ne faisant exprimer qu’à
une des deux espèces protéiques une queue polyhistidine en C-term.
Dans la même optique, on fait passer dans une colonne d’exclusion
de taille VP1 ou VP3, déjà purifiées, puis les deux en même temps
afin d’évaluer la taille du complexe. Il apparaît qu’il y a bien
formation du complexe VP1-VP3 in vitro et que des essais de
cristallisation sont envisageables. Au moment où ce résumé est
soumis, la caractérisation du complexe (stœchiométrie et affinité)
est en cours et les essais de cristallisation vont commencer.
Gérard F1, RAMOS CHI2, Jamin M2, Ruigrok RWH2
1Institut de virologie moléculaire et structurale
(IVMS, FRE2854 CNRS-UJF), 6, rue Jules Horowitz, BP 181, 38042
Grenoble Cedex 9 ; 2Centro de Biologia Molecular
Estrutural, Laboratorio Nacional de Luz Sincroton, PO Box 6192,
Campinas SP, 13084-971, Brazil
<fgerard@embl-grenoble.fr>
Le virus de la stomatite vésiculaire (VSV) est un virus
enveloppé, non segmenté, dont le génome est composé d’une seule
molécule d’ARN simple brin de polarité négative, opposée à celle de
l’ARNm, qui code pour 5 protéines virales. Le VSV sert de modèle
pour l’étude de la multiplication des virus appartenant à l’ordre
des Mononegavirales. L’ARN polymérase ARN-dépendante virale (L)
n’est pas active sur l’ARN nu, mais nécessite une matrice formée
par l’ARN et la nucléoprotéine virale (N). La polymérase virale est
fixée sur la matrice N-ARN par l’intermédiaire de la
phosphoprotéine (P).
La protéine P a deux rôles majoritaires : elle est un cofacteur de
l’ARN polymérase ARN-dépendante virale (L) et chaperonne la
nucléoprotéine (N). La phosphorylation cette protéine par la
caséine kinase II (CKII) semble induire son oligomérisation et
serait nécessaire pour la transcription et la réplication du génome
viral. Il a été montré que l’oligomérisation de la protéine P est
nécessaire pour la fixation de N et L. Toutefois, la stœchiométrie
des homopolymères formés par la protéine P, leur structure et leur
rôle exact dans les processus de transcription et de réplication,
n’est pas clair : il a été proposé, par l’utilisation de méthodes
différentes, que la protéine P forme des tétramères ou encore des
trimères.
Nous avons entrepris une caractérisation biochimique, biophysique
et structurale de la phosphoprotéine P du VSV. Pour cela nous avons
exprimé la protéine P recombinante dans deux systèmes d’expression
différents : le système baculovirus/cellules d’insectes où la
purification de la protéine native a été mise au point, ainsi que
le système bactérien où la protéine native a été purifiée grâce à
une étiquette histidine. Dans ces deux systèmes, la protéine P
obtenue après purification est tronquée de 5 à 14 résidus du côté
N-terminal.
L’utilisation de diffusion de lumière statique couplée à la
chromatographie d’exclusion de taille (Sec-Malls :
size-exclusion chromatography - multi-angle laser light
scattering) et réfractométrie, nous a permis de déterminer
l’état d’oligomérisation de la phosphoprotéine en solution. La
détermination de la masse moléculaire de la protéine P en solution
a révélé qu’elle existait essentiellement sous la forme de dimères.
Le rayon hydrodynamique de 5,4 nm de ce dimère indique que la
protéine P a une forme non-globulaire.
Les méthodes d’analyses biophysiques (dichroïsme circulaire et
fluorescence intrinsèque des tryptophanes) de la stabilité de la
protéine P (expériences de dénaturation chimique (urée) à
l’équilibre) suggère qu’une partie de la séquence (environ 60
acides aminés) acquiert une structure tertiaire. Couplé à l’analyse
bio-informatique, nous mettons en évidence que la protéine P de VSV
pourrait faire partie des protéines intrinsèquement désordonnées
(IPD : intrinsically disordered proteins), dont l’importance
a été mise en évidence récemment [Gerard et al., en
préparation].
Morin B1, Bourhis JM1, Belle V2, Woustra M2, Carrière F3, Guigliarelli B2, Canard B1, Fournel A2, Longhi S1
1AFMB : Architecture et fonction des
macromolécules biologiques, Département Réplication virale :
structure, mécanismes, et drug-design, UMR6098, CNRS, Université de
Provence, Université de la Méditerranée, Parc scientifique et
technologique de Luminy, Case 925, 163 avenue de Luminy, 13288
Marseille Cedex 09 ; 2Bioénergétique et ingénierie des
protéines, UPR 9036 CNRS, 31 chemin Joseph-Aiguier, 13402 Marseille
Cedex ; 3Enzymologie interfaciale et physiologie de la
lipolyse, UPR 9025, 31 chemin Joseph-Aiguier, 13402 Marseille
Cedex
<Jean-Marie. Bourhis@afmb.univ-mrs.fr>
Le virus de la rougeole est un agent pathogène humain majeur qui
appartient à l’ordre des Mononegavirales. Son génome, constitué par
de l’ARN à simple brin, non segmenté et de polarité négative, est
encapsidé par la nucléoprotéine (N) pour former une nucléocapside
hélicoïdale. Les Mononegavirales utilisent ce complexe comme
matrice pour la transcription et la réplication. Ces dernières
réactions sont effectuées par l’ARN-polymérase ARN-dépendante, qui
est un complexe constitué par le produit du gène L et la
phosphoprotéine (P).
N possède un domaine C-terminal (NTAIL, aa 401-525) qui est
intrinsèquement désordonné et qui subit un repliement induit lors
de l’interaction avec le domaine C-terminal (XD, aa 459-507) de P.
Au sein de NTAIL, nous avons identifié un alpha-MoRE (molecular
recognition element, aa 488-499) impliqué dans la transition
alpha-hélicale et un site additionnel (Box3, aa 517-525) également
impliqué dans l’interaction avec XD.
La technique du marquage de spin consiste à introduire un
radical nitroxyde en un site déterminé de la protéine. Cette sonde
paramagnétique est observée à l’aide de la spectroscopie de
résonance paramagnétique électronique (RPE). La mobilité de la
sonde reflète la mobilité locale des résidus dans l’environnement
proche. Dans le but d’obtenir des informations sur l’implication de
résidus spécifiques de NTAIL lors de l’interaction avec ses
partenaires, nous avons utilisé la technique du marquage de
spin.
Pour cela, nous avons ciblé trois sites au sein de NTAIL,
correspondant à des régions conservées chez les nucléoprotéines des
morbillivirus, à savoir la Box1 (aa 401-420), l’alpha-MoRE (aa
489-499) et la Box3 (aa 517-525). Le radical nitroxyde se liant de
façon covalente à la fonction thiol, nous avons introduit par
mutagenèse dirigée trois résidus cystéine uniques dans les
positions 407, 488 et 517. Après purification de ces trois variants
et fixation covalente du radical nitroxyde sur la chaîne latérale
des résidus cystéine, nous avons étudié, à travers les spectres
RPE, les variations de mobilité de la sonde paramagnétique en
présence soit de trifluoroéthanol (TFE) (un inducteur de structure
secondaire), soit de XD.
Nous avons observé des différences dans la mobilité des sondes
paramagnétiques en fonction de leur position au sein de NTAIL. En
présence de XD, une baisse de mobilité est observée pour les sondes
fixées à proximité l’alpha-MoRE et de la Box3. En revanche, l’ajout
de XD n’affecte pas la mobilité de la sonde fixée dans la Box1. Le
TFE induit une rigidification dans la région N-terminale de NTAIL
et à proximité de l’alpha-MoRE, alors qu’il n’a pas d’effet
décelable sur la mobilité de la sonde fixée sur la Box3. Ces
résultats prouvent que certaines régions protéiques « résistent » à
la structuration même en présence de concentrations de TFE
importantes (40 %), ce qui souligne la pertinence de l’utilisation
du TFE pour obtenir des informations sur les propensions à la
structuration. De plus, ces études ont permis d’identifier la Box1
en tant que région additionnelle de NTAIL susceptible de subir un
repliement induit. La propension à la structuration de la Box1
n’avait jamais été décelée lors des études spectroscopiques
précédentes. Cette région interagissant avec le récepteur
cellulaire NR, un repliement induit de la Box1 lors de
l’interaction avec ce dernier pourrait être postulé.
La technique du marquage de spin est une méthode qui est bien
adaptée à l’étude des phénomènes de repliement induit que les
protéines intrinsèquement désordonnées subissent lors de
l’interaction avec un partenaire. De plus, cette technique à
l’avantage de fournir des informations spécifiques sur la
contribution au repliement induit à l’échelle de l’acide aminé.
Boulo S1, Akarsu H1, Müller CW2, Ruigrok RWH1, Baudin F1
1Institut de virologie moléculaire et structurale
(IVMS) ; 2European Molecular Biology Laboratory (EMBL),
6, rue Jules-Horowitz, BP 181, 38042 Grenoble Cedex 9
<boulo@embl-grenoble.fr>
Le virus de la grippe est un virus enveloppé de la famille des
Orthomyxoviridae. Il se caractérise par un génome segmenté
en 8 molécules d’ARN monocaténaires de polarité négative. Ces ARN
sont organisés en particules ribonucléoprotéiques (RNP) et
possèdent une structure hélicoïdale. Les RNP comprennent, outre
l’ARN, les nucléoprotéines (NP) avec en moyenne une NP toutes les
24 bases, ainsi que la polymérase virale composée de trois
sous-unités : PA, PB1 et PB2, fixées aux extrémités 3’ et 5’ des
segments d’ARN. L’originalité de ce virus à ARN négatif est liée au
lieu de transcription et de réplication de son génome : le noyau de
la cellule. La nécessité d’aller dans le noyau est liée à
l’épissage des segments 7 et 8 de son génome et – autre
particularité du virus de la grippe – à l’utilisation des coiffes
5’m7GpppXm des ARN messagers cellulaires.
Lorsque le virus infecte une cellule, les RNP doivent pénétrer à
l’intérieur du noyau. Après la traduction des protéines virales
dans le cytoplasme, certaines d’entre elles doivent regagner le
noyau pour entrer dans la formation de nouveaux RNP. Dans ce
contexte, ces différentes protéines et complexes empruntent le pore
nucléaire qui assure un rôle de gardien et contrôle les échanges
entre le cytoplasme et le noyau. L’import nucléaire actif fait
appel à des protéines de transport telles que les importines (Imp),
capables de reconnaître une séquence peptidique nommée signal de
localisation nucléaire (NLS). Chez l’homme, les importines α1, α3
et α5 reconnaissent la NP virale et lui permettent d’entrer
activement dans le noyau.
Notre objectif principal est d’étudier l’import de la
nucléoprotéine du virus de la grippe. Cette protéine précoce est
l’une des premières à entrer dans le noyau au cours du cycle viral.
Le rôle de la NP est multiple. Une de ses fonctions est de
recouvrir le génome viral afin d’empêcher la formation d’ARN double
brin qui serait reconnu comme néfaste et dégradé par la cellule. De
plus, en se fixant à l’ARN viral, elle expose les bases pour les
présenter à l’ARN polymérase virale dans les étapes de
transcription et de réplication.
Notre stratégie consiste à fixer la nucléoprotéine virale à
l’importine α5 humaine par son signal NLS. Nous avons mis au point
la purification de chaque protéine, la formation du complexe et
nous avons réussi à obtenir un complexe NP-Imp α5 qui présente une
stœchiométrie 1 : 1. Une structure du complexe à 30 Å de résolution
environ a été déterminée par microscopie électronique à
transmission en coloration négative. Nous avons également cherché à
positionner à l’intérieur de cette densité un homologue structurale
de l’importine α5, Kapα50, caractérisé chez la levure [Conti et
al., 1998]. Nous cherchons maintenant à améliorer la résolution
du complexe obtenu et à déterminer la position des domaines N et
C-terminaux de chaque protéine par l’utilisation d’anticorps
monoclonaux afin de déterminer la densité occupée par la
nucléoprotéine.
Egloff MP1, Malet H1, Selisko B1, Khromykh AA2, Canard B1
1AFMB : Architecture et fonction des
macromolécules biologiques, Département Réplication virale :
structure, mécanismes, et drug-design″, UMR6098, CNRS/Université de
Provence/Université de la Méditerranée, Parc scientifique et
technologique de Luminy, Case 925, 163 avenue de Luminy, 13288
Marseille Cedex 09 ; 2Sir Albert Sakzewski Virus
Research Centre, Royal Children’s Hospital, Brisbane, Queensland
4029, Australia.
<Marie-Pierre. Egloff@afmb.univ-mrs.fr>
Les Flavivirus constituent un genre comprenant de
nombreux pathogènes humains, tels que le virus de la Dengue
notamment. Grâce aux progrès réalisés dans le domaine de la
modélisation moléculaire, la conception et l’optimisation de
molécules antivirales repose de plus en plus sur la disponibilité
de la structure tridimensionnelle de la protéine d’intérêt. Dans le
cas des virus, les cibles principales d’une chimiothérapie sont
généralement la polymérase et la (ou les) protéase(s). Alors que
les polymérases des Hépacivirus et les Pestivirus ont été
caractérisés structuralement, la résolution de la structure de la
RNA-polymérase RNA-dépendante d’un membre des Flavivirus constitue
depuis plusieurs années un challenge pour de nombreuses équipes au
monde.
Grâce à une approche de génomique structurale, nous avons
déterminé la structure cristalline d’un domaine polymérase actif de
la protéine NS5 du virus de West-Nile à 2,4 Å de résolution. Une
autre construction de cette même polymérase a aussi été
cristallisée dans une forme cristalline différente et résolue.
Ces deux structures révèlent, au niveau moléculaire, des
différences avec les autres polymérases de Flaviviridae
(Hépacivirus et de Pestivirus). Ces différences seront corrélées
aux caractéristiques enzymatiques spécifiques de chacune. Les bases
structurales de l’inhibition de la polymérase de West-Nile par le
calcium seront aussi décrites grâce à la résolution de la structure
du complexe entre la polymérase et un ion Ca2+. La caractérisation
structurale du complexe d’initiation est en cours, ainsi que celle
de complexes avec des inhibiteurs caractérisés au laboratoire.
Bressanelli S1, LaVoy J2,3, Hagedorn C2, Rey F3,4
1Virologie moléculaire et structurale, UMR
CNRS-INRA 2472-1157, avenue de la Terrasse, 91198 Gif-sur-Yvette ;
2Division of Gastroenterology/Hepatology, Department of
Medicine, University of Kansas Medical Center, 4035 Delp, MS 1023,
Kansas City, KA 66160, USA ; 3Whitehead Rm 215, 615
Michael St., Atlanta, GA 30322, USA ; 4Institut Pasteur,
25 rue du Docteur-Roux 75015 Paris
<bressane@vms.cnrs-gif.fr>
Nous avons déterminé la structure cristallographique de la polymérase NS5b du virus de l’hépatite C (HCV) de sous-type 1a, délétée de son ancre membranaire C-terminale (5b1a_dC21). De plus, nous avons obtenu la structure d’un complexe avec le GTP pour 5b1a_dC21. Elle montre notamment la présence au site actif de deux nucléotides et permet la description précise de leurs interactions avec 5b1a_dC21. Ces résultats complètent nos travaux précédents sur une polymérase délétée de 55 résidus C-terminaux (et de génotype 1b, 5b1b_dC55). Ils permettent d’avancer que le connecteur de quelque 35 résidus entre le domaine catalytique et l’ancre membranaire C-terminale (connecteur absent de 5b1b_dC55, mais présent chez 5b1a_dC21), est activement impliqué dans l’induction de la synthèse d’ARN et vraisemblablement dans la transition entre induction et élongation du brin néosynthétisé.
Bussetta C, Gruez A, Debarnot C, Barral K, Peyrane F, Alvarez K, Guillemot JC, Romette, JL, Boretto J, Dutartre H, Canard B.
AFMB : Architecture et fonction des macromolecules
biologiques, département Réplication virale : structure,
mécanismes, et drug-design, UMR6098, CNRS, université de Provence,
université de la Méditerranée, parc scientifique et technologique
de Luminy, case 925, 163 avenue de Luminy, 13288 Marseille Cedex
09.
<Cecile. Bussetta@afmb.univ-mrs.fr>
Le virus de l’hépatite C (VHC) constitue un problème majeur de
santé publique. En effet, l’infection chronique, qui affecte 3 % de
la population mondiale, est à l’origine de la majorité des
cirrhoses et cancers du foie. Le traitement actuel est lourd avec
de nombreux effets secondaires, mais conduit à une réponse
virologique prolongée chez 55 % des patients. Il existe donc de
réels espoirs d’éradication de l’infection virale par
l’amélioration des traitements disponibles.
Les ARN polymérases ARN dépendantes (ARN-pol) jouent un rôle
central dans le processus de réplication et sont donc des cibles
privilégiées pour la synthèse de molécules antivirales. Bien que
ces protéines aient été caractérisées enzymatiquement et
structuralement, le mécanisme de réplication reste mal défini au
niveau moléculaire, en particulier parce qu’il n’existe pas de
données structurales concernant le complexe de réplication
impliquant la polymérase avec tous ses substrats. Notre stratégie
pour caractériser de nouveaux inhibiteurs spécifiques de l’ARN-pol
du VHC s’articule autour des points suivants : 1) Caractérisation
structurale de polymérases issues de VHC sauvages ou mutants (par
exemple : mutation de résistance aux traitements, différents
génotypes) par cristallographie aux rayons X, tests enzymatiques,
modélisation et dynamique moléculaire ; 2) criblage de la
chimiothèque du laboratoire à l’aide d’une part d’un test
enzymatique mis au point dans notre équipe et d’autre part d’un
programme d’arrimage moléculaire, AutoDock ; 3) étude par
cristallographie aux rayons X des complexes entre l’ARN-pol du VHC
et des inhibiteurs sélectionnés au préalable puis amélioration des
molécules les plus intéressantes par synthèse organique et
évaluation par enzymologie et cristallographie aux rayons X.
Afin d’atteindre nos objectifs, nous utiliserons la
cristallographie aux rayons X, la modélisation et la dynamique
moléculaires. Le criblage enzymatique est effectué sur une
chimiothèque de plus de 15 000 composés dont le laboratoire s’est
doté. Pour le criblage virtuel, nous utilisons le programme
d’arrimage moléculaire AutoDock. Les tests d’activité enzymatiques
ont été mis au point au sein du laboratoire.
Le criblage enzymatique de la chimiothèque a été effectué et des
inhibiteurs ont été sélectionnés. Afin d’identifier le mode de
liaison de ces inhibiteurs, nous avons obtenu au sein du
laboratoire et de façon reproductible des cristaux de la polymérase
et nous avons résolu de sa structure. Des essais de
cocristallisation et de trempages sont en cours avec des substrats
mais aussi des inhibiteurs. Nous avons construit puis produit des
mutants de chacun des sites allostériques susceptibles de fixer ces
inhibteurs, afin de valider le mode d’action de ces inhibiteurs. À
très court terme, nous pourrons résoudre des structures de
complexes entre la protéine native ou mutante et des ligands.
Parallèlement, le criblage virtuel de notre chimiothèque réalisé
par arrimage moléculaire grâce au programme AutoDock complète les
études structurales et mécanistiques. La confrontation des
résultats des deux méthodes de criblage nous permettra de valider
l’approche virtuelle. L’analyse des premiers résultats, obtenus
après criblage virtuel sur un seul des trois sites allostérique a
permis de prédire deux des 30 molécules inhibitrices identifiées
lors du criblage réel. Des modifications seront apportées sur ces
molécules par les chimistes du laboratoire afin d’augmenter leur
pouvoir inhibiteur et l’évaluation de celles-ci se fera par des
tests in vitro et sur culture de cellules infectées ainsi
que par cristallographie.
Notre approche pluridisciplinaire et la mise en place de
différents outils nous a permis d’identifier de nouvelles molécules
inhibitrices de la polymérase du VHC. Leur caractérisation
structurale, chimique et biochimique est en cours et devrait
permettre à terme de proposer des inhibiteurs validés pour des
études précliniques.
Ait Goughoulte M, Hourioux C, Brand D, Roingeard P
Inserm Espri 3856, IFR 136, Université François-Rabelais,
Tours
<ait_m@med.univ-tours.fr>
La mise au point récente de systèmes de propagation du virus de
l’hépatite C (VHC) in vitro représente une avancée très
importante pour étudier le cycle infectieux de ce virus dans sa
cellule hôte. Cependant, les étapes d’assemblage et de
bourgeonnement des virions restent encore très difficiles à
visualiser en microscopie électronique avec ces systèmes
cellulaires. Le modèle développé par notre équipe [Blanchard et
al. 2002], qui consiste à surexprimer les protéines
structurales du VHC en cellule de mammifère à l’aide d’un réplicon
du virus de la forêt de Semliki (SFV), permet de visualiser
l’assemblage et le bourgeonnement de pseudo-particules virales du
VHC à la membrane du réticulum endoplasmique (RE). Ce modèle nous a
permis de montrer que la protéine de capside seule, mais pourvue de
sa séquence signal transmembranaire C-terminale l’adressant au RE
(C191), permettait cet assemblage et ce bourgeonnement en
pseudo-particule virale [Blanchard et al. 2003].
Nous avons, par la suite, étudié si la maturation par clivage du
domaine C-terminal de la protéine de capside par la peptidase du
peptide signal (SPP) constituait un prérequis pour le
bourgeonnement de la particule virale. En effet, même si la forme
mature de la protéine de capside est détectée dans la particule
virale circulante chez les sujets infectés par le VHC ou dans les
particules produites par les systèmes de propagation in
vitro du VHC, il a été montré que le clivage par la SPP induit
le trafic de cette protéine vers les gouttelettes lipidiques. De ce
fait, on peut penser que la rétention, au moins transitoire, de la
protéine par sa séquence signal pourrait empêcher son trafic vers
les gouttelettes lipidiques et favoriser la formation de la
particule virale au niveau du RE. Du fait de données conflictuelles
sur les mutants de la protéine de capside abolissant le clivage par
la SPP [Mc Lauchlan et al. 2002, Okamoto et al.
2004], nous avons réalisé plusieurs mutants de la C191 de génotype
1a pour son domaine transmembranaire
(170-PGCSFSIFLLALLSCLTVPASA-191). Dans notre modèle, le mutant
V180/LV183-4 n’est pas clivé, tandis que les mutants AL176-7 et
ML173-4 sont efficacement clivés par la SPP. En conséquence, ces
deux mutants clivés se comportent comme la forme sauvage de la
protéine de capside du VHC et migrent vers les gouttelettes
lipidiques, au contraire du mutant non clivé. L’expression de tous
ces mutants induit des modifications ultrastructurales différentes
: le mutant ML173-4 est logiquement similaire à la forme sauvage,
tandis que le mutant V180\LV183-4 induit la formation d’un RE dense
et multilamellaire dans lequel aucun bourgeonnement de particule
virale ne peut être détecté. Curieusement, aucune modification
ultrastructurale ne peut être mise en évidence avec le mutant
AL176-7. En présence de Z-LL2 ketone, un inhibiteur de la SPP, le
clivage de la protéine de capside sauvage est réduit de 50 %, et
n’est donc pas complètement aboli. Cependant, les cellules traitées
par cet inhibiteur de protéase montrent un RE parfois
multilamellaire, à l’image de celui rencontré dans les cellules
exprimant le mutant V180/LV183-4, et le bourgeonnement de
particules virales à la membrane du RE y est beaucoup moins
fréquent.
Notre étude permet de préciser les acides aminés impliqués dans le
clivage du domaine C-terminal transmembranaire de la protéine de
capside par la SPP, et suggère que ce clivage soit une étape
requise pour le bourgeonnement du virus.
Pene V1, Vauloup-Fellous C1, Harper F2, Garaud-Aunis J1, Pichard E2, Sogni P1,3, Pierron G2, Rosenberg AR1,4
1Inserm, Équipe Avenir Virus de l’hépatite C,
Institut Cochin, Paris ; 2CNRS, UPR 1983, Institut André
Lwoff, Villejuif ; 3Université Paris-Descartes, Faculté
de Médecine, AP-HP, Groupe hospitalier Cochin, Service
d’hépatogastro-entérologie, Paris ; ’Université Paris-Descartes,
Faculté de Médecine ; AP-HP, Groupe Hospitalier Cochin, Service de
Virologie, Paris.
<pene@cochin.inserm.fr>
Les protéines du virus de l’hépatite C (VHC) sont produites par
clivages de la polyprotéine codée par le génome viral. La séquence
de la protéine de capside (C) est située à l’extrémité N-terminale
de la polyprotéine, et se termine par un peptide signal qui adresse
la chaîne protéique en cours de traduction à la membrane du
réticulum endoplasmique (RE) de la cellule hôte, et induit la
translocation dans la lumière de la glycoprotéine d’enveloppe E1
située en aval. Le clivage catalysé à la jonction C-E1 par la
signal-peptidase (SP), une protéase cellulaire présente dans la
lumière du RE, sépare la glycoprotéine E1 de la forme dite immature
de la protéine C, la p23, qui reste ancrée dans la bicouche
lipidique du RE par le peptide signal. Le clivage intramembranaire
du peptide signal catalysé par la signal peptide-peptidase (SPP),
une protéase cellulaire enchâssée dans la bicouche lipidique du RE,
libère la forme dite mature de la protéine C, la p21, qui est
dépourvue de domaine d’ancrage transmembranaire. C’est cette
dernière qui constituerait la capside des particules circulantes
chez les malades atteints d’hépatite C. Ce travail a été entrepris
afin de déterminer si le clivage par la SP est nécessaire au
clivage par la SPP permettant de générer la p21, d’une part, et au
bourgeonnement des particules de VHC dans le RE, d’autre part.
Le clivage par la SPP générant la p21 est-il conditionné au
clivage préalable par la SP à la jonction C-E1 ? Cette question a
fait l’objet d’une controverse. Pour la résoudre, nous avons
introduit dans deux séquences de VHC de génotypes différents
chacune des deux combinaisons de mutations connues pour inhiber le
clivage par la SP à la jonction C-E1. Les polyprotéines mutées ont
été testées dans les deux modèles expérimentaux qui avaient abouti
aux résultats contradictoires de la littérature : le système
d’expression en cellules de mammifères à l’aide d’un réplicon
recombinant dérivé du virus de la forêt de Semliki (SFV) et le
système d’expression en cellules d’insectes à l’aide d’un
baculovirus recombinant. Dans toutes les conditions testées,
l’analyse par Western blot à l’aide d’un anticorps dirigé contre la
protéine C du VHC a révélé non seulement le précurseur C-E1, mais
aussi une espèce minoritaire d’un poids moléculaire apparent
comparable à celui de la p21. Cependant cette espèce n’était pas la
p21, puisqu’elle était toujours présente lorsque nous avons inhibé
le clivage de la protéine C par la SPP, soit par un inhibiteur
pharmacologique spécifique de la SPP, soit par des mutations du
peptide signal abolissant sa reconnaissance comme substrat par la
SPP. Nos résultats ont donc établi que la polyprotéine du VHC se
conforme à la règle générale selon laquelle le clivage par la SP
dans la lumière du RE est un préalable au clivage intramembranaire
par la SPP.
Le bourgeonnement des particules de VHC dans le RE est-il
conditionné aux clivages préalables par la SP puis par la SPP
permettant de générer la p21 ? Pour aborder cette question, nous
avons utilisé le système d’expression par réplicon recombinant
dérivé du SFV, qui est à ce jour le seul modèle cellulaire
permettant de visualiser en microscopie électronique des évènements
de bourgeonnement de pseudo-particules de VHC dans le RE lorsque
les clivages générant la p21 ont lieu. Ni l’inhibition du clivage
par la SP, ni l’inhibition du clivage par la SPP n’ont empêché
l’initiation du bourgeonnement viral, et ce quelle que soit la
stratégie d’inhibition utilisée. Au contraire, nous avons observé
un plus grand nombre de bourgeons viraux, qui, de plus, semblaient
avoir progressé jusqu’à un stade plus tardif du bourgeonnement.
Ainsi, la morphogenèse du VHC semble favorisée tant que la protéine
C est ancrée dans la bicouche lipidique du RE par le peptide
signal.
L’ensemble de ces résultats suggèrent un modèle dans lequel la
morphogenèse des particules de VHC serait initiée par un précurseur
de la protéine C, et les clivages par la SP puis par la SPP
générant la p21 auraient lieu après et/ou pendant le
bourgeonnement, peut-être pour convertir la protéine C d’une forme
vouée à l’assemblage du virus en une forme vouée à son
désassemblage lors de l’entrée dans une nouvelle cellule.
Egloff MP1, Malet H1, Dutartre H1, Putics A3, Heinonen M2, Frangeul A2, Gruez A2, Ziebuhr J3, Ahola T2, Canard B2
1AFMB : Architecture et fonction des
macromolécules biologiques, Département Réplication virale :
structure, mécanismes, et drug-design, UMR6098, CNRS, Université de
Provence, Université de la Méditerranée, Parc scientifique et
technologique de Luminy, Case 925, 163 avenue de Luminy, 13288
Marseille Cedex 09 ; 2Institute of Biotechnology, PO Box
56 (Viikinkaari 9), 00014 University of Helsinki, Finland ;
3Institute of Virology and Immunology, University of
Wuerzburg, Versbacher Str. 7, 97078 Wuerzburg, Germany.
<Marie-Pierre. Egloff@afmb.univ-mrs.fr>
Les domaines X, ou domaines macro, constituent une famille de
modules protéiques retrouvés dans tous les règnes du vivant. Ils
peuvent constituer une protéine à eux seuls, mais sont aussi
souvent associés à d’autres domaines au sein d’histones ou de
protéines impliquées dans le métabolisme de la chromatine.
L’activité initialement proposée pour les domaines macro est une
activité phosphohydrolase de l’ADP-ribose-1»-phosphate, celle-ci
étant une molécule produite au cours l’épissage des ARNt et de la
maturation des snoRNA (small nucleolar RNAs). Les protéines
non structurales de certains virus, tels que les coronavirus, les
alphavirus et le virus de l’hépatite E, comportent des domaines
macro. La présence d’une activité ADP-ribose-1»-phosphohydrolase au
sein de ces virus est très intrigante. Nous avons donc entrepris
l’étude structurale et fonctionnelle des domaines macroviraux.
Les domaines macro des virus de l’hépatite E (HEV), de Semliki
Forest (SFV) et du SRAS ont été purifiés et leur activité
ADP-ribose-1»-phosphohydrolase a été testée. En parallèle, l’étude
structurale par cristallographie aux rayons X du domaine macro du
virus du SRAS en complexe avec un analogue de substrat potentiel,
l’ADP-ribose, a été entreprise. Enfin, la liaison au
poly-ADP-ribose synthétisé in vitro par la PARP1
(poly-ADP-ribose polymérase 1) a été testée.
Les domaines macro-étudiés se sont révélés peu actifs ou inactifs
en tant que ADP-ribose-1»-phosphohydrolases. La résolution de la
structure du domaine X du SRAS à 1,8 Å de résolution en complexe
avec l’ADP-ribose a révélé l’existence d’une poche étroite dans
laquelle l’ADP-ribose vient se loger. Cette structure a permis de
mettre en évidence les résidus importants pour la stabilisation de
l’ADP-ribose. Cependant, l’examen de la géométrie de ce site actif
putatif, corrélé à une analyse mutationnelle, suggère plutôt que
seule l’architecture de domaines macro-ancestraux est utilisée dans
les protéines non structurales virales, alors que la fonction
initiale d’ADP-ribose-1»-phosphohydrolase a été détournée pour
assurer un rôle spécifique profitable au virus.
Par ailleurs, le fait que nous ayons montré que les domaines macro
de HEV, SFV et du SRAS peuvent lier le poly-ADP-ribose suggère une
fonction pour ces domaines macroviraux, à savoir un nouveau lien
entre les voies de signalisation cellulaire, qui font intervenir le
poly-ADP ribose, et la réponse cellulaire à l’infection virale.
Pagniez P2, Perrissin M2, Baudin F2, Petosa C1, Mueller CW1, Morand P2
1European Molecular Biology Laboratory (EMBL),
B.P. 181, 38042 Grenoble Cedex 9 ; 2Institut de
virologie moléculaire et structurale (IVMS), CNRS-FRE 2854,
Université Joseph Fourier, Grenoble
<pagniez@embl-grenobel.fr>
Le virus d’Epstein Barr (EBV) est un herpès virus qui infecte
plus de 90 % de la population adulte. Il est à l’origine de la
mononucléose infectieuse (MNI) et également impliqué dans des
proliférations lymphoïdes telles que le lymphome de Burkitt, le
carcinome nasopharyngien ou certains lymphomes T humains. Il
présente un cycle d’infection biphasique consistant en une phase de
latence et une phase lytique et réplicative. La protéine Zebra de
l’EBV est un facteur de transcription indispensable pour
l’activation du cycle lytique et la réplication de l’EBV. Elle joue
également un rôle dans le blocage du cycle cellulaire en
interagissant avec des protéines cellulaires lors de l’infection
virale.
Comprendre comment Zebra peut avoir autant de rôles différents
était encore impossible à ce jour dû au manque d’informations
structurales la concernant. La structure récemment découverte des
domaines de dimérisation et de liaison à l’ADN de Zebra, en
interaction avec le promoteur d’un gène lytique de l’EBV a
considérablement aidé à élucider les propriétés fonctionnelles de
ce facteur de transcription. Zebra appartient à la famille des
protéines basiques à leucine zipper (bZIP) et comprend trois
domaines : le domaine d’activation dans la partie N-terminale de la
protéine, le domaine de fixation à l’ADN et le domaine de
dimérisation en C-terminal. Ce bZIP possède une aptitude à
dimériser en l’absence du motif leucine zipper et a une très large
spécificité de séquences nucléotidiques cibles. De plus, il a été
démontré que Zebra avait une préférence pour transactiver des
promoteurs de l’EBV dans leur état méthylé.
Nous nous intéressons particulièrement à la structure des domaines
de dimérisation et de liaison à l’ADN de Zebra en interaction avec
un promoteur de gène lytique de l’EBV (ZRE-2) dans son état méthylé
où le site reconnu est un heptamère. Les résultats actuels de
cristallographie sont très concluants avec des cristaux diffractant
à 4 Å. Nous avons également mis en évidence l’aptitude de Zebra à
reconnaître un octamère nucléotidique tel que dans le promoteur
cellulaire C/EBP et les premiers résultats de cristallogenèse sont
encourageants. Enfin, on sait actuellement que Zebra interagit avec
de nombreux bZIP cellulaires comme le facteur de transcription
cellulaire C/EBPα mais le mécanisme d’interaction est encore
incompris. Ayant démontré l’incapacité de Zebra à hétérodimériser
avec le facteur C/EBP, notre futur projet consisterait à obtenir la
structure tridimensionnelle d’un complexe Zebra-C/EBPα afin
d’élucider les implications fonctionnelles d’un tel complexe.
Geoui T1,2, Buisson M1,3, Tarbouriech N1,2, Burmeister WP1,2,4
1Institut de virologie moléculaire et structurale,
FRE 2854 CNRS-UJF, BP181, 38042 Grenoble Cedex 9 ;
2EMBL, Grenoble outstation, BP181, 38042 Grenoble Cedex
9 ; 3Laboratoire de virologie, CHU Michallon, BP 217,
38043 Grenoble Cedex 9 ; 4Institut universitaire de
France, 103, bd Saint-Michel, 75005 Paris
<geoui@embl-grenoble.fr>
La présence d’uracile dans l’ADN peut résulter de l’incorporation erronée de dUTP à la place du dTTP ou de la désamination de la cytosine. Cet événement peut être la source de mutations ; ainsi l’évolution a mis en place des mécanismes de réparation de l’ADN permettant un maintien de l’intégrité de l’information génétique. Le virus d’Epstein-Barr (EBV) est un Herpès virus humain à ADN double brin, qui peut se répliquer dans les cellules quiescentes dont le métabolisme et donc la production d’enzyme de réparation de l’ADN, est peu actif. Afin de prévenir l’incorporation d’uracile dans son génome, EBV code pour la désoxyuridine 5’-triphosphate pyrophosphatases (dUTPases) et l’uracil-ADN glycosidase. Au cours de cette étude, nous avons produit dans E. coli l’UNG et sa protéine inhibitrice, l’uracil-ADN glycosidase Inhibiteur (UGI) et nous avons formé un complexe entre ces deux protéines, ce qui nous a permis de stabiliser la structure de l’UNG et d’obtenir des cristaux diffractant à 2,3 Å. Nous avons pu résoudre la structure de ce complexe et son analyse confirme que l’UNG possède une large insertion dans la » boucle leucine » qui joue un rôle essentiel dans le mécanisme catalytique de l’UNG. Nous étudions les conséquences de cette insertion sur les interactions avec l’UGI et les différences avec les structures d’autres complexes d’UNG/UGI publiés. Nous avons également caractérisé l’UNG sur le plan enzymatique et nous comparons les valeurs obtenues avec celles d’UNG d’autres espèces.
Varela PF1, Renard M2, Letzelter C2, Duquerroy S1, Rey FA1, Heidmann T2
1Retrovirus endogènes et éléments rétroïdes des
eucaryotes supérieurs, UMR 8122 CNRS, Institut Gustave-Roussy,
94805 Villejuif ; 2Virologie moléculaire et structurale,
UMR 2472 CNRS, 91198 Gif-sur-Yvette
<pfvarela@vms.cnrs-gif.fr>
L’HERV-FRD est un rétrovirus endogène humain qui est entré dans
le génome humain il y a 40 millions d’années. Son gène d’enveloppe,
syncytin-2, a été détourné par un hôte ancestral pour réaliser un
rôle dans les morphogenèses du placenta, le plus probablement à
cause de sa propriété de fusion. Il a été maintenu dans un état
fonctionnel dans toutes les branches de primates comme un gène
cellulaire bona fide, soumis à un taux de mutation très bas
en comparaison à des génomes de rétrovirus infectieux. La structure
de la protéine syncytin-2 ainsi fournit une bonne vue de la plus
vieille enveloppe rétrovirale de mammifères.
Ici, nous rapportons la structure cristalline d’un fragment
central de son ectodomaine fossile. Ce domaine a été produit comme
matériel soluble dans le cytoplasme d’Escherichia coli, et
purifié par deux étapes de chromatographie d’échange des ions. Une
étape supplémentaire de chromatographie de tamis moléculaire a
montré que plus de 95 % de ce domaine central du syncytin-2 était
dans une forme trimérique. Cette protéine a été cristallisée par la
méthode de diffusion de vapeur. Des cristaux tétragonaux ont été
obtenus. Ces cristaux diffractent à 1,6 Å de résolution utilisant
une source de rayon X synchrotron. La structure du domaine central
de la syncytin-2 a été déterminée par remplacement moléculaire avec
les coordonnées du domaine correspondant du virus de leucémie
murine de Moloney (MoMLV).
La structure obtenue permet une superposition remarquable avec les
structures des domaines correspondants dans des rétrovirus
infectieux actuels, tels que le MoMLV ou le virus lymphotropique
humain de cellules T (HTLV-I), en dépit de plus de 60 % de
divergence de séquence. Ces résultats suggèrent l’existence d’une
solution structurale unique choisie par ces protéines pour leur
fonction de fusion.
Legoff J1, Bouhlal H1, Lecerf M1, Klein C2, Hocini H1, Si-Mohamed A1, Muggeridge M3, Belec L1
1Université Paris V, Équipe immunité et
biothérapie muqueuse, Unité Inserm Internationale U743 (immunologie
humaine), Centre de recherches biomédicales des Cordeliers,
Laboratoire de Virologie, Hôpital européen Georges-Pompidou, Paris
; 2Service commun d’imagerie cellulaire et de
cytométrie, Inserm IFR58, Centre de recherches biomédicales des
Cordeliers, Paris ; 3Department of Microbiology and
Immunology, Louisiana State University Health Sciences Center,
Shreveport, LA 71130, USA
<jerome. le-goff@egp.ap-hop-paris.fr>
Le virus herpes simplex type 2 (HSV2) est un cofacteur majeur de
l’acquisition sexuelle de l’infection VIH et est suspecté de
faciliter la transmission génitale du VIH. Les arguments
biologiques en faveur d’un risque accru de transmission du VIH par
des sécrétions génitales co-infectées par le HSV2 incluent
principalement la corrélation observée in vivo entre les
quantités d’ARN VIH1 et d’ADN HSV2 dans les sécrétions
cervicovaginales, l’observation de charges virales de VIH élevées
rapportées dans des ulcérations herpétiques masculines, et la
transactivation de la région LTR par des protéines précoces de
l’herpès. Une autre hypothèse serait la formation de particules de
VIH pseudo-typées par le HSV2. Les résultats de deux équipes
indépendantes ont suggéré que le VIH pouvait former des particules
virales hybrides avec le HSV1, permettant l’infection productive de
cellules normalement résistantes à l’infection à VIH. La formation
de tels pseudo-types entre le VIH et le HSV2 pourrait avoir des
conséquences majeures sur la facilitation de la transmission
génitale.
Nous avons analysé dans cette étude si le VIH et le HSV2 pouvaient
former des virions VIH pseudo-typées par des glycoprotéines
d’enveloppe du HSV2. Nous avons, sur-infecté des cellules
lymphocytaires CEM et des cellules épithéliales HT29 et P4P
infectées par le VIH avec le HSV2 ou transfecté des P4P-VIH + avec
des plasmides codant pour gB2 et gD2, deux glycoprotéines HSV2
nécessaires à la fusion de l’herpès avec la membrane cellulaire.
Nous avons évalué les capacités des surnageants viraux produits à
induire une infection productive du VIH dans les cellules Vero non
permissives au VIH, en déterminant dans le surnageant la quantité
d’antigène p24 et d’ARN VIH et en détectant la présence d’ADN
proviral dans le culot cellulaire des Vero. Nous avons ensuite
analysé en microscopie confocale la colocalisation des protéines
gB2 et gD2 avec la gp160 dans les cellules co-infectées et VIH +
transfectées. Enfin nous avons évalué sur les particules virales
produites l’incorporation des glycoprotéines gB2 et gD2 dans
l’enveloppe du VIH à l’aide de tests d’immunocapture virale avec
des microbilles magnétiques (μMACS™ Streptavidin MicroBeads,
Miltenyi Biotec, Auburn, CA) sensibilisées avec des anticorps
anti-CD44 pour capturer les particules VIH et anti-gB (HSV) ou
anti-gD (HSV) pour capturer les virions portant les glycoprotéines
gB2 ou gD2.
Nos résultats montrent que des cellules CEM, HT29 et P4P
co-infectées peuvent corépliquer les deux virus et que les
glycoprotéines gB2 et gD2 peuvent se colocaliser à la membrane
plasmique aussi bien dans les cellules co-infectées et
transfectées. Cependant aucun des surnageants produits n’a permis
d’observer une infection VIH des cellules Vero. Le test
d’immunocapture a permis de capturer spécifiquement des virions
VIH1 produits par des CEM et P4P co-infectées et les P4P-VIH +
transfectées par les plasmides codant la gB2 ou la gD2 avec les
anticorps anti-CD44, et de capturer des virions HSV2 produits par
des CEM et P4P co-infectées avec les anticorps anti-gB et anti-gD.
En revanche aucune détection d’ARN VIH1 n’a été observée sur les
populations virales produites sur les cellules CEM et P4P
co-infectées et les P4P VIH + transfectées capturées avec les
anticorps anti-gB et anti-gD.
Nos résultats suggèrent l’absence de formation de pseudo-types
entre le VIH et le HSV2 et écartent cette hypothèse des mécanismes
d’interactions entre le VIH et le HSV2 dans les sécrétions
génitales co-infectées.
Blanchet M, Sureau C
INTS, Laboratoire de virologie moléculaire, 6 rue
Alexandre-Cabanel, 75015 Paris
<mblanchet@ints.fr>
Les virions HBV sont composés d’un ADN inclus dans une capside
recouverte de trois protéines d’enveloppe virales, grande (L),
moyenne (M), et petite (S). Elles possèdent une extrémité
carboxy-terminale commune. La protéine S est formée du seul domaine
S, tandis que M est formée des domaines préS2 et S, et L des
domaines PréS1, PréS2 et S. Seules les protéines L et S sont
indispensables à la morphogenèse des virions HBV matures. La
protéine S constitue l’élément moteur du bourgeonnement, et L est
nécessaire pour le recrutement des capsides HBV lors du
bourgeonnement. L et S sont par ailleurs indispensables à
l’infectiosité des virions HBV. Ces protéines d’enveloppe sont
également utilisées par le virus de l’hépatite Delta (HDV), un
agent sous-viral, satellite occasionnel d’HBV. HDV possède un
génome à ARN capable de se répliquer dans un hépatocyte humain en
l’absence d’HBV. Cependant, la présence de protéines d’enveloppe
d’HBV est requise pour la maturation et l’infectiosité d’HDV.
Nous présentons ici une étude systématique et exhaustive de
l’impact de mutations effectuées dans la « boucle cytosolique »,
sur la morphogenèse et l’infectiosité d’HBV et d’HDV. Cette boucle,
située dans le domaine S des trois protéines d’enveloppe, est
disposée à la face cytosolique du réticulum endoplasmique. Des
mutations permissives pour la sécrétion de particules sous-virales
HBV ont été réalisées sur l’intégralité de cette boucle, avec des
substitutions ponctuelles sur les régions ne tolérant pas de
délétions plus larges. Ces mutants ont été testés pour leurs
impacts sur la maturation des virions HBV et HDV et sur
l’infectiosité.
Nous montrons que : 1) Les mutations localisées sur la boucle
cytosolique n’induisent pas d’effet délétère majeur sur la
morphogenèse et l’infectiosité des virions HBV et HDV ; 2) La
délétion des résidus 24 à 28 induit un effet délétère mineur sur la
sécrétion des virions HBV et HDV ; 3) La mutation de la proline en
position 29 en alanine semble délétère pour la synthèse et/ou la
stabilité de la grande protéine d’enveloppe HBV. Cette mutation
conduit logiquement à l’abolition de la synthèse et de la sécrétion
d’HBV, du fait de la nécessité des domaines préS1 et préS2 de la L
pour la morphogenèse des virions HBV. Les virions HDV portant cette
mutation sont quant à eux correctement secrétés, avec une
efficacité cependant plus faible que dans le cas du sauvage ; 4)
L’ensemble des mutations citées ci-dessus n’interfèrent pas avec
l’infectiosité des virions HDV.
Fabry CMS1, Rosa-Calatrava M3, Conway JFC4, Zubieta C2, Cusack S2, Ruigrok RWH1, Schoehn G1
1Institut de virologie moléculaire et structurale,
FRE 2854, CNRS, Université Joseph-Fourier, Grenoble Cedex 2EMBL,
Grenoble Outstation, Grenoble Cedex ; 3Laboratoire de
virologie et pathogenèse Virale, RTH Laennec, Lyon ;
4University of Pittsburgh, Pittsburgh, USA.
<fabry@embl-grenoble.fr>
Les adénovirus sont des virus non enveloppés à ADN double brin.
Ils en existent plus de 50 sérotypes chez l’homme. Ces virus sont
la cause de maladies bénignes comme les gastro-entérites ou les
conjonctivites. Leur capside forme un icosaèdre pseudo T = 25. Elle
est composée de 3 protéines structurales majeures : l’hexon, une
protéine trimérique possédant une base hexagonale et le penton
formé par l’association non covalente de la base du penton
(pentamère) et de la fibre (trimère). La base du penton projette la
fibre à partir des 12 sommets de l’icosaèdre alors que le reste de
la capside est formé par les hexons. Des protéines mineures
viennent stabiliser le virus vers l’intérieur ou vers l’extérieur à
des positions spécifiques (protéines IIIa, IX, VI et VIII).
À l’heure actuelle, les adénovirus sont largement utilisés comme
vecteur de transfert de gènes dans les protocoles de thérapie
génique et de thérapie anticancer. Leur utilisation en tant
qu’agent thérapeutique chez l’homme est cependant problématique. En
effet, une injection d’adénovirus provoque une réponse immune
massive contre les protéines de capside. De plus la période
d’expression du transgène est limitée à cause de l’absence
d’intégration du transgène dans le génome de l’hôte. Il est aussi
difficile de cibler certains tissus ou types cellulaires. Certains
problèmes peuvent être dépassés en modifiant une ou plusieurs
protéines de la capside mais une connaissance détaillée de la
structure de l’adénovirus est nécessaire.
Nous avons déterminé la structure de la capside de l’adénovirus
humain de type 5 à 10 Å de résolution par cryomicroscopie
électronique ainsi que celle d’un virus mutant ne possédant pas les
protéines IX et IIIa. Par la suite, nous avons généré un modèle
quasi atomique de la capside en replaçant les structures atomiques
de l’hexon de l’adénovirus de type 5 et de la base du penton de
l’adénovirus de type 2 à l’intérieur de la carte à 10 Å obtenue en
microscopie électronique. Ce modèle nous a permis de définir les
zones d’interactions entre les différents capsomères avec une
résolution de l’ordre de quelques acides aminés. Ensuite, par
comparaison entre le modèle quasi atomique et les reconstructions
tridimensionnelles, nous avons clairement défini la position et le
rôle de certaines protéines mineures au sein de la capside. Les
protéines IX et IIIa stabilisent le virion de l’extérieur alors que
la protéine mineure VIII forme, sur la face interne de la capside,
un réseau organisé selon la symétrie icosaédrique T = 2.
. Fabry CMS, Rosa-Calatrava M, Conway JF, Zubieta C, Cusack S,
Ruigrok RWH, et al. A quasi-atomic model of human adenovirus
type 5 capsid. EMBO J 2005 ; 24 : 1645-54.
Cuervo A1, Oliveira L1, Vaney MC1, Antson AA2, Tavares P1
1Unité de virologie moléculaire et structurale,
bât.14b, CNRS, 91198 Gif-su-Yvette ; 2Structural Biology
Laboratory, Department of Chemistry, University of York,
Helsington, York YO105YW, UK
<cuervo@vms.cnrs-gif.fr>
Les virus bactériens (bactériophages) à queue et les virus
eucaryotes herpès présentent des mécanismes similaires de
construction de la nucléocapside virale et d’encapsidation du
génome. Lors de leur assemblage, le génome viral est encapsidé à
travers un pore portal situé à un sommet d’une procapside
préalablement formée. La machine de translocation qui empaquette
l’ADN est composée d’une ATPase (terminase) et de la protéine
portale, organisée en 12 sous-unités autour du pore portale.
L’objectif de ce travail est d’étudier le rôle de la protéine
portale (gp6) pendant le processus d’encapsidation de l’ADN dans le
bactériophage SPP1. Plusieurs études suggèrent que la protéine
portale serait impliquée dans la translocation de l’ADN, mais les
mécanismes moléculaires sous-jacents ne sont pas connus.
La structure de gp6 a été déterminée. Elle suggère que des
mouvements d’hélices alpha conduiraient aux changements
conformationnels nécessaires à la translocation de l’ADN viral.
Nous avons ainsi conçu par modélisation moléculaire des mutations
qui conduiraient à la formation de ponts disulfures qui
immobiliseraient les hélices. La création de ces mutants par génie
génétique a montré qu’ils n’affectent pas l’activité biologique de
la protéine in vivo, dans l’environnement réducteur du
cytoplasme. La formation de ponts disulfure a été observée dans des
conditions oxydantes, et ces pontages ont pu être renversés en
présence d’un agent réducteur. Des expériences d’encapsidation
in vitro réalisées dans des environnements oxydants et
réducteurs ont montré une diminution de l’activité d’encapsidation
lorsque les ponts disulfure sont formés pour certains mutants.
Ces résultats supportent fortement notre hypothèse, en indiquant
que l’immobilisation des hélices de la protéine portale affecte
l’encapsidation de l’ADN.
Vendredi 21 avril 2006, 14 h à 15 h 15
Communications orales O96 à O102
Communications affichées P79 à P95
Albertini AAV1, WernimontT AK2, Tadeusz M2, Ravelli RBG2, Clapier CR2, Schoehn G1, Weissenhorn W2, Ruigrok RWH1
1Institut de virologie moléculaire et structurale,
FRE 2854 Université Joseph-Fourier, CNRS, BP181, 38042 Grenoble ;
2European Molecular Biology Laboratory (EMBL), BP181,
38042 Grenoble
<alberti@embl-grenoble.fr>
Le virus de la rage est un virus à ARN négatif non segmenté appartenant à l’ordre des Mononegavirales. La rage se transmet accidentellement à l’homme par morsure d’un chien infecté et constitue un sérieux problème dans les pays en voie de développement à cause de l’absence de campagnes de vaccination massives. Elle cause des encéphalites dont l’issue est fatale à 100 % et contre lesquelles il n’existe aucun traitement. La connaissance de la structure détaillée des protéines virales d’un virus comme la rage est indispensable pour mettre au point de molécules ayant une activité antivirale. Le génome du virus de la rage est recouvert de N ; l’association de l’ARN viral avec les sous-unités de N forme un complexe hélicoïdal appelé nucléocapside. La nucléocapside associée à la polymérase virale L et à la phosphoprotéine P (son cofacteur) constitue l’unité infectieuse de ce virus. L’ARN viral n’est jamais nu lors du cycle de multiplication, le complexe ARN-N sert de matrice pour la transcription et la réplication virale. Lorsque N de la rage est exprimée en cellules d’insectes, elle lie de manière non spécifique des ARN cellulaires. Lorsque la nucléoprotéine recombinante fixe un ARNm, de très longs complexes hélicoïdaux et flexibles sont obtenus ; si N lie un ARN de plus petite taille (ARNt), des complexes en forme d’anneaux sont formés. Ces anneaux, composés de 9 à 13 sous-unités de N et d’un brin d’ARN, sont peu flexibles et constituent des objets idéaux pour la réalisation d’études structurales. Une étape d’électrophorèse préparative a permis la séparation de ces anneaux. Nous sommes ensuite parvenus à cristalliser les 11-mers. Nous vous présentons la structure cristallographique d’un complexe nucléoprotéine-ARN à une résolution de 3,5 Å. Il s’agit d’une structure en forme d’anneau avec 11 nucléoprotéines et un ARN de 99 bases. N est composée de deux domaines, qui peuvent être comparés à deux mâchoires ; ces mâchoires maintiennent fortement l’ARN et l’isolent de l’environnement. Nous pensons que cette structure représente le complexe ARN-N dans une conformation inactive en réplication. La polymérisation de N se réalise grâce à des échanges de domaines entre les monomères. Ces domaines (sortes de charnières flexibles) permettent la formation de complexes ARN-N de différentes stœchiométries : de l’anneau à 9 sous unités de N à une nucléocapside composées de plusieurs milliers de N et de diamètre plus grand. N enveloppe très étroitement l’ARN, donc pour devenir accessible à la polymérase virale nous pensons que l’ARN doit se dissocier de sa nucléoprotéine. Il s’agit ici de la première structure à haute résolution de nucléoprotéine en complexe avec un ARN donnant des explications nouvelles sur les mécanismes réplicatifs et transcriptionnels des virus à ARN négatifs. Il est également fort probable que les virus à ARN négatifs d’autres familles comme les filovirus (Ebola) et les paramyxovirus (rougeole) utilisent un mécanisme similaire pour s’assembler en une nucléocapside de symétrie hélicoïdale.
Dos Santos Afonso E, van der Werf S, Naffakh N
Unité de génétique moléculaire des virus respiratoires, URA
CNRS 1966, Institut Pasteur, Paris
<edsantos@pasteur.fr>
Le génome des virus grippaux de type A est constitué de 8
segments d’ARN monocaténaire de polarité négative. Dans la
particule virale, chaque segment d’ARN viral (ARNv) est encapsidé
par la nucléoprotéine NP et associé au complexe polymérase formé
des sous-unités PB1, PB2 et PA. Le tout forme une
ribonucléoprotéine (RNP) qui constitue l’unité de transcription et
de réplication du génome viral. Des interactions physiques entre la
protéine PB1 et chacune des protéines PB2 et PA d’une part, et
entre la protéine NP et chacune des protéines PB1 et PB2 d’autre
part, ont été mises en évidence par des expériences de
co-immunoprécipitation et de double hybride. Mais les interactions
fonctionnelles entre ces protéines et le rôle précis de chacune des
sous-unités du complexe polymérase dans les processus de
transcription et de réplication, restent largement méconnus.
Nous disposons, pour les virus grippaux humains A/WSN/33 (WSN) et
A/PR/8/34 (PR8), de systèmes de génétique inverse qui reposent sur
la transfection de plasmides permettant l’expression, puis la
transcription et la réplication des 8 ARNv. Nous avons observé
qu’un virus grippal recombinant dont le segment PB2 dérive de WSN
et les autres segments dérivent du virus PR8 (virus PR8/WSN)
présente des titres inférieurs d’environ 3 log à ceux des virus PR8
et WSN sauvages, et forme des plages de lyse de très petite taille.
Afin de déterminer si le défaut de multiplication du virus PR8/WSN
était lié à un défaut d’activité du complexe polymérase, nous avons
utilisé un système d’expression transitoire permettant de
reconstituer des RNP in vivo et de mesurer l’efficacité de
transcription/réplication d’un ARN pseudo-viral porteur d’un gène
rapporteur. Les RNP constituées de la protéine PB2 de WSN en
association avec les protéines PB1, PA et NP de PR8 présentent une
activité de transcription/réplication réduite d’un log par rapport
aux RNP intégralement dérivées de PR8. L’ensemble de ces
observations témoigne d’une incompatibilité entre la protéine PB2
de WSN et les protéines PB1, PA et NP de PR8, en dépit d’une
homologie de près de 97 % entre les protéines PB2 de WSN et de
PR8.
Après cinq passages en série du virus PR8/WSN sur des cellules
MDCK, nous avons isolé un virus révertant qui présente une capacité
de multiplication proche de celle du virus PR8 (revPR8/WSN). Le
séquençage de produits de RT-PCR correspondant aux segments PB1,
PB2, PA et NP du virus revPR8/WSN a révélé la présence de mutations
dans la séquence en acides aminés des protéines PB1, PB2 et PA.
Nous évaluons la contribution de chacune de ces mutations à la
réversion phénotypique en les testant, individuellement ou en
combinaison, dans le système de reconstitution transitoire de RNPs
et dans le système de génétique inverse. Leur effet sur l’activité
de transcription et/ou de réplication du complexe polymérase sera
examiné plus précisément en mesurant par RT-PCR quantitative les
taux de synthèse d’ARNv, d’ARNc et d’ARNm correspondant au segment
NP, au cours du cycle de multiplication virale. Cette étude devrait
déboucher sur une meilleure compréhension des interactions
fonctionnelles entre sous-unités du complexe polymérase.
Ricagno S, Egloff MP, Canard B
AFMB : Architecture et fonction des macromolécules
biologiques, Département Réplication virale : structure,
mécanismes, et drug-design, UMR6098, CNRS, Université de Provence,
Université de la Méditerranée, Parc scientifique et technologique
de Luminy, Case 925, 163 avenue de Luminy, 13288 Marseille Cedex
09
<Bruno.Canard@afmb.univ-mrs.fr>
Le coronavirus responsable du syndrome respiratoire sévère aigu
(SRAS) est l’agent étiologique de pneumonie atypique grave. Un gros
effort a été entrepris dans le monde pour caractériser ce virus, et
en particulier sa machinerie réplicative qui est d’une complexité
élevée comparée à celle de tous les autres virus à ARN. Il a été
montré récemment que la protéine nsp15 a une activité
endoribonucléase, dont le rôle est inconnu, mais essentiel pour le
déroulement correct du cycle viral.
Nous avons entrepris la caractérisation structurale et
mécanistique de cette protéine pour essayer de comprendre que peut
faire une telle enzyme dans un complexe de réplication viral. Cette
protéine n’a aucun homologue connu hors des coronavirus, ce qui en
fait une cible attractive pour le développement de molécules
antivirales. Nous avons résolu la structure cristallographique de
nsp15 à 2,6 Å de résolution, et élucidé son mécanisme d’action.
Nsp15 a été exprimée avec un His-tag N-terminal, produite, et
purifiée dans E. coli. La purification a été réalisée en deux
étapes, et la protéine cristallisée à partir d’une concentration de
2 mg/ml dans du PEG, ce qui permetra la formation de complexes
binaires ultérieurs. Les cristaux sont cubiques (0,03 mm !) et
appartiennent au groupe d’espace P4(3)32. La structure a été
résolue par la technique SAD utilisant une protéine séléniée. Nsp15
cristallise comme un hexamère, conformément aux études biochimiques
préliminaires. Le monomère est formé de trois domaines
indépendants. Un court domaine N-terminal consiste en deux hélices
empilées sur un feuillet bêta de trois brins antiparallèles. Le
domaine central est très riche en régions enroulées (88 aa sur
120). Le domaine C-terminal a un cœur en hélices alphas flanquées
de deux feuillets bêtas. Il existe un sillon entre les deux
feuillets, et c’est le site actif présumé.
La recherche d’homologie dans la PDB s’est révélée infructueuse
pour le monomère, le domaine C-terminal, et le N-terminal + domaine
central. L’ensemble est un dimère de trimères, dont la forme
globale est celle d’un tore, présentant un canal central. Ce canal
est trop étroit (15 Å) et trop chargé négativement pour encercler
un ARN.
De précédents travaux ont souligné certains aa (His 249, His234,
Lys 238) cruciaux pour l’activité endoRNAse, mais pas la stabilité
en solution : ils sont localisés dans un sillon chargé positivement
dans la partie C-terminale. Bien que nsp15 n’ait pas d’homologie
structurale avec d’autres RNAses, deux histidines et une lysine
catalytiques de la RNAse A se superposent très bien avec His 249,
His234 and Lys 238 de Nsp15, tout comme deux acides aminés
secondaires Thr et Phe. Nous proposons que nsp15 agisse suivant un
mécanisme similaire à celui de la RNase A, dans lequel la lysine
stabilise un intermédiaire phosphate pentacovalent. Cette hypothèse
est en cours de vérification à l’aide de complexes
cristallographiques binaires.
Nsp15 représente donc un autre exemple fascinant d’évolution
convergente de deux enzymes de repliement, taille, phylogénies
différentes, vers un mécanisme commun.
Gruez A, Selisko B, Coutard B, Jabafi I, Egloff MP, Canard B
AFMB : Architecture et fonction des macromolécules
biologiques, Département Réplication virale : structure,
mécanismes, et drug-design, UMR6098, CNRS, Université de Provence,
Université de la Méditerranée, Parc scientifique et technologique
de Luminy, Case 925, 163 avenue de Luminy, 13288 Marseille Cedex 09
Arnaud.
Gruez@afmb.univ-mrs.fr
Les virus de coxsackie qui sont transmis par la voie féco-orale
et la voie respiratoire infectent le tractus digestif et le système
nerveux. La plupart des infections restent asymptomatiques, mais il
a été montré que ces virus sont aussi responsables de forme sévère
de myocardites, d’encéphalite grave et de la moitié des maladies
cardiaques infectieuses. Des cas plus rares, provoquent des
méningites souvent chez les enfants, ou du diabète. Chaque année, 5
à 10 millions de cas sont dépistés aux USA, parmi lesquels 1 % à 4
% des cas sont associés à des maladies cardiovasculaires. Le virus
de coxsackie B3 est la cause de plus de 50 % des maladies
cardiaques liées à une infection virale. À l’heure actuelle, il
n’existe au vaccin, ni traitement antiviral contre ce virus. À
terme l’objectif est de concevoir de manière rationnelle des
inhibiteurs de l’enzyme. À plus court terme, notre objectif est de
comprendre les mécanismes de la réplication virale, à savoir
l’étape d’initiation et l’étape d’élongation.
Dans ce contexte, nous avons entrepris l’étude structurale et
fonctionnelle de l’ARN polymérase ARN dépendante (CVP3pol) par les
méthodes de cristallographie aux rayons X. La protéine a été
exprimée et purifiée à partir d’E. coli, et sa structure
résolue par remplacement moléculaire.
La structure de CVP3pol résolue par cristallographie des rayons X
à haute résolution (2 Å), montre le repliement caractéristique des
polymérases virales, en trois domaines : pouce, paume et doigts. Au
site catalytique, la comparaison des acides aminés montre de
subtiles différences avec la polymérase du virus de la
poliomyélite. L’obtention de cristaux diffractant à haute
résolution, ouvre la voie à une étude structurale détaillée de la
protéine avec les différents partenaires impliqués dans la
polymérisation de l’ARN et donc de la réplication virale. Dans ce
cadre on distinguera schématiquement deux étapes. La première
appelée l’initiation qui nécessite : un peptide servant d’amorce à
la transcription (VpG), une matrice ARN, des nucléotides et des
ions. La seconde étape communément appelée étape d’élongation qui
nécessite uniquement la matrice et les nucléotides. L’analyse
détaillée des structures de l’enzyme libre et complexée à des
ligands sera présentée et discutée. Enfin les données structurales
et biochimiques permettent d’envisager la conception rationnelle
d’inhibiteurs de la réplication du virus de coxsackie par criblage
de chimiothèques in vitro et in silico.
Tarbouriech N1,2, Buisson M1,3, Geoui G1,2, Cusack S2, Burmeister WP1,2,4
1Institut de virologie moléculaire et structurale,
FRE 2854 CNRS-UJF, BP181, 38042 Grenoble Cedex 9 ;
2EMBL, Grenoble outstation, BP181, 38042 Grenoble Cedex
9 ; 3Laboratoire de virologie, CHU Michallon, BP217,
38043 Grenoble Cedex 9 ; 4Institut universitaire de
France, 103, bd Saint-Michel, 75005 Paris.
<wpb@embl-grenoble.fr>
Le virus d’Epstein-Barr (EBV) est la cause de la mononucléose
infectieuse ainsi qu’il est associé aux nombreux cancers humains :
carcinome nasopharyngé (NPC), lymphome de Burkitt, lymphome
hodgkinien et carcinome gastrique (GC) ainsi qu’au syndrome
lymphoprolifératif chez des sujets immunodéprimés. Il code pour 86
protéines, qui sont les cibles de notre projet de génomique
structurale. Après une mise à jour de l’annotation du génome 23
cadres de lecture ont été choisis pour une expression en E.
coli, en choisissant les cibles pour une activité enzymatique
et par rapport à leur degré de structure tridimensionnelle prédit.
L’absence d’expression et le manque de solubilité des protéines se
sont avérés comme obstacles majeurs. Il n’était pas possible de
surmonter ces problèmes par une modification des constructions
utilisées, des changements de la température d’expression ou de
souche de bactéries ainsi par des techniques de renaturation. Dans
5 cas, il était possible de cristalliser des protéines solubles en
utilisant un robot avec des nanogouttes. Quatre de ces structures
ont pu être résolues par cristallographie aux rayons x. Les
structures de la protéase, de la dUTPase, de
l’uracil-ADN-glycosidase et de BARF1 ont été déterminées.
Le succès du projet dépendait plutôt d’un traitement individuel
que de protocoles standardisés. Afin de surmonter les problèmes
d’expression solubles nous nous sommes maintenant tournés vers une
expression dans des cellules d’insectes en utilisant des
baculovirus et nous travaillons sur les composantes de la machine
de réplication d’EBV.
Vendredi 21 avril 2006, 14 h à 15 h 15
Communications orales O101 à O105
Communications affichées P106 à P124
Bressollette-Bodin C1, Hourmant M2, Renaudin K3, Imbert-Marcille BM1, Coste-Burel M1
1JE 2437 Interactions Hote-Microorganisme, UFR
Pharmacie, IFR26 et Laboratoire de Virologie, CHU Nantes ;
2Institut de transplantation et de recherche en
transplantation (ITERT), CHU Nantes ; 3Laboratoire
d’anatomo-pathologie A, CHU Nantes
<celine.bressollette@chu-nantes.fr>
L’augmentation de la prévalence des néphropathies associées au
polyomavirus BK en transplantation rénale a été à l’origine du
développement de nouveaux outils de dépistage et de suivi des
patients présentant une réactivation virale. Au cours d’une étude
prospective, nous avons mis en évidence la fréquence de survenue
des réactivations du virus BK dans les 12 mois suivant une
transplantation rénale, définies par la positivité de l’ADNurie (57
% des patients) et/ou de l’ADNémie (29 % des patients). Parmi les
104 patients inclus dans cette étude, 18 (17 %) étaient toujours
positifs en ADNurie 12 mois après transplantation, avec pour 5
d’entre eux une ADNémie positive (5 %). Cependant, aucun cas de
néphropathie virale n’a été diagnostiqué au cours de cette première
année [Bressollette-Bodin et al., Am J Transplant,
2005]. À la suite de cette étude, notre objectif était d’évaluer la
fréquence de survenue des néphropathies à virus BK dans cette
cohorte au-delà de la première année suivant la
transplantation.
L’ADNurie et l’ADNémie BK virus sont détectées et quantifiées par
une technique de PCR en temps réel développée au laboratoire, qui
amplifie un segment situé au sein de la région précoce du génome,
et dont la sensibilité est de 10 copies/réaction. Les patients dont
l’ADNurie et l’ADNémie étaient négatives au 12e mois
post-transplantation, n’ont pas été suivis de façon systématique.
Le génome viral a été recherché dans les urines et le sang en cas
de dégradation de la fonction rénale sans étiologie retrouvée.
Aucun cas de néphropathie à virus BK n’a été diagnostiqué parmi ces
patients. Chez les 18 patients dont l’ADNurie et/ou l’ADNémie
étaient positives à 12 mois, le suivi virologique a permis de
détecter à l’issue de la deuxième année la persistance d’une
ADNurie positive chez 9 patients, associée à une ADNémie positive
chez 6 d’entre eux. Tous avaient un traitement immunosuppresseur
associant tacrolimus et mycophénolate mofetil. Pour 5 de ces
patients, la recherche de decoy cells associée à un marquage
anti-BK virus s’est révélée positive. Pour un de ces 5 patients,
décédé d’un lymphome cérébral, le diagnostic histologique de
néphropathie à virus BK, fortement suspecté, n’a pas pu être
confirmé. Les résultats histologiques de la ponction-biopsie rénale
ont permis de confirmer la néphropathie à virus BK chez 3 patients
(respectivement à 24, 28 et 36 mois post-transplantation). Pour
deux d’entre eux, la négativation de l’ADNémie associée à une
diminution de l’ADNurie et à une amélioration de la fonction rénale
a été obtenue après diminution de l’immunosuppression. Le troisième
a dû subir une transplantectomie en raison du développement d’une
fibrose majeure du greffon.
En ne considérant que les néphropathies histologiquement prouvées,
la fréquence de survenue des néphropathies à virus BK est d’au
moins 2,8 % dans cette étude.
Au total, cette fréquence est proche de celle rapportée dans la
littérature, bien que le délai de survenue après la transplantation
semble plus long (au moins 24 mois post-transplantation). Ces
résultats nous ont conduits à prévoir un dépistage systématique de
l’ADNurie et de l’ADNémie BK virus à 1 et 2 ans suivant la
transplantation rénale. Les patients positifs sont suivis tous les
3 mois et la persistance d’une infection active à virus BK au bout
de 6 mois peut conduire à proposer une biopsie.
Perrot-Simon S, Vabret A, Dina J, Legrand L, Brouard J, Cuvillon D, Gouarin S, Petit J, Freymuth F
Laboratoire de virologie humaine et moléculaire et Service de
pédiatrie, CHU, Caen
<freymuth-f@chu-caen.fr>
L’objectif de l’étude était de comparer les performances de
trois RT-PCR multiplex permettant la recherche simultanée de 14
virus respiratoires à celles des méthodes conventionnelles
d’immunofluorescence (IF) et de culture sur 449 aspirations nasales
(AN) d’enfants entrant aux urgences pédiatriques du CHU de Caen
entre le 1er novembre 2003 et le 30 mars 2004. Après
examen médical et indépendamment des résultats de la virologie,
certains enfants seront hospitalisés (n = 263), d’autres rentreront
chez eux (n = 186).
Les AN sont traitées par IF pour la recherche du virus
respiratoire syncytial (VRS), des virus influenza A et B,
parainfluenza (VPI) 1, 2, 3 et adénovirus (Dako). En cas d’IF
négative, un isolement sur culture de cellules HuH7 est pratiqué
[Freymuth F., J Med Virol 2005 ; 77 : 295]. Après 4 jours
d’incubation, les cellules sont examinées en IF et, en cas d’ECP,
une RT-PCR multiplex 3 est effectuée sur le surnageant à la
recherche des rhinovirus, entérovirus, virus influenza C,
coronavirus humains (hCoV) 229E et OC43. Les tests RT-PCR multiplex
1, permettant la détection des virus influenza A, influenza B, VRS,
métapneumovirus humain (hMPV), RT-PCR multiplex 2, la détection des
VPI 1, 2, 3, 4 et RT-PCR multiplex 3, sont réalisés directement sur
l’AN selon une procédure déjà décrite [Bellau-Pujol S, J Virol
Meth 2005 ; 126 : 53]. Une recherche d’adénovirus par PCR y est
associée [Vabret A, J Clin Virol 2004 ; 31 : 116].
Sur les 449 AN testées, 411 (91,5 %) sont positives et 514 virus
sont détectés. Ils comprennent 226 VRS, 165 rhinovirus, 46 virus
influenza A, B, C, 23 hMPV, 17 VPI 1,2,3,4, 14 hCoV 229E ou OC43,
12 adénovirus et 11 entérovirus. Il n’y a pas de différence dans la
répartition des virus entre le groupe des enfants hospitalisés et
les autres, sauf pour le VRS qui est plus fréquemment détecté chez
les enfants hospitalisés, et pour les virus influenza qui sont plus
fréquemment trouvés chez les enfants non hospitalisés. Plus de
virus : 239 (91,8 %) sont détectés par les PCR multiplex et
adénovirus que par les méthodes conventionnelles d’IF et de culture
: 188 (72,3 %). La différence de performance entre les deux
approches est significative pour la recherche du VRS et des
rhinovirus. Il n’y a pas d’augmentation de la détection des virus
influenza et adénovirus, mais les effectifs de ces virus sont
relativement faibles dans cette étude.
Plusieurs différences apparaissent entre l’utilisation de l’IF
seule, les méthodes conventionnelles d’IF et de culture et les
techniques PCR : le nombre de virus détectables, respectivement 7,
13, 15 ; le pourcentage d’échantillons positifs : 56,1 %, 72,3 %,
91,9 %, le temps de réponse : 1 à 2 heures, 1 heure à 4 jours, 1 à
2 jours ; le coût des techniques (réactifs et temps de travail) :
12,11 Ç, 12,11 à 48,58 Ç, 23,69 Ç.
Michel Y1, Giraud C1, Auguste V1, Bailly JL3, Parez N2, Garbag-Chenon A1, Dehée A1
1Laboratoire de virologie, Hôpital Trousseau et
Université Pierre et Marie Curie, EA 3500, Paris ;
2Urgences pédiatriques, Hôpital Trousseau, Paris ;
3Service de Virologie, CHU, Clermont-Ferrand.
<yanne.michel@trs.ap-hop-paris.fr>
Les buts du travail étaient de développer une technique de
RT-PCR en temps réel permettant une détection sensible et une
quantification de l’ARN des entérovirus dans le LCR et d’évaluer
l’apport de cette technique pour le diagnostic des méningites à
entérovirus chez les enfants vus aux urgences de l’hôpital
Trousseau lors de l’épidémie 2005.
La RT-PCR en temps réel, réalisée en deux étapes, utilise une
sonde d’hydrolyse TaqMan dans la région 5’ non codante du génome
des entérovirus. Cette technique a été utilisée pour analyser,
prospectivement, 342 LCR provenant d’enfants vus aux urgences
pédiatriques de l’hôpital Trousseau (de mi-février à fin septembre
2005). Un isolement viral en culture cellulaire a été réalisé en
parallèle pour chacun de ces 342 échantillons. Les résultats
obtenus par RT-PCR (détection et quantification du génome viral
dans le LCR) ont été comparés avec ceux obtenus par culture et
analysés en fonction de différents paramètres clinicobiologiques
(âge et sexe des patients, symptômes initiaux, délai entre la
survenue des symptômes et la ponction lombaire, biochimie du
LCR).
154 (45 %) des LCR adressés au laboratoire ont été retrouvés
positifs pour l’entérovirus par RT-PCR en temps réel (23 % des LCR
pour les enfants âgés de moins de 3 mois, 18 % pour la tranche
d’âge 3 mois à 3 ans et 67 % pour les enfants de 3 à 15 ans). Parmi
les LCR retrouvés positifs, le sexe ratio M/F était de 1,9.
Quatorze % des LCR positifs contenaient moins de 10 éléments, 45 %
en contenaient entre 10 et 100 et 41 % en contenaient plus de 100.
Parmi les LCR contenant plus de 10 éléments, 17 % avaient une
formule à prédominance lymphocytaire, 62 % étaient à prédominance
de polynucléaires et 21 % avaient une formule équilibrée. Le pic de
l’épidémie a été atteint entre mi-juin et mi-juillet, avec un taux
de LCR positifs par RT-PCR en temps réel supérieur à 70 %. Par
comparaison, la recherche d’entérovirus en culture cellulaire
effectuée en parallèle n’a pu révéler que 10 % d’échantillons
positifs. Le typage des souches isolées en culture a permis
d’identifier différents entérovirus (echovirus 6, 13, 18, 30 ;
coxsackie A9).
La RT-PCR en temps réel a constitué un outil précieux pour établir
le diagnostic virologique de méningite à entérovirus, dans le cadre
de l’épidémie de l’année 2005. Elle présente de nombreux avantages
par rapport à la culture ou à la PCR « classique » : cette
technique d’une grande sensibilité et d’une bonne faisabilité
permet d’établir un diagnostic dans des délais très brefs, ce qui
améliore la prise en charge des patients en réduisant le temps
d’hospitalisation (mise en place d’une hospitalisation de très
courte durée). La RT-PCR en temps réel permet de plus de quantifier
la charge virale entérovirus dans le LCR. L’intérêt de cette
quantification, en regard des autres données clinicobiologiques
recueillies sera présenté et discuté.
Masurel J1, Launay O2, Servant-Delmas A3, Basse-Guerineau AL1, Meritet JF1, Laperche S3, Sogni P4,5, Rosenberg AR1,5
1Université Paris-Descartes, Faculté de Médecine,
AP-HP, Groupe hospitalier Cochin, Service de virologie, Paris ;
2Université Paris-Descartes, Faculté de Médecine ;
AP-HP, Groupe hospitalier Cochin, CIC de vaccinologie
Cochin-Pasteur, Service de médecine interne, Paris ;
3INTS, Centre National de Référence des hépatites B et C
en transfusion, Paris ; 3Université Paris-Descartes,
Faculté de médecine, AP-HP, Groupe hospitalier Cochin, Service
d’hépato-gastro-entérologie, Paris ; 5Inserm, Equipe
Avenir Virus de l’hépatite C, Institut Cochin, Paris.
<arielle@cochin.inserm.fr>
La détection d’anticorps anti-HBc totaux en l’absence d’antigène
HBs et d’anticorps anti-HBs (anti-HBc isolés) a été rapportée,
notamment chez les patients infectés par le virus de
l’immunodéficience humaine (VIH) ou le virus de l’hépatite C (VHC).
L’interprétation de ce profil sérologique est incertaine et
l’intérêt de la recherche de l’ADN du virus de l’hépatite B (VHB)
dans cette situation est discuté. Ce travail a été réalisé pour
préciser la signification des profils anti-HBc isolés dans les
sérums non sélectionnés adressés au laboratoire de virologie
clinique.
Parmi les 6431 patients ayant bénéficié d’un dépistage des trois
principaux marqueurs sérologiques du VHB au laboratoire du groupe
hospitalier Cochin en 2003, 362 (5,6 %) avaient un profil anti-HBc
isolés. Un seul patient avait des anticorps anti-HBc de classe IgM,
en rapport avec une hépatite B aiguë en voie de résolution. Les
anticorps anti-HBe étaient détectables dans 155/362 (42,8 %)
sérums, nous conduisant à mettre en doute la réalité de la
positivité des anticorps anti-HBc parmi les 207 sérums restants.
Cependant, 11 seulement parmi ces 207 sérums étaient négatifs avec
une seconde technique de détection des anticorps anti-HBc totaux ;
pour ces 11 sérums, les valeurs de ratio (signal échantillon/seuil)
dans la première technique étaient significativement plus faibles
que celles observées pour les sérums positifs dans les deux
techniques (p < 0,001). Dans les 350 sérums restants, nous avons
effectué une seconde recherche de l’antigène HBs en utilisant un
coffret commercialisé plus récemment. Deux de ces 350 sérums
avaient un antigène HBs détectable par ce nouveau coffret. Dans ces
2 sérums, l’ADN du VHB était présent, et le séquençage du gène s a
révélé dans l’épitope immunodominant de l’antigène HBs des
substitutions d’acides aminés compatibles avec la discordance
observée entre les deux coffrets. Finalement, l’ADN du VHB a été
recherché dans les 348 sérums restants à l’aide du coffret Versant
HBV DNA 3.0 (Bayer), un test standardisé dont le seuil de détection
(2 000 copies/ml) devrait permettre de cribler les infections
cliniquement pertinentes. Le coffret Cobas Amplicor HBV Monitor
(Roche) a été utilisé comme test de confirmation. La recherche de
l’ADN du VHB était positive chez 8 patients, dont une femme
enceinte. Le séquençage du gène s réalisé pour 7 de ces 8 patients
a permis d’identifier des mutations dans l’épitope immunodominant
de l’antigène HBs dans 5 cas. Au total, l’ADN du VHB était donc
retrouvé chez 10 des 362 patients ayant un profil anti-HBc isolés,
soit une prévalence de 2,8 %, avec une charge virale supérieure à
10 000 copies/ml chez 6 patients. Les patients avec et sans ADN du
VHB détectable ont été comparés selon plusieurs critères cliniques
et virologiques (y compris le statut vis-à-vis du VIH et du VHC),
mais aucun facteur prédictif de la présence sérique de l’ADN du VHB
n’a pu être identifié.
En conclusion, la mise en évidence d’un profil sérologique «
anti-HBc isolés » est fréquente au laboratoire de virologie
clinique, et correspond rarement à une fausse positivité dans le
test de détection des anticorps anti-HBc totaux. La prévalence de
la présence sérique de l’ADN du VHB est faible chez les sujets
ayant un profil anti-HBc isolés et, dans la majorité des cas, cette
situation semble attribuable à des mutations du gène s malgré
l’utilisation de tests de plus en plus sensibles pour la détection
de l’antigène HBs. Cependant, l’existence de charges virales
significatives et l’absence de facteurs prédictifs suggèrent que
les sujets ayant un profil sérologique « anti-HBc isolés » doivent
être considérés comme potentiellement porteurs d’ADN du VHB.
Dachraoui R1,2, Trabelsi A2, Simon F1, Plantier JC1
1CHU Charles Nicolle, Rouen ; 2CHU de
Sousse, Tunisie.
<Jean-Christophe. Plantier@univ-rouen.fr>
L’objectif de l’étude était de génotyper les souches VIH1
collectées sur spots de plasma séché (DPS, Dried Plasma Spot),
déposés en Tunisie et envoyés par courrier postal en France.
20 μL d’échantillons de plasma de 35 patients tunisiens infectés
par le VIH1 avec une gamme de charges virales de 2,25 log (177
copies/mL) jusqu’à plus de 5,9 log (750 000 copies/mL), ont été
déposés sur des buvards en Tunisie. Ces DPS ont été conservés à
température ambiante dans un sac plastique avec un absorbeur
d’humidité et envoyés par courrier postal en France. Le délai entre
la collecte et l’envoi a été de 10 jours. Des aliquots de plasmas
correspondants non déposés ont été utilisés pour mesurer la charge
virale (technique Cobas Monitor Roche). À réception en France, les
DPS ont été conservés à -80 °C jusqu’à manipulation. Après élution
et extraction de l’ARN, une RT-PCR nichée a été utilisée pour
amplifier les régions protéase, reverse transcriptase (RT) du gène
pol et la région gp41 du gène env (cible de l’enfuvirtide). Le
séquençage de résistance a été réalisé sur tous les amplicons
obtenus dans les différentes régions. Les séquences obtenues ont
été analysées pour les mutations associées à la résistance et une
analyse phylogénétique.
La région protéase a été amplifiée avec succès dans 27/35 cas
(77,1 %), la RT dans 25/35 cas (71,4 %) et dans la gp41 dans 21/31
cas (67,7 %). Pour la gp41, les contrôles d’amplification sur les
échantillons de plasma correspondants non déposés étaient négatifs
pour 4 échantillons. Tous les échantillons avec une charge virale
> 4 log (N = 27) ont été amplifiés avec succès dans la protéase
(100 %) et 25 (92,6 %) dans la RT ; 21 des 24 échantillons étaient
positifs avec notre protocole gp41 (87,5 %). Trois des 8
échantillons avec une charge virale < 3,7 log ont été amplifiés
avec succès dans la région protéase et 1 dans la région gp41. Le
séquençage a montré un profil de mutations en corrélation avec
l’état thérapeutique des patients. Les analyses phylogénétiques ont
conclu la présence de sous-type B, dans les différentes régions
séquencées.
Nos résultats obtenus dans les conditions de terrain confirment
que le suivi des résistances peut être réalisé dans les pays du
sud. Une optimisation pour améliorer la sensibilité pour des
charges virales < 4 Log est en cours. Les DPS sont simples
d’utilisation et faciles à transporter (par courrier postal), et
sont un outil possible pour le suivi individuel et épidémiologique
des résistances et de la diversité génétique dans les différentes
régions du monde.
Challine D, Chevaliez S, Brillet R, Rigot P, Dubernet F, Larderie P, Remire J, Darthuy F, Pawlotsky JM
Laboratoire de virologie et Inserm U635, Hopital
Henri-Mondor, Créteil
<dominique.challine@hmn.aphp.fr>
La recherche de l’antigène HBs (AgHBs) est systématique chez les
donneurs d’organes, de tissus et de cellules afin de prévenir la
transmission du virus de l’hépatite B (VHB) par la greffe. La
recherche des anticorps (Ac) anti-HBc et anti-HBs est également
systématique en France. En cas de résultats faussement négatifs de
l’AgHBs, les receveurs sont exposés au risque de transmission du
VHB par le greffon. Les objectifs de l’étude étaient de : 1)
déterminer la prévalence des marqueurs de réplication du VHB chez
les donneurs avec ou sans marqueurs sérologiques ; 2) comprendre le
rôle des mutants de l’AgHBs chez les donneurs porteurs de l’ADN du
VHB en l’absence d’AgHBs.
Parmi 11 155 donneurs d’organes de tissus et de cellules testés
dans notre laboratoire, 626 présentaient au moins un marqueur
d’infection, AgHBs, Ac anti-HBs ou anti-HBc (à l’exception des
anti-HBs isolés) et 1 433 donneurs d’organes étaient séronégatifs
pour le VHB ou présentaient un profil de vaccination (anti-HBs
isolés). L’ADN du VHB a été recherché chez tous ces donneurs à
l’aide d’une technique de PCR en temps réel (Cobas TaqMan HBV,
Roche Molecular Systems, intervalle de quantification 6 à 108
UI/ml). Chez tous les donneurs ADN positifs, la séquence entière de
l’AgHBs, encadrant le déterminant « a » (position en acides aminés
122-149) a été ou est en cours de séquençage.
L’ADN du VHB était présent, à un niveau en général faible, chez 83
% des donneurs d’organes, de tissus et de cellules porteurs de
l’AgHBs. La séquence de l’AgHBs de ces donneurs est en cours. L’ADN
du VHB a été mis en évidence chez 4 des 74 donneurs présentant des
Ac anti-HBc isolés (5,4 %). La séquence de l’AgHBs a pu être
déterminée chez deux d’entre eux : l’un présente une substitution
par une valine en position 45 au niveau de l’épitope reconnu par le
complexe majeur d’histocompatibilité de classe I et aucun ne
présente de substitution dans le déterminant « a » connue pour
altérer la détection de l’antigène HBs. Trois des 32 donneurs
porteurs des 3 marqueurs (9,4 %) avaient une charge virale faible.
L’un d’eux est porteur d’une mutation T131A, capable d’altérer la
structure antigénique de l’AgHBs. Un donneur d’organe présentant un
profil de vaccination (anti-HBs isolés) était virémique. La
séquence de l’AgHBs de ce donneur présente de nombreuses
substitutions, en particulier Q129P dont le rôle sur l’antigénicité
de l’AgHBs reste à déterminer.
L’ADN du VHB est détecté chez la plupart des donneurs d’organes,
de tissus et de cellules porteurs de l’AgHBs, mais avec un niveau
de réplication plus faible que celui observé chez les malades
porteurs d’une hépatite chronique B. L’ADN du VHB peut être détecté
chez les donneurs sans AgHBs et porteurs ou non d’Ac anti-HBc. Les
mutations de l’AgHBs n’apparaissent pas être responsables de
l’absence de détection de l’antigène qui semble plutôt être en
relation avec un manque de sensibilité des tests pour les taux
faibles d’AgHBs. L’utilisation de tests ultrasensibles détectant
les mutants de l’AgHBs permettrait d’améliorer la sécurité virale
des greffes d’organes, de tissus et de cellules.
Avettand-Fenoel V1, Katlama C2, Poynard T3, Thibault V1
1Laboratoire de Virologie, GH Pitié-Salpêtrière,
Paris ; 2Service de maladies infectieuses, GH
Pitié-Salpêtrière, Paris ; 3Service
d’Hépato-Gastro-Entérologie, GH Pitié-Salpêtrière, Paris
<veronique.avettand@nck.aphp.fr>
Le profil sérologique associé au portage chronique du virus de
l’hépatite B (VHB) est habituellement caractérisé par la détection
concomitante de l’antigène HBs (AgHBs) et des anticorps anti-HBc.
Cependant, l’absence d’anticorps anti-HBc malgré la persistance
d’AgHBs est observée dans quelques cas. Le but de notre étude était
d’analyser les raisons de cette absence de détection chez des
porteurs chroniques du VHB.
2169 patients infectés par le VHB et porteurs chroniques d’AgHBs
ont été sélectionnés. La détection des AgHBs, AgHBe, anticorps
anti-HBc et anti-HBe était réalisée avec la technologie Axsym
(Abbott). Les patients présentant un profil sérologique avec
absence d’anticorps anti-HBc confirmée par le test Axsym sur 2
prélèvements ont été recensés. L’absence d’anticorps anti-HBc était
ensuite confirmée par un test Elisa sandwich (Monolisa Anti-HBc
Plus, Biorad). Le gène précore-core a été séquencé puis analysé en
cas d’absence d’anticorps anti-HBc.
Parmi les 2169 patients, 39 (1,79 %) présentaient un profil
sérologique sans anticorps anti-HBc. Tous avaient un AgHBe positif
et un génome HBV détectable par la PCR Cobas (Roche). La recherche
d’anticorps anti-HBc a ensuite été réalisée par la technique
Monolisa pour 19 de ces 39 patients et l’absence de détection était
confirmée pour 12 d’entre eux (63 %). La distribution des génotypes
viraux était représentative de celle observée pour les patients
suivis dans notre groupe hospitalier. Aucune mutation du gène
préC-C n’a été retrouvée pour 12/15 patients. Cependant, des
mutations dans la région pré-core (W37stop ou S20T) étaient
retrouvées dans 2 cas, la mutation preC associée à une mutation
L64stop dans la région C dans un cas. Hormis 1 patient co-infecté
par le virus de l’hépatite C, tous ces patients étaient
immunodéprimés en raison d’un traitement spécifique
post-transplantation ou d’une co-infection par le VIH.
L’absence de détection des anticorps anti-HBc chez les patients
chroniquement infectés par le VHB est rarement observée et
largement expliquée par le manque de sensibilité de certains tests
sérologiques et par la faible production d’anticorps chez les
patients immunodéprimés. L’hypothèse d’épitopes HBc mutés n’a pas
été mise en évidence dans notre étude. L’absence d’anticorps
anti-HBc chez les patients immunodéprimés doit être interprétée
avec précaution.
Hormigos K, Belguerma N, Al Hawjari N, Brichler S, Alloui C, Dény P, Gordien E
Laboratoire de bactériologie, virologie, hygiène, Assistance
Publique des Hôpitaux de Paris, E. A 3406, Université Paris 13,
Bobigny
<katia.hormigos@wanadoo.fr>
La quantification précise de la charge virale ADN du VHB est
indispensable pour la prise en charge et le suivi de patients
infectés de façon chronique sous traitement antiviral. Cependant
les résultats obtenus à l’aide des différentes techniques
disponibles peuvent varier très fortement pour un même échantillon
; en fonction du génotype VHB considéré ; ou selon l’étendue de la
gamme de détection. D’autre part la question d’un étalon standard
international demeure. L’objectif de notre étude était d’évaluer
les performances d’une nouvelle technique de PCR en temps réel,
Affigene HBV Trender (Sangtec Molecular Diagnostic) par rapport à
deux trousses commerciales, Cobas Amplicor HBV Monitor (Roche
Diagnostic) et bDNA 3.0 (Bayer Health Care), dans la région de
Seine-Saint-Denis, caractérisée par une grande diversité des
souches virales circulantes. Les résultats obtenus ont été exprimés
pour chaque technique, en unités internationales (UI) établies par
l’organisation mondiale de la santé.
89 échantillons de sérum de patients ont été collectés de façon
prospective pendant deux mois. L’extraction et la quantification de
l’ADN viral ont été réalisées pour chaque test selon les
recommandations strictes du fournisseur. Le génotypage VHB a été
déterminé par séquençage et analyses phylogéniques d’une région de
410 paires de bases du gène de la polymérase. Les analyses
statistiques ont été réalisées à l’aide du logiciel SPSS version
10.0.
Les cinq génotypes A (27 %), B et C (10 %), D (13,5 %) et E (49,5
%) ont été retrouvés dans notre région. La technique HBV Trender
s’est révélée rapide, facile d’utilisation et capable de détecter
et de quantifier de façon équivalente les génotypes de A à E. La
fourchette de quantification se situe entre 1,71 logUI/ml et 8,24
logUI/ml, mais des valeurs entre 1 logUI/ml et 9,5 logUI/ml (0,3
logUI/ml) peuvent être obtenues. L’analyse des résultats globaux a
montré une sous-estimation significative des valeurs de charge
virale par la technique Cobas par rapport à bDNA3.0 (p = 0,002) et
à HBV trender (p = 0,015). Ces différences étaient liées
essentiellement au génotype E « africain » (bDNA 3.0 : p = 0,02 et
HBV trender : p = 0,03).
Cette étude soulève la question de la variabilité génétique du VHB
dans la mesure de la charge virale en fonction des différents tests
utilisés.
Margeridon S1, Chemin I1, Barraud L2, Zoulim F1, Trepo C1, Kay A1
1Inserm U271, 151 cours A.-Thomas, 69003 Lyon ;
2Bioalliance Pharma, 59 bd M.-Valina, 75015 Paris.
<margeridon@lyon.inserm.fr>
Malgré l’existence de vaccins efficaces, l’infection par le
virus de l’hépatite B (VHB) reste un problème de santé publique
majeur, avec près de 400 millions de porteurs chroniques dans le
monde. Ce nombre considérable de sujets infectés chroniquement par
le VHB est dû à plusieurs facteurs : la faible efficacité des
traitements antiviraux contre le VHB (\\ 126\\ 30 %) dueau
développement de mutations de résistance ; l’existence de VHB
échappant au système immunitaire de l’hôte ; l’existence de
variants indétectables par les tests sérologiques, nommés VHB
cryptiques. L’étude des variants du VHB est donc indispensable mais
l’obtention de leur génome entier par PCR est souvent difficile.
Ceci peut s’expliquer par la structure du génome du VHB présent
dans les particules virales circulantes, qui est une molécule d’ADN
relâchée circulaire partiellement bicaténaire (ADN-RC). De plus,
les faibles taux de réplication de certains variants compliquent ce
problème. Ainsi, dans cette étude, nous avons appliqué une nouvelle
technique d’amplification hautement sensible à l’étude du VHB, la «
Rolling Circle Amplification » (RCA), dans le but d’améliorer
l’étude des génomes entiers de VHB et plus spécialement ceux des
variants. Cette technique innovante a pour principe d’utiliser une
enzyme hautement processive, capable de déplacer les fragments
d’ADN doubles brins. La réaction est isothermale et se fait
classiquement à 30 °C pendant 8 à 18 heures Ceci aboutit à une
amplification exponentielle de tous les génomes circulaires, et
produit des quantités importantes de multimères d’ADN doubles brins
de la matrice. L’efficacité et la forte sensibilité de la RCA ont
déjà été prouvées pour l’amplification des génomes entiers d’autres
virus et bactéries. Toutefois la RCA n’a jamais été appliquée au
VHB.
Pour élargir le champ d’application de la RCA au VHB, nous avons
dans un premier temps réalisé des essais à partir d’un sérum
provenant d’un patient chroniquement infecté par le VHB. Toutefois,
pour que la RCA fonctionne efficacement, des étapes préliminaires
aboutissant à la circularisation complète de l’ADN-RC ont été
indispensables. Pour contourner ce problème, nous avons alors testé
la RCA sur des prélèvements hépatiques. En effet, dans le noyau des
hépatocytes infectés, le génome du VHB existe sous une forme
circulaire superenroulée (ADN-ccc), qui est la matrice de
réplication du VHB. Ainsi, les risques de contamination ont été
limités et la sensibilité augmentée. La RCA a alors permis de
préamplifier l’ADN-ccc présent dans l’échantillon en produisant un
amplicon de haut poids moléculaire. Il a donc été indispensable
d’additionner à la RCA une étape de digestion enzymatique ou une
PCR, pour pouvoir exploiter le produit amplifié. Ainsi,
l’association « RCA plus PCR » a amplifié le génome entier du VHB à
partir de moins de 10 copies d’ADN-ccc. La sensibilité de cette
combinaison est 100 fois supérieure à celle de la PCR seule, et
comparable à celle d’une PCR en temps réel. De plus, l’ADN obtenu
après « RCA plus PCR » est facile à cloner et à transfecter en
cellules. Actuellement l’étude de plusieurs génomes entiers de VHB
cryptiques est en cours grâce à la RCA.
En conclusion, la RCA présente de réels avantages pour l’étude des
génomes entiers de VHB et notamment ceux des variants ayant de
faibles taux de réplication. Elle permet également de générer de
grandes quantités de matériel, facilitant la réalisation d’autres
expériences (clonage, transfection en cellule), et permettant une
plus grande exploitation des échantillons disponibles en faibles
quantités.
Chevaliez S, Bouvier-Alias M, Dameron G, Darthuy F, Rémiré R, Pawlotsky JM.
CNR des Hépatites B, C et delta, Laboratoire de Virologie et
Inserm U635, hôpital Henri-Mondor, Créteil.
<stephane.chevaliez@hmn.aphp.fr>
La quantification précise, sensible et spécifique de l’ARN du
VHC est nécessaire pour évaluer la réponse virologique pendant et
après le traitement des hépatites chroniques C par l’interféron
alpha pégylé associé à la ribavirine. La plate-forme automatisée
Cobas AmpliPrep-Cobas TaqMan 48 (CAP-CTM Roche Molecular System)
permet la quantification de l’ARN du virus de l’hépatite C (VHC)
par PCR en temps réel à partir d’échantillons plasmatiques.
L’objectif de l’étude est d’évaluer les performances intrinsèques
de la plate-forme de biologie moléculaire automatisée CAP-CTM
48.
La sensibilité analytique et la linéarité ont été évaluées par
quantification de dilutions sériées de raison 3 d’un standard titré
à 5.106 unités internationales par ml (UI/ml) d’ARN du
VHC, soit 6,7 log10 (Acrometrix). La sensibilité, l’exactitude et
la reproductibilité de la quantification ont été établies par
quantification de dilutions du standard titré à 5.106 UI/ml lors
d’expériences indépendantes en triplicate. La spécificité a été
déterminée sur 205 sérums séronégatifs pour le VHC. L’influence des
génotypes sur l’intervalle de quantification linéaire et
l’exactitude de la mesure de la charge virale ont été appréciées
sur 49 échantillons de patients atteints d’hépatite chronique C :
génotype 1 (n = 11), génotype 2 (n = 10), génotype 3 (n = 10),
génotype 4 (n = 11), génotype 5 (n = 6), génotype 6 (n = 1). La
charge virale des échantillons cliniques des différents génotypes
du VHC déterminée par la plate-forme CAP-CTM 48 a été comparée à
celle déterminée par la technique des ADN branchés (bDNA, Versant
HCV RNA 3.0, Bayer Healthcare). L’intervalle de quantification de
la plate-forme CAP-CTM 48 a été étudié par dilutions sériées de
raison 5 des 49 échantillons cliniques jusqu’à extinction du
signal.
La linéarité de la quantification évaluée à partir du standard
titré à 5.106 UI/ml était satisfaisante (pente = 0,9761, R =
0,9981). L’écart à la valeur attendue du standard titré à 5.106
UI/ml et de ses dilutions variait de 0,03 à 0,20 log UI/ml (moyenne
: 0,097 ± 0,047 log UI/ml). Le coefficient de variation des mesures
réalisées en triplicate par dilutions sériées du standard
s’étendait de 0,2 à 7,2 %, avec une moyenne de 1,9 %. La
spécificité était de 100 %. Les charges virales des 49 échantillons
appartenant aux différents génotypes du VHC et leurs dilutions
montraient une quantification linéaire de l’ARN du VHC sur
l’ensemble de l’intervalle testé. Les quantifications d’ARN viral
déterminées par la plate-forme CAP-CTM 48 étaient pour la plupart
(44/49 valeurs) supérieures à celles déterminées par la méthode
bDNA (différence : 0,47 ± 0,42 log UI/ml) avec des écarts plus
importants pour les génotypes 1 et 3, suggérant une différence de
calibration entre les deux méthodes. Par ailleurs, 2 échantillons
de génotype 4 demeuraient nettement sous-quantifiés par la
technique TaqMan avec des différences de l’ordre de 1 log
UI/ml.
La plate-forme automatisée de PCR en temps réel Cobas
AmpliPrep-Cobas TaqMan 48 est une méthode sensible, spécifique et
reproductible pour la quantification de l’ARN du VHC avec une large
gamme linéaire de quantification. Néanmoins, une
sous-quantification occasionnelle des génotypes non-1 semble
pouvoir survenir.
Hannachi N, Mhalla S, Ferjani A, Boukadida J
Laboratoire de microbiologie-immunologie UR 16/02, CHU F.
Hached, Sousse, Tunisie
<nhannachi@lycos.com>
La présence isolée de l’anticorps anti-HBc est souvent non
spécifique ou témoin d’un contact ancien avec le virus de
l’hépatite B, une association avec l’infection par le virus de
l’hépatite C a fréquemment été retrouvée. Le but de ce travail est
de déterminer la corrélation entre le profil de l’anticorps
anti-HBc isolé et l’infection par le virus de l’hépatite C
(VHC).
Notre travail a porté sur 1 628 sérums parvenus à notre
laboratoire durant l’année 2005. Les marqueurs sériques suivants
ont été recherchés par technique immunoenzymatique : antigène HBs,
anticorps anti-HBs, anticorps anti-HBc. Tous les sérums présentant
des anticorps anti-HBc isolés ont été retenus (99 sérums). Parmi
ces derniers, les anticorps anti-VHC ont été recherchés sur 83
sérums et les Ig M anti-HBc sur 46 sérums. Le profil des anticorps
anti-HBc isolés représente 6 % de tous les sérums. Les anticorps
anti- VHC ont été retrouvés dans 4/83 cas ce qui représente 4.8 %
des sérums testés. Toutes les Ig M anti- HBc testées étaient
négatives.
Le profil anti-HBc isolé est relativement fréquent dans notre
région. La prévalence des marqueurs de l’infection par le VHC chez
les patients ayant ce profil est plus importante que dans la
population générale en Tunisie (0,4). Malgré une faible endémicité
de l’hépatite C, la présence isolée d’anti-HBc doit faire
rechercher les marqueurs de l’infection VHC.
Legoff J1, Bouhlal H1, Chemin C1, Weiss HA2, Khonde N3, Gresenguet G4, Malkin JE5, Si-Mohamed A1, Mayaud P2, Belec L1
1Inserm U743, Equipe immunité et biothérapie
muqueuses, Centre de recherches biomédicales des cordeliers, et
Unité de virologie, Hôpital europeen Georges Pompidou, Paris ;
2Department of Infectious & Tropical Diseases,
London School of Hygiene & Tropical Medicine, UK ;
3West Africa Project to Combat AIDS (WAPTCAS), Ghana ;
4Centre national de référence pour les maladies
sexuellement transmissibles et le sida (CNRMST/SIFDA) Bangui,
Central African Republic ; 5Clinique de l’Institut
Pasteur, Paris
<jerome. le-goff@egp.aphp.fr>
Des données récentes de différentes trousses commerciales sur
les performances des tests sérologiques pour la détection des
anticorps anti-HSV2 ont identifié des différences dans la
sensibilité et la spécificité sur des sérums de sujets d’Afrique
subsaharienne. Ces données ont été établies en comparant les
résultats obtenus avec le western blot qui constitue la méthode de
référence. Pour des sérums africains, le test Herpeslect est
considéré comme très sensible, et spécifique si la valeur index de
positivité est> 3, alors que le fabricant considère comme
positive toute valeur> 1. Toutefois, peu d’études ont pris en
considération les données cliniques et la possibilité d’une
infection herpétique génitale récente. L’objectif de cette étude a
été de préciser les données existantes par des résultats de
sérologie obtenus avec les trousses Herpeselect et Kalon chez des
femmes présentant des ulcérations génitales herpétiques, dont
certaines en primoinfection.
Des sérums et des prélèvements génitaux, effectués chez 94 femmes
africaines du Ghana et de la République centrafricaine présentant
des ulcérations génitales, ont été testés respectivement pour la
sérologie HSV2 et la détection de l’ADN-HSV2. Les tests
sérologiques ont été réalisés avec les trousses Herpeselect (Focus
technologies) et Kalon assay (Kalon Biologicals). Les résultats des
sérologies ont été interprétés comme suit : index (densité optique
échantillon/densité optique calibrateur) < 0,9, négatif ; >
1,1, positif ; et entre 0,9 et 1,1, douteux. L’ADN-HSV2 a été
détecté sur les lésions ulcérées pour établir l’étiologie et
quantifié dans les lavages cervicovaginaux par PCR en temps réel,
avec des amorces et des sondes d’hybridation ciblant l’ADN
polymérase. Les femmes présentant une sérologie négative avec une
détection positive de l’ADN-HSV2 ont été considérées comme
présentant une primoinfection herpétique génitale. Pour ces
patientes de nouvelles sérologies ont été réalisées afin d’observer
une séroconversion au 14e et 28e jour suivant le début des
symptômes quand les prélèvements étaient disponibles.
65 femmes étaient séropositives pour le HSV2 avec Herpeselect et
44 % d’entre elles présentaient une ulcération génitale à HSV2. Dix
femmes séronégatives pour le virus HSV2 avaient une ulcération
génitale positive pour HSV2, suggérant une primoinfection génitale
herpétique. Pour 6 d’entre elles, des sérologies ont pu être
réalisées à J14 et J28 après l’ulcération. Toutes étaient
séropositives avec le test Focus, démontrant la séroconversion
HSV2. La concordance globale entre les tests Focus et Kalon était
de 93,5 %. Les résultats discordants correspondaient à des
échantillons positifs avec le test Focus et négatifs ou douteux
avec le test Kalon. Tous les résultats concordants avaient des
valeurs d’index Focus comprises entre 1,3 et 15 (3 valeurs < 3).
Parmi 6 échantillons positifs en Focus et négatifs en Kalon, 2
sérums avec des index Focus de 1,5 et 4,8 correspondaient à des
femmes avec une détection de l’ADN HSV2 génital positive. Pour 4
des 10 femmes avec une primo-infection, des sérums à J14 et J28 ont
pu être testés avec le test Kalon. Tous les résultats étaient
interprétés négatifs avec cette technique mais avec une
augmentation d’un facteur de 2,3 à 4,9 des densités optiques était
observée entre deux sérums successifs.
Ces résultats confirment la bonne spécificité du test Herpeselect
pour des sérums africains avec un seuil de positivité établi avec
un index> 3. Ils suggèrent aussi que le test Herpeselect permet
une détection des anticorps anti-HSV2 très précoce après le début
de l’infection. Ensemble ces données indiquent que les résultats
sérologiques pour des index < 3 doivent être interprétés en
fonction du contexte clinique.
Meritet JF1, Lewin F2, Poissonnier MH2, Poizat R3, Loget P4, Krivine A1, Lebon P1, Rozenberg F1
1Hôpital Cochin Saint-Vincent-de-Paul, service de virologie et EA 3622 Université Paris 5, Paris ; 2Service d’obstétrique, Cochin-SVP, Paris ; 3Clinique du Tertre Rouge, Le Mans ; 4Laboratoire d’anatomie pathologique, CHR, le Mans
Le virus de la chorioméningite lymphocytaire (LCMV), membre de
la famille des Arenaviridae, est une cause reconnue
d’infections maternofœtales et de fœtopathies.
Nous rapportons un cas d’infection par le LCMV d’une femme
enceinte exposée professionnellement aux rongeurs. La particularité
de ce cas est sa révélation par une image d’anasarque
fœtoplacentaire à l’examen échographique de la 24e
semaine d’aménorrhée, suivie d’une ventriculomégalie cérébrale
développée dans les quatre semaines suivantes.
L’infection virale maternelle est prouvée par la séroconversion,
celle du fœtus par l’isolement viral du liquide amniotique et la
positivité de la PCR sur l’ARN extrait du sang fœtal et du liquide
amniotique. Une réponse interféron de type 1 est aussi détectée.
L’analyse de séquences partielles des gènes codant la nucléocapside
et la protéine GP1 indiquent une homologie de 87 et 88 %
respectivement avec les souches de LCMV Armstrong et WE. De
nouvelles amorces ont été choisies pour la mise au point d’une
nouvelle RT-PCR permettant un criblage plus large de ces virus.
Schvoerer E, Guidicelli G, Fafi-Kremer S, Fritsch S, Freitag R, Fuchs A, Nourreddine F, Stoll-Keller F
Institut de virologie,CHU, 67000 Strasbourg
<evelyne.schvoerer@viro-ulp.u-strasbg.fr>
La virémie du virus d’Epstein-Barr (EBV) évaluée par PCR
quantitative en temps réel est un marqueur de plus en plus souvent
prescrit à l’hôpital, en particulier dans le cadre des suspicions
de syndromes lymphoprolifératifs post-transplantation (SLPT)
EBV-induits après greffe de moelle osseuse ou d’organe solide. Une
difficulté technique, représentée par la présence éventuelle
d’inhibiteurs de PCR dans les extraits d’acides nucléiques, empêche
parfois de rendre un résultat de PCR de l’EBV aux cliniciens et
impose une explication motivée auprès des prescripteurs.
Un modèle d’inhibition expérimentale a été imaginé, utilisant
l’héparine à des concentrations décroissantes dans des mélanges
réactionnels contenant les réactifs de la trousse de quantification
de l’ADN de l’EBV par PCR en temps réel proposée par Roche. Les
analyses sont effectuées en étudiant l’effet inhibiteur de
l’héparine sur des réactions de PCR ciblant à la fois l’ADN de
l’EBV et un contrôle interne d’inhibition. Les PCR sont considérées
comme positives à partir du moment où la fluorescence des sondes
d’hybridation moléculaire devient supérieure au bruit de fond,
point déterminé en nombre de cycles de PCR. Les quantités d’ADN de
l’EBV sont estimées par rapport à une courbe étalon externe. Les
résultats montrent qu’à partir d’un retard du « point de sortie »
du contrôle d’inhibition de deux cycles de PCR, une sous-estimation
de la quantité d’ADN de l’EBV de 0,5 log est réalisée, écart qui
est considéré comme significatif en quantification moléculaire.
Les données obtenues sur ce modèle d’inhibition seront présentées
de façon exhaustive, justifiant l’importance de prendre en compte
ces phénomènes d’inhibition de PCR pour éviter de rendre des
résultats de quantification d’ADNémies de l’EBV sous-estimés ou
faussement négatifs. Des conditions de validation précises de ce
marqueur moléculaire seront proposées. Des seuils et/ou des
cinétiques aidant à prédire la survenue de SLPT pourront ainsi être
abordés de façon plus robuste.
Fafi-Kremer S1, Bargues G1, Magro S2, Barranger C2, Bes J2, Bourgeois P2, Joannes M2, Morand P1, Seigneurin JM1
1Laboratoire de virologie médicale, CHU Michallon,
Grenoble ; 2Argene, Varilhes
<samira. fafi-kremer@chru-strasbourg.fr>
La détermination de la charge virale EBV dans le sang apparaît
comme importante dans le suivi des patients transplantés à risque
de syndrome lymphoprolifératif lié à l’EBV. Son intérêt a été
également démontré dans les cancers associés à l’EBV chez
l’immunocompétent et chez le patient infecté par le VIH, ainsi que
dans les MNI graves. Dans cette étude nous avons testé une nouvelle
trousse de quantification EBV par PCR en temps réel EBV R-gene™
Quantification Kit (Argène).
Nous avons déterminé la sensibilité du kit sur 3 instruments de
PCR en temps réel (LightCycler® 1.0, SmartCycler® 2.0 et
AbiPrism® 7900) en utilisant l’ADN des cellules
lymphoïdes Namalwa et un sang total EBV-positif dilué en série dans
un sang total EBV-négatif. La reproductibilité et la répétabilité
du kit seul puis du kit associé à 3 techniques d’extraction
différentes (Qiamp® DNA isolation mini kit, the
MagNAPure® compact LC instrument, ou Qiagen’s BioRobot
EZ1 System), avec une amplification sur l’appareil
SmartCycler® 2.0, ont été évaluées sur 5 sangs totaux
contenant des charges virales EBV qui varient entre 500 et > 100
000 copies/mL (détermination par notre PCR EBV « maison »).
L’utilisation du kit pour 150 sangs totaux (greffés de moelle,
greffés de rein, greffés de foie, greffés de poumon, greffés
cardiaques, MNI, patients infectés par le VIH) reçus dans notre
laboratoire et stockés à -80°C a été comparée à celle de notre
technique PCR en temps réel « maison ».
La sensibilité du kit varie de 3,9 à 18 copies/réaction avec une
meilleure sensibilité obtenue avec l’ABI. La reproductibilité du
kit varie de 0,66 à 13,8 % et la répétabilité varie de 0,56 à 18,8
%, les coefficients de variation (CV) les plus élevés étant
associés aux plus faibles charges virales. Sur les 150 échantillons
testés nous avons observé une bonne corrélation entre les deux
techniques (r2 = 0,87). Certains échantillons étaient discordants
(deltalog > 0,5 log copies/mL) entre les deux tests, avec des
valeurs plus fortes obtenues avec la technique maison.
Le test EBV R-gene™ Quantification Kit a montré une très bonne
sensibilité, la reproductibilité et la répétabilité du test varient
légèrement en fonction de la technique d’extraction utilisée, avec
des meilleurs CV obtenus par les deux techniques Qiagen®
(cela est probablement dû à la qualité du tampon de lyse). Les
valeurs un peu plus fortes observées entre notre technique maison
et la trousse Argene sont probablement dues à la conservation du
sang total ; pour une meilleure stabilité des acides nucléiques il
serait intéressant de congeler le sang total après ajout du tampon
de lyse. Enfin, par cette étude nous avons montré que dans le cadre
du suivi d’un patient, il est primordial d’utiliser la même
technique d’extraction, le même instrument PCR et la même technique
d’amplification.
Akoua-Koffi C1, Akran V1, Peenze I3, Faye-Kette H2, de Beer MC3, Dosso M2, Ehouman A2, Steele AD3
1Département des virus épidémiques, Institut pasteur de Côte d’Ivoire 01, BP 490, Abidjan ; 2Laboratoire de bactériologie-virologie, Institut pasteur de Côte d’Ivoire ; 3MRC/Medunsa, Diarrhoeal Pathogens Research Unit Medical University of Southern Africa, Pretoria, SA.
Les Rotavirus humains sont responsables dans plus de 80 % des
cas de diarrhées aigus de l’enfant. Dans le but de déterminer leur
place dans les gastroentérites infantiles et les génotypes
impliqués, 642 échantillons de selles ont été recueillis sur
différentes périodes entre 1997 et 2000 dans les formations
sanitaires urbaines et les centres hospitaliers universitaires
(CHU) d’Abidjan chez des enfants diarrhéiques de 0 à 5 ans. La
détection antigénique des Rotavirus de groupe A, réalisée par test
Elisa commercial (Rotavirus Pathfinder Kallestad, Sanofi-Pasteur),
a été suivie par la caractérisation antigénique (protéine VP6) et
moléculaire, électrophorèse en gel de polyacrylamide et typage
génomique VP4. La prévalence de la diarrhée à Rotavirus de groupe A
variait entre 20,4 et 32,8 % avec une moyenne de 28 %. Parmi les
enfants trouvés positifs, ceux de la tranche d’âge 0-11 mois
représentaient 30,1 % contre 27,5 et 2 3,9 % pour ceux des tranches
d’âges 1-2 ans et 3-5 ans respectivement, démontrant ainsi la
précocité de l’infection à Rotavirus. Du point de vue
électrophorétypique et antigénique, 71 % de 134 souches détectées
(27,9 %) avaient un profil « long » et étaient de sous-groupe VP6
II contre 28,35 % de profil court et du sous-groupe I. Les
ilectrophoritypes de profil « court » ont été identifiés chez les
enfants de 0 à 2 ans majoritairement. Par rapport au gène VP4, les
115 souches analyses ont permis d’obtenir une proportion
majoritaire de génotypes P[8] (45,73 %) suivie du génotype P[6]
(37,4 %) et P[4] (1,7 %).
Ces résultats devront être complétés par la détermination des
génotypes VP7 afin de fournir des informations indispensables à la
formulation des vaccins anti-Rotavirus.
Legoff J1,2, Chemin C1, Charpentier C1, Matta M1, Si-Mohamed A1, Belec L1, Lebon P2
1Unité de virologie, Hôpital Européen Georges Pompidou ;
Laboratoire de virologie, Hôpital Cochin-Saint-Vincent-de-Paul,
Paris
<jerome. le-goff@egp.ap-hop-paris.fr>
Les techniques de biologie moléculaires sont plus sensibles que
la culture ou les tests antigéniques pour détecter les infections
respiratoires virales, en particulier chez les adultes et pour des
liquides de lavage broncho-alvéolaire. Des traitements antiviraux
spécifiques et efficaces sont actuellement disponibles pour la
grippe ou en développement pour le virus respiratoire syncytial
(VRS), les virus para-influenzae et les rhinovirus. Ces traitements
sont d’autant plus efficaces qu’ils sont donnés précocement après
le début des symptômes, soulignant la nécessité de disposer d’un
diagnostic rapide. Une technique de transcription inverse combinée
à une PCR en temps réel a été développée (ProFlu-1 LC Real Time
Assay, Prodesse, Waukesha, Wis) pour détecter l’ARN du VRS et des
virus influenza A (IA) et B (IB).
Nous avons testé 48 échantillons nasopharyngés d’enfants et de
lavage bronchoalvéolaire d’adultes connus pour être infectés par le
VRS (n = 16) ou les virus influenza (A, n = 18 ; B, n = 14) par un
diagnostic établi par culture ou PCR spécifique, et 10 échantillons
positifs pour les virus parainfluenzae ou négatifs pour tout virus
respiratoire. Un contrôle interne (CI) a été introduit dans chaque
échantillon avant extraction. Nous avons réalisé les réactions de
transcription inverse et d’amplification dans des capillaires en
verre sur l’automate Light Cycler 2.0 (Roche Applied Science,
Meylan, France). Le mélange réactionnel de PCR contenait la
transcriptase inverse MulV (Applied Biosystems, Foster City, CA) et
la Taq Polymerase Platinium (Invitrogen, Carlsbad, CA), des amorces
complémentaires de régions conservées des cibles virales et du
contrôle interne et des sondes d’hydrolyse marquées par des
fluorophores : VRS (FAM, BHQ1), IA (Cal Orange, BHQ1), IB (Cal Red,
BHQ2) et CI (Q670, BHQ2). Les signaux de fluorescence ont été
mesurés pour les cibles VRS, IA, IB et CI sur les canaux 530 nm,
560 nm, 610 nm et 705 nm respectivement.
Tous les échantillons positifs pour le VRS, influenza A, influenza
B ont été détectés par le test ProFlu-1 LC avec des valeurs de Ct
variant de 13 à 31. Les déterminations de l’espèce virale suivant
l’analyse des canaux correspondants étaient en parfaite concordance
avec celles attendues. Aucun échantillon n’a été interprété double
positif. Aucune amplification n’a été détectée pour les
échantillons négatifs ou infectés par des virus para-influenzae. Le
temps analytique de la technique était d’environ 80 minutes.
Ces résultats suggèrent que le test ProFlu-1 LC est une technique
PCR multiplex rapide et spécifique pour le diagnostic des
infections respiratoires à VRS, influenza A ou influenza B. Ces
données préliminaires doivent être validées sur des séries
prospectives de prélèvements respiratoires.
Hassen E1, Hoebeke J2, Briand JP2, Kacem R3, Chaieb A3, Khairi H3, Remadi S4, Chouchane L1
1Laboratoire d’immuno-oncologie moléculaire,
Faculté de médecine, Monastir, Tunisie ; 2Institut de
biologie moléculaire et cellulaire, CNRS, Strasbourg ;
3Service d’Obstétrique et des maladies féminines,
Hôpital Universitaire Farhat Hached, Sousse, Tunisie ;
4Laboratoire Cytopath, Sousse, Tunisie
<elham_tn@yahoo.fr>
Les papillomavirus humains (HPV) sont les principaux agents
étiologiques du cancer du col utérin. Ce cancer est le deuxième
cancer chez la femme, aussi bien au monde qu’en Tunisie. Les
méthodes classiques de diagnostic des infections virales sont
d’utilisation limitée pour la détection de l’infection à HPV. Ces
techniques ne sont pas adaptées aux tests en grande série et il
n’existe actuellement aucun test sérologique standardisé pour la
détection des anticorps. Le développement de tests sérologiques
pour la recherche d’anticorps produits au cours des infections à
HPV oncogènes serait d’un grand apport aussi bien pour les études
épidémiologiques que pour les études de la réponse au
traitement.
Nous nous sommes proposés dans le présent travail d’effectuer une
étude séroépidémiologique de l’infection par le HPV16 au sein d’une
population de 43 femmes tunisienne présentant des lésions de haut
et de bas grade du col de l’utérus. L’étude de la prévalence
moléculaire de l’infection à HPV au sein de ce groupe montre que le
HPV le plus fréquent est le HPV oncogène de type 16. Ainsi, nous
avons recherché par un test Elisa, des anticorps dirigés contre un
peptide synthétique, le P3L1/HPV16, mimant une boucle de la
protéine de capside L1 qui est une région spécifique du HPV de type
16. Les anticorps recherchés sont d’isotype IgG et IgA au niveau
des sérums et des sécrétions des patientes.
Au niveau sérique la fréquence de détection des anticorps (IgG et
IgA) anti-P3L1/HPV16 est significativement plus élevée chez les
femmes présentant une lésion de haut ou de bas grade (42 %), que
chez les femmes contrôles (17 %), ne présentant pas de lésion à HPV
(p = 0,003). Au niveau des sécrétions cervicales la fréquence de
détection des anticorps est faible et est quasiment identique chez
ces deux populations. Les femmes à lésion présentent une faible
fréquence d’anticorps sécrétoire par rapport aux fréquences
sériques, ce qui pourrait être expliquée par une absence de
stimulation antigénique due à la disparition de la protéine L1 avec
la progression de la maladie du cancer. L’étude de la fréquence de
la séropositivité vis-à-vis de P3L1/HPV16 en fonction du grade de
la lésion révèle au niveau sérique une fréquence significativement
plus élevée chez les femmes à lésions de bas grade que celles à
lésions de haut grade (p = 0,03). L’étude de la fréquence de la
séropositivité en fonction de la présence d’ADN de HPV16 au niveau
des lésions, révèle que les femmes HPV16 positives ne présentent
pas d’anticorps sérique anti-P3L1/HPV16.
La faible fréquence d’anticorps chez les femmes à lésion de Haut
Grade en plus de l’absence d’anticorps sérique chez les femmes
HPV16-positives suggérerait que le peptide P3L1/HPV16 pourrait être
un épitope neutralisant du HPV16.
Laue T, Raith S, Cramer SO
Qiagen Hambourg GmbH, Hambourg, Allemagne
<Yann. Louis@qiagen.com>
La grippe demeure un problème majeur de santé publique dans le
monde. Les virus de type A ou B sont à l’origine d’infections
graves des voies respiratoires supérieures pouvant être fatales,
tout particulièrement le virus de la grippe aviaire (H5N1)
responsable de plusieurs infections chez l’homme qui pourrait être
à l’origine d’une prochaine pandémie associée à une forte
mortalité. Le diagnostic de grippe durant la phase initiale de la
maladie (jours 1-4) est important dans la cadre d’un traitement
antiviral dont l’efficacité est optimale dans les premiers jours de
l’infection. Qiagen a développé une trousse RT-PCR en temps réel
(artus® Influenza/H5 LC RT-PCR KIT) pour la détection
rapide de tous les virus de types A et B et de l’identification
spécifique du type A sous-type H5 à partir d’échantillons cliniques
sur le système LightCycler® (Roche Diagnostics).
La trousse RT-PCR en temps réel contient deux mélanges
réactionnels différents. Le premier permet l’amplification et la
détection d’une région génomique conservée et présente chez tous
les virus de types A et B. Il contient un « contrôle Interne »
nécessaire pour vérifier l’efficacité de l’extraction de l’ARN et
l’absence d’inhibiteurs de PCR. Le second mélange réactionnel cible
une région conservée du H5 et permet la détection spécifique de
tous les virus de type A sous-types H5 connus à ce jour. La
détection générique des virus de types A et B comme celle plus
spécifique des sous-types H5 peuvent être réalisées dans la même
série avec le même profile de température.
La sensibilité clinique du système de détection des types A et B a
été déterminée rétrospectivement sur 400 écouvillons collectés lors
de la dernière saison grippale en Allemagne. Les ARN ont été
extraits avec la trousse QIAamp® Viral RNA Mini Kit
(Qiagen, Allemagne). Pour la détection H5, les souches aviaires de
références prélevées entre 1997 et 2005 ont été analysées. Le
système H5 a été aussi testé avec un panel de référence de souches
non H5. Les réactions croisées ont été analysées à partir
d’extraits de pathogènes potentiellement interférents et
d’écouvillons testés négatifs pour le virus de la grippe. La
sensibilité analytique est déterminée par une série de dilutions de
fragments d’ARN transcrits in vitro. La sensibilité clinique
et la spécificité du système de détection des types A et B sont
respectivement de 91 % et 96 %. Tous les sous-types A et B testés
ont été détectés avec la même efficacité. La spécificité du système
H5 testée à partir d’extraits ARN\ADN de pathogènes potentiellement
interférents et d’écouvillons négatifs pour la grippe est de 100 %.
Le système H5 a permis la détection de tous les échantillons H5N1
isolés entre 1997 et 2005.
La trousse Artus® Influenza/H5 LC RT-PCR KIT est un
outil sensible et spécifique pour la détection des virus grippaux A
et B et pour l’identification du type A sous-type H5 à partir
d’échantillons cliniques.
Scipioni A1, Bourgot I1, Ziant D1, Peeters P1, Daube G1, Thiry E1
1Service de virologie et pathologie des maladies
virales, Département des maladies infectieuses et parasitaires ;
1Service de microbiologie des denrées alimentaires,
Département des sciences des denrées alimentaires d’origine
animale, Faculté de médecine vétérinaire, Université de Liège,
boulevard de Colonster, 20, Bât B43b, 4000 Liège
<Alexandra.scipioni@ulg.ac.be>
Les calicivirus de genre norovirus, appartenant à la famille des
Caliciviridae, sont responsables chez l’homme de
gastroentérites légères très contagieuses, dont la transmission
emprunte la voie fécale-orale. Ils sont à l’origine de la part la
plus importante des toxi-infections d’origine alimentaire, en
particulier dues à la consommation de mollusques bivalves. Les
matrices principalement testées pour la détection de ces virus sont
donc les matières fécales et les mollusques. C’est la technique
moléculaire de RT-PCR qui est la méthode de choix pour leur
détection. Afin de vérifier la non-inhibition des enzymes de RT-PCR
par un ou plusieurs composés présents dans la matrice alimentaire
ou les matières fécales testées, un contrôle interne, constitué
d’ARN, a été mis au point et évite les résultats faux négatifs [1].
Ce travail valide son utilisation pour la détection des norovirus
dans les échantillons de matières fécales et de mollusques par PCR
en temps réel. Le contrôle interne a été employé avec des
échantillons de matières fécales issues d’épidémies et de
mollusques naturellement contaminés. Il est mélangé au produit
d’extraction d’acides nucléiques et une RT-PCR en une étape,
utilisant les amorces génériques JV12I et JV13Y [2] dégénérées afin
d’augmenter le panel de norovirus détectés, est employée. La
méthodologie choisie ici utilise le SYBR green comme agent
fluorescent et une courbe de fusion est ensuite réalisée. Celle-ci
permet la discrimination entre amplicons possédant une température
de fusion différente. Pour notre application, on distingue deux
amplicons de taille différentes, ceux dus aux norovirus, de 327 pb
(paires de bases), avec une température de fusion de 87 °C et ceux
dus au contrôle interne, de 533 pb à 82 °C. Ce contrôle interne
permet donc l’utilisation de la PCR en temps réel pour détecter les
norovirus, par l’utilisation des amorces présentées, dans les
matrices mollusques et matières fécales. En effet, les échantillons
donnant des résultats faux négatifs par inhibition des enzymes de
RT-PCR sont retestés soit par dilution ou utilisation d’une autre
technique d’extraction.
Cette méthode peut être utilisée pour l’analyse de mollusques
impliqués dans des épidémies et le contrôle de contaminations
virologiques ainsi que dans des matières fécales de patients
suspects ou lors d’enquêtes épidémiologiques. Une détection en
multiplex avec d’autres pathogènes pourrait être envisagée, comme
le virus de l’hépatite A. Ce contrôle interne peut également être
utilisé lors de l’extraction de l’acide nucléique viral pour
démontrer son efficacité.
1. Scipioni A, Ziant D, Bourgot I, Peeters P, Daube G, Thiry E.
Detection of noroviruses, rotaviruses and hepatitis A virus in
bivalve molluscs, setting up of an internal control for
noroviruses. 8th conference on food microbiology, June 2003.
2. Vennema H, de Bruin E, Koopmans M. Rational optimization of
generic primers used for Norwalk-like virus detection by reverse
transcriptase polymerase chain reaction. J Clin Virol 2002 :
233-5.
Fodha I1,2, Chouikha A2, Peenze I3, De Beer M3, Dewar J3, Geyer A3, Messaadi F4, Trabelsi A1,2, Boujaafar N1, Taylor MB5, Steele D3
1Laboratoire de bacteriologie-virologie, CHU
Sahloul, Sousse, Tunisie ; 2Laboratoire MDT-01, Faculté
de pharmacie, Monastir 5000, Tunisie ; 3MRC/Medunsa DPR Unit,
University de Limpopo, Afrique du Sud : 4Laboratoire
d’hygiène, CHU Hedi Chaker, Sfax, Tunisie ; 5Département
de virologie médicale, Université de Pretoria, Pretoria, Afrique du
Sud.
<imenefodhaàlycos. com>
Les diarrhées virales représentent à ce jour une cause
incontestable de morbidité et de mortalité infantiles dans le monde
entier. Les virus impliqués sont, d’après la littérature les
rotavirus, les astrovirus, les adénovirus entériques et les
calicivirus. En Tunisie, seules des données concernant
l’épidémiologie des infections à rotavirus sont actuellement
disponibles. Aucune étude n’a jusqu’ici été réalisée pour
rechercher les astrovirus chez les enfants diarrhéiques
tunisiens.
Six cent trente huit selles ont été prélevées à partir d’enfants
de moins de 5 ans se présentant dans un service de soins
hospitaliers du centre-est tunisien pour diarrhée aiguë entre
octobre 2002 et septembre 2005. Tous les prélèvements ont été
testés par technique immunoenzymatique commercialisée (Dako) pour
la détection d’antigènes spécifiques des astrovirus. Les
prélèvements positifs en Elisa ont été contrôlés par technique de
RT-PCR maison. Résultats : Les Astrovirus ont été retrouvés dans
7,2 % des selles testées par Elisa. La RT-PCR a permis de vérifier
cette fréquence relativement élevée sur les selles conservées en
2004 et 2005, mais les conditions de conservation des prélèvements
de 2002 et 2003 n’ont pas permis de conserver une intégrité du
génome suffisante pour rendre possibles l’amplification
génomique.
Toquin D1, Guionie O1, Sellal E2, Bouley S2, Eterradossi N1
1Unité de virologie immunologie et parasitologie
aviaires et cunicoles (VIPAC), Agence française de sécurité
sanitaire des aliments (Afssa), BP53, 22440 Ploufragan ;
2LSI, Laboratoire service international, Le Bois Dieu, 1
bis allée de la Combe, 69380 Lissieu
<d.toquin@ploufragan.afssa.fr>
Les métapneumovirus aviaires (aMPV, famille des
Paramyxoviridae, sous-famille des Pneumovirinae) sont
responsables d’affections respiratoires et de chutes de ponte,
notamment chez la dinde, le poulet, la pintade et le canard. Sur
des bases antigéniques et moléculaires, quatre sous-groupes notés
A, B, C et D ont été définis, parmi lesquels le sous-groupe C a été
récemment mis en évidence chez des dindes et des oiseaux sauvages
aux Etats-Unis, ainsi qu’en France chez des canes reproductrices.
Le diagnostic des infections par les aMPV est basé soit sur la
sérologie qui donne des résultats 2 à 3 semaines après l’infection,
soit plus rarement sur des techniques lourdes d’isolement viral.
Des techniques rapides de détection et d’identification
moléculaires par RT-PCR à l’aide d’amorces oligonucléotidiques
communes ou, au contraire, spécifiques des différents sous-groupes
ont été décrites. Un développement récent de ces techniques est
représenté par la RT-PCR en temps réel, dans laquelle
l’accumulation des amplicons au cours des cycles successifs est
suivie grâce à l’augmentation de l’intensité d’un signal
fluorescent. Cette méthodologie a récemment été appliquée pour le
développement du test TaqVetTM Avian Metapneumovirus (AMPV) kit
(LSI, Lissieu), dont la capacité à détecter et identifier
spécifiquement les différents sous-groupes d’aMPV a déjà été
rapportée [Lemière et al., 2005].
Dans le présent travail, les auteurs décrivent la validation du
test TaqVetTM Avian Metapneumovirus (AMPV) kit pour la
quantification de la charge virale dans des écouvillons trachéaux.
Le test a d’abord été utilisé pour analyser des gammes de dilutions
préparées soit à partir d’ARN viraux extraits des dilutions
décimales de suspensions virales de titre connu, soit à partir
d’ARN transcrits in vitro, de quantités connues, dérivés de
plasmides dans lesquels les gènes cibles avaient été clonés sous la
dépendance du promoteur de l’ARN polymérase T7. Quel que soit le
sous-groupe d’aMPV analysé, les résultats ont fait apparaître une
bonne reproductibilité et ont révélé une corrélation linéaire très
significative entre le signal observé et le nombre de doses
infectieuses extraites (linéarité entre 10-1,50-100,50 et
104,50-105,50 DICT50/ml, R2 = 0,979 à 0,997) ou le nombre de copies
de matrice (linéarité de 105-106 à 1012 copies par ml, R2 variant
de 0,972 à 0,997). Le test a ensuite été utilisé pour quantifier
l’excrétion virale trachéale observée après inoculation intra
nasale de 103,50 DICT50/sujet d’une souche d’aMPV de sous-groupe C
à des canetons de Barbarie exempts d’organismes pathogènes
spécifiés (EOPS) maintenus en animaleries protégées. Deux essais
ont été réalisés chez 5 puis 20 canetons, chez lesquels des
écouvillons trachéaux ont été prélevés à J + 3, J + 5, J + 7 et J +
11 après inoculation. Les écouvillons ont été maintenus dans du
milieu de culture, puis l’ARN viral extrait a été analysé à l’aide
du kit TaqVetTM Avian Metapneumovirus, en parallèle d’une gamme de
référence préparée à partir d’une suspension virale d’aMPV-C de
titre connu.
Les résultats de l’essai préliminaire suggèrent une hétérogénéité
dans les quantités d’ARN retrouvée chez les différents individus,
quelle que soit la date de prélèvement, et un arrêt rapide de
l’excrétion entre J + 5 et J + 11. Les résultats du deuxième essai
sont en cours de traitement. Bien que tous les sujets se soient
avérés excréteurs à J + 3, une variation importante a été de
nouveau observée avec des quantités d’ARN récupérées équivalant à
75 à 5 500 DICT50 par sujet. Les résultats complets du suivi seront
présentés et discutés. Ils semblent en accord avec les essais
d’isolement sur cellules lors d’essais précédents ou de pathologie
survenant en élevage. En effet, s’il est possible d’isoler le virus
dès l’apparition des symptômes (J + 3), l’isolement plus tardif
devient délicat sur un nombre restreint de sujets à partir de J +
5, et quasiment impossible à J + 7 et au delà.
Cette étude préliminaire montre l’intérêt de la PCR quantitative
en temps réel pour la quantification de la charge virale dans des
écouvillonnages trachéaux réalisés pour l’étude de l’excrétion des
aMPV. Le test pourrait être utilisé pour des enquêtes de prévalence
virale à plus large échelle en élevage ou sur la faune sauvage,
pour étudier la réplication des virus vaccinaux ou sauvages chez
des sujets vaccinés ou non, ou pour quantifier l’excrétion virale
lors de passage de virus en élevage avant de tenter l’isolement
viral.
Breard E1, Lebreton F1, Nobiron I2, Delmas B2, Rémond M1, Zientara S1
1UMR 1161 AFSSA-ENVA-INRA, 23 avenue du Général De
Gaulle 94706 Maisons-Alfort Cedex ; 2Unité de recherche
de virologie et immunologie moléculaires, INRA, 78350
Jouy-en-Josas
<ebreard@vet-alfort>
La fièvre aphteuse est provoquée par un virus appartenant à la
famille des Picornaviridae, genre Aphtovirus. Le
virus se présente sous la forme d’une capside de symétrie
icosaédrique, (30 nm de diamètre), constituée des protéines VP1
(viral protein 1), VP2, VP3 et VP4. La protéine VP1 est localisée
en cinq exemplaires autour des sommets de la capside et présente un
déterminant antigénique majeur au niveau d’une boucle (boucle G-H)
qui est à la surface de la capside. Les anticorps neutralisants
sont dirigés contre cette boucle. Le virus montre une variabilité
antigénique importante qui se manifeste par l’existence de sept
sérotypes : O, A, C, SAT1, SAT2, SAT3 et Asia 1, ainsi que de
nombreux sous-types. Ces sérotypes sont distribués inégalement dans
les différentes parties du monde. Il est primordial de typer
rapidement le virus prévalent dans un foyer ou une épidémie. Les
méthodes d’épidémiologie moléculaire qui sont appliquées font appel
aux techniques d’amplification en chaîne (PCR) après
rétro-transcription de l’ARN viral et de séquençage d’une partie du
gène codant pour la VP1. Des Elisa de capture existent également,
utilisant des anticorps monoclonaux spécifiques de type pour
caractériser les isolats viraux.
Concernant le diagnostic sérologique, le test de neutralisation
virale permet de distinguer les différents sérotypes. En technique
plus rapide, seul un test Elisa de type permet de mettre en
évidence les anticorps de type O. Cet Elisa nécessite comme
antigène du virus de type O inactivé.
Dans le cadre du projet européen Improcon et dans le but de
décentraliser les activités de diagnostic sérologique dans les
laboratoires départementaux, nous avons exprimé la protéine VP1 de
différents sérotypes du virus de la fièvre aphteuse afin d’étudier
leur potentiel antigénique et de réaliser des Elisa spécifiques de
type. La protéine VP1 et la séquence de la boucle GH ont également
été fusionnées en amont d’une protéine présentatrice d’antigène, la
protéine VP4 du virus de la bursite infectieuse aviaire (IBDV). Ces
différentes constructions ont été insérées dans un plasmide p28 et
exprimées en E. Coli. Après induction de l’expression de ces
protéines recombinantes, elles ont été purifiées sur colonne de
nickel et des plaques Elisa ont été sensibilisées. A l’aide de
sérums de référence, le potentiel antigénique de ces protéines
recombinantes a été étudié.
Les résultats montrent que ces protéines recombinantes (VP1 ou
épitope) sont des antigènes permettant la discrimination des
sérotypes du virus de la fièvre aphteuse et pourraient être
utilisées pour des tests de diagnostic.
Sailleau C, Trolle A, Breard E, Zientara S
Unité mixte de recherche en virologie 1161 Afssa-Enva-Inra 7
avenue du Général-De-Gaulle, 94704 Maisons-Alfort
<c.sailleau@afssa.fr>
La fièvre catarrhale ovine, aussi appelée bluetongue est
une arbovirose transmise par un moucheron hématophage du genre
Culicoïdes. Elle se manifeste cliniquement surtout chez les
moutons, rarement chez les bovins et les chèvres et se traduit dans
la première espèce par une infection généralisée et grave. Cette
maladie réputée légalement contagieuse est inscrite sur la liste A
de l’OIE (Office international des épizooties). Depuis sa
réapparition en Europe en 1998, 5 sérotypes sur les 24 existants
ont été recensés dans de nombreux pays du pourtour méditerranéen.
En France, la Corse a été le lieu, depuis 2000, de 4 épizooties
impliquant les sérotypes 2, 4 et 16. Le diagnostic de laboratoire
est la plupart du temps indispensable pour la confirmation des
suspicions cliniques. Le diagnostic par les méthodes dites «
conventionnelles » (isolement du virus sur œufs embryonnés et
culture de cellules BHK21) nécessite un délai de 15 jours à 1 mois.
Depuis plusieurs années, des techniques de RT-PCR ont largement été
développées pour palier ce manque de rapidité.
Dans ce travail nous présenterons le développement d’une PCR en
temps réel (PCR-Q) pour la détection et la quantification du génome
des 24 sérotypes du virus bluetongue. La séquence cible a
été choisie après alignement des gènes codant les protéines les
plus conservées. Plusieurs couples d’amorces et une sonde TaqManR
MGB ont ainsi pu être sélectionnées sur le segment génomique 1
codant l’ARN polymérase VP1. La spécificité de cette PCR a été
vérifiée à partir d’ARN extraits d’autres virus du même genre
(Orbivirus) : 5 sérotypes du virus de la maladie hémorragique du
cerfs (EHDV) et 9 sérotypes du virus de la peste équine (AHSV). La
PCR-Q développée a été par la suite testée sur des ARNS extraits de
prélèvements biologiques positifs et négatifs (en RT-PCR
classique). Enfin le seuil de détection a été estimé à partir d’un
ARN standard synthétisé par la transcription (à l’aide de l’ARN
polymérase T7) du segment cible amplifié à l’aide d’une amorce sens
modifiée par l’ajout en 5’ de la séquence du promoteur T7.
Vendredi 21 avril 2006, 14 h à 15 h 15
Communications orales O125 à O129
Communications affichées P130 à P148
Mas M1, Levillayer F1, Levi-Acobas F1, Kerzerho J1, Szatanik M2, Brahic M1, Bureau JF1
1Unité des virus lents, 2Unité de
génétique des mammifères, Institut Pasteur, Paris
<jfb@pasteur.fr>
La démyélinisation induite par la persistance du virus de
Theiler dans le système nerveux central (SNC) de la souris est
étudiée comme un modèle de sclérose en laques. La sensibilité à
cette infection dépend principalement de la capacité du système
immunitaire des souris à contrôler l’infection. Deux locus de
sensibilité, Tmevp2 et Tmevp3, ont été localisés à l’extrémité du
chromosome 10 murin à proximité du locus Ifng dans un croisemenent
entre les souris B10.S et SJL/J. Nous avons décidé de caractériser
le locus Tmevp3. Ce locus contrôle non seulement la charge virale à
45 jours p.i. mais aussi le risque de développer une paralysie
flasque au cours de la maladie aiguë. Un groupement de cytokines
est localisé à l’extrémité télomérique de l’intervalle contenant ce
locus. Les trois gènes Tmevpg1, Ifng et Il-Tif/Il-22 de ce
groupement de cytokines constituent d’excellents gènes candidats.
Différentes analyses génétiques dont l’haplotypage de la région
confirme la localisation du locus dans une petite région de 400 kb
contenant le groupement de cytokines.
Aucun polymorphisme dans les régions codantes de ces gènes ne peut
expliquer l’effet du locus Tmevp3. A l’inverse, des polymorphismes
sont retrouvés dans les régions régulatrices (promoteur, CNS, ilots
CpG) de ces deux gènes. Des différences d’expression des gènes
Tmevpg1, Ifng et Il-Tif/Il-22 ont été mises en évidence dans le SNC
au cours de l’infection par le virus de Theiler et ex vivo
dans les populations lymphocytaires T CD4 + et CD8 +. L’interferon
gamma est exprimé à des taux plus élevés chez les souris
résistantes B10.S que chez les souris sensibles SJL/J et l’inverse
est vrai pour la cytokine Il22. Des différences d’épissage
alternatif ont été mis en évidence pour le gène Tmevpg1. Toutes ces
différences dépendent de l’haplotype au locus Tmevp3.
L’ensemble de nos résultats suggère que l’effet du locus Tmevp3
s’explique par des différences d’expression combinées des deux
cytokines Ifng et Il22. Ces différences seraient apparues dans deux
sous-espèces de souris sous l’action des mutations et de la
selection par différents facteurs d’envirronnement comme les
infections.
Tarbouriech N1, Ruggiero F2, De Turenne-Tessier M3, Ooka T (3), Burmeister W1
1Institut de virologie moléculaire et structurale,
Grenoble ; 2Institut de biologie et chimie des
protéines, Lyon ; 3Laboratoire de virologie moléculaire,
Faculté de médecine RTH Laennec, Lyon
<tarbour@embl.fr>
Le virus d’Epstein-Barr est un herpesvirus humain qui infecte de
manière permanente plus de 90 % de la population mondiale. Il est
surtout associé à de nombreux cancers épithéliaux, principalement
le carcinome indifférencié du nasopharynx et le carcinome
gastrique. Le gène BARF1 est exprimé dans une forte proportion de
ces cancers. Des activités oncogène, mitogène et immortalisante ont
déjà été montrée pour BARF1. C’est une glycoprotéine sécrétée. Nous
avons résolu la structure de cette forme sécrétée exprimée en
cellule humaine par cristallographie aux rayons X à 2,3 A de
résolution.
La protéine est composée de deux domaines immunoglobuline (Ig). Le
domaine N-terminal appartient à la sous-famille des domaines
variables alors que le domaine C-terminal fait partit des domaines
constants. BARF1 montre une hexamérisation inhabituelle impliquant
deux contacts principaux, l’un entre les domaines C-terminaux et
l’autre entre les domaines N-terminaux. Le contact C-terminal à une
surface particulièrement importante et étend le sandwich bêta d’une
molécule à l’autre. Le contact N-terminal implique les domaines Ig
avec une orientation relative inusuelle mais une surface de contact
plus classique et plus proche de celle observée pour d’autres
interactions entre domaines Ig.
La structure de BARF1 est proche de celle de CD80, ou B7-1, une
molécule costimulatrice présente à la surface des cellules
présentant les antigènes, et en est probablement dérivée au cours
de l’évolution. Néanmoins, l’orientation des domaines et
l’oligomérisation diffèrent entre BARF1 et CD80. Il a été montré
que BARF1 fixe le CSF1 mais son interaction doit être différente de
l’interaction CSF1-récepteur CSF1.
Chevalier SA, Meertens L, Pise-Masison C, Calattini S, Park H,
Brady JN, Gessain A, Mahieux R
< schevali@pasteur.fr>
Les rétrovirus HTLV et STLV appartiennent au groupe des virus T
lymphotropes de primates. Les génomes des virus HTLV1 et HTLV2
codent chacun une protéine transactivatrice (Tax1 et Tax2
respectivement). A la différence de Tax2, Tax1 possède un pouvoir
oncogène et est responsable de la transformation des cellules qui
l’expriment. Nous avons récemment découvert l’existence d’un
nouveau membre de la famille des virus HTLV, HTLV3 [1]. Nous avons
détecté la présence d’anticorps anti-Tax3 dans le sérum de
l’individu infecté par HTLV3, mais aussi chez certains singes
africains porteurs de STLV3, l’équivalent simien d’HTLV3. Nous
avons aussi montré que l’ARNm de tax3 était présent dans les PBMC
d’un singe infecté par STLV3. Ces résultats démontrent que la
protéine Tax3 est exprimée in vivo chez les primates
infectés. In vitro, Tax3 présente une localisation
intracellulaire principalement nucléaire, similaire à celle de
Tax1.
Nos résultats montrent que comme Tax1, Tax3 a la capacité de lier
les coactivateurs de la transcription CBP et p300. En utilisant de
la protéine Tax3 purifiée, nous avons montré que celle-ci était
capable de recruter la machinerie de transcription cellulaire pour
réaliser une réaction de transcription in vitro à partir
d’une matrice contenant des éléments de réponse à Tax (TRE). Dans
tous les types cellulaires testés, Tax3 a la capacité d’activer la
transcription de son promoteur viral (HTLV3 LTR) mais aussi des
promoteurs hétérologues (HTLV1 et HTLV2 LTR). Tax3 active aussi la
voie NFkB. Enfin, nous avons montré que comme Tax1, la partie
C-terminale de Tax3 contenait une séquence de liaison aux protéines
contenant un domaine PDZ. Ce domaine, qui est absent de Tax2, est
sans doute critique pour que Tax1 ait des propriétés
transformantes.
Nos résultats démontrent donc que Tax3 est un transactivateur
viral exprimé in vivo, et que ses propriétés le rapprochent
davantage de Tax1 que de Tax2. Cela suggère la possibilité de
l’existence de maladies lymphoprolifératives chez les personnes
infectées par HTLV3.
1. Calattini et al. Retrovirology 2005 ; 2 : 30.
Le Nouen C1, Rivallan G1, Toquin D1, Morin Y2, Amelot M2, Eterradossi N1
1Unité de virologie immunologie et parasitologie
aviaires et cunicoles (Vipac) ; 2Service d’élevage et
d’expérimentation en pathologie aviaire (Seepa), Agence française
de sécurité sanitaire des aliments (Afssa), Ploufragan
<n.eterradossi@ploufragan.afssa.fr>
Le virus de la bursite infectieuse aviaire (IBDV)
(Avibirnavirus, Birnaviridae) est un virus
non-enveloppé avec pour génome deux segments d’ARN bicaténaire
notés A (3,2 kpb) et B (2,8 kpb). Le segment A code une
polyprotéine précurseur des protéines structurales (VP2 et VP3) et
de la protéase virale (VP4) ainsi qu’une protéine à rôle mal connu,
VP5, alors que le segment B code la polymérase virale (VP1). L’IBDV
est un pathogène économiquement important pour l’industrie aviaire
et notamment pour l’espèce poule Gallus Gallus. Sa
distribution est mondiale. Des souches virales hypervirulentes
(notées vvIBDV) sont apparues à partir de 1987 et induisent plus de
30 % de mortalité. Le segment A occupe une place prépondérante dans
le pouvoir pathogène de ces souches, mais il a été démontré que VP2
n’était pas le seul déterminant de la virulence. De récents travaux
suggèrent que le segment B occupe une place non négligeable dans le
pouvoir pathogène. Malgré ces récents progrès, les bases
moléculaires du pouvoir pathogène de l’IBDV sont encore
méconnues.
Les travaux antérieurs du laboratoire ont permis d’identifier une
souche d’IBDV dont les segments génomiques A et B sont
phylogénétiquement reliés aux souches hypervirulentes mais qui
néanmoins induit peu de morbidité et pas de mortalité. Afin de
déterminer les bases moléculaires impliquées dans la réduction du
pouvoir pathogène de cette souche, nous avons développé pour
celle-ci un système de génétique inverse selon le principe mis au
point pour l’IBDV [Mundt et Vakharia, 1996]. Nous avons donc
déterminé puis confirmé par transcription inverse – réaction de
polymérisation en chaîne puis séquençage nucléotidique la séquence
complète des segments génomiques A et B de la souche étudiée. Nous
avons ensuite cloné ces deux segments dans des plasmides contenant
le promoteur T7 en amont de l’insert et un site de linéarisation à
son extrémité 3’. Les ARN transcrits in vitro à partir des
plasmides contenant les segments A et B ont été transfectés à des
fibroblastes d’embryon de poulet, et – la souche virale étudiée
n’étant pas adaptée à la culture cellulaire – le surnageant des
fibroblastes transfectés a ensuite été inoculé par voie
intramusculaire à des poulets exempts d’organismes pathogènes
spécifiés (EOPS). Quatre jours après inoculation, le virus régénéré
a été récolté dans la bourse de Fabricius (organe de réplication de
l’IBDV) des poulets injectés.
Le pouvoir pathogène in vivo et l’antigénicité du clone
moléculaire de la souche étudiée ont été comparés à ceux de la
souche virale parentale dans des conditions expérimentales
standardisées : le clone moléculaire s’est avéré présenter le même
phénotype que son virus parental. Les séquences des deux segments
génomiques de cette souche ont alors été comparées avec les
séquences consensus dérivées de 4 souches vvIBDV au pouvoir
pathogène clairement établi. Une, 5 et 3 mutations ont été mises en
évidence dans respectivement la région non codante (RNC) 5’, la RNC
3’ et la région codante du segment A. Cinq mutations dans la région
codante du segment B de 94432 ont également été identifiées. Le
rétablissement par mutagénèse dirigée de la séquence consensus des
vvIBDV dans tout le segment A, puis la régénération de particules
virales avec le segment B non modifié, ont permis de rétablir au
moins partiellement le pouvoir pathogène (100 % de morbidité et 10
% de mortalité). Afin de préciser quelle région du segment A était
impliquée dans la réduction du pouvoir pathogène, trois plasmides
ont alors été construits dans lesquels uniquement la RNC 5’, la RNC
3’ ou la région codante ont été corrigées. La régénération de virus
recombinants à partir de ces segments A modifiés et du segment B
original, suivie de l’évaluation in vivo du pouvoir
pathogène de ces virus recombinants, révèle que les mutations
présentes dans la région codante sont responsables de la réduction
du pouvoir pathogène du virus étudié. La position et les mécanismes
par lesquels ces mutations peuvent influencer le pouvoir pathogène
seront discutés.
Moriette C, Leberre M, Lamoureux A, Lai TL, Brémont M.
< michel.bremont@jouy.inra.fr>
Le virus de la maladie du sommeil (VMS) est un membre du nouveau genre des Alphavirus de Salmonidés, au sein de la famille des Togaviridae. Son génome à ARN simple brin positif est de 11 894 nucléotides. Un ADNc complet a été généré, fusionné à un ribozyme ’hammerhead’ en 5’ et inséré dans un vecteur de transcription pcDNA3 donnant le pVMS. Du virus recombinant rVMS a été produit par transfection du pVMS dans des cellules de poissons. La récupération de virus recombinant a été démontrée par des tests d’immunofluorescence et par la présence d’un tag dans le génome du rVMS. Cet ADNc infectieux a été exploité pour différentes applications. Ainsi, l’impact de mutations ciblées dans nsP2 sur le cycle de réplication du rMVS viral a été étudié. Parmi ces mutations, un changement I vers V (position 435) n’a pas d’effet notable sur la réplication et la transcription du génome mais diminue considérablement l’empaquetage du génome dans la particule virale. La pathogénicité du rVMS a été évaluée chez la truite. Alors que le virus sauvage tue 80 % des truitelles en 2 mois, nous montrons que le rVMS est totalement atténué. Lorsque ces truites infectées par le rVMS ont été confrontées à une épreuve avec le virus sauvage, une protection à long terme (> 7 mois) est démontrée. Un variant thermorésistant (14 °C au lieu de 10 °C) du rVMS a été produit et s’est avéré être pathogène chez la truite. Le séquençage du génome de ce variant rVMS14 par comparaison avec le rVMS10 et le virus sauvage, a mis en évidence plusieurs changements d’acide aminé dans la polyprotéine structurale et en particulier dans les deux glycoprotéines externes E2 et E1 et dans la protéine 6K. Certains de ces changements sont probablement impliqués dans la pathogénicité.
Thomas L1, Carmes S1, Cabie A2, Lagathu G3, Plumelle Y4, Césaire R3 et les médecins du SAU1
1Service d’accueil des urgences,
2Service des maladies infectieuses et tropicales,
3Laboratoire de Virologie, 4Laboratoire
d’hématologie, CHU, 97200 Fort-de-France
<laurent.thomas@chu-fortdefrance.fr>
Une épidémie de dengue est survenue en Martinique en juin 2005,
caractérisée par la cocirculation des sérotypes DEN2 et DEN4. Une
étude publiée dans le bulletin d’alerte et de surveillance Antilles
Guyane (n° 11, août 2005, http ://www.martinique.sante.gouv.fr/) a
révélé que la prévalence de la dengue de sérotype DEN4 était
prédominante (70 % des cas de dengue) mais que les patients
infectés par le sérotype DEN2 étaient plus souvent hospitalisés que
les patients infectés par le sérotype DEN4 (taux d’hospitalisation
respectifs de 81 % et 19 % ; p < 0,001). La présente étude a
pour but de déterminer si une gravité particulière était reliée à
un sérotype viral.
La population étudiée est une cohorte des patients admis aux
urgences entre le 1er juin et le 30 novembre 2005 et qui
présentaient des signes et symptômes compatibles avec une fièvre
dengue. Parmi ceux-ci n’ont été inclus dans cette étude que les
patients pour lesquels la détection de génome viral de la dengue
par RT-PCR était positive pour le sérotype DEN4 (48 patients) et
pour le sérotype DEN2 (29 patients). Deux autres patients étaient
positifs pour le sérotype DEN3 et n’ont pas été inclus. Pour chaque
patient, un questionnaire dédié aux signes et symptômes de la
dengue était renseigné dans le dossier médical informatisé dès
l’admission aux urgences et un bilan sanguin était réalisé.
L’analyse a porté sur les données recueillies le jour de la
consultation aux urgences en comparant les patients des sérotypes
DEN2 et DEN4. Les comparaisons statistiques ont été réalisées selon
les cas avec le test U de Mann-Whitney ou le test exact de Fisher.
Les moyennes sont présentées avec leur écart-type.
La moyenne d’âge (36 +/- 17 ans) et la prépondérance du sexe
féminin (58,4 %) ne différaient pas entre les deux groupes. Le
délai moyen entre le jour d’apparition de la fièvre et la
consultation aux urgences était < 2 jours, plus court dans le
groupe DEN4 (1,1 +/- 1,5 jour) que dans le groupe DEN2 (1,9 +/- 1,5
jour ; p < 0,01). La fréquence des signes évocateurs de dengue
(céphalée, fièvre, douleurs, rash cutané) était identique dans les
deux groupes. Des douleurs épigastriques et de l’hypochondre droit,
des vomissements et une intolérance alimentaire totale étaient
présents chez 72,4 % des patients DEN2 et 43,8 % des patients DEN4
(p < 0,02). La forme clinique de fièvre dengue non compliquée
était observée chez 93,8 % des patients DEN4 et chez 51,7 % des
patients DEN2 (p < 0,001). Des éléments de sévérité clinique
(associant à des degrés divers syndrome confusionnel, hypotension,
déshydratation, SGOT ou CPK > 10 fois le taux normal, plaquettes
< 50 000 G/L avec ou sans syndrome hémorragique) étaient
observés chez 3 patients DEN4 et chez 11 DEN2. Une gravité menaçant
d’emblée le pronostic vital était observée chez 3 autres patients
DEN2 : hémorragie cérébroméningée (1 cas), hépatite fulminante (1
cas), choc septique par cholécystite gangréneuse alithiasique (1
cas). Le taux moyen de plaquettes sanguines était de 120 +/- 66 G/L
dans le groupe DEN2 et de 171 +/- 58 G/L dans le groupe DEN4 (p
< 0,01, taux normal> 140 G/L). Le taux moyen de transaminases
SGOT était de 810 +/- 2900 U/L dans le groupe DEN2 et de 50 +/- 41
U/L dans le groupe DEN4 (p < 0,01, taux normal < 37 U/L). Le
taux moyen de CPK était de 1955 +/- 2484 U/L dans le groupe DEN2 et
de 226 +/- 480 U/L dans le groupe DEN4 (p < 0,01, taux normal
< 190 U/L). Le taux d’hospitalisation à l’issue de la
consultation aux urgences était de 55,2 % dans le groupe DEN2 et de
22,9 % dans le groupe DEN4 (p < 0,01). Les 3 patients gravement
atteints d’emblée sont ultérieurement décédés en moins d’une
semaine, tous les autres ont évolué favorablement.
En Martinique, lors de l’épidémie de dengue débutée en juin 2005,
le risque de développer une forme grave ou sévère de dengue était
plus important avec le sérotype DEN2 qu’avec le sérotype DEN4
(risque relatif = 7,7 ; intervalle de confiance 95 % : 3,1 –
19,3).
Gueudin M, Plantier JC, Braun J, Simon F
Unité de virologie, GRAM IFR23, CHU C. Nicolle, Rouen
<mariegueudin@yahoo.fr>
Les charges virales plasmatiques observées chez les patients
infectés par un VIH de type 2 sont significativement inférieures à
celles observées lors de l’infection par un VIH de type 1. Notre
objectif est d’étudier les premières étapes de l’infection lors de
la réplication in vitro du VIH1 et du VIH2.
Pour mesurer la production d’ADN VIH1 et VIH2 pendant la phase
précoce de l’infection in vitro, nous avons produit un
plasmide standard intégrant de l’ADN VIH1 et VIH2. Deux fragments
de la région LTR des VIH1 et VIH2 ont été liés à l’aide d’amorces
recouvrant en partie chaque fragment à lier puis l’ensemble a été
intégré dans un plasmide pCR 2,1-TOPO. Les TCID50 de surnageants de
culture VIH1 NL4-3 et VIH2 ROD utilisés pour l’inoculation ont été
déterminées. Des cellules ont été infectées avec 500 TCID50 de VIH1
NL4-3 ou 500 TCID50 de VIH2 ROD. Les cultures ont été réalisées sur
PBMC de 3 donneurs de sang différents et sur deux lignées
cellulaires : MT4-CXCR4 et Hela-P4-CCR5. La réinfection ultérieure
par de nouveaux virions formés a été empêchée par du saquinavir et
la cinétique de production d’ADN a été évaluée à 6, 24, 48 et 72
heures post-infection. ADN VIH1 et VIH2 ont été quantifiés par PCR
en temps réel en utilisant le plasmide VIH1/VIH2 comme standard.
Les résultats sont exprimés en log du nombre de copies d’ADN VIH/μg
l’ADN total extrait.
Des différences importantes dans la production d’ADN ont été
enregistrées entre les deux types de VIH bien que des doses
infectieuses équivalentes aient été utilisées. À 6 heures
post-infection, quelles que soient les cellules, la quantité d’ADN
obtenue avec VIH2 ROD (2,0 log) a été 2 Log plus basse que la
quantité obtenue avec VIH-1 NL4-3 (4,0 log). Cette différence reste
observée durant toute la cinétique en dépit d’une augmentation
faible de l’ADN VIH2 entre 24 et 72 heures. Ces résultats sont
indépendants des donneurs de PBMC. Les résultats sont strictement
semblables sur MT4-P qui n’exprime pas le corécepteur CCR5 et sur
les cellules HeLa-P4-CCR5 qui expriment le CCR5 et le CXCR4.
Nous avons observé une différence importante in vitro entre
la production d’ADN VIH1 et VIH2 pendant la première partie de
l’infection. La quantification par des PCR en temps réel utilisant
un plasmide contenant les séquences amplifiées VIH1 et VIH2 nous
permet une comparaison parfaite entre les deux types de VIH,
évitant des différences artificielles liées à l’amplification.
L’ADN synthétisé dépend de la disponibilité de l’ARN du VIH dans la
cellule et/ou de l’efficacité de la transcription inverse de cet
ARN viral. Notre expérience ne nous permet pas de déterminer si
seulement une ou si les deux étapes sont déficientes pour VIH2 mais
il donne une voie sérieuse pour expliquer plus complètement la
physiopathologie de l’infection.
Muylkens B1, Keil G2, Meurens F, Schynts F3, Dams L1, Thiry E1
1Département des maladies infectieuses et
parasitaires, laboratoire de virologie, faculté de médecine
vétérinaire, université de Liège, Belgique ; 2Institut
Friedrich Loeffler, Centre de recherche fédéral des maladies
virales animales, Greifswald-île de Riems, Allemagne ;
3Division de virologie animale, CERgroup, Marloie,
Belgique
<bmuylkens@ulg.ac.be>
La recombinaison est une caractéristique importante du cycle de multiplication des herpèsvirus dont le génome est constitué d’une molécule linaire d’ADN double brin. Chez les génomes de classe D dont font partie le virus de la varicelle et du zona et l’herpèsvirus bovin 1 (BoHV1), deux répétitions directes inversées, l’une interne et l’autre terminale délimitent deux segments uniques, l’un long (UL) et l’autre court (US). Par recombinaison homologue entre les séquences répétées inversées, des inversions de l’orientation des séquences uniques se produisent au cours de la réplication de l’ADN. Il a été démontré chez différents alphaherpèsvirus que les intermédiaires de réplication (concatémères) présentaient des quantités équimolaires des quatre orientations relatives possibles des segments UL et US adjacents [1]. À la lumière de ces résultats, la recombinaison se produirait de manière prépondérante à la jonction des sous-unités UL-US des alphaherpèsvirus. Afin de confirmer la localisation de ce point chaud de recombinaison, deux approches expérimentales ont été développées en utilisant le BoHV1 comme modèle. La première repose sur la caractérisation phénotypique et quantitative des virus de nouvelle génération issus de trois situations de co-infection. Les BoHV1 parentaux sont porteurs chacun d’une délétion dans un gène codant pour une glycoprotéine non essentielle (gC/UL44, gM/UL10 et gE/US8). La fréquence élevée de virus recombinants obtenus au sein de l’UL démontre que la recombinaison n’est pas confinée à la jonction UL-US. Afin d’éviter le biais lié aux délétions utilisées comme marqueurs de recombinaison et dans une perspective de définition plus fine des points de crossing-over, une deuxième approche a été envisagée. Elle repose sur la détection de polymorphisme nucléotidique isolé (single nucleotide polymorphism, SNP) entre différentes souches du BoHV1. Le suivi de ces SNP chez les virus de nouvelle génération clonés à partir des surnageants de co-infections réalisées in vitro permet d’établir une carte de recombinaison du BoHV1.
1. Schynts F, McVoy MA, Meurens F, Detry B, Esptein AL, Thiry E. The structures of bovine herpesvirus 1 virion and concatemeric DNA : implications for cleavage and packaging of herpesvirus genomes. Virology, 2003 ; 314 : 326-35.
Piodi A1, Chouteau P1, Christov C2, Hezode C3, Pawlotsky JM1
1Laboratoire de virologie, Inserm U635, hôpital
Henri-Mondor, Université Paris XII, Créteil ;
2Plateforme d’imagerie IM3, Faculté de Médecine, Créteil
; 3Service d’Hépato-gastro-entérologie, hôpital
Henri-Mondor, Créteil
<aurelie.piodi@hmn.aphp.fr>
La stéatose hépatocytaire est caractérisée par l’accumulation
intracellulaire de triglycérides. C’est une lésion fréquente au
cours des hépatites chroniques C, où elle peut être sévère et
semble être un cofacteur de progression de la maladie hépatique. Il
existe en fait deux types de stéatoses au cours de l’hépatite
chronique C : l’une associée au génotype 1, non induite par le
virus et observée chez des malades ayant des facteurs métaboliques
de stéatose ; l’autre, associée au génotype 3, qui est une lésion
cytopathique d’origine virale. Le rôle de la protéine de capside du
VHC dans l’induction de la stéatose viro-induite a été suggéré
in vitro, du fait d’une colocalisation de la protéine de
capside et des gouttelettes lipidiques intracellulaires dans le
compartiment cytoplasmique. Cependant, ces travaux ont été réalisés
à partir de séquences de capsides de génotype 1, génotype non
stéatogène in vivo.
Le but du travail était d’étudier la colocalisation de la protéine
de capside du VHC et des gouttelettes lipidiques intracellulaires
en fonction du génotype et de la présence d’une stéatose
viro-induite in vivo. La séquence des variants majoritaires
codant la protéine de capside du VHC a été isolée du sérum de 3
groupes de patients : 4 patients infectés par un VHC de génotype 3a
avec une stéatose hépatocytaire viro-induite (sans facteurs
métaboliques de stéatose) ; 4 patients infectés par un VHC de
génotype 3a sans stéatose ; 4 patients infectés par un VHC de
génotype 1b sans stéatose. Les séquences codant la protéine de
capside ont été exprimées en cellules Huh7 et leur expression a été
recherchée par IF directe. Les gouttelettes lipidiques ont été
visualisées soit par IF indirecte grâce à un anticorps monoclonal
dirigé contre l’ADRP (adipose differentiation-related
protein), protéine associée aux gouttelettes lipidiques, soit
par coloration au Bodipy 493/503, marqueur des lipides neutres
contenus dans les gouttelettes lipidiques. L’analyse microscopique
confocale et les reconstructions 3D ont été utilisées pour
localiser protéines de capside et gouttelettes lipidiques
intracellulaires.
Le marquage par IF des protéines de capside et des gouttelettes
lipidiques a révélé des structures annulaires intracytoplasmiques
et ce, quel que soit le génotype du VHC et, pour le génotype 3, que
le virus soit stéatogène in vivo ou pas. La microscopie
confocale et la coloration au Bodipy ont également révélé
l’expression de chacune des protéines de capsides issues des
patients des 3 groupes à la surface des gouttelettes
lipidiques.
Ce travail : 1) confirme la colocalisation de la protéine de
capside du VHC de génotype 1 (génotype non stéatogène) et des
gouttelettes lipidiques en culture cellulaire hépatocytaire ; 2)
démontre la colocalisation des protéines de capside de génotype 3
et des gouttelettes lipidiques, et ce en présence ou en l’absence
d’induction in vivo de la stéatose par les souches de VHC
correspondantes. Ces résultats ne sont pas en faveur d’un rôle de
la localisation de la protéine de capside à la surface des
gouttelettes lipidiques dans la survenue de la stéatose
viro-induite par le VHC.
Lourenco S1, Boni S1, Mangeot PE2, Cahour A1
1Cervi (virologie), Upres EA 2387, IFR113 Immunité
et infection, G.H Pitié-Salpêtrière, Paris ;
2Laboratoire de vectorologie rétrovirale et thérapie
génique, IFR128 BioSciences Lyon-Gerland, École normale supérieure,
Lyon.
<sofiacdslourenco@yahoo.fr>
Le virus de l’hépatite C (VHC) est l’agent majoritairement
responsable des hépatites chroniques, évoluant dans la plupart des
cas vers un carcinome hépatocellulaire. Plus de 170 millions
d’individus de la population mondiale sont infectés, ce qui
représente un problème important de santé publique. Puisqu’il
n’existe toujours pas de vaccin et que les traitements antiviraux
actuellement utilisés ont une efficacité limitée, il est nécessaire
de développer de nouvelles stratégies thérapeutiques reposant sur
l’approfondissement des connaissances des différentes étapes du
cycle viral, notamment la traduction de l’ARN génomique.
La région 5’non codante (5’NC) du génome viral fonctionne comme
une séquence d’entrée interne des ribosomes (IRES) de façon coiffe
indépendante. Elle est constituée de domaines structurés en
tiges-boucles permettant la fixation des ribosomes à proximité du
codon d’initiation par l’interaction avec le facteur d’initiation
eIF3. Ce mécanisme, différent de celui de la plupart des ARN
messagers cellulaires, et la conservation de la séquence
nucléotidique de la région 5’NC entre les différents génotypes du
VHC, font de l’IRES une cible antivirale privilégiée. Nous
disposons actuellement d’un système bicistronique contenant le
promoteur du bactériophage T7, et deux gènes rapporteurs de la
luciférase entre lesquels est insérée la séquence IRES du VHC. La
luciférase F (Fluc = Firefly) est exprimée de façon
coiffe-dépendante et la luciférase R (RLuc = Renilla), sous la
dépendance de l’IRES du VHC. Le rapport entre les activités
luminométriques de RLuc/FLuc représente l’activité relative de
l’IRES. Ce système nous permet d’étudier in vitro, après
transcription et traduction en lysats de réticulocytes de lapin :
1) l’activité traductionnelle de différents variants de l’IRES du
VHC, et 2) les modulations de cette activité sous l’effet de
facteurs cellulaires ou viraux, ainsi que celui d’inhibiteurs
potentiels de la traduction.
Notre objectif étant de mettre en place un modèle d’étude capable
de mesurer l’activité traductionnelle de l’IRES du VHC dans un
contexte cellulaire suffisamment proche de celui de l’infection,
nous avons opté pour une stratégie différente du système
précédemment décrit. En effet, celui-ci, bien qu’utilisable ex vivo
du fait de la présence du promoteur CMV, s’est révélé impropre à
refléter l’activité traductionnelle effective de l’IRES du fait de
l’observation d’une activité promotrice d’une partie de la région
5’NC du VHC sous forme ADN. Nous avons donc développé un système
cellulaire éliminant l’étape nucléaire du vecteur rapporteur afin
de supprimer toute activité promotrice de l’IRES du VHC. Il
consiste à exprimer de façon constitutive l’ARN polymérase T7,
permettant ensuite l’expression du vecteur rapporteur contenant le
promoteur T7 dans le cytoplasme, après transfection sous forme
d’ADN. Ce système présenterait deux avantages : 1) éviter la
co-infection avec le virus vaccine vTF7-3 vaccine et par conséquent
le stress cellulaire provoqué par une infection virale, et 2) la
transfection par un ARN coiffé et polyadénylé.
Une variante de cette stratégie a consisté à exprimer
constitutivement l’ARN polymérase T7 en présence du gène rapporteur
de l’EGFP dans un système bicistronique, de façon à faciliter le
clonage de la lignée établie exprimant l’enzyme par analyse en
Facs. Ce système est validé par l’étude de l’activité de mutants
connus de l’IRES du VHC et de l’effet modulateur de certains agents
antiviraux tels que les interférons. Il est proposé pour tester
d’autres inhibiteurs potentiels spécifiques de l’IRES du VHC, et
peut en outre être utilisé comme outil de substitution du système
vaccine VTF7-3 pour l’expression de gènes sous le contrôle du
promoteur T7.
Le Goff J1, Bouhlal H1, Grésenguet G3, Weiss H2, Khonde Z4, Chemin C1, Malkin J1, Pepin J4, Mayaud P5, Belec L1
1Inserm U743, Paris ; 2LSHTM, London,
United Kingdom ; 3CNRMST, Bangui, Central African
Republic ; 4WAPTCAS, Accra, Ghana ; 5LHSTM, London,
United Kingdom
<jerome. le-goff@egp.ap-hop-paris.fr>
De nombreuses données biologiques et épidémiologiques indiquent
que le virus herpes simplex de type 2 (HSV2) est un cofacteur
majeur de l’acquisition sexuelle du VIH. En revanche l’impact du
rôle du HSV2 dans la facilitation de la transmission génitale du
VIH est moins argumenté. Il a été observé chez des femmes
présentant une réactivation asymptomatique du HSV2 une corrélation
positive entre les quantités d’ARN VIH1 et ADN HSV2 dans les
sécrétions cervicovaginales. Il a aussi été rapporté l’observation
de charges virales VIH élevées dans des ulcérations herpétiques
masculines. Ces données suggèrent que le virus HSV2 peut accroître
l’infectivité génitale du VIH. Toutefois, il n’est pas déterminé si
des ulcérations herpétiques influencent la réplication VIH
uniquement au niveau lésionnel ou aussi au niveau de tout le
réservoir viral du tractus génital.
Nous avons évalué la réplication du VIH (ARN et ADN) et du HSV2
par PCR en temps réel quantitative dans les sécrétions
cervicovaginales de 154 femmes souffrant d’ulcérations génitales au
Ghana et en République centrafricaine. Le diagnostic de
l’ulcération herpétique a été réalisé sur un écouvillonnage de la
lésion par PCR en temps réel.
La prévalence des infections VIH et HSV2 étaient de 44 et 77 %.
Les femmes séropositives pour le VIH étaient significativement plus
fréquemment infectées par le HSV2 que les femmes séronégatives pour
le VIH (95 versus 59 %, p < 0,01), et les femmes
séropositives pour le HSV2 étaient plus fréquemment infectées par
le VIH que les femmes séronégatives pour le HSV2 (57 versus
7 %, p < 0,01). Parmi les femmes séropositives pour le HSV2,
celles infectées par le VIH avaient deux fois plus fréquemment un
portage génital en HSV2 (71 versus 29 %, p < 0,01). Parmi
les 57 femmes séropositives sécrétant du HSV2, les quantités d’ADN
HSV2 dans les sécrétions génitales ne différaient pas
significativement entre les femmes séropositives et séronégatives
pour le VIH (5,7 log copies/ml versus 5,4 log copies/ml, p =
0,44). Parmi les 58 femmes co-infectées par le VIH et le HSV2,
celles avec une ulcération herpétique étaient plus susceptibles
d’avoir une réplication VIH génitale que les femmes ne réactivant
pas le HSV2 (30/41 [73 %] versus 7/17 [41 %], p < 0,01),
et la moyenne de charge virale génitale en ARN VIH1 était
significativement plus élevée chez les femmes sécrétant le HSV2
(4,5 log copies/ml) que chez celles ne le sécrétant pas (3,1 log
copies/ml, p = 0,01). Chez les 31 femmes qui présentaient une
réplication génitale des deux virus, une corrélation significative
a été observée entre les quantités d’ARN VIH1 et ADN HSV2
(Spearman’s rank correlation r = 0,43, p = 0,04). En revanche, nous
n’avons observé de différence significative entre les femmes avec
et les femmes sans ulcération herpétique ni pour l’ARN VIH1
plasmatique (5,1 versus 5,6 log copies/ml, p = 0,5) ni pour
l’ADN VIH1 proviral génital (2,8 versus 2,1 log copies/106
cellules, P = 0,1).
Ces observations sont les premières issues d’une cohorte
prospective d’ulcérations génitales. Les résultats suggèrent que la
réplication du virus HSV2 est associée à l’augmentation de
l’infectivité génitale du VIH en multipliant par un facteur 10 la
charge virale ARN. Des données issues de cohorte de femmes
présentant des réactivations génitales herpétiques asymptomatiques
montraient une augmentation plus faible de l’ARN VIH, d’environ un
facteur 2,5. Ces données soutiennent l’hypothèse de l’utilisation
aciclovir chez les femmes avec une ulcération génitale herpétique
comme stratégie de réduction de l’infectiosité VIH.
Kirten P, Muylkens B, Thiry J, Thiry E
Laboratoire de virologie, Département des maladies
infectieuses et parasitaires, Faculté de médecine vétérinaire,
Université de Liège, 4000 Liège, Belgique.
<Philippe.Kirten@ulg.ac.be>
L’herpèsvirus bovin 1 (bovine herpesvirus 1, BoHV1) est responsable de la rhinotrachéite infectieuse bovine (IBR). Il est également à l’origine de lourdes pertes économiques suite aux restrictions du commerce international imposées par les pays indemnes de l’infection. En Belgique une séroprévalence de 35.9 % a été mesurée au sein de la population des animaux non vaccinés durant la saison d’hiver 1997-1998 [1], la Belgique se classant ainsi parmi les pays européens où la séroprévalence est la plus élevée. Dans ce cadre, une analyse de la virulence des souches de BoHV1 circulant actuellement en Belgique a été entreprise. Pour ce faire, une banque de souches de terrains isolées en Belgique a été créée et une étude de leurs caractéristiques biologiques a été entreprise. Quatre critères de virulence ont ainsi été retenus, à savoir : le titre des clones amplifiés, la taille des plages de lyse, les courbes de multiplication virale et l’analyse par profil de restriction. Une étude clinique rétrospective a été menée en parallèle afin de quantifier les signes cliniques des animaux sur lesquels les souches ont été isolées et de corréler les résultats à ceux obtenus en laboratoire.
1. Boelaert P, Biront P, Soumare B, et al. Prevalence of bovine herpesvirus-1 in the Belgian cattle population. Prev Vet Med 2005 : 285-95.
Belkhiri D, Mackiewicz V, Dussaix E, Ferey MP, Beaulieux F, Roque-Afonso AM
Virologie, hôpital Paul Brousse, Inserm CHB, Villejuif
<anne-marie.roque@pbr.ap-hop-paris.fr>
Le virus de l’hépatite B (VHB) a un tropisme hépatocytaire
cependant la présence de l’ADN viral dans les cellules circulantes
a déjà été montrée. Cette forme extra-hépatique pourrait avoir un
rôle dans la persistance virale et être un réservoir
secondaire.
Neuf patients ont été étudiés : trois porteurs chroniques et une
infection aigüe (six échantillons AgHBs positifs), trois
transplantés hépatiques sous immunoglobulines anti-HBs, une
infection résolutive (anti-HBc positif) et un témoin non VHB (cinq
échantillons AgHBs négatifs). Les cellules mononucléées du sang
périphérique ont été isolées sur gradient de Ficoll. Les sous
populations CD19+, CD14+, CD8+ et CD4+ ont été séparées par tri
cellulaire immunomagnétique positif. L’ADN du VHB a été recherché
par amplification de la région S, et analysé par séquençage. Les
charges virales sériques et cellulaires ont été déterminées par PCR
quantitative en temps réel (région préC).
Les charges virales des six échantillons AgHBs positifs étaient
comprises entre 1,34 × 104 et 7,22 × 1015
cp/ml. Chez les patients ayant une charge virale sérique élevée,
l’ADN viral était détectable dans trois ou quatre compartiments
cellulaires avec des valeurs inférieures à 1 cp/106
cellules. L’ADN viral cellulaire était indétectable chez deux
patients AgHBs + avec des charges virales inférieures à 2 ×
104 cp/ml et dans tous les échantillons AgHBs négatifs.
Dans un cas, les séquences majoritaires de l’AgHBs (positions 79 à
198) ont pu être analysées, montrant l’existence de 1 à 4 mutations
entre sérum et compartiments cellulaires. Cela suggère pour cette
région de l’AgHBs exposée à la réponse immunitaire, des
antigénicités très différentes selon le compartiment.
Grasland B, Blanchard P, Oger A, Bigarre L, Loizel C, Cariolet R, Jestin A
Agence française de sécurité sanitaire des aliments, Unité de
génétique virale et biosécurité, Les Croix, BP 53, 22440
Ploufragan
<b.grasland@ploufragan.afssa.fr>
Le circovirus porcin de type 2 (PCV2) est l’agent étiologique de
la maladie d’amaigrissement du porcelet (MAP). Sa réplication en
culture cellulaire est faible rendant difficile la production d’un
inoculum infectieux. Pour pallier cette difficulté, une stratégie
utilisant un clone infectieux de PCV2 a été élaborée. Il a été
montré que ce clone était infectieux lorsqu’il était injecté par
voie intramusculaire. L’objectif de cette étude est d’évaluer in
vivo l’efficacité de la transfection de ce clone infectieux
chez des porcelets selon différentes voies d’inoculation :
intramusculaire, intratrachéale et oronasale.
Trente-cinq porcelets exempts d’organismes pathogènes spécifiés
(EOPS) âgés de sept semaines sont répartis en quatre lots, le
premier servant de témoin. Dans les trois autres groupes, chaque
animal reçoit 400 μg d’ADN génomique de PCV2 cloné en tandem. L’ADN
est inoculé dans les groupes 2, 3 et 4, par voies intramusculaire
(IM), intratrachéale (IT) et oronasale (ON) respectivement. Dans
ces trois derniers groupes, un porcelet est sacrifié avant
l’inoculation. Puis deux porcelets par groupe sont euthanasiés à 13
jours post-transfection (jpt) et également à 23 jpt. Les
températures rectales des porcelets et les signes cliniques sont
enregistrés jusqu’à 34 jpt. Des échantillons de tissus (organes
lymphoïdes, poumons et foie) sont prélevés à l’autopsie. La
séroconversion des porcelets vis-à-vis du PCV2 est suivie par un
test Elisa. Le nombre de copies de génomes de PCV2 ainsi que le
nombre de particules infectieuses sont évalués par PCR quantitative
en temps réel et par IPMA en culture cellulaire.
1) Aucun signe clinique n’est relevé tout au long de l’étude à
l’exception d’une diminution significative du gain de poids moyen
quotidien chez les animaux transfectés par voies IM et ON au cours
de la seconde semaine post-transfection.
2) A l’autopsie, aucune lésion macroscopique n’est observée quelle
que soit la voie de transfection utilisée, à l’exception d’une
légère hypertrophie des ganglions trachéobronchiques dans les trois
lots.
3) Les premières séroconversions vis-à-vis du PCV2 apparaissent à
20 jpt dans les trois lots. La semaine suivante, tous les porcelets
transfectés par la voie IM ont séroconverti. Au contraire, parmi
les animaux transfectés par voies IT et ON, seule la moitié des
animaux a séroconverti à la fin de l’expérimentation.
4) La charge génomique de PCV2 est élevée dès 13 jpt chez les
porcelets transfectés par voie IM et IT (1011 copies de génome/g de
tissu), puis est constante jusqu’à 34 jpt. À l’opposé, la charge
génomique chez les animaux transfectés par voie ON augmente
progressivement de 13 jpt à 34 jpt pour atteindre une valeur finale
équivalente.
5) L’évolution des titres viraux infectieux est superposable à
celle de la charge génomique.
En conclusion, l’ADN génomique de PCV2 cloné en tandem peut
induire la production de particules virales infectieuses de PCV2
après transfection par voie intramusculaire, intratrachéale et
oronasale. Toutefois, la voie intramusculaire reste la voie de
transfection la plus efficace dans l’étude in vivo de la
pathogénie de la MAP par rapport aux voies intratrachéale et
oronasale.
Louveau C1,2, Lagranderie M2, Ramisse F1, Garnier L1, Marchal G2
1Division d’analyse biologique, Centre d’Etudes du
Bouchet, Vert-le-Petit ; 2Laboratoire de référence des
mycobactéries, Institut Pasteur, Paris
<celine.louveau@dga.defense.gouv.fr>
Les infections virales sont connues depuis longtemps pour favoriser les surinfections bactériennes. Pour évaluer l’existence ou non d’un effet synergique entre le virus de la grippe influenza A (VIA) et Mycobacterium tuberculosis, nous avons mis au point un modèle d’infection séquentielle IAV/mycobactérie chez la souris BALB/c. Les souris, pré-infectées avec une dose sublétale (160 PFU) de VIA par voie intranasale, sont exposées à un aérosol de mycobactéries au sein d’un caisson d’aérosolisation dans un laboratoire de sécurité biologique niveau 3. De façon inattendue, la pré-infection grippale accroît la résistance des souris vis-à-vis de l’infection à M. tuberculosis. Cette absence de synergie est caractérisée par un meilleur taux de survie, une absence de perte de poids et une plus faible inflammation des poumons. Ce phénotype atténué de l’infection à Mt chez la souris grippée est observé en dépit de la persistance des bactéries dans les organes cibles. Nous avons observé que la consolidation des poumons due à l’infection grippale était défavorable à l’étendue des lésions pulmonaires spécifique de Mt chez la souris. Par ailleurs, nos résultats ont démontré que l’infection grippale modifie la balance des cytokines Th1 et inflammatoires impliquées dans le contrôle des infections respiratoires avec M. tuberculosis. Dans notre modèle, l’infection grippale ne prédispose pas les souris aux surinfections à mycobactéries. Pour la première fois, il a été montré qu’une infection virale n’exerce pas d’effet synergique vis-à-vis d’un agent bactérien à tropisme respiratoire, responsable d’infection subaiguë ou chronique.
Boutolleau D1,2, André-Garnier E3, Bonnafous P1, Agut H1, Gautheret-Dejean A1,4
1Laboratoire de virologie, Groupe hospitalier
Pitié-Salpêtrière, et UPRES EA 2387, Université Pierre et Marie
Curie-Paris 6, Paris : 2Laboratoire de
Bactériologie-Virologie, Faculté de médecine Paris-Sud, CHU de
Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre ; 3Laboratoire de virologie,
CHU, et JE 2437 Génétique des interactions hôte-microorganismes,
Université de Nantes, Nantes ; 4Laboratoire de
microbiologie, Faculté des sciences pharmaceutiques et biologiques,
Paris
<david.boutolleau@bct.aphp.fr>
Le cytomégalovirus humain (HCMV) et le sixième herpèsvirus humain (HHV6) sont deux bêta-herpèsvirus qui, à l’instar des autres membres de la famille des Herpesviridae, sont susceptibles de se réactiver chez les patients immunodéprimés. En particulier, les infections à HCMV et à HHV6 sont associées à de nombreuses complications, parfois graves, au cours de la période post-greffe d’organe solide ou de cellules souches hématopoïétiques. Chez les patients greffés, l’existence d’interactions entre ces deux virus et leurs conséquences en termes de pathogénicité sont de plus en plus évoquées. Certaines études suggèrent notamment que les infections à HHV6 pourraient favoriser la survenue d’infections à HCMV chez les patients au cours de la période post-greffe. Néanmoins, il n’existe pas à ce jour d’étude in vitro mettant en évidence un tel phénomène, et les mécanismes potentiellement impliqués sont méconnus. Nous avons donc étudié les interactions entre le HCMV et le HHV6 in vitro dans un système de culture de fibroblastes humains embryonnaires (FH). Les FH ont été infectés, séparément ou simultanément, par différentes souches de HCMV (AD169, Towne, Toledo) et de HHV-6 variant A (U1102, SIE, GS) ou variant B (HST, MAR). Les infections virales ont été suivies pendant six jours à l’aide de différentes méthodes : détection d’antigènes viraux par immunoperoxydase, mesure de la charge virale cellulaire par PCR en temps réel, et détection de transcrits viraux tardifs par RT-PCR. Seules les souches de HHV6A étaient capables de se répliquer dans les FH, avec une efficacité d’infection supérieure pour la souche U1102. Afin d’étudier les interactions potentielles entre le HCMV et le HHV6, des co-infections virales de FH ont été réalisées avec la souche U1102, d’une part, et différentes souches de HCMV, d’autre part. Nous avons montré que le HCMV, quelle que soit la souche, favorisait la réplication du HHV6A de façon dose-dépendante. En effet, à J6 post-infection, le nombre de cellules exprimant des antigènes du HHV6 était sensiblement augmenté (environ d’un facteur 20) en présence de HCMV, et la charge virale cellulaire HHV6 était supérieure d’un facteur 10 à 100 selon l’inoculum initial de HCMV. De plus, la détection du transcrit tardif du gène U100 du HHV6 était plus précoce dans les cultures de FH co-infectées par le HHV6 et le HCMV que dans celles infectées par le HHV6 seul (J3 versus J6). L’utilisation d’inserts de culture a permis de montrer l’implication d’interactions virales directes ou de stricte proximité, et de rejeter l’hypothèse de la participation de facteurs cellulaires solubles. En revanche, dans ces mêmes conditions expérimentales, le HHV6 n’influençait pas la réplication du HCMV. Au total, ces résultats montrent que le HCMV est capable d’accélérer et de favoriser la réplication du HHV-6. Les mécanismes moléculaires impliqués restent à élucider.
Palleau S1, Boutolleau D1,2, Bonnafous P1, Boni S1, El Hashimi H3, Masse MJ4, Agut H1, Gautheret-Dejean A1,5
1Laboratoire de virologie, Université Pierre et
Marie Curie-Paris 6, EA 2387, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière,
Paris ; 2Laboratoire de Bactériologie-Virologie, Faculté
de Médecine Paris Sud, CHU de Bicêtre, Le Kremlin-Bicêtre ;
3Inserm U616, Groupe Hospitalier Pitié-Salpêtrière,
Paris ; 4Département de biologie cellulaire, Institut
Jacques-Monod, Université Pierre et Marie Curie-Paris 6, Paris ;
5Laboratoire de microbiologie, Faculté des sciences
pharmaceutiques et biologiques, Paris
<agnes.gautheret@psl.aphp.fr>
Le HHV6 est un bêtaherpesvirus lymphotrope proche du
cytomégalovirus humain (HCMV), largement répandu dans la population
générale adulte. Certains auteurs ont montré que les polynucléaires
(PN) pourraient jouer un rôle dans la physiopathologie de
l’infection par le HCMV, mais la nature exacte de l’infection
virale, véritable réplication ou simple transport passif, reste un
sujet controversé. Au cours de l’infection par le HHV6, les PN
pourraient également intervenir. À ce jour, seuls Luppi et
al. (1999) ont mis en évidence le génome du HHV6 dans les
granulocytes de trois patients atteints de lymphome de Hodgkin ou
de sclérose en plaque. Nous ignorons si les PN de sujets sains ont
la capacité de supporter la réplication du HHV6 ou de transmettre
le virus entre cellules cibles. Le but de notre travail était de
mettre au point un modèle d’infection des PN par du HHV6 in
vitro, par coculture avec des cellules mononucléées du sang
périphérique (PBMC) préalablement infectées afin d’explorer, d’une
part, si le HHV6 pouvait se répliquer dans les PN, et, d’autre
part, si les PN pouvaient transmettre le virus aux cellules cibles
habituelles (PBMC). De fortes quantités d’ADN viral et des
antigènes viraux ont été mis en évidence dans les PN. Cependant,
les antigènes étaient de localisation cytoplasmique et non
nucléaire, comme ce qui est observé dans les PBMC productrices de
HHV6. De plus, aucune particule virale n’a pu être mise en évidence
par microscopie électronique après 60 heures de culture. L’analyse
de la production d’ARN messagers viraux a indiqué que dès la
première heure post-infection, les transcrits très précoces,
précoces mais également tardifs étaient présents puis
disparaissaient dès 48 heures Par ailleurs, aucune transmission de
virus n’a été observée entre PBMC via les PN. Nous avons
également étudié la présence du HHV6 dans les PN et les PBMC de
patients pour lesquels une infection active était suspectée. La
fréquence de détection de l’ADN génomique du HHV6 comme sa charge
virale étaient supérieures dans les PN par rapport aux PBMC
correspondants.
En résumé, nos résultats indiquent, d’une part, l’absence de
réplication du HHV6 dans les PN in vitro et, d’autre part,
l’absence de participation des PN dans la transmission du HHV6
entre cellules cibles. La présence de matériel viral dans les PN
tant in vitro qu’in vivo résulte probablement d’un
processus de phagocytose que nous étudions.
Meyer G1, Deplanche M1, Le Mercier P1, Boxus M2, Kerkhofs P2, Baranowski E1
1Equipe interactions hôtes-virus et vaccinologie
(INRA, UMR1225), Ecole nationale vétérinaire, 31076 Toulouse ;
1Veterinary and Agrochemical Research Centre, Department
of Virology, Groeselenberg 99, 1180 Brussels, Belgium
<g.meyer@envt.fr>
Le virus respiratoire syncytial bovin (VRSB) est un agent
pathogène majeur du bétail responsable chez le veau de syndromes
respiratoires modérés à sévères. La nature des facteurs qui
déterminent l’intensité des manifestations cliniques chez l’animal
infecté n’est pas connue, mais l’influence de facteurs liés à
l’hôte est souvent évoquée.
Une série d’évidences suggèrent que l’amplification préalable du
VRSB sur veaux nouveau-nés pourrait influencer le pouvoir pathogène
de ce virus et favoriser le développement de signes cliniques et
l’apparition de lésions caractéristiques lors d’infection
expérimentale. La propagation du VRSB en cultures cellulaires, même
limitée, serait par contre associée à une diminution du pouvoir
pathogène.
Dans le but de démontrer l’influence de l’environnement de
réplication utilisé pour la préparation de l’inoculum viral sur la
pathogénicité du VRSB, des veaux âgés de 25,4 ± 7 jours ont été
inoculés avec deux populations virales dérivées du même isolat de
VRSB. Un groupe de 5 animaux a été inoculé avec 105 UFP
du virus 3761/veau, amplifié par trois passages successifs sur
veaux nouveau-nés (groupe 3761-LBA). Un autre groupe de 5 animaux a
été inoculé avec la même quantité de particules infectieuses, mais
avec le virus 3761 amplifié par trois passages sur cellules de
cornets naseaux (groupe 3761-C).
Les résultats du suivi clinique, virologique et immunologique
montrent une différence de virulence entre les deux inoculums, qui
se traduit principalement par un allongement de la période
d’incubation de la maladie et par un retard de la multiplication du
virus dans l’arbre respiratoire supérieur pour le groupe 3761-C.
Des différences significatives ont en effet été enregistrées entre
les groupes 3761-LBA et 3761-C quant au délai d’apparition des
signes cliniques (4,8 +/- 0,7 versus 7,2 +/- 0,3 j). Le
retard dans l’apparition de la pathologie pour le groupe 3761-C est
corrélé à un retard dans l’apparition de la réponse en IgM (10,4
+/-4,8 versus 7,6 +/- 1,1 j) et dans la détection du virus
par RT-PCR quantitative dans les écouvillons nasaux (4,8 +/-0,6
versus 2,8 +/-1 j).
Le séquençage complet du génome viral 3761 et la comparaison de la
séquence consensus des populations 3761-LBA et 3761-C ont permis
d’identifier quatre mutations. Ces mutations entraînent des
changements d’acides aminés sur la protéine de matrice M2 (G70/E)
et sur la polymérase L (Q1740/R, V1742/A et N1760/H). Ces protéines
sont principalement impliquées dans la réplication virale.
L’implication de ces modifications sur la virulence du VRSB reste à
établir.
Cette étude montre que l’environnement de réplication du VRSB,
même sur un faible nombre de passages en cultures cellulaires ou
sur veaux nouveau-nés, peut influencer le pouvoir pathogène de ce
virus. Des études sont actuellement en cours pour identifier les
facteurs expliquant ces différences de pathogénicité observées pour
le VRSB 3761
Lerat H1,4, Keasler VV1, Forbes SJ2, Lemon SM3, Slagle BL1
1Department of Molecular Virology and
Microbiology, Baylor College of Medicine, Houston, Texas ;
2Division of Medicine, Imperial College, London ;
3Department of Microbiology and Immunology, The
University of Texas Medical Branch, Galveston, Texas ;
4Inserm U635, hôpital Henri-Mondor, Université Paris
XII, Créteil
<herve.lerat@im3.inserm.fr>
Les infections chroniques par le VHB et par le VHC affectent
respectivement 350 et 170 millions de personnes dans le monde. Bien
que les mécanismes moléculaires en soient encore inconnus, la
co-infection par le VHC et le VHB est associée à un risque accru de
carcinome hépato-cellulaire (CHC) [Donato et al., Int J
Cancer 1998 ; 75 : 347-54]. Nous avons montré que les souris
transgéniques exprimant la polyprotéine entière du VHC (FL-N/35)
développent des CHC [Lerat, et al., Gastro 2002 ; 122
: 352-65]. De la même façon, nous avons montré que la protéine X du
VHB (HBx) est un cofacteur du développement des CHC chez la souris
[Slagle, et al., Molec Carc 1996 ; 15 : 261-9]. Ces
modèles ont été utilisés dans l’objectif d’étudier l’hypothèse
selon laquelle la protéine HBx pourrait accélérer la progression
des lésions hépatiques chez les souris transgéniques pour le
VHC.
Les souris transgéniques pour l’HBx (ATX) ont été croisées avec
les souris FL-N/35. À 16 mois, des CHC ont été observés chez 21 %
des souris double transgéniques (HCV/ATX), mais chez aucune des
souris simple transgénique (HCV ou ATX) et chez aucune des souris
témoins. Des phénotypes prénéoplasiques ont été recherchés sur les
foies des souris à 8 mois. Des changements significatifs ont été
observés dans les souris HCV/ATX : augmentation du ratio poids du
foie sur poids corporel, augmentation de l’incidence et de la
sévérité de la stéatose et augmentation du nombre d’hépatocytes
PCNA-positifs. Par ailleurs, une inhibition de l’apoptose induite
par la voie fas a été observée chez les souris HCV/ATX mais pas
chez les souris témoins. Les extraits protéiques de foies de souris
HCV/ATX présentaient en outre une diminution d’expression de la
protéine proapoptotique bid par rapport aux souris témoins.
Ces résultats montrent que l’expression de la protéine HBx
augmente l’incidence du carcinome hépatocellulaire chez les souris
transgéniqes exprimant la polyprotéine du VHC, par un mécanisme
impliquant un déséquilibre entre la génération et la mort des
hépatocytes dans un contexte de stéatose sévère.
Fieni F1, Ali Al Ahmad MZ1, Pellerin JL1, Guiguen F2, Chebloune Y2
1Unité propre soutien de programme 5301 DGER,
Etude des risques sanitaires liés aux biotechnologies de la
reproduction, Ecole nationale vétérinaire, BP40706, 44307 Nantes
Cedex 3 ; 1UMR 754 INRA/ENVL/UCBL, Lyon Cedex 07
<fieni@vet-nantes.fr>
Les tissus de l’appareil génital de chèvre peuvent être infectés
par le CAEV [Fieni et al., 2003]. Les cellules de
l’épithélium de l’oviducte, ainsi que celles de la granulosa, ont
été démontré in vitro, comme sensibles à l’infection virale
et aptes à répliquer le virus [Lamara et al., 2002a]. La
pression de contamination de l’ovocyte puis de l’embryon, lors de
son développement ovarien, tubaire et utérin est donc importante.
L’infection précoce des cellules embryonnaires à un stade de
totipotence pourrait entraîner l’endogénisation du CAEV à l’origine
de porteurs sains tolérants. L’objectif de ce travail est d’étudier
si les blastocystes caprins dépourvus de leur zone pellucide sont,
d’une part, susceptibles à l’infection par le CAEV et, d’autre part
si les blastomères infectés sont capables de réplication de ce
virus.
Cent vingt et un embryons dépellucidés de 8 à 16 cellules,
récoltés à J4 chez des donneuses certifiées CAEV négative, ont été
contaminés par coculture dans un insert pendant 6 jours au-dessus
d’un tapis cellulaire mixte de GSM/COEC produisant 104,75 TCID50/ml
de CAEV. Après 6 jours les embryons sont lavés 10 fois puis
cultivés dans un insert pendant 6 heures au-dessus d’un tapis de
cellule indicatrice GSM. Ces cellules sont cultivées pendant 5
semaines ou jusqu’à observation d’un effet cytopathique
caractéristique. Après lavage les embryons sont ensuite cultivés
pendant 24 heures dans un milieu acellulaire dont la concentration
virale est déterminée par titrage. Enfin après trypsination les
blastomères sont cultivés à plat. Ces cultures sont utilisées pour
rechercher le virus par PCR, le provirus ADN par RT-PCR et la
protéine p28 de la capside par immunocytochimie. 64 embryons non
infectés ont été utilisés comme témoins.
Après coculture l’ARN viral est détecté uniquement dans les 4
premiers bains de lavage. Les cellules GSM indicatrices de
l’infection virale ont présenté un effet cytophatique
caractéristique au 4e passage dont la spécificité a été confirmée
par PCR. Le titre mesuré dans le milieu de culture acellulaire
après 24 heures est supérieur à 103,25 TCID50/ml. Enfin après 8
jours de culture en monocouche des blastomères, l’ADN proviral du
CAEV a été identifié par PCR, l’ARN du CAEV a été détecté par
RT-PCR dans le surnageant de la culture des cellules embryonnaires
infectées et l’analyse immunocytochimique des cellules
embryonnaires, par utilisation d’un anticorps monoclonal anti-p28,
a confirmé l’expression des protéines virales dans ces
cellules.
L’ensemble de ces résultats montre clairement que les cellules
embryonnaires précoces caprines qui ont été exposées au CAEV : 1)
sont capables de transmettre le virus aux cellules GSM permissives,
2) répliquent et libèrent le CAEV à un titre élevé dans le milieu
extérieur, 3) ont intégré le génome proviral du CAEV. Celui-ci a
été ultérieurement exprimé en protéines qui ont été correctement
transformées, assemblées en particules infectieuses et libérées
hors de ces cellules. En conséquence les cellules d’embryons
précoces dépellucidés de chèvre sont sensibles à l’infection par le
CAEV et cette infection est productive. Cette possibilité
d’infection virale des embryons précoces de chèvres sans altération
de leur développement augmente le risque d’apparition des génomes
endogènes de CAEV qui pourraient être transmis verticalement par
des cellules germinales. Ces résultats, associés à ceux de Lamara
et al., (2002b), démontrent le rôle primordial de protection
que joue la zone pellucide contre l’infection des blastomères par
le CAEV.
Coulpier M1, Messiaen S1, Hamel R1, Fernandez De Marco M2, Lilin T1, Eloit M1
1UMR1161 Virologie Inra AFSSA Enva, École
vétérinaire de Maisons-Alfort, 7 av. Général-de-Gaulle, 94704
Maisons-Alfort ; 2Departamento de Anatomϊa y A.
Patológica Comparadas. Universidad de Córdoba. Campus de Rabanales.
14014 Córdoba, Espagne
<mcoulpier@vet-alfort.fr>
Bien que la mort neuronale soit une figure bien connue des maladies à prions, les mécanismes moléculaires la sous-tendant sont, à ce jour, peu élucidés. L’implication d’un processus apoptotique a été suggérée après observation d’une dégradation de l’ADN par marquage TUNEL et activation des caspases dans des modèles naturels et expérimentaux d’infections à prions. BAX est une protéine proapoptotique appartenant à la famille Bcl2 qui joue un rôle central dans la régulation de la mort neuronale dans diverses situations. Récemment, BAX a été impliqué dans un modèle génétique de maladies à prions. Néanmoins, son rôle dans les maladies à prions d’origine infectieuse est inconnu. Dans le but de mieux comprendre le rôle de cette protéine dans les maladies à prions, nous avons inoculé une souche d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB) adaptée à la souris (6PB1), à des souris dont le gène codant pour Bax a été invalidé. Nos résultats montrent que l’inactivation de Bax ne perturbe pas le développement de la maladie. Les souris contrôles et les souris Bax-/- infectées présentent les mêmes caractéristiques cliniques. Les dépôts de PrPres et l’astrogliose sont similaires. L’intégrité des neurones n’est pas modifiée et leur survie n’est pas améliorée. Ces résultats démontrent que BAX n’est pas indispensable à la mort des neurones provoquée par la souche ESB et suggèrent l’existence de voies multiples de mort dans les maladies à prions.
Iskra-Caruana ML
Cirad département AMIS/UMR BGPI, TA 41/K, Campus
International de Baillarguet, 34398 Montpellier Cedex 5
<marie-line.caruana@cirad.fr>
Les pararétrovirus (PRV) sont des virus à génome ADN double brin, responsables de maladies des plantes, tempérées et tropicales, pouvant être économiquement importantes. Dernièrement l’accès aux génomes a révélé la présence de séquences virales intégrées dans le génome de nombreuses plantes correspondant à ce jour principalement à des virus à ADN dont les pararétrovirus. Rien n’est actuellement connu sur l’origine de ces fragments ; les pararétrovirus n’ont besoin à aucune étape de leur multiplication d’intégrer le génome hôte et ne développe aucune forme « provirale » connue pour les rétrovirus animaux. Les EPRV, dont l’origine semble relever d’une coévolution des génomes viraux et de ceux de leurs plantes hôtes, ont la capacité pour certains d’être à l’origine de la restitution de virions infectieux responsable de l’apparition soudaine de maladies. Ce phénomène incontrôlé à ce jour affecte les programmes d’amélioration génétique de nombreuses espèces d’intérêt agronomique. C’est le cas du petunia vein clearing virus (PVCV) pour le pétunia, du tabacco vein clearing virus (TVCV) sur tabac et du banana streak badnavirus (BSV) sur bananier. Ce dernier, responsable de la maladie en tirets des bananiers, est devenu ces dernières années la contrainte majeure de la filière banana du fait de la présence dans le génome des bananiers de l’espèce Musa balbisiana (notée B) d’EPRV infectieux. Il a été démontré que sous l’action d’un stress biotique et abiotique (culture in vitro et croisements génétiques), ces bananiers à l’origine sains, restituent des virions infectieux et développent la maladie [1, 2]. Les principales hypothèses expliquant l’origine de ces intégrations se basent sur de possibles recombinaisons illégitimes dues à l’accumulation d’ADN viral dans le noyau des plantes hôtes tolérantes au virus. Ainsi une tolérance de l’espèce M. balbisiana au BSV serait à l’origine de l’accumulation d’ADN dans le noyau, l’intégration serait la conséquence d’une pression continue de la maladie sur une même espèce. Au cours du temps et afin de préserver leur biologie propre, les bananiers de l’espèce M. balbisiana auraient développé un système de régulation empêchant toute nouvelle intégration fatale, et par là même un mécanisme de défense vis-à-vis des EPRV et PRV BSV. Des résistances naturelles aux majeures souches virales de BSV ont été observées pour deux bananiers diploïdes BB, Pisang Klutuk Wulung (PKW) et Pisang batu (PB). Les principaux résultats obtenus sur la caractérisation des EPRVS BSV [3], leur rôle potentiel et leur phylogénie parmi le germplasm Musa seront abordés au cours de la présentation.
1. Dallot S, Acuña P, et al. Evidence that the proliferation stage of micropropagation procedure is determinant in the expression of Banana streak virus integrated into the genome of the FHIA 21 hybrid (Musa AAAB). Arch Virol 2001 ; 146 : 2179-90.
2. Lheureux F, Carreel F, et al. Identification of genetic markers linked to Banana streak disease expression in inter-specific Musa hybrids. Theor Appl Genetic 2003 : 106 : 594-8.
3. SafarJ, Noa-Carrazana JC, et al. Creation of a BAC resource to study the structure and evolution of the banana (Musa balbisiana) genome. Genome 2004 47 : 1182-91.
Selisko B, Peyrane F, Decroly E, Egloff M-P, Alvarez K, Canard B
AFMB : Architecture et fonction des macromolécules
biologiques, Département Réplication virale : structure,
mécanismes, et drug-design, UMR6098, CNRS, Université de Provence,
Université de la Méditerranée, Parc scientifique et technologique
de Luminy, Case 925, 163 avenue de Luminy, 13288 Marseille Cedex
09
<Bruno.Canard@afmb.univ-mrs.fr>
Les ARNm de flavivirus sont coiffés à leur extrémité 5’. Cette
coiffe, nécessaire à la réplication virale, régule l’expression des
protéines virales et stabilise les ARNm. Trois activités
enzymatiques distinctes sont impliquées dans la formation de la
coiffe des flavivirus : 1) triphosphatase (RTPase), 2)
guanynyltransférase (Gtase), 3) méthyltransférase (N7MTase et 2’O
MTase). Les activités RTPase et 2’-O MTase ont été identifiées
précédemment au laboratoire. Elles sont portées par les protéines
NS3 et NS5 respectivement. Par contre, les protéines virales
portant les activités GTase et N7MTase restent inconnues à ce jour.
Afin d’identifier et de caractériser toutes les enzymes virales
impliquées dans la formation de la coiffe des flavivirus, des
méthodes de synthèse et de purification de petits ARN spécifiques
ont été mises au point.
Nous avons synthétisé in vitro de petits ARN AC2 à AC7
ainsi que leurs homologues coiffés (GpppAC2 à GpppAC7) à l’aide de
la T7 DNA primase en présence d’ATP, de GpppA ou de m7GpppA
respectivement. Après optimisation des conditions de production et
purification par CLHP, ils ont été caractérisés par spectroscopie
de masse.
Nous avons, dans un premier temps, étudié l’action du domaine
méthyltransférase NS5 du virus de la dengue sur ces différents
substrats. La spécificité de l’enzyme vis-à-vis des différents ARN
cibles à été déterminée par des études cinétiques et des mesures
d’affinité. De plus, nous avons caractérisé les sites de
méthylation. Enfin, nous caractérisons actuellement les propriétés
inhibitrices de différentes molécules ciblant spécifiquement la 2’O
MTase du virus de la dengue.
Imbert I1, Guillemot JC1, Dutartre H1, Bourhis JM1, Coutard B1, Egloff MP1, Ferron F2, Canard B1
1AFMB : Architecture et fonction des
macromolécules biologiques, Département Réplication virale :
structure, mécanismes, et drug-design, UMR6098, CNRS, Université de
Provence, Université de la Méditerranée, Parc scientifique et
technologique de Luminy, Case 925, 163 avenue de Luminy, 13288
Marseille Cedex 09 ; 2Boston Biomedical Research
Institute, 64, Grove St, Watertown 02472, MA, USA.
<Isabelle. Imbert@afmb.univ-mrs.fr>
Les coronavirus représentent un problème majeur de santé
publique, illustré par l’émergence du SARS-CoV, et plus récemment
par la caractérisation de nouveaux coronavirus pathogènes chez
l’humain, responsables de bronchiolites, ou du syndrome de
Kawasaki… Le génome des coronavirus s’illustre par sa grande
taille, autour des 30 kb, et par le nombre de protéines impliquées
dans le complexe de réplication. Après le séquençage du génome de
ce virus, la détermination par analyse bio-informatique de la
fonction potentielle de certaines des 16 protéines du complexe,
plusieurs restent de fonctions inconnues. Le but à long terme de
notre travail est d’élucider le fonctionnement du complexe
réplicatif des coronavirus.
Nous avons cloné, exprimé, et purifié la majorité des protéines
réplicatives du virus du SRAS. Parmi celles-ci, Nsp8 a été étudiée
plus particulièrement pour son rôle auxiliaire à l’ARN polymérase
ARN dépendante, Nsp12.
Résultats. Nous avons mis en évidence que la protéine Nsp8 du
SARS-CoV est une ARN primase ARN-dépendante. C’est le seul exemple
à ce jour d’une telle activité dans le monde vivant. Cette
polymérase particulière synthétise des amorces de taille moyenne de
7 mer, à partir d’une séquence spécifique présente de nombreuses
fois dans le génome des coronavirus. De par leur taille, les
coronavirus possèdent un mécanisme de réplication particulier, qui
s’illustre par la présence d’une primase, unique non seulement dans
le monde viral mais aussi dans toutes formes de vies. L’analyse
phylogénétique et structurale de nsp8 laisse penser que la fonction
a été acquise après détournement de la fonction d’une protéine
cellulaire de fixation à l’ARN, et non pas que la primase ait été
conservée et survivante du monde primitif à ARN.
Archimbaud C1,2, Chambon M1,2, Mirand A1,2, Regagnon C1, Bailly JL2, Petit I3, Peigue-Lafeuille H1,2, Henquell C1
1CHU, Service de Virologie, Centre de biologie, 58, rue Montalembert, F-63003 Clermont-Ferrand ; 2Université d’Auvergne, Faculté de médecine, Service de virologie, 28 place Henri-Dunant, 63001 Clermont-Ferrand ; 3CHU, Services de pédiatrie, Hôtel-Dieu, bd Léon-Malfreyt, 63001 Clermont-Ferrand
Les entérovirus sont les causes majeures des méningites
aseptiques aiguës. La certitude diagnostique est désormais apportée
par la détection du génome viral dans le LCR. Les tests basés sur
une méthode classique de RT-PCR nécessitent un temps de réalisation
technique incompatible avec un rendu de résultat rapide. Le
développement récent d’appareils de détection en temps réel des
génomes viraux a augmenté la praticabilité de ces tests
moléculaires. Cette étude a eu pour objectif d’évaluer en
prospectif, sur l’épidémie de 2005 qui a donné lieu à une alerte
sanitaire de l’Institut de veille sanitaire (InVS), l’impact de la
mise en place dans l’activité quotidienne du laboratoire d’une
technique entérovirus RT-PCR en temps réel, mise au point sur
appareil Light-Cycler (Roche Diagnostic).
De janvier à novembre 2005, un diagnostic positif de méningite à
entérovirus a été établi pour 66 patients (49 enfants, 17 adultes)
par RT-PCR dans le LCR. Pour 33 patients (50 %), un entérovirus a
été isolé sur culture de cellules à partir de prélèvements de gorge
et/ou de selles. Le typage moléculaire des souches (VP1) a montré
une co-circulation dans notre région en 2005 de plusieurs types :
échovirus 30, 18 et 13, coxsackievirus 3 et 5. L’analyse globale
des données clinicobiologiques a montré que les résultats du test
RT-PCR étaient communiqués au médecin par téléphone dès la
validation biologique : le jour même (soit 4 à 7 heures après
réception du LCR au laboratoire) dans 37 % des cas, dans les 24
heures (64 %), sous 48 heures (82 %), dans les 3 jours incluant
week-end et fériés (18 %) ; 24% des patients (15 enfants, 1 adulte)
sont sortis 1 à 6 heures après communication des résultats.
Cette stratégie de réalisation du test moléculaire dans le LCR, le
plus rapidement possible après l’admission, a permis d’éviter
l’hospitalisation de 8 enfants (8/15) qui ont eu seulement un suivi
ambulatoire lorsque l’environnement social était favorable. Le
diagnostic prospectif, non plus d’élimination, des méningites à
entérovirus autorise la non-prescription d’antibiotiques et
d’examens complémentaires coûteux.
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