Accueil > Revues > Biologie et recherche > Virologie > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Biologie et recherche
Virologie
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable

Les virus de plantes et les virus des animaux : deux mondes totalement différents ?


Virologie. Volume 8, Numéro 4, 251-7, juillet-août 2004, éditorial



Auteur(s) : M Keller, G Jonard , Institut de biologie moléculaire des plantes, CNRS-UPR2357, Université Louis Pasteur, 12 rue du Général Zimmer, 67084 Strasbourg Cedex..

ARTICLE

Auteur(s) :, M Keller1, G Jonard1

1Institut de biologie moléculaire des plantes, CNRS-UPR2357, Université Louis Pasteur, 12 rue du Général Zimmer, 67084 Strasbourg Cedex.

Historiquement, les virus de plantes ont joué un rôle déterminant dans la naissance et l’essor d’une nouvelle science, la virologie, à la fin du XIXe siècle. En effet, les études menées sur la maladie de la mosaïque du tabac ont permis de montrer que celle-ci était due à un agent infectieux ayant des propriétés distinctes de celles des bactéries : le premier virus fut ainsi découvert. Le virus de la mosaïque du tabac (VMT) n’est pas resté longtemps orphelin car, dans la foulée, de nombreuses maladies affectant l’homme et les animaux furent également attribuées à des virus ; ce fut notamment le cas de la fièvre aphteuse chez les animaux en 1898 et de la fièvre jaune chez l’homme en 1901. Quelques années plus tard, l’étude du phénomène de lyse bactérienne révéla l’existence des bactériophages, montrant ainsi que tous les organismes vivants peuvent être infectés par des virus. Le VMT a été pendant des décennies le modèle viral par excellence et le demeure encore à l’heure actuelle, du moins en virologie végétale. Il a été le premier virus à être purifié et cristallisé, ce qui a permis de découvrir la nature nucléoprotéique des virus. C’est aussi grâce à celui que l’on a montré pour la première fois que l’ARN viral pouvait également, à l’image de l’ADN, être le support de l’information génétique. Enfin, les études réalisées in vitro sur l’auto-assemblage du VMT ont conduit à une meilleure compréhension du mécanisme de la morphogenèse des virus à symétrie hélicoïdale [1].Le VMT et les phytovirus en général furent ensuite quelque peu supplantés par les virus infectant l’homme et les animaux. Cette évolution s’explique d’abord par le développement des cultures de cellules animales qui a grandement facilité l’isolement et l’étude des virus ayant un intérêt médical ou vétérinaire. Par ailleurs, la virologie médicale attire beaucoup plus les étudiants que la virologie végétale ; elle intéresse au plus haut point les industries pharmaceutiques. Enfin, les institutions caritatives soutiennent de nombreux programmes en recherche fondamentale. Bien qu’elle ne dispose pas de moyens humains et financiers comparables, la recherche en virologie végétale n’en est pas moins très active et contribue, comme par le passé, à une meilleure compréhension du cycle biologique des virus en général et des mécanismes cellulaires fondamentaux en particulier. Elle a su profiter pleinement des progrès considérables réalisés dans le domaine de la biologie moléculaire à la fin des années 1970, et plus particulièrement de l’apport de la génétique inverse, ce qui a permis, entre autres, un développement exponentiel des travaux réalisés sur les virus à ARN qui représentent à eux seuls plus de 95% des phytovirus.La caractérisation des virus à ARN de polarité positive de plantes a révélé une étonnante diversité alors que ceux des animaux forment plutôt un ensemble monolithique [2]. Ces phytovirus sont sphériques ou en forme de bâtonnets rigides ou flexueux, alors que les virus à ARN+ nus ou enveloppés des animaux ont une capside exclusivement à architecture icosaédrique. Par ailleurs, de nombreux phytovirus à ARN+ ont cette particularité unique dans le monde des virus d’être multipartites au sens strict du terme. En effet, l’information génétique y est portée par différents fragments d’ARN encapsidés séparément dans des particules qui doivent être toutes présentes dans la même cellule hôte pour que le virus puisse être infectieux.Les virus de plantes à ARN- et/ou ambisens sont tellement peu différents morphologiquement et génétiquement des Rhabdoviridae et des Bunyaviridae qui infectent les animaux qu’ils ont été classés dans ces mêmes familles, exception faite des Tenuivirus et Orphiovirus [2]. Seuls virus de plantes enveloppés, leur organisation génétique ainsi que leurs mécanismes d’expression et de réplication sont identiques à ceux des virus des animaux et, comme ces derniers, ils se répliquent dans les insectes qui assurent leur transmission ; l’unique différence est la présence d’un gène supplémentaire dont le produit d’expression est responsable de la propagation du virus dans la plante. Chez les virus à ARN double brin, les plus nombreux appartiennent à la famille des Reoviridae qui sévissent également chez les vertébrés et invertébrés, mais ils sont aussi représentés par des virus multipartites (Partitiviridae et Varicosavirus). En résumé, chez les Rhabdoviridae, les Bunyaviridae et les Reoviridae, la frontière entre la virologie végétale et la virologie animale semble donc être inexistante, illustrant ainsi la capacité des virus à s’adapter à de nouveaux hôtes, cela par l’intermédiaire d’un réservoir commun, les invertébrés.Bien qu’ils soient peu représentés, les phytovirus à ADN ont suscité un très vif intérêt dès leur découverte car ils présentent des propriétés originales. En effet, les Caulimoviridae, l’unique famille de virus de plantes à ADN double brin, répliquent leur génome par transcription inverse et constituent, avec les Hepadnaviridae, le groupe des pararétrovirus. Si l’organisation générale de leurs gènes est similaire à celle des Retrovirus, par contre, ils sont dépourvus d’intégrase et, par conséquent, leur ADN reste sous forme de chromosome libre dans la cellule infectée. Toutefois, comme dans le cas des infections par les Hepadnaviridae, plusieurs hôtes des Caulimoviridae mais aussi des plantes non hôtes peuvent renfermer dans leur ADN nucléaire des séquences virales appelées pararétrovirus endogènes (EPRV) qui se sont intégrées de manière illégitime. Étonnamment, certains EPRV présentent une structure telle qu’elle permet la reconstitution d’un génome viral complet et la formation de particules virales alors que d’autres EPRV sont bénins car parcellaires et fortement recombinés. De multiples événements de recombinaison, activés dans certaines conditions environnementales, sont vraisemblablement à l’origine de la reconstitution du génome, mais il n’est pas exclu que d’autres stratégies interviennent pour exprimer les intégrats viraux [3]. La réactivation des EPRV n’est pas sans rappeler les maladies virales latentes des animaux, mêmes si les mécanismes sous-jacents paraissent totalement différents. La présence d’EPRV pathogènes dans les plantes cultivées pourrait constituer un véritable problème phytosanitaire si de nouveaux cas d’infection épisomale s’ajoutaient aux trois cas déjà recensés dont celui des bananiers. Dans ce dernier cas, le Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement) a déjà réorienté son programme d’amélioration variétale de la banane et il est certain que des décisions devront être prises dans le futur s’il se confirme que d’autres plantes, comme le riz, portent également déjà en elles l’agent pathogène. Le rôle de ces séquences, et plus particulièrement celui des EPRV bénins, est encore sujet à discussion mais il est vraisemblable que leur maintien confère des avantages à la plante. En effet, le virus lui aurait ainsi fait acquérir fortuitement la capacité de se défendre face à une surinfection par ce même virus grâce au mécanisme de co-suppression. En d’autres termes, le cycle de multiplication du virus aurait entraîné naturellement l’obtention de plantes transgéniques résistantes. Les autres virus à ADN possèdent un génome simple brin circulaire : il s’agit des Geminiviridae et des Nanovirus qui présentent, au niveau de la réplication, des homologies significatives avec les Circoviridae qui infectent les vertébrés [4, 5]. Comme pour les pararétrovirus, des séquences de Geminivirus ont également été trouvées dans le génome nucléaire de plantes hôtes. Enfin, ce rapide survol du monde des virus de plantes ne peut se terminer sans évoquer les viroïdes qui sont des agents infectieux uniques en leur genre. Il s’agit de petites molécules d’ARN circulaires non codantes et fortement structurées qui semblent, à l’heure actuelle, strictement confinées aux végétaux [6]. Concernant l’origine des viroïdes, l’hypothèse la plus récente et aussi la plus attrayante suggère qu’ils correspondent à des reliques de l’évolution précellulaire, en d’autres termes, à des ARN autocatalytiques ancestraux de type ribozyme.L’origine des virus de plantes fait également l’objet de spéculations. Si l’on se base sur les homologies de séquences, l’organisation de leurs gènes, le mode d’expression de leurs protéines, de nombreux phytovirus à ARN peuvent être classés dans des groupes taxonomiques (Picorna-like, Sindbis-like...) qui renferment également des virus des vertébrés et des virus d’insectes. Ces similitudes suggèrent que les virus des insectes sont vraisemblablement les ancêtres communs des virus de plantes et des animaux, cela d’autant plus que les insectes sont fréquemment les vecteurs et/ou les réservoirs de ces virus.L’analyse phylogénétique montre que les génomes des virus de plantes ont fait l’objet, au cours de l’évolution, de mutations et de recombinaisons fréquentes, tout en préservant leurs stratégies de réplication et d’expression. Les recombinaisons ont notamment joué un rôle majeur dans l’échange de séquences et dans l’acquisition, par les virus, de fonctions nouvelles indispensables pour s’adapter aux plantes ; c’est ainsi qu’on peut citer le mouvement de cellule à cellule du virus et/ou de son génome. Les mutations dues à l’absence d’activité correctrice de l’ARN polymérase virale sont aussi à l’origine de la large diversité observée dans les populations virales, en d’autres termes dans l’apparition des quasi-espèces ; la survie de ces dernières dépend chez les phytovirus, non seulement de leur capacité d’adaptation aux plantes hôtes, mais aussi aux vecteurs assurant leur transmission. La fréquence de mutations varie considérablement pour différents virus de plantes, certains montrant une grande stabilité génétique, comme les Tobamovirus, alors que d’autres, à l’inverse, présentent un haut degré de variabilité, comme le virus de la mosaïque du concombre (CMV), ce qui explique son large spectre d’hôte [7]. Les pararétrovirus de plantes sont également sujets à une certaine variabilité génétique, la transcriptase inverse ayant un taux d’erreur apparemment aussi élevé que celle des rétrovirus. De même, l’ADN des Geminivirus présente une grande variabilité de séquence entre souches virales bien que la réplication soit réalisée par l’ADN polymérase cellulaire. Cela est vraisemblablement dû au fait que ces virus échappent au système de réparation des erreurs.Les recombinaisons qui ont lieu lors de la réplication ont également un impact non négligeable sur l’évolution des phytovirus à ARN car elles peuvent s’effectuer, non seulement à l’intérieur d’une espèce virale, mais aussi entre espèces et entre genres ; elles ont lieu plus rarement entre virus de familles différentes. Elles sont favorisées par le fait que les plantes sont souvent co-infectées par des virus différents transmis par un même vecteur ou des vecteurs distincts. De même, les Caulimoviridae et les Geminiviridae subissent des recombinaisons qui contribuent ainsi à leur évolution mais celles-ci peuvent aussi être illégitimes, ce qui conduit notamment à l’intégration de séquences virales complètes ou non dans le génome de l’hôte comme évoqué précédemment. Cette capacité des virus à recombiner pose évidemment le problème de l’apparition de virus émergents dans des plantes génétiquement modifiées, la recombinaison pouvant avoir lieu entre un ARN issu d’un transgène d’origine virale et l’ARN génomique d’un virus infectant la plante. Toutefois, des études récentes sur l’évaluation de tels risques semblent indiquer que ces événements de recombinaison sont moins fréquents en conditions naturelles que ceux liés à des infections virales mixtes [8].L’existence de nombreux virus à ARN+ multipartites laissait présager que des réassortiments génétiques puissent avoir lieu fréquemment dans la nature, mais il s’est avéré que de tels événements sont plutôt rares. Cependant, quand ces réassortiments ont lieu, ils peuvent avoir des conséquences dramatiques s’ils confèrent aux nouveaux virus un avantage sélectif comme l’élargissement de la gamme d’hôte ou la capacité à être transmis par de nouveaux vecteurs.Le cycle biologique des virus de plantes est régi par des interactions entre les plantes hôtes, les virus et leurs vecteurs, seul ce ménage à trois permettant d’assurer dans la nature la pérennité de la quasi-totalité des phytovirus. En effet, exception faite des virus transmis verticalement par la graine, la transmission par les vecteurs aériens (arthropodes) et telluriques (champignons et nématodes) joue un rôle primordial dans la survie des virus des plantes. Il n’est donc pas surprenant que de nombreuses études de transmission portent sur les insectes qui constituent les vecteurs les plus actifs mais, malheureusement aussi, les plus difficiles à contrôler. Les stratégies adoptées par les virus pour leur transmission peuvent être très diverses, y compris pour ceux qui utilisent le même vecteur. Dans la majorité des cas, le virus ne pénètre pas dans le vecteur mais se fixe sur des récepteurs localisés au niveau de la cuticule des stylets ou de l’œsophage de l’insecte : cette fixation se fait directement par l’intermédiaire des protéines structurales de la capside ou, indirectement, en utilisant un ou deux facteurs assistants de transmission d’origine virale. Cette dernière stratégie n’est apparemment pas exploitée par les virus des animaux. Il existe aussi des phytovirus qui sont ingérés par l’insecte, traversent la paroi intestinale puis diffusent dans l’hémolymphe où ils peuvent se complexer à la symbionine, une protéine chaperon fabriquée par une bactérie symbiotique, avant d’arriver dans les glandes salivaires ; par la suite, ils seront inoculés à une plante lors d’une prise alimentaire. Parmi ces virus circulants, certains se multiplient dans le vecteur comme les phytoréovirus. Le franchissement des différentes barrières est dicté par des interactions spécifiques entre la capside du virus et des récepteurs du vecteur. Si des déterminants viraux ont déjà été identifiés, par contre aucune information n’est disponible concernant la nature des récepteurs, qu’il s’agisse de transmission circulante ou non circulante [9].Les travaux menés depuis de nombreuses années sur la réplication du génome des phytovirus ont permis de caractériser les séquences promotrices reconnues par les ARN et ADN polymérases, les sites cellulaires où s’effectuent la réplication ainsi que certains facteurs cellulaires impliqués dans ce processus, les informations les plus nombreuses et les plus détaillées ayant été obtenues avec le virus de la mosaïque du brome, un virus à ARN multipartite [10].Comme les virus des animaux, la plupart des virus à ARN des plantes se répliquent à la surface de membranes intracellulaires qui servent de sites d’ancrage aux complexes de réplication. En effet, à l’exception des Reoviridae et des Rhabdoviridae qui se multiplient au niveau de viroplasmes, c’est-à-dire des corps d’inclusion d’origine virale, la grande majorité des virus assemble les complexes de réplication à la surface du réticulum endoplasmique, dans des invaginations cytoplasmiques de la membrane externe des mitochondries et des chloroplastes ou dans la membrane d’autres compartiments cellulaires comme les péroxysomes ou la vacuole. Les Nepovirus, des phytovirus de la famille des Comoviridae, et les Picornaviridae infectant les vertébrés ont notamment comme caractéristique commune de synthétiser leur génome à ARN+ au sein d’amas de vésicules en rosette provenant du réticulum endoplasmique ou de l’appareil de Golgi, vésicules dont la prolifération est induite dans les deux cas par une protéine virale. L’ancrage des complexes de réplication dans les endomembranes est assuré par des interactions spécifiques entre des protéines virales et des facteurs de l’hôte associés aux membranes [11]. Une observation récente et surprenante fait état de l’intervention d’une désaturase d’acides gras pour la réplication du virus de la mosaïque du brome, ce qui suggère que la fluidité des membranes pourrait être importante pour cette étape du cycle viral [12]. Dans cette optique, la caractérisation de radeaux membranaires d’origine végétale devrait apporter à l’avenir des informations précieuses et indispensables pour la modélisation du processus de réplication des virus de plantes.Les éléments en cis des ARN des virus de plantes reconnus par la réplicase sont très souvent des structures secondaires dont la plus remarquable est la structure ARNt-like trouvée à l’extrémité 3′ de certains ARN de polarité positive. L’intégrité de cette structure aminoacylable in vivo, indispensable pour la réplication, est assurée par une ARNt-nucléotidyl transférase qui agit comme une télomérase. Il n’est donc pas surprenant que différentes protéines cellulaires spécifiques des ARNt s’y attachent [13]. Quant à l’extrémité 5′ de l’ARN génomique, elle forme parfois une structure secondaire qui facilite la reconnaissance physique de l’extrémité 3′ du brin - par le complexe de réplication, rappelant ainsi le rôle de l’extrémité 5′ de l’ARN du poliovirus, le membre type des Picornaviridae. Concernant les ARN des phytovirus qui possèdent une protéine VPg à l’extrémité 5′, le mécanisme impliqué dans la réplication est peu connu mais il y a de fortes chances qu’il ressemble à celui utilisé par le poliovirus. Cela sous-entend que, non seulement la VPg sert d’amorce pour la synthèse des deux brins mais aussi que la traduction, les clivages protéolytiques de la polyprotéine et la réplication sont des mécanismes imbriqués dans un processus étroitement régulé.Plusieurs protéines cellulaires essentielles à la réplication des phytovirus à ARN+ ont été identifiées (facteurs de traduction, ARN hélicases, protéines de type facteurs d’épissage…) [11] mais, comme pour les virus des animaux, il est parfois difficile de savoir si elles jouent un rôle direct ou indirect dans ce processus.Les virus à ARN-, ambisens et double brin, sont moins étudiés que les autres virus de plantes ; cependant, les fortes homologies qu’ils présentent avec les virus des animaux suggèrent qu’ils se répliquent selon le même mécanisme. Seule différence notable, vu l’état de nos connaissances actuelles, certains Rhabdovirus de plantes se répliquent dans le noyau.La réplication de l’ADN bicaténaire des Caulimoviridae s’effectue à partir d’un ARN prégénomique qui sera rétrotranscrit grâce à une transcriptase inverse. Cependant, les pararétrovirus de plantes se distinguent des Hepadnaviridae par le fait que leur transcriptase inverse utilise, comme les rétrovirus, un ARN de transfert cellulaire pour amorcer la synthèse du brin- alors que celle des Hepadnaviridae sert directement d’amorce pour cette étape. Diverses analyses phylogénétiques suggèrent que les Caulimoviridae résulteraient d’un événement de recombinaison entre un rétrotransposon à LTR (long terminal repeat) et un virus à ARN qui aurait apporté les fonctions de mouvement et de transmission spécifiques des phytovirus. Dans le cas des Hepadnavirus, la recombinaison aurait eu lieu entre un rétrotransposon sans LTR et un virus à ARN de type Picornaviridae utilisant une protéine VPg pour amorcer la synthèse de son ARN génomique [14].L’amplification du génome des virus à ADN simple brin dépend totalement de la machinerie de réplication cellulaire. De ce fait, ces virus induisent l’entrée en phase S du cycle cellulaire de manière similaire aux virus à ADN des animaux mais, à l’inverse de ces derniers, la levée du cycle cellulaire ne se poursuit pas au-delà de la phase S et les cellules infectées n’entrent pas en division. Chez les Geminivirus, l’entrée en phase S est due à une protéine virale précoce (Rep) qui interagit avec des protéines « rétinoblastome-like » de l’hôte et qui libère ainsi les facteurs de transcription de la famille E2F [4]. Cette interaction a des incidences multiples sur le métabolisme cellulaire. Quant aux Nanovirus, ils se servent de Clink, une protéine virale à F box pour adresser une ou des protéines régulatrices de l’hôte vers le protéasome [5]. Longtemps méconnue chez les phytovirus, cette stratégie de dégradation de facteurs de l’hôte par la voie ubiquitine-dépendante suscite un intérêt grandissant en virologie végétale, d’autant plus que des études récentes suggèrent qu’elle est mise à profit par ces virus pour d’autres étapes du cycle infectieux.Les virus de plantes mettent en œuvre de multiples stratégies d’expression qu’ils combinent à loisir pour pouvoir exprimer l’ensemble de leurs protéines, leurs génomes, segmentés ou non, étant dans leur grande majorité polycistroniques. En effet, les virus à ARN+ utilisent non seulement la stratégie de segmentation de l’information génétique mais également la translecture, le décalage de cadre de lecture, le leaky scanning, l’induction interne et le couplage traduction-maturation de polyprotéines [15], des mécanismes également opérationnels chez les virus des animaux. Toutefois, à l’inverse de ces derniers, en particulier des Picornaviridae et des Flaviviridae, la synthèse d’une polyprotéine puis sa maturation par des protéases virales représentent une stratégie d’expression peu usitée chez les phytovirus. Lorsque cette dernière est utilisée, il est remarquable de constater de nombreuses similitudes entre les caractéristiques structurales de l’ARN génomique et l’organisation de la polyprotéine chez les virus végétaux et animaux, ce qui témoigne d’une origine ancestrale et/ou de voies évolutives communes. Il est également intéressant de noter que, contrairement à quelques virus des animaux tels que le virus de l’hépatite delta et les Paramyxovirus, l’editing ne semble pas avoir lieu chez les virus de plantes alors que ce mécanisme existe chez les végétaux. Enfin, il faut signaler que la synthèse d’ARN subgénomiques est particulièrement privilégiée chez les phytovirus à ARN+ pour exprimer les gènes viraux 3′ proximaux sans contourner les règles canoniques de la traduction eucaryotique. Cette synthèse d’ARN messagers viraux est induite à partir de promoteurs internes fortement structurés. Chez les virus des animaux comme les Coronavirus, ce mécanisme n’est pas encore complètement élucidé et semble beaucoup plus sophistiqué car il conduit à doter tous les ARN subgénomiques d’une même séquence leader. De nombreuses études ont permis de caractériser, chez les virus de plantes, les séquences qui sont impliquées en cis dans ces différentes stratégies d’expression ; ces séquences permettent le recrutement de protéines de l’hôte comme des facteurs traductionnels et des protéines de type HSP (heat shock protein) qui ont comme fonction de médier la circularisation et/ou la traduction de leurs ARN [11, 16].Des mécanismes traductionnels non conventionnels sont également mis en œuvre chez les Caulimoviridae pour traduire leur ARN prégénomique. En effet, ces ARN sont polycistroniques, sauf celui du virus de l’éclaircissement des nervures du pétunia (PVCV), et possèdent une longue région leader très structurée qui inhibe la migration linéaire des ribosomes. Chez les Caulimovirus, cette région est court-circuitée grâce à un saut des ribosomes, un mécanisme également pratiqué par certains virus des animaux, puis les différentes protéines sont exprimées par des réinductions successives de la traduction. Ce mécanisme est activé en trans par une protéine virale qui interagit directement avec les ribosomes et les empêche vraisemblablement de se dissocier de l’ARN après chaque étape de terminaison [17]. Cette stratégie atypique pourrait aussi être employée chez les vertébrés pour l’expression de certains messagers cellulaires codant pour des proto-oncogènes ou des facteurs de croissance car leur structure rappelle celle de l’ARN prégénomique des Caulimovirus.S’il est un domaine où les virus de plantes se démarquent radicalement des virus des animaux c’est bien celui qui concerne leur propagation au sein de l’hôte. En effet, à l’inverse des virus des animaux qui quittent la cellule infectée par bourgeonnement ou par lyse cellulaire puis recommencent à l’identique l’infection d’une nouvelle cellule, la présence d’une paroi rigide chez les cellules végétales constitue un obstacle à la sortie des phytovirus par ces mécanismes, ce qui les contraint à emprunter la voie des plasmodesmes. Ces structures sont des canaux qui relient les cellules entre elles créant ainsi un continuum cytoplasmique qui aboutit finalement aux tissus vasculaires. Grâce à ce transport intercellulaire, l’infection virale peut alors gagner la sève élaborée et se propager dans la plante entière. Ces plasmodesmes, qui servent de lieu de transit aux métabolites et à des protéines et ARN cellulaires, ont une architecture qui normalement interdit le passage des virions. Cette structure qui devrait donc constituer un verrou à l’infection généralisée, est en réalité le talon d’Achille de la plante face à une agression virale. En effet, les virus de plantes codent pour une ou plusieurs protéines dites de mouvement qui vont médier le franchissement de ces plasmodesmes. Certaines de ces protéines élaborent des tubules à travers les plasmodesmes tout en éliminant leur contenu, ce qui permet aux virions de passer d’une cellule à l’autre. D’autres protéines de mouvement recouvrent complètement le génome viral pour former des complexes ribonucléoprotéiques étirés et, en se fixant également au niveau des plasmodesmes, elles modifient suffisamment leur structure pour permettre le passage des complexes nucléoprotéiques viraux. Apparemment, ces virus ne font que mimer le mécanisme responsable du transport des ARN cellulaires mais, contre toute attente, il n’y a pratiquement aucune similitude structurale entre les protéines cellulaires impliquées dans ce processus et les protéines de mouvement des virus. Cependant, il n’est pas impossible que les protéines de mouvement dérivent de différents gènes cellulaires codant pour des protéines participant à la structure et/ou à la fonction des plasmodesmes. Par ailleurs, l’absence d’homologies structurales significatives entre les protéines de mouvement des virus serait due à une origine polyphylétique de ces gènes cellulaires. Les protéines de mouvement interagissent aussi avec des facteurs cellulaires et des constituants du cytosquelette [18, 19]. Cependant, malgré de nombreux travaux et l’introduction de nouvelles technologies de biologie cellulaire, en particulier dans le domaine de l’imagerie, le mécanisme des transports intra et intercellulaires des virus et de leurs ARN est encore loin d’être entièrement élucidé. Cette thématique fait l’objet de recherches intenses et concurrentielles car les résultats obtenus contribueront très certainement à une meilleure compréhension des mécanismes fondamentaux qui régissent le transport des macromolécules dans la plante.Les épidémies d’origine virale qui sévissent chez les plantes cultivées interpellent peu l’opinion publique à l’inverse des infections virales chez l’homme ; elles seraient même un phénomène totalement ignoré sans le tapage médiatique des opposants à la mise sur le marché de plantes génétiquement modifiées résistantes à différents agents pathogènes dont les virus. Les virus occasionnent pourtant chez les végétaux des dégâts importants dont l’impact quantitatif et qualitatif sur la production agricole mondiale est considérable, en particulier dans les pays du tiers-monde. En effet, les maladies d’origine virale chez les végétaux sont persistantes : en d’autres termes, une fois infectée, la plante le restera toute son existence. C’est pourquoi, à l’heure actuelle, seule l’élimination des plantes malades permet d’éradiquer l’infection virale en empêchant la dissémination du virus par son vecteur naturel. Un des exemples les plus spectaculaires est l’arrachage, en Afrique de l’Ouest, au cours des années 1980, de 190 millions de cacaoyers infectés par le virus du gonflement de la tige du cacaoyer [20]. De ce fait, un des enjeux majeurs de la virologie végétale moderne est de parfaire ses connaissances sur les interactions plantes-virus qui gouvernent les résistances génétiques aux virus afin de développer de nouvelles stratégies de lutte antivirale qui réduisent les biorisques et qui soient acceptables par la société. L’une d’entre elles est d’exploiter l’existence des gènes de résistance aux virus identifiés chez quelques variétés végétales et de les transférer aux plantes d’intérêt agronomique qui semblent en être dépourvues. À l’heure actuelle, seule une dizaine de gènes a été caractérisée et, d’ores et déjà, leur étude fait apparaître une grande diversité fonctionnelle [21]. La plupart des gènes dominants connus codent pour des récepteurs qui reconnaissent et interagissent, pense-t-on, spécifiquement avec des produits de gènes viraux (gène d’avirulence). Cette interaction active une cascade de réactions qui entraîne la formation d’une nécrose au site d’infection, empêchant ainsi la propagation du virus : c’est la réponse d’hypersensibilité. Les récepteurs en question ont une structure similaire à celle de la protéine Toll de la drosophile et du récepteur de l‘interleukine IL1 qui sont impliqués dans la réponse immunitaire innée chez les insectes et les mammifères respectivement [22]. Cette similarité structurale suggère une analogie fonctionnelle entre la voie de transduction de ces résistances chez les plantes et celles existant chez les animaux et chez l’homme. D’autres gènes dominants codent pour des produits qui interférent avec la migration à longue distance du virus. Dans ce cas précis, il est impossible de savoir si ces gènes sont réellement impliqués dans la défense antivirale ou s’il s’agit de formes mutées de gènes codant pour des facteurs de compatibilité. Des gènes récessifs ont aussi été identifiés : il s’agit de gènes codant pour des isoformes mutées du facteur d’induction eIF4E dont l’interaction avec la protéine VPg de certains Potyviridae est nécessaire au pouvoir infectieux du virus.Récemment, notre vision concernant la résistance des espèces végétales aux virus et, par conséquent, celle des interactions entre le virus et la plante hôte, a considérablement changé avec la découverte du post-transcriptional gene silencing (PTGS). Ce dernier représente un des processus du RNA silencing, un phénomène pan-eucaryotique, qui assure plusieurs fonctions biologiques fondamentales telles que la régulation du développement, le maintien de l’intégrité du génome et la défense antivirale [23, 24]. L’implication du PTGS dans la défense antivirale a été mise en évidence chez les plantes ; elle constitue un système immun sophistiqué adaptatif et hautement spécifique dont le virus est à la fois l’activateur et la cible par le biais de structures ARN double brin. C’est d’ailleurs grâce à l’étude de ce système chez les végétaux que les petits ARN interférents (siRNA), pièces centrales du RNA silencing, ont été découverts. Le PTGS conduit à la dégradation séquence-spécifique de l’ARN viral et produit un signal cellule non autonome encore non identifié qui permet de prémunir la plante entière contre l’infection systémique. Il est activé indifféremment par l’ensemble des virus de plantes mais son action est spécifique alors que, à l’opposé, l’hypersensibilité est induite spécifiquement et offre un spectre de protection aux agents pathogènes très large. Comme le PTGS, l’hypersensibilité produit un signal qui a été identifié comme étant l’acide salycilique, qui se propage dans la plante afin de la prémunir contre les agents pathogènes, quel que soit l’inducteur de cette réaction. Ces signaux cellule non autonomes ne sont pas sans rappeler les interférons qui activent les cellules saines avoisinant celles qui sont infectées par le virus.Les plantes renferment aussi une activité de type protéine kinase ARN double brin-dépendante (PKR) qui est connue chez les vertébrés pour être impliquée dans la défense antivirale [25]. Il n’est donc pas interdit d’imaginer que cette activité représente pour les plantes un moyen supplémentaire de lutte contre les virus.À l’instar des virus de l’homme et des animaux qui ont mis au point diverses stratégies pour échapper au système interféron, les virus de plantes ont su co-évoluer en produisant des protéines qui leur permettent de se prémunir contre les systèmes de défense antivirale de leurs hôtes. Ainsi, le PTGS est inhibé par des protéines virales dites suppresseurs de silencing. Ces protéines montrent une extrême variabilité au niveau de la séquence, de la structure et de leur(s) fonction(s) dans le cycle viral et agissent à différents niveaux du RNA silencing [26]. Elles existent vraisemblablement chez la plupart des phytovirus et peuvent être considérées comme des facteurs de pathogénicité ; elles interfèrent aussi avec l’action des microRNA impliqués dans le développement de la plante. De même, des résultats récents montrent que les hélicases codées par l’ARN du VMT et du virus de la gravure du tabac (TEV) interagissent avec l’orthologue végétal de la protéine p58IPK des mammifères, un inhibiteur de la PKR, dont la présence est importante pour la réplication de ces deux phytovirus [27].Comme les plantes, les virus des animaux codent aussi pour des suppresseurs de RNAi, nom donné au PTGS chez les animaux comme le montre les exemples de la protéine B2 du Flock house virus et de la protéine NS1 du virus Influenza. Ces suppresseurs agissent aussi sur le PTGS chez les plantes [28, 29] et, inversement, des suppresseurs de phytovirus sont fonctionnels dans les cellules animales [30], ce qui suggère que cette voie du RNA silencing serait conservée à travers les règnes animal et végétal. S’il est admis que le RNAi constitue aussi un système de défense chez les invertébrés, aucune donnée ne permet, à l’heure actuelle, malgré les efforts déployés, de dire qu’il intervient aussi dans la défense antivirale chez les vertébrés. Le RNAi et le système interféron ont été considérés momentanément comme des voies de défense parallèles accentuant la résistance à l’infection virale, mais il semble désormais pratiquement acquis que la défense antivirale des vertébrés repose entièrement sur le système interféron et que le RNAi intervient dans les différentes voies de régulation. Il ressort de ces découvertes récentes que l’utilisation des protéines suppresseurs de silencing des virus de plantes devrait contribuer à disséquer les rôles et les mécanismes du RNAi chez les animaux, en raison de leurs différents modes d’action ; cela constituerait bien évidemment un nouvel exemple de l’apport de la virologie végétale à la compréhension des mécanismes fondamentaux de régulation chez les eucaryotes.

Références

1 Okada Y. Historical overview of research on the tobacco mosaic virus genome: genome organization, infectivity and gene manipulation. Philos Trans R Soc Lond B Biol Sci 1999 ; 354 : 569-82.

2 Van Regenmortel MHV, Fauquet CM, Bishop DHL. Virus taxonomy. New York : Academic Press, 2000.

3 Iskra-Caruana ML, Lheureux F, Teycheney PY. Les pararétrovirus endogènes (EPRV), voie nouvelle de transmission des virus de plantes. Virologie 2003 ; 7 : 255-65.

4 Gutierrez C. Geminivirus DNA replication. Cell Mol Life Sci 1999 ; 56 : 313-29.

5 Gronenborn B. Nanoviruses: genome organisation and protein function. Vet Microbiol 2004 ; 98 : 103-9.

6 Flores R, Danos JA, Hernandez C, Di Seño F. Viroids. Encycl Life Sci 2001 ; 57 : 137-84.

7 Roossinck MJ. Mechanisms of plant virus evolution. Annu Rev Phytopathol 1997 ; 35 : 191-209.

8 Lin HX, Rubio L, Smythe A, Jiminez M, Falk BW. Genetic diversity and biological variation between California isolates of cucumber mosaic virus. J Gen Virol 2003 ; 84 : 249-58.

9 Hebrard E, Froissard R, Louis C, Blanc S. Les modes de transmission des virus phytopathogènes par vecteurs. Virologie 1999 ; 3 : 35-48.

10 Hull R. Matthews’s plant virology. 4th ed. New York : Academic Press, 2002.

11 Whitham SA, Wang Y. Roles for host factors in plant viral pathogenicity. Curr Opin Plant Biol 2004 ; 7 : 365-71.

12 Noueiry AO, Ahlquist P. Brome mosaic virus RNA replication : revealing the role of the host in RNA virus replication. Ann Rev Phytopathol 2003 ; 41 : 77-98.

13 Fechter P, Rudinger-Thirion J, Florentz C, Giege R. Novel features in the tRNA-like world of plant viral RNAs. Cell Mol Life Sci 2001 ; 58 : 547-61.

14 Flavell AJ. Retroelements, reverse transcriptase and evolution. Comp Biochem Physiol 1995 ; 110 : 1-15.

15 Zacomer B, Haenni AL, Macaya G. The remarkable variety of plant RNA virus genomes. J Gen Virol 1995 ; 76 : 231-45.

16 Wells DR, Tanguay RL, Le H, Gallie DR. HSP101 functions as a specific translational regulatory protein whose activity is regulated by nutrient status. Genes Dev 1998 ; 12 : 3236-51.

17 Ryabova LA, Pooggin MM, Hohn T. Viral strategies of translation initiation : ribosomal shunt and reinitiation. Prog Nucleic Acid Res Mol Biol 2002 ; 72 : 1-39.

18 Stussi-Garaud C, Mutterer J, Delecolle B, Rohrfritsch O, Vantard M. Routes intra et intercellulaires utilisées par les virus de plantes pour leur mouvement de cellule à cellule. Virologie 1998 ; 4 : 269-83.

19 Heinlein M, Epel BL. Macromolecular transport and signaling through plasmodesmata. Int Rev Cytol 2004 ; 253 : 93-164.

20 Ollennu LAA, Owusu GK, Tresh JM. The control of cocoa swollen shoot disease in Ghana. Cocoa Growers’ Bulletin 1989 ; 42 : 26-36.

21 Caranta C, Ruffel S, Dussault MH. Gènes naturels de résistance aux virus de plantes : relations entre structure et fonction. Virologie 2003 ; 7 : 165-75.

22 Dangl JL, Jones JPG. Plant pathogen and integrated defence response to infection. Nature 2001 ; 411 : 826-33.

23 Voinnet O. RNA silencing : small RNAs as ubiquitous regulators of gene expression. Curr Opin Plant Biol 2002 ; 5 : 444-51.

24 Lecellier CH, Voinnet O. RNA silencing : no mercy for viruses? Immunol Rev 2004 ; 198 : 283-303.

25 Langland JO, Jin S, Jacobs BL, Roth DA. Identification of a plant-encoded analog of PKR, the mammalian double-stranded RNA-dependent protein kinase. Plant Physiol 1995 ; 108 : 1259-67.

26 Roth BM, Pruss GJ, Vance VB. Plant viral suppressors of RNA silencing. Virus Res 2004 ; 102 : 97-108.

27 Bilgin DD, Liu Y, Schiff M, Dinesh-Kumar SP. P58IPK, a plant ortholog of double–strabnded RNA-dependent protein kinase PKR inihibitor, functions in viral pathogenesis. Dev Cell 2003 ; 4 : 651-61.

28 Li H, Li WX, Ding SW. Induction and suppression of RNA silencing by an animal virus. Science 2002 ; 296 : 1319-21.

29 Delgadillo MO, Saenz P, Salvador B, Garcia JA, Simon-Mateo C. Human influenza virus NS1 protein enhances viral pathogenicity and acts as an RNA silencing suppressor in plants. J Gen Virol 2004 ; 85 : 993-9.

30 Dunoyer P, Lecellier CH, Parizotto EA, Himber C, Voinnet O. Probing the microRNA and small interfering RNA pathways with virus-encoded suppressors of RNA silencing. Plant Cell 2004 ; 16 : 1235-50.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]