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Identification d’un nouveau coronavirus humain


Publiée dans la revue : Virologie. juillet-août 2004. Volume 8Numéro 4,

Auteur(s) : C. Pallier

Auteur(s) : C. Pallier

Laboratoire de virologie, CHU, Bicêtre.

Jusqu’à présent, seuls trois coronavirus humains étaient caractérisés : le HCoV-229E et le HCoV-OC43 identifiés au milieu des années 1960 et, identifié très récemment, le SARS-CoV. Une équipe hollandaise rapporte dans Nature Medicine la découverte d’un nouveau coronavirus humain, le HCoV-NL63, isolé en janvier 2003 à partir des sécrétions nasopharyngées d’un enfant âgé de 7 mois hospitalisé pour bronchiolite, coryza, conjonctivite et fièvre. Les examens pour rechercher les virus classiquement responsables d’infections respiratoires sont restés négatifs. Parmi les différents types de cellules inoculées, un effet cytopathogène (ECP) n’est apparu que dans des cellules de rein de singe après 8 jours d’incubation. Cet ECP a pu être transmis de façon très prononcée à des cellules de la lignée LLC-MK2, mais l’utilisation de différents anticorps n’a pas permis d’identifier le virus responsable. Il a été mis en évidence en faisant appel à la méthode Vidisca pour virus discovery cDNA amplified restriction fragment-length polymorphism technique. Cette nouvelle technique ne nécessite pas de connaître la séquence du génome viral, seule la présence de sites de reconnaissance pour des enzymes de restriction est suffisante pour garantir une amplification non spécifique des ADN ou des ARN viraux. Après clonage, le séquençage des fragments obtenus a révélé des similitudes avec les autres membres de la famille des Coronaviridae. Cependant, quelques divergences ont permis de conclure à la découverte d’un nouveau coronavirus appelé HCoV-NL63. Pour savoir s’ils n’étaient pas face à un cas isolé, les auteurs ont mis au point une RT-PCR spécifique afin d’étudier la circulation de ce nouveau virus dans la population générale. Recherché de façon systématique dans les sécrétions respiratoires de tous les patients admis à l’hôpital de décembre 2002 à mars 2003, ce virus a été détecté chez 7 personnes, présentant toutes des signes respiratoires, 4 enfants de moins de 1 an et 3 adultes, dont 2 étaient immunodéprimés (l’un greffé de moelle osseuse, l’autre séropositif pour le VIH). En revanche, aucun des 306 échantillons prélevés au cours du printemps et de l’été suivants ne le contenait. 
Le génome des coronavirus est une molécule d’ARN monocaténaire, linéaire, d’environ 30 kb, de polarité positive. Les deux premiers tiers renferment les gènes 1a et 1b qui codent la polymérase et les protéases. Le dernier tiers code les 4 protéines structurales, S pour spike, E pour envelope, M pour membrane et N pour nucleocapsid. Des ORF codant des protéines non structurales sont présentes en nombre variable selon les espèces, entre les autres gènes. L’analyse de la totalité de la séquence génomique du HCoV-NL63 a montré qu’il appartient au groupe antigénique I. Il est donc proche du HCoV-229E mais s’en distingue par plusieurs éléments : 1) Les deux génomes ne partagent que 65 % d’homologie de séquence. 2) L’ORF3 du HCoV-NL63 remplace les gènes 4A et 4B situés entre les gènes S et E du HCoV-229E et code probablement une protéine non structurale accessoire. 3) La région 5’ du gène S contient une insertion de 537 nucléotides. La région N-terminale de la protéine correspondante étant impliquée dans la liaison à l’aminopeptidase N et à l’acide sialique, l’insertion de ces 179 acides aminés pourrait expliquer le tropisme du HCoV-NL63. Cependant, le domaine précis d’interaction entre le virus et son récepteur ne semble pas exactement se situer au niveau de cette insertion qui ne doit donc pas intervenir directement. 4) Le HCoV-NL63 se réplique efficacement dans les cellules de rein de singe, comme le HCoV-SARS, tandis que le HCoV-229E a un spectre d’hôte particulièrement étroit in vitro. Toutefois leurs protéines S ne présentent pas de domaine identique qui pourrait expliquer leur tropisme plus large. Le HCoV-NL63 est donc retrouvé dans un nombre significatif d’infections respiratoires d’étiologie jusqu’alors inconnue. La mise au point d’outils diagnostiques permettra de préciser sa prévalence et son pouvoir pathogène.

Van Der Hoek L et al. Identification of a new human coronavirus. Nature Medicine 2004 ; 10 : 368-73.


 

 

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