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Apport du laboratoire dans le diagnostic des infections à virus herpès simplex


Virologie. Volume 2, Numéro 6, 451-7, Novembre - Décembre 1998, Revues


Résumé   Summary  

Auteur(s) : D. Thouvenot, F. Najioullah, F. Morfin, M. Aymard, B. Lina, .

Résumé : Les manifestations cliniques des infections à virus herpès simplex (HSV) se présentent sous plusieurs aspects. Le plus souvent asymptomatiques, elles peuvent évoluer vers une forme gravissime chez le nouveau-né de mère infectée, lors d’atteintes neuroméningées et chez les sujets immunodéprimés. Un diagnostic rapide et précis est donc indispensable pour prévenir l’herpès néonatal et pour permettre l’installation rapide d’un traitement efficace au cours des méningo-encéphalites aiguës et des diverses infections de l’immunodéprimé. La qualité du prélèvement conditionne fortement la fiabilité de ce diagnostic, celui-ci reposant sur la détection des antigènes par immunofluorescence ou par Elisa, la culture, ainsi que la détection de génome par amplification génique (PCR). La PCR est particulièrement performante pour la détection de HSV dans le liquide céphalorachidien et chez le nouveau-né. Les HSV peuvent être isolés très facilement sur des cellules sensibles, l’isolement sur cellules étant la technique de référence qui permet aussi le typage des souches et la détermination de leur sensibilité aux antiviraux dans les cas de résistance clinique au traitement. Les sérodiagnostics, moins informatifs pour un diagnostic rapide, sont utiles pour renseigner sur l’immunité des sujets ou pour distinguer une infection primaire d’une infection récurrente. Il est possible de différencier les anticorps anti-HSV type 1 des anticorps anti-HSV type 2. Le laboratoire dispose maintenant de techniques rapides, très sensibles et spécifiques qui, appliquées à des prélèvements bien faits, permettent de répondre aux préoccupations diagnostiques, épidémiologiques, voire thérapeutiques des médecins comme des autorités de santé.

Mots-clés : Virus herpès simplex – Diagnostic direct – Culture – PCR – Sérologie.

Illustrations

ARTICLE

Les virus herpès simplex (HSV) sont des agents infectieux très fréquemment rencontrés chez l'homme. Ils sont responsables d'infections ayant des expressions cliniques variables, allant de la forme totalement asymptomatique à l'infection généralisée multiviscérale du nouveau-né, en passant par la méningo-encéphalite de l'adulte jeune [1]. Dans ces atteintes graves, un diagnostic virologique rapide s'impose pour confirmer l'étiologie herpétique et instaurer un traitement antiviral adapté.
La primo-infection herpétique banale se présente comme une éruption vésiculeuse du revêtement cutanéo-muqueux, sous la forme d'une gingivo-stomatite pour le HSV de type 1 ou d'une éruption génitale douloureuse d'allure vésiculeuse ou érosive pour le HSV de type 2. La primo-infection est suivie d'une persistance des HSV dans les ganglions sensitifs pouvant être suivie de réactivation, les virus étant alors éliminés dans la salive (HSV1) ou dans les sécrétions génitales (HSV2). Comme les primo-infections, les récurrences peuvent être asymptomatiques. Leur diagnostic est important, car elles sont à l'origine de la transmission sexuelle des HSV2 et HSV1 ainsi que de l'herpès néonatal.
Chez le sujet immunodéprimé, les formes cliniques de l'infection herpétique sont souvent graves, avec parfois des récurrences multiples et sévères évoluant sous forme chronique. Ces patients reçoivent fréquemment un traitement prophylactique au long cours et quasi systématiquement un traitement curatif lors des manifestations cliniques de réactivation.

La gravité potentielle des infections herpétiques, la difficulté du diagnostic dans les formes asymptomatiques ou atypiques et la nécessité d'un traitement rapide des formes graves font que le diagnostic de l'infection herpétique doit être réalisé avec des techniques sensibles, fiables et rapides. Différents outils diagnostiques sont à la disposition des biologistes et des cliniciens. Nous nous proposons de revoir ces différents outils et de définir leurs indications préférentielles.

Mise en évidence
des virus herpès simplex (tableau 1)

Prélèvement et mode de transport

La qualité du prélèvement conditionne la sensibilité et la fiabilité des résultats. Dans le cas d'une éruption vésiculeuse typique, le liquide vésiculaire et les cellules du plancher des vésicules les plus fraîches doivent être prélevées à l'aide d'un écouvillon par rotation ferme, sans faire saigner. Dans le cas d'infections asymptomatiques orales ou génitales, il faut écouvillonner largement la surface de la muqueuse et recueillir les sécrétions. Les HSV étant fragiles, l'écouvillon doit être placé ou déchargé dans un milieu de transport contenant des protéines et des antibiotiques pour réaliser une culture sur lignée cellulaire. Le milieu Eagle Minimum Essential Medium (MEM) additionné de sérum de veau fœtal (1 %), de tampon Hepes (1 %) et d'antibiotiques convient, de même que des milieux commercialisés comme le milieu de transport Multi-Microbe Media (M4) permettant aussi la survie des Chlamydia et Mycoplasma [2]. De meilleurs résultats sont obtenus lorsque le délai du transport est court, entre 2 et 4 heures, et lorsque la température est comprise entre + 4 °C et + 8 °C. Le milieu de transport pour les techniques immuno-enzymatiques est différent selon les trousses et les modalités d'utilisation doivent être exactement suivies. Il est aussi possible de décharger directement l'écouvillon sur une lame pour réaliser un frottis, mais ce n'est pas recommandé car cela réduit les techniques d'examen direct à l'immunofluorescence seulement. Le liquide céphalorachidien (LCR), prélevé dans les formes neuroméningées, est recueilli dans un tube sec pour les recherches directes, mais il requiert pour la culture un milieu de transport riche en protéines car les HSV sont rapidement inactivés dans le LCR.

Visualisation des particules virales

La microscopie électronique est une technique rapide (environ 15 minutes), mais peu utilisée car lourde, coûteuse et finalement peu sensible. Elle ne permet pas l'identification du virus. Elle pourrait être pratiquée par les laboratoires qui peuvent disposer à tout moment d'un microscope fonctionnel et d'un microscopiste électronicien disponible, ce qui est une éventualité fort rare !

Cytologie

L'examen cytologique, après coloration ou cytodiagnostic de Tzanck, permet de visualiser les lésions cellulaires dues aux HSV qui se traduisent par la présence d'inclusions éosinophiles nucléaires entourées d'un halo clair avec une margination de la chromatine au niveau de la membrane nucléaire. Cet examen de réalisation aisée est informatif mais non définitif, car il n'est pas spécifique des HSV.

Détection des antigènes viraux

Depuis l'avènement des anticorps monoclonaux, de nombreuses méthodes spécifiques, rapides et faciles à réaliser, ont été développées pour la détection des antigènes des HSV. La plus ancienne est l'immunofluorescence (IF) effectuée sur un frottis des cellules de la base de la vésicule herpétique ou sur le culot cellulaire obtenu après avoir déchargé l'écouvillon dans le milieu de transport. Après fixation avec de l'acétone refroidie, les anticorps monoclonaux, marqués ou non, sont déposés sur l'étalement et, dans ce dernier cas, un conjugué marqué permet de révéler la réaction. La lecture microscopique est facile et le résultat rapide (1 à 2 heures), montrant une inclusion nucléaire fluorescente au stade précoce de l'infection (figure 1) et une fluorescence diffuse dans toute la cellule à un stade plus tardif. Cette technique n'est interprétable que si le nombre de cellules prélevées est supérieur à 20 pour l'ensemble du prélèvement. Les anticorps peuvent être ou non spécifiques de type [3]. La sensibilité et la spécificité de l'IF comparées à la culture sont respectivement de 74 à 100 % et de 85 à 96 % selon les auteurs. Si la spécificité de l'IF est toujours bonne, sa sensibilité est meilleure lorsque les vésicules prélevées sont jeunes, particulièrement au cours des infections primaires avec des lésions sans anticorps locaux [3]. Elle est inadaptée pour le dépistage d'une infection asymptomatique lorsqu'il n'y a pas de lésion clairement objectivable qui puisse être prélevée.

Les méthodes immuno-enzymatiques (Elisa) de détection d'antigène appliquées aux HSV ont l'avantage d'être automatisables, mais elles ont un prix de revient plus élevé que l'IF, surtout pour des recherches ponctuelles. Le principe général est une immunocapture de l'antigène sur un support et une révélation par un deuxième anticorps marqué avec une enzyme. Un test de confirmation permet d'éliminer les résultats faussement positifs. Un tampon d'extraction est nécessaire pour libérer les antigènes cellulaires [4]. Cette technique est réalisable sur des liquides de vésicules (surtout s'il s'agit d'éléments jeunes), sur des liquides céphalorachidiens [4], mais elle est moins adaptée au dépistage d'une infection asymptomatique et, dans ce cas, il est souhaitable de coupler le test Elisa avec les cultures cellulaires pour augmenter la sensibilité de la détection [5]. Comme l'IF, elle peut donner de fausses réactions négatives en présence d'anticorps anti-HSV dans les produits pathologiques [4]. Dans notre laboratoire, la comparaison de l'IF et de l'Elisa (Wellcozyme, HSV, Murex), effectuée sur 101 prélèvements cutanéo-muqueux, a montré une bonne concordance pour les prélèvements positifs (78,2 %) avec une sensibilité supérieure pour le test Elisa. Nous avons aussi comparé le test Elisa Wellcozyme, HSV, Murex, par rapport à la culture cellulaire sur 140 prélèvements effectués à tous les stades de l'infection et montré une sensibilité de 67,9 % et une spécificité de 87,0 % pour le test immuno-enzymatique, ce qui traduit une meilleure sensibilité de la culture cellulaire.

Une méthode de recherche d'antigène par chimioluminescence dans les liquides céphalorachidiens a été décrite mais, bien qu'elle soit rapide, elle ne paraît pas être facilement commercialisable [6].

Détection du génome viral

L'hybridation in situ a d'abord été proposée et évaluée pour la détection des HSV sur des biopsies cérébrales, mais cette technique manque de sensibilité. Des trousses sont toutefois commercialisées (HSV Bioprobe d'Enzo Biochem et HSV Disk™ de Diagnostic Hybrids).
L'amplification génique, et particulièrement la polymerase chain reaction (PCR) est très utile, voire actuellement indispensable, pour le diagnostic des infections à HSV. De nombreuses régions cibles peuvent être amplifiées telles que les gènes codant pour l'ADN polymérase, la thymidine kinase, la glycoprotéine B, la glyco-
protéine D et la glycoprotéine G [1].
La détection des HSV par PCR peut être réalisée selon différentes stratégies : mise en évidence d'un Herpesviridæ par amplification d'une zone commune suivie d'une identification de HSV, du virus d'Epstein-Barr (EBV) et du cytomégalovirus (CMV) sur produit de PCR [7], détection du génome de HSV suivie de la différenciation du type [8], détection spécifique du génome de HSV1 ou HSV2 [9].
Enfin, il est possible d'utiliser une PCR simple ou une PCR nichée (nested PCR). Cette dernière, plus coûteuse et plus longue, offre une meilleure sensibilité pour la détection des HSV1 et 2 [10], mais présente plus de risques de contamination. Une PCR multiplex a aussi été développée pour les prélèvements génitaux, permettant de détecter simultanément HSV1 et 2, Hæmophilus ducreyi et Treponema pallidum [11]. Il existe des trousses commercialisées de PCR pour les herpèsvirus, dont Hybridowell HSV1/HSV2, et herpès consensus HSV1, HSV2, EBV, CMV, virus varicelle-zona et herpès virus humain type 6 (Argène Biosoft).
Quelle que soit la technique utilisée, le produit de PCR est généralement visualisé en gel d'agarose par coloration au bromure d'éthidium, puis identifié par hybridation moléculaire pour confirmer la spécificité de l'amplification et améliorer la sensibilité du test. Cette étape importante a été standardisée par la commercialisation de trousses d'hybridation génériques (Genetik DEIA, Sorin ; PCR Elisa DIG Detection, Boehringer).
Une amplification génique in situ a été décrite, permettant la détection du génome directement dans les tissus [12]. Cette technique délicate est encore peu utilisée.
La grande sensibilité de la PCR nécessite l'emploi de procédures rigoureuses comportant des précautions drastiques pour éviter les contaminations responsables de faux positifs. Inversement, des résultats faussement négatifs liés à la présence d'inhibiteurs de la Taq polymérase dans les LCR, notamment hémorragiques, ont été décrits [8, 10]. Ces inhibiteurs doivent être détectés par l'utilisation de contrôles internes. Ces derniers sont, soit des gènes humains, soit des amplicons mutés qui sont amplifiés en même temps que la séquence virale recherchée [13].
La PCR présente un intérêt incontestable et démontré pour le diagnostic des lésions cutanéo-muqueuses atypiques [14] et pour le diagnostic de l'encéphalite herpétique [15]. Ce dernier repose sur l'examen clinique, complété par l'imagerie, l'électroencéphalogramme et les résultats virologiques. La détection d'antigènes dans le LCR a une sensibilité variable de 29 à 67 % selon Guffond et al. [15], et de 47 % selon notre étude personnelle. Quant à la sérologie intrathécale, si elle permet de faire un diagnostic de certitude d'encéphalite herpétique, elle donne cependant des résultats trop tardifs. Ainsi, dès 1990, la PCR décrite pour la mise en évidence des HSV dans le LCR a démontré sa sensibilité (toujours supérieure à 95 %), sa spécificité et sa rapidité d'exécution dans le diagnostic des encéphalites herpétiques [8]. Cette PCR est positive dès le début des signes cliniques et elle permet donc la mise en route rapide d'un traitement spécifique. Elle est aussi très utile pour déterminer l'efficacité du traitement antiviral. La conférence de consensus européenne qui, en 1996, a défini le rôle du laboratoire dans le diagnostic de l'encéphalite herpétique, recommande de poursuivre l'aciclovir jusqu'à la négativation de la PCR-HSV dans le LCR [16]. La persistance d'une PCR positive est un signe d'évolution défavorable de l'encéphalite herpétique [17].
Du fait de son excellente sensibilité, la PCR a permis de démontrer que, outre les méningo-encéphalites graves, les HSV sont responsables de méningites d'évolution simple chez l'adulte. Ces méningites sont dues à HSV2 le plus souvent, mais aussi à HSV1 [18].
Enfin, le diagnostic virologique par PCR joue un rôle très important dans la prévention de l'herpès néonatal. La prévalence de l'herpès néonatal est estimée à 1 cas pour 5 000 naissances aux États-Unis [1], 1,4 cas pour 100 000 naissances dans les îles britanniques [19] et 1 à 5 cas pour 10 000 naissances en France [20]. La prévention de l'herpès néonatal est difficile chez les nouveau-nés de mères sans antécédent connu d'herpès génital qui risquent d'excréter du virus. En effet, la présence d'HSV a été retrouvée par culture, en l'absence de signes cliniques, chez environ 4 % des femmes enceintes, et ce taux passe à 9 % lorsque la détection se fait par PCR [1]. Chez les mères ayant un antécédent d'infection herpétique, la prévention de l'herpès néonatal devrait être réalisée par culture des sécrétions génitales au moment de l'accouchement [19]. Chez les nouveau-nés infectés, le diagnostic est difficile car le délai d'apparition des signes cliniques peut dépasser 15 jours et les lésions ne sont apparentes que dans environ un cas sur deux [19]. La recherche d'HSV chez le nouveau-né (par culture des prélèvements oculaires et pharyngés) doit donc être impérativement mise en œuvre dès qu'il y a une suspicion d'HSV chez la mère ou dans son entourage et devant tout syndrome infectieux non expliqué de l'enfant (fièvre isolée, atteinte respiratoire, etc.). Il est actuellement indispensable d'associer à la culture une détection du virus par PCR. Si les prélèvements périphériques sont positifs, même si l'atteinte neurologique n'est pas confirmée cliniquement, la recherche d'HSV dans le LCR est alors vivement conseillée [17].

La comparaison de la PCR avec la culture a montré que la PCR est aussi spécifique et souvent plus sensible que la culture. Sa sensibilité a été évaluée à 10 ­ 1 pfu/ml sur des préparations virales de titre connu. Sur 246 prélèvements génitaux, Safrin et al. [14] ont montré une meilleure sensibilité de la PCR (59,7 % positifs par PCR contre 47,1 % par culture), expliquant les discordances par le délai d'acheminement et la perte de l'infectiosité des HSV dans certains prélèvements (croûtes, ulcérations). De nombreux auteurs ont confirmé les excellentes sensibilité et spécificité de la PCR par rapport à la culture. La quantification du génome de HSV, décrite par Hobson et al. en 1997 [21], a permis la mesure de l'excrétion virale au cours des infections génitales. Cette quantification, appliquée aux encéphalites herpétiques, pourrait permettre d'objectiver la diminution du nombre de copies virales au cours du traitement.

Isolement des HSV

De nombreuses cellules sont sensibles aux HSV (Vero, HEp2, MRC5), mais les plus couramment utilisées sont les cellules diploïdes humaines MRC5. La culture des HSV est très simple à réaliser et l'isolement sur cellules reste la technique de référence. Les HSV se multiplient rapidement et ils sont aisément détectés par l'apparition d'un effet cytopathique (ECP) en foyers de cellules ballonnisées qui apparaît rapidement, habituellement après 1 à 4 jours d'incubation à 36 °C, et très facilement reconnaissable (figure 2). La technique d'inoculation par centrifugation des prélèvements a considérablement augmenté la sensibilité de la culture, donnant des résultats plus rapides, en moins de 24 heures, si l'on détecte les HSV avec des anticorps monoclonaux [22]. Dans notre laboratoire, nous utilisons en routine pour l'isolement des HSV sur MRC5 la technique de centrifugation des prélèvements à 400 g, pendant 30 minutes et à la température de 35 °C. Une autre méthode de culture rapide, avec des résultats équivalents à ceux de la centrifugation, consiste à infecter des cellules en suspension dans des tubes et à révéler l'HSV secondairement après 16 à 24 heures d'incubation [23]. Outre la visualisation de l'ECP, la détection des HSV dans les cellules peut être réalisée par IF ou par immunoperoxydase à l'aide d'anticorps monoclonaux spécifiques ou par hybridation moléculaire. La détection des HSV par agglutination de particules de latex sensibilisées sur des cultures cellulaires infectées a aussi été proposée. Cette technique n'est pas sensible et ne se positive que lorsque l'ECP atteint au moins 10 % de la nappe cellulaire [24].
Une détection simultanée de 2 ou 3 virus dans une même culture par des anticorps marqués avec différents fluorochromes a été décrite, donnant des résultats comparables aux cultures séparées, mais à un coût réduit [25].
Récemment, des lignées cellulaires BHK et MRC5 ont été génétiquement modifiées pour la détection enzymatique de leur infection par les HSV (système ElvisTM, BioWhittaker). Un transgène, constitué du gène lacZ placé sous le contrôle d'un promoteur inductible par les protéines virales, a été introduit dans la lignée cellulaire. Lors de l'infection par HSV1 ou 2, le promoteur du transgène est activé, entraînant la production de b-galactosidase qui, en présence de X-gal, colore en bleu la cellule infectée, cette coloration étant détectable en microscopie optique avant l'apparition de l'ECP [26].

Même si les techniques de détection rapide sont aussi performantes que la culture sur cellules, l'isolement des souches virales est indispensable pour pouvoir déterminer leur profil de sensibilité aux antiviraux.

Sérodiagnostic

Dans de nombreux cas, le diagnostic sérologique d'une infection herpétique n'a pas une grande valeur, les anticorps anti-HSV étant inexistants au moment des signes cliniques lors de la primo-infection. Dès lors, la décision thérapeutique dans un contexte d'urgence ne peut attendre les résultats de la sérologie. Le dosage des anticorps permet toutefois de déterminer la prévalence des infections dans la population générale, sous-estimée du fait des infections asymptomatiques [1]. Il permet aussi d'évaluer le statut immunitaire vis-à-vis des sérotypes HSV1 et HSV2 de populations ciblées, comme par exemple les jeunes femmes en âge de procréer. Il est aussi intéressant pour assurer le suivi des femmes au cours de la grossesse et dépister une éventuelle primo-infection ou une récurrence à HSV1 ou HSV2. Les méthodes les plus utilisées pour la mesure des anticorps anti-HSV sont l'IF, l'Elisa, la neutralisation et l'hémagglutination passive [1]. L'IF et l'Elisa permettent la détection des IgM, témoins d'une infection active. La tendance actuelle est la mise au point de tests capables de différencier les anticorps anti-HSV1 et 2, en utilisant comme antigènes des glycoprotéines purifiées spécifiques de type [27]. D'autres méthodes ont été proposées comme le western-blot avec mesure quantitative des anticorps par densitométrie [28], ou un immunodot enzyme assay (IEA) utilisant des glycoprotéines purifiées fixées sur des disques de nitrocellulose [29]. Le dépistage est réalisable par un test Elisa utilisant des antigènes bruts suivi d'un immunoblot avec des glycoprotéines purifiées [30]. Le western-blot détecte des IgM anti-gpG2 présentes lors des primo-infections et absentes au cours des récurrences [31]. Comparée à la microneutralisation, cette technique est plus sensible et spécifique de type, mais elle est relativement lourde et difficilement applicable en routine. Il serait souhaitable de disposer de trousses permettant, par une technique automatisable, de différencier les anticorps anti-HSV1 et 2 et de faire la preuve d'une primo-infection. Des trousses sont en cours d'évaluation [32] ; cependant, aucun test permettant le titrage des anticorps
spécifiques des HSV1 et HSV2 n'est actuellement commercialisé en France.
L'intérêt potentiel de la sérologie herpétique est de diagnostiquer les infections asymptomatiques à HSV et d'en déterminer le sérotype. Cette sérologie permet aussi de réaliser une surveillance épidémiologique par l'évaluation de la prévalence des infections à HSV, reflet indirect du risque d'autres maladies sexuellement transmissibles [1].

CONCLUSION

Les méthodes virologiques actuelles permettent de réaliser facilement et rapidement le diagnostic des infections herpétiques. Ce diagnostic est d'autant plus important qu'il entraîne une sanction thérapeutique qui a changé le pronostic des infections neuroméningées et/ou néonatales. La PCR et les techniques directes comme l'Elisa ou l'IF ont considérablement augmenté la rapidité ainsi que la sensibilité de la détection des HSV dans tout type de prélèvement. Actuellement l'isolement des HSV, qui est la technique de référence, reste indispensable pour l'évaluation de la sensibilité des souches aux antiviraux chez les patients immunodéprimés. Les indications respectives des techniques citées sont résumées dans le tableau 2.

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