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La progression mondiale de l'épidémie du
virus de l'immunodéficience humaine (VIH) tient majoritairement
à la transmission hétérosexuelle de celui-ci, responsable
de plus de 80 % des nouvelles infections. De fait, le nombre de femmes
infectées ou à risque d'infection augmente de façon
préoccupante, en particulier en Afrique et en Asie. En 1997, les
estimations faisaient état de 16 000 nouvelles infections à
VIH chaque jour, dont plus de 40 % chez des femmes et plus de 1 600 cas
chez des enfants de moins de 15 ans. La question de la transmission materno-ftale
et de sa prévention est donc devenue un problème majeur.
La mise au point d'un vaccin se heurte à de nombreux obstacles,
en particulier à celui de la variabilité du virus. Il est
donc nécessaire d'essayer d'identifier au mieux les mécanismes
et les facteurs impliqués dans la transmission du virus de la mère
à l'enfant, afin de développer des traitements préventifs
efficaces et utilisables partout dans le monde.
Le taux de transmission du VIH1 de la mère à l'enfant, estimé
par des études de cohortes, est maintenant bien établi à
environ 20 % en l'absence de traitement antirétroviral préventif
et ce, quel que soit le facteur de risque maternel (c'est-à-dire
que la mère ait été infectée par voie sexuelle
ou par voie intraveineuse) et quelle que soit son origine (africaine ou
caucasienne). Le taux de transmission rapporté dans les études
africaines est de l'ordre de 25 %. Cette différence est sans doute
liée au risque surajouté de contamination par l'allaitement
maternel, déconseillé dans les pays développés
[1]. Le risque de transmission est réduit à 6 % par un traitement
antirétroviral préventif par zidovudine (AZT) administré
à la mère au cours de la grossesse et au moment de l'accouchement
et à l'enfant dans les premières semaines de vie [2].
Il est maintenant bien connu que le pouvoir pathogène
du VIH2 est moindre que celui du VIH1. Le taux de transmission materno-ftale
du VIH2 est de l'ordre de 1 %, donc significativement plus faible que
celui du VIH1, en accord avec une charge virale maternelle de VIH2 plus
faible et un risque moins important de maladie évolutive [3]. Une
étude réalisée en Guinée-Bissau sur 51 cas
ne rapporte pas de cas de transmission materno-ftale du VIH2 [4].
Une autre étude africaine, publiée en 1994, rapporte quant
à elle un cas de transmission materno-ftale du VIH2 sur 86
patientes, qui s'ajoute aux rares cas précédemment décrits
[5, 6].
Transmission virale et étapes
de la grossesse
La majorité des travaux étudiant la physiopathologie de
la transmission materno-ftale concernent les infections à
VIH1. La transmission du VIH1 de la mère à l'enfant peut
survenir à différentes étapes de la grossesse : in
utero, intra partum et/ou pendant l'allaitement. On conçoit
donc que le mécanisme de la transmission ne soit pas le même
selon le moment où le virus est transmis. L'infection à
VIH est une infection persistante à réplication virale constante
et le virus existe sous plusieurs formes infectieuses dans le sang et
les divers fluides de l'organisme. Il peut être transmis soit sous
forme de particules virales libres, soit par l'intermédiaire des
cellules infectées, qu'elles soient en phase de latence ou en phase
réplicative.
De rares cas de transmission précoce in utero
du VIH1 ont été décrits. Une équipe a réalisé
l'analyse par polymerase chain reaction (PCR) du génome
du VIH de tissus thymiques ftaux provenant de 99 produits d'avortements
ou d'enfants morts-nés [7]. Ce travail n'a révélé
que deux ftus infectés, avec des signes de réplication
virale importante. Cette étude met l'accent sur l'extrême
rareté des infections précoces in utero chez des
ftus a priori viables.
Actuellement, un certain nombre de travaux plaident
en faveur de l'hypothèse d'une transmission virale tardive, en
fin de grossesse, voire au moment de l'accouchement [8]. Une étude
réalisée par notre équipe à l'aide d'un modèle
de Markov utilisant l'ensemble des données virologiques obtenues
chez 95 enfants infectés a permis d'estimer la proportion d'enfants
infectés avant et pendant l'accouchement [9]. La transmission virale
était survenue au cours du dernier trimestre in utero chez
un tiers des enfants infectés et le jour de l'accouchement chez
deux tiers d'entre eux.
La période de l'allaitement présente également
un risque d'infection pour l'enfant. Le risque surajouté a été
évalué au sein de cohortes suivies principalement en Afrique.
Ce risque est difficile à estimer, car il faut différencier
la transmission intra partum de la transmission précoce
par l'allaitement. Les résultats les plus récents rapportent
des taux de l'ordre de 5 à 7 % [10], taux plus faibles que ceux
estimés dans des études antérieures faisant état
d'un risque surajouté moyen de 11 % lorsque les femmes étaient
séropositives pendant leur grossesse, pouvant aller jusqu'à
29 % lorsque les femmes avaient une primo-infection par le VIH pendant
la période d'allaitement [11].
Mécanismes impliqués
dans la transmission
Transmission in
utero
Le mécanisme de la transmission in utero
n'a pas été clairement élucidé à ce
jour en raison de l'impossibilité d'effectuer des prélèvements
in utero, impossibilité liée au risque d'infecter
le ftus par du sang maternel.
* Rôle du placenta. Le rôle du placenta
et, particulièrement, du type de cellules placentaires qui pourraient
être infectées (cellules macrophagiques ou cellules trophoblastiques)
est une question importante qui a été abordée par
de nombreuses équipes. Les résultats sont discordants du
fait de différences dans les méthodes de purification cellulaire
ou de marquage immunohistochimique.
Une approche intéressante consiste à identifier
les cellules placentaires ayant un récepteur CD4. Une étude
publiée en 1993, fondée sur des expériences de double
marquage cellulaire à l'aide d'anticorps monoclonaux anticytokératine,
anti-CD31, anti-CD45 et anti-CD4 et une recherche de l'ARN-CD4 par Northern-Blot
et PCR-ARN, suggère que seules les cellules de Hofbaüer (macrophages
placentaires) et les lymphocytes expriment le récepteur CD4 [12].
Les cellules trophoblastiques (syncytiotrophoblastes, cytotrophoblastes
et cellules endothéliales) ne l'expriment pas. D'autres équipes
ont rapporté l'infection de lignées de choriocarcinomes
par des isolats viraux de laboratoire et montré que l'entrée
du virus pouvait être prévenue par l'adjonction de CD4 soluble
ou d'anticorps anti-CD4, suggérant l'expression du récepteur
CD4 à la surface cellulaire [13]. L'infection pouvait être
facilitée en présence de sérum. D'autres travaux
suggèrent une entrée du virus dans les cellules trophoblastiques
par le biais du récepteur du fragment Fc des immunoglobulines (RFc)
[14].
De nombreuses équipes ont tenté d'identifier
les cellules placentaires supportant une réplication virale active.
Plusieurs études ont montré l'absence de réplication
virale in vivo dans le tissu placentaire, suggérée
par l'absence de virus infectieux recherché par culture virale,
l'absence de détection de protéines du VIH recherchées
par immunocytochimie, et l'absence d'acides nucléiques viraux recherchés
par hybridation in situ [15, 16]. L'utilisation de techniques plus
sensibles a cependant permis à certaines équipes de montrer
que seuls les macrophages placentaires étaient infectés,
suggérant ainsi leur rôle de cellules effectrices dans l'infection
du placenta [17-19]. Une publication récente rapporte une résistance
des macrophages placentaires à l'infection par des isolats primaires
alors qu'ils pourraient être infectés par des virus de lignées
fréquemment utilisées dans les études [20]. Certaines
équipes ont rapporté une infection in vitro de cellules
trophoblastiques primaires ou de lignées de choriocarcinomes alors
que d'autres montraient des résultats inverses [13, 14, 19, 21-23].
L'équipe de Kilani et al. [24] a décrit une résistance
des cellules trophoblastiques à l'entrée du virus après
obtention d'une population cellulaire de cytotrophoblastes villeux très
pure. En revanche, les trophoblastes semblaient pouvoir être infectés
sous certaines conditions (contact cellulaire, présence d'anticorps
facilitants, utilisation du récepteur pour le fragment Fc des immunoglobulines...).
Après l'entrée du virus, la phase de réplication
pouvait s'effectuer.
Le placenta ne semble cependant pas être un site
de réplication très active du virus. Une des hypothèses
les plus probables concernant la transmission du virus in utero
est celle d'un transfert de cellules infectées lors des échanges
sanguins fto-maternels, ceux-ci étant de plus en plus importants
en fin de grossesse, et plus particulièrement pendant le travail,
lors de l'accouchement. Le virus libre ou associé aux cellules
traverserait alors passivement la membrane des syncytiotrophoblastes.
* Rôle des cytokines. De nombreuses publications
ont rapporté une augmentation de la production de cytokines inflammatoires
chez les femmes infectées par le VIH. Cette augmentation et la
modification de la réponse immunitaire qu'elle entraîne sont
responsables d'un nombre plus important d'avortements spontanés
en début de grossesse [25, 26]. Les cytokines inflammatoires ne
semblent pas avoir d'effet direct sur l'entrée du virus, mais elles
peuvent altérer la barrière des cellules trophoblastiques.
Elles peuvent également augmenter l'expression des molécules
d'adhésion comme, par exemple, la molécule ICAM-1 sur les
trophoblastes et faciliter ainsi l'adhésion aux leucocytes infectés.
De ce fait, l'infection des cellules trophoblastiques par contact cellulaire
est favorisée [27]. Une publication a rapporté une augmentation
de l'expression des cytokines dans les cellules trophoblastiques, avec
une association significative entre la production de TNFa et la quantité
de transcrits ARN du gène gag du VIH dans les cellules trophoblastiques.
Le TNFa entraînerait une activation de NFkB et donc une augmentation
de la réplication virale [28].
Transmission intra partum
Le mécanisme de transmission intra partum
n'a pas encore été clairement élucidé. Il
est probable que l'enfant se contamine lors de son passage dans la filière
génitale du fait de son exposition directe au sang et aux sécrétions
cervico-vaginales contenant des particules virales libres ou des cellules
infectées. Cependant, les échanges sanguins fto-maternels
se poursuivent jusqu'à ce que le cordon ombilical soit coupé.
Il y a donc cumul des risques et multiples expositions de l'enfant à
l'infection virale au moment de sa naissance.
Si l'on considère que l'enfant peut s'infecter
au contact des sécrétions cervico-vaginales, il est intéressant
de connaître la fréquence de détection du virus dans
ce compartiment. Les résultats sont très variables d'une
étude à l'autre allant de 25 à 100 % de fréquence
de positivité selon que l'on s'intéresse aux cellules dans
lesquelles le virus est intégré sous forme provirale ou
aux virus libres présents dans la fraction liquidienne des sécrétions.
Les différentes techniques utilisées sont sans doute également
un facteur important à l'origine de ces différences (culture
virale ou techniques de biologie moléculaire plus sensibles, comme
la PCR détectant l'ADN proviral ou la transcriptase inverse (RT)-PCR
détectant l'ARN viral) [29, 30]. Une étude réalisée
récemment au laboratoire a permis d'évaluer la fréquence
de positivité dans quatre types de prélèvements :
des lavages vaginaux, des aspirations vaginales et des prélèvements
cervicaux au niveau de l'endocol et de l'exocol. Par quantification de
l'ARN du VIH, on observe une fréquence de positivité de
100 % lorsque l'on cumule les résultats des quatre prélèvements.
Il ressort des différentes études qu'un
certain nombre de cofacteurs locaux ou généraux favorisent
la présence du virus dans les sécrétions cervico-vaginales.
Parmi les facteurs généraux les mieux identifiés,
la grossesse et la contraception hormonale favorisent le portage génital
alors qu'un traitement antirétroviral le diminue. Les facteurs
généraux liés à la maladie VIH de la mère
sont également importants mais seront détaillés ultérieurement.
Parmi les facteurs locaux, la présence d'une ectopie ou d'une cervicite,
l'association à une maladie sexuellement transmissible vaginale
ou cervicale, l'augmentation locale des cytokines pro-inflammatoires (Il1b...)
ou celle de l'interféron g augmentent le portage du VIH [31].
Plusieurs études rapportent une relation entre
le déficit en vitamine A et un risque de transmission du virus
à l'enfant plus élevé [32]. Le déficit en
vitamine A entraîne des anomalies de la réponse immune aussi
bien cellulaire qu'humorale avec, notamment, une diminution des anticorps
maternels anti-VIH suggérant, bien que leur rôle soit controversé,
une mauvaise protection passive du ftus. Une diminution des anticorps
maternels contre divers pathogènes est également décrite,
entraînant un risque de mortalité accru pour l'enfant. Le
déficit en vitamine A est associé à une fréquence
plus élevée de pathologie placentaire (chorioamniotis) et
à des anomalies plus fréquentes de la muqueuse placentaire.
De plus, la charge virale dans le lait maternel est plus importante en
cas d'hypovitaminose A alors qu'il n'y a pas de relation clairement démontrée
entre le déficit en vitamine A et le niveau de la charge virale
plasmatique VIH.
Compte tenu du risque d'infection de l'enfant au moment
de l'accouchement et de la fréquence de positivité du virus
dans les sécrétions cervico-vaginales, l'évaluation
de la présence du VIH dans les aspirations gastriques prélevées
chez les nouveau-nés au moment de la naissance nous a semblé
intéressante à déterminer. Le but de cette étude
était d'évaluer la fréquence d'exposition pharyngée
et gastrique au virus chez 118 nouveau-nés suivis au sein de la
cohorte pédiatrique française. Cette étude a été
effectuée de 1995 à 1997, période où 90 %
des mères et des enfants avaient recu un traitement prophylactique
par l'AZT [33]. Parmi ces 118 enfants, 6 ont été infectés.
L'ARN viral a été détecté dans 30 % des aspirations
gastriques (sur 99 prélèvements disponibles), témoignant
d'une réelle exposition des enfants à l'infection virale
lors de leur passage dans la filière génitale. De plus,
les résultats montraient une association entre la présence
du virus dans le prélèvement gastrique et la souffrance
ftale (associée le plus souvent à un long temps d'exposition
dans la filière génitale) ainsi que son association à
la présence de sang maternel dans le prélèvement.
Ces résultats démontraient également l'exposition
réelle de l'enfant au-delà de sa naissance et renforcaient
l'intérêt potentiel du traitement antirétroviral administré
à l'enfant dans les semaines qui suivent sa naissance, de façon
comparable au traitement post-exposition sanguine ou sexuelle pour la
prévention de l'infection.
Transmission par l'allaitement
Le risque d'infection par l'allaitement a été
clairement démontré à partir d'études de cohortes
réalisées dans les pays en développement où
l'allaitement continue à être recommandé, du fait
du risque de mortalité infantile élevé [34]. Le virus
est présent dans le lait, soit sous forme de virus libre, soit
sous forme provirale intégrée dans les lymphocytes CD4 infectés.
La charge virale dans le lait ne semble pas identique à tous les
moments de l'allaitement et le risque de transmission n'est pas le même
pendant toute la durée de celui-ci. D'autre part, il a été
montré que le risque de contamination était d'autant plus
important que la durée de l'allaitement était plus longue.
Dans une cohorte de femmes suivies à Nairobi, la prévalence
de l'ADN proviral était de 51 % dans le colostrum et de 71 % dans
le lait 6 à 9 mois après le début de l'allaitement
[35]. L'équipe de Lewis et al. [36] rapporte dans une publication
récente une prévalence de virus libre (ARN-VIH mesuré
par RT-PCR quantitative) de 39 % dans le lait. La même équipe
a montré une absence de diminution de la prévalence de l'ARN-VIH
dans le lait au cours des premiers mois de l'allaitement.
Facteurs intervenant
dans les trois modes de transmission
Trois grands groupes de facteurs interviennent dans chacun des modes de
transmission du virus à l'enfant, sans doute de façon différente.
Il s'agit des facteurs liés au virus, des facteurs maternels et
des facteurs liés à la susceptibilité génétique
de l'enfant.
Facteurs liés au virus
* Certains sous-types du VIH1 sont-ils plus facilement
transmissibles que d'autres ? Les études phylogéniques
fondées sur l'analyse des séquences, notamment du gène
de l'enveloppe, ont permis la classification du VIH1 en deux groupes,
le groupe O et le groupe M, lui-même subdivisé en dix sous-types
(A à J) [37]. À l'heure actuelle, la diversité virale
est la plus importante parmi les populations infectées d'Afrique
de l'Ouest et surtout d'Afrique centrale, puisque tous les sous-types
sont représentés avec une prévalence différente
pour chacun des sous-types selon les pays. Il y a actuellement peu de
résultats connus concernant une éventuelle différence
de pathogénicité entre les sous-types viraux. Il existe
des arguments indirects en faveur d'une différence pour ce qui
concerne le risque d'infection : a) des expériences in vitro
rapportent une réplication plus importante des isolats C et
E dans les cellules de Langherans, cellules cibles de la transmission
hétérosexuelle [38] ; b) une étude menée en
Thaïlande auprès de couples hétérosexuels suggère
un risque de transmission plus élevé pour les virus E par
rapport aux virus B [39].
Cependant plusieurs arguments contredisent cette différence
de transmission : a) le taux de transmission materno-ftale est semblable
dans différents pays du monde (Afrique, Asie, Europe ou États-Unis)
et ce, quel que soit le sous-type viral en cause ; b) des études
effectuées chez des couples séro-différents plaident
en faveur d'un risque de transmission semblable pour les virus de type
B et E [40]. Notre équipe a réalisé une étude
d'épidémiologie moléculaire au sein de la cohorte
pédiatrique française. Les virus provenant de 162 couples
mère-enfant d'origine africaine ont été étudiés
[41]. La plus grande diversité des sous-types était retrouvée
parmi les virus des patients originaires d'Afrique centrale, et plus particulièrement
de la république démocratique du Congo (ex-Zaïre),
où les 8 sous-types (A à H) étaient représentés.
La diversité semblait moins importante en Afrique de l'Ouest où
le sous-type A était largement prédominant. Nous pourrons
analyser l'impact du génotype (sous-type A ou B) des virus infectant
les enfants sur la gravité de la maladie. L'étude de l'infection
de l'enfant constitue une approche possible pour l'évaluation d'éventuelles
différences de physiopathologie, d'autant que ces enfants sont
suivis dans la cohorte pédiatrique depuis le début de leur
infection. Ces études sont beaucoup plus difficiles à réaliser
chez l'adulte, car la date de contamination est rarement connue. De plus,
l'expression bimodale de la maladie de l'enfant peut aider à mettre
en évidence d'éventuelles différences dans le développement
de la maladie selon le sous-type viral en cause. L'analyse des premiers
résultats ne semble pas indiquer de différence de pathogénicité
selon le sous-type A ou B.
* Analyse des séquences des virus des mères
et des enfants. De nombreuses publications ont abordé le problème
de la transmission du virus de la mère à l'enfant par l'analyse
des génotypes viraux isolés chez les mères et leurs
enfants infectés. La majorité des études de séquences
virales rapporte la transmission à l'enfant d'un variant viral
minoritaire présent chez la mère dans le sang périphérique
[42-46]. Quelques études rapportent également la transmission
d'un variant maternel majoritaire, voire même de variants multiples
[43, 47-49]. Plusieurs hypothèses ont été avancées
pour expliquer la transmission d'un variant minoritaire de la mère
: a) les séquences virales de l'enfant dériveraient d'un
variant maternel ayant échappé à la pression immunologique.
Ces variants auraient un avantage en termes de survie et seraient plus
facilement transmis ; b) le virus de l'enfant serait acquis lors de la
transmission d'un nombre limité de virions au cours de la grossesse.
Au moment de la transmission, ce variant serait majoritaire chez la mère
et deviendrait minoritaire au moment du prélèvement de l'échantillon
maternel ; c) les variants présents chez l'enfant refléteraient
les différences dans le tropisme cellulaire ou dans les capacités
réplicatives des variants viraux isolés chez la mère.
Les études précédemment citées
ont été réalisées à partir du sang
maternel (plasma ou lymphocytes), ces prélèvements n'étant
pas forcément les plus adaptés pour établir un lien
avec le virus transmis à l'enfant. Pour réaliser de meilleures
comparaisons entre les souches virales de la mère et celles transmises
à l'enfant, il serait sans doute plus judicieux (mais aussi beaucoup
plus difficile) d'étudier le virus présent dans les différents
compartiments maternels (autres que sanguins) susceptibles d'être
à l'origine de l'infection de l'enfant, tels que les sécrétions
génitales, le placenta, le lait maternel.
Pour étayer cette hypothèse et poser la
question de la pertinence de travaux uniquement centrés sur des
échantillons sanguins, plusieurs études ont analysé
les caractères génotypiques des isolats présents
dans les sécrétions génitales et ceux des isolats
présents dans le sang prélevé le même jour
[50, 51]. Les variants viraux présents dans les sécrétions
cervico-vaginales sont plutôt reliés à un variant
mineur du sang dans la majorité des cas. La population virale présente
dans le sang n'est donc pas le meilleur reflet de la population virale
présente dans le compartiment vaginal alors que celui-ci est susceptible
d'être à l'origine de l'infection de l'enfant au cours de
son passage dans la filière génitale.
* Analyse des souches isolées chez l'enfant
infecté. Au moment de la primo-infection de l'adulte, une homogénéité
des souches virales est décrite, que la transmission ait eu lieu
par voie sexuelle ou par voie parentérale [52]. De la même
façon, une homogénéité des souches virales
est habituellement retrouvée dans les premières semaines
de vie chez les enfants infectés, que ceux-ci aient été
infectés in utero ou intra partum. Plusieurs mécanismes
et hypothèses peuvent être proposés pour expliquer
cette homogénéité des séquences virales au
moment de la primo-infection : a) une faible charge virale infectieuse
serait présente dans l'inoculum de départ. Toutefois, il
peut également exister une homogénéité des
séquences lorsque l'inoculum contient un nombre élevé
de particules virales [53] ; b) l'inoculum de départ contient de
multiples particules virales mais on constate la sélection d'un
virus, en particulier en raison de ses meilleures capacités réplicatives.
Cependant, ce modèle n'explique pas le caractère faiblement
réplicatif habituellement décrit pour la majorité
des souches de primo-infection ; c) l'hypothèse la plus intéressante
serait celle d'une sélection du virus au moment de l'infection,
sans doute en raison de l'utilisation de corécepteurs particuliers.
Ce modèle expliquerait le caractère phénotypique
des souches transmises, puisque les souches isolées lors de la
primo-infection de l'enfant ont plus fréquemment un tropisme macrophagique
et ne sont pas inductrices de syncitia [54, 55].
* Analyse des souches virales et utilisation des
co-récepteurs. De nombreuses observations laissaient supposer
que l'interaction du VIH avec son récepteur CD4 était insuffisante
pour permettre la pénétration du virus dans les cellules.
Plusieurs équipes ont donc tenté de caractériser
les cofacteurs indispensables à la pénétration du
VIH. En 1996, cette quête s'est concrétisée par l'identification
de plusieurs récepteurs de chémokines, tels que CXCR4 ou
fusine, CCR5, CCR3, CCR2b comme étant des corécepteurs du
VIH [56]. Toutes les souches primaires, quels que soient leur phénotype
ou leur tropisme cellulaire, peuvent utiliser CCR5, qui est clairement
le principal cofacteur cellulaire d'entrée du virus [56]. Plusieurs
études permettent de mieux comprendre le tropisme préférentiel
des souches isolées au cours de la primo-infection. Les cellules
de Langherans épidermiques n'exprimeraient que le corécepteur
CCR5 à leur surface, l'expression de CXCR4 ne se faisant qu'après
leur mise en culture. Selon l'équipe de Zaitseva, les macrophages
expriment fortement les deux corécepteurs à leur surface,
mais seul le récepteur CCR5 serait fonctionnel [57]. Une autre
équipe rapporte l'infection possible de macrophages n'exprimant
pas le corécepteur CCR5 (macrophages provenant de patients présentant
une délétion D32 pour le gène CCR5), suggérant
ainsi la fonctionnalité du corécepteur CXCR4, voire même
l'utilisation d'autres corécepteurs ou facteurs cellulaires [58].
En ce qui concerne la transmission materno-ftale, l'équipe
de Fear et al. [20] a montré que les monocytes néonatals
et les macrophages placentaires étaient résistants à
l'infection par des isolats primaires, alors qu'ils pouvaient être
infectés par des virus de lignées. Cette résistance,
associée à des cellules trophoblastiques peu sensibles ou
sensibles à l'infection sous certaines conditions, pourrait expliquer
en partie la fréquence moins élevée de transmission
in utero [20, 59]. La permissivité à l'infection
par des isolats primaires de monocytes dérivés de macrophages
pourrait expliquer le risque plus important d'infection intra partum.
Bien sûr, d'autres facteurs comme les facteurs maternels doivent
aussi être pris en compte dans le risque associé à
l'un ou l'autre des deux modes de transmission virale.
À ce jour, peu de données sont connues
sur l'utilisation des différents corécepteurs par des isolats
viraux de sous-type non B. Les premiers résultats indiquent une
importance majeure des corécepteurs CXCR4 et CCR5 pour l'entrée
des virus de sous-types A, B, C, D, E et des virus du groupe O dans les
cellules. L'utilisation des corécepteurs est liée au caractère
phénotypique des souches et non pas à leur caractère
génotypique [60]. Tous les isolats utilisant le corécepteur
CXCR4 sont inducteurs de syncitia et fortement réplicatifs. Une
publication récente portant sur 67 isolats de sous-type non B rapporte
une différence dans l'utilisation des corécepteurs pour
les virus de sous-types C et D [61]. L'utilisation du corécepteur
CXCR4 serait rare pour les virus de sous-type C, indépendamment
du stade clinique des patients, de leur taux de CD4 et de l'évolution
de la maladie. La modification dans l'utilisation des corécepteurs
de CCR5 vers CXCR4, habituellement décrite au cours de la maladie,
n'est pas retrouvée. L'évolution des virus de sous-type
C pourrait se faire vers l'utilisation d'autres corécepteurs non
encore identifiés. Contrairement aux virus d'autres sous-types,
aucun tropisme mixte (utilisation de CCR5 et de CXCR4) n'a été
décrit pour les virus de sous-type D [61]. Les auteurs suggèrent
une éventuelle différence de propriétés biologiques
importantes telles que la virulence, le tropisme tissulaire ou la transmission
en fonction des différents sous-types viraux.
Il est cependant extrêmement difficile de comparer
les propriétés biologiques de virus isolés chez des
patients à des stades cliniques différents, à taux
de CD4 différents, avec ou sans traitement antirétroviral.
Le contexte de la transmission materno-ftale peut permettre d'aborder
des éventuelles différences de pathogénicité.
À ce jour, des arguments indirects, tels qu'un taux de transmission
identique dans les différentes cohortes mère-enfant à
travers le monde, ne suggèrent pas de différence entre les
sous-types en ce qui concerne la transmission materno-ftale. Ces
études sont particulièrement importantes à poursuivre,
notamment en Afrique où la diversité virale est la plus
élevée.
Facteurs maternels impliqués
dans la transmission materno-ftale
En ce qui concerne l'immunité humorale, le rôle
protecteur ou non des anticorps anti-enveloppe présents dans le
sérum maternel, qu'il s'agisse d'anticorps neutralisants ou d'anticorps
antipeptides, est encore controversé [62]. Certaines équipes
rapportent l'association de la présence d'anticorps maternels et
de l'absence de transmission à l'enfant [63]. D'autres études
font état de résultats inverses. Actuellement, les anticorps
neutralisants ne semblent pas jouer un rôle majeur dans la prévention
de la transmission materno-ftale. Cependant, il faut souligner la
difficulté de la méthodologie utilisée pour la recherche
des anticorps neutralisants. Un travail réalisé en collaboration
avec notre équipe met en évidence une corrélation
entre la présence d'anticorps maternels dirigés contre le
domaine immunodominant de la protéine transmembranaire de l'enveloppe
(gp41) et la transmission du virus à l'enfant, suggérant
un rôle éventuellement facilitant des anticorps maternels
[64].
En ce qui concerne l'immunité cellulaire, une
étude effectuée dans le cadre de la cohorte Serogest montre
une corrélation entre la présence de lymphocytes T cytotoxiques
(CTL) dans le sang des mères et l'absence de transmission du virus
à leur enfant, suggérant ainsi un rôle protecteur
des CTL [Y. Rivière, communication personnelle]. Le risque de transmission
virale est donc différent d'une femme à l'autre. Il dépend
d'un ensemble de multiples facteurs, aussi bien immunologiques que virologiques.
Ainsi, le risque de transmission doit-il être relativisé
en fonction du risque individuel lié à l'état clinique
et à l'état de déficit immunitaire de chaque mère.
Il a été bien montré que la maladie
de la mère pouvait avoir un impact non seulement sur le risque
de transmission à l'enfant, mais également sur l'expression
de la maladie de l'enfant. En effet, une mère ayant une charge
virale élevée et/ou une antigénémie p24 positive
a un risque élevé d'infecter son enfant, mais elle risque
également de transmettre le virus in utero et d'induire
une forme grave chez l'enfant [65]. De la même façon, l'étude
réalisée au sein de la cohorte pédiatrique française
a montré que le risque de transmission augmentait graduellement
et était inversement proportionnel au nombre absolu de CD4 mesuré
chez les mères à l'accouchement. En l'absence de traitement
antirétroviral, le risque de transmission est de 15 % pour le groupe
de mères dont le taux de lymphocytes CD4 est supérieur à
600/mm3, alors qu'il atteint 43 % quand le nombre de lymphocytes
CD4 est inférieur à 200 cellules/mm3 [65].
Facteurs liés à la susceptibilité génétique
de l'enfant
Plusieurs publications rapportent une protection relative
vis-à-vis de l'infection à VIH1 pour les adultes ayant une
délétion hétérozygote D32 pour le gène
CCR5. La progression vers la maladie sida serait également moins
fréquente dans ce groupe [66, 67]. En ce qui concerne l'enfant,
l'effet de la délétion D32 CCR5 n'était pas connu.
Un travail portant sur 512 enfants non africains, dont 276 non infectés
et 236 infectés par le VIH inclus dans la cohorte pédiatrique
française, a permis de répondre à cette question.
Un seul enfant, non infecté, avait une délétion homozygote
D32 pour le gène CCR5, 49 étaient hétérozygotes
pour ce gène. L'analyse des résultats ne montrait pas de
protection de la délétion hétérozygote CCR5
D32 vis-à-vis de la transmission materno-ftale du virus.
En revanche, la délétion hétérozygote réduit
le risque de progression vers la maladie pour les enfants infectés
(p < 0,004) [68]. Le mécanisme protecteur n'est pas encore connu
mais pourrait être lié à une diminution d'expression
des corécepteurs à la surface cellulaire, entraînant
une diminution de l'entrée du virus dans ces cellules.
Différents travaux, encore controversés,
ont suggéré une influence du génotype HLA de l'enfant
sur la transmission et sur l'évolution de la maladie [69]. Le génotype
HLA-A2301 serait associé à une évolution rapide vers
la maladie alors que le génotype HLA-DR13 serait préférentiellement
retrouvé chez les enfants non progresseurs [70].
Prévention
de la transmission materno-ftale
Les données convergentes confirmant la transmission virale tardive
en fin de grossesse ou à l'accouchement ont permis d'envisager
plusieurs approches visant à la réduire. L'approche la plus
rationnelle pour prévenir l'infection de l'enfant serait de réduire
la réplication virale chez la mère pendant la grossesse,
au moment de l'accouchement et pendant la période d'allaitement
si cela s'avère nécessaire. Néanmoins, le risque
de toxicité médicamenteuse pour le ftus impose de
limiter de telles ambitions.
Une des étapes les plus importantes a été
franchie avec l'essai thérapeutique franco-américain ACTG-076/ANRS-024
évaluant l'efficacité de l'AZT, administré chez la
mère en fin de grossesse, au moment de l'accouchement et chez l'enfant
pendant les six premières semaines de vie. Les résultats
ont montré une réduction du risque de transmission de 20
à 6 %. Depuis la publication de ces résultats en avril 1994,
l'AZT a été largement prescrit en France chez les femmes
enceintes séropositives. D'autres molécules antirétrovirales
font actuellement l'objet d'essais thérapeutiques ayant pour but
de réduire le risque de transmission à moins de 2 %. En
France, un essai évaluant l'efficacité de la combinaison
AZT + lamivudine (3TC) est en cours depuis mars 1997. Les premières
données de tolérance ne montrent pas de toxicité
majeure à court et à moyen termes. Plus récemment,
un essai collaboratif se propose d'évaluer la tolérance
et l'efficacité de la névirapine en dose unique (contre
placebo) au moment de l'accouchement, quels que soient les antiviraux
reçus durant la grossesse. Plusieurs essais américains sont
en cours pour évaluer la tolérance d'autres bithérapies
(d4T + 3TC, d4T + ddI, d4T + inhibiteur de protéase). La prescription
des antiviraux durant la grossesse devient particulièrement difficile
et les différents problèmes qu'elle pose ont été
abordés dans le rapport Dormont 1998 [71].
Compte tenu de l'utilisation éventuelle de ces
molécules dans les pays en développement, il est également
important de connaître l'efficacité de ces traitements sur
les infections liées à des isolats de sous-type non B. L'impact
de la diversité virale sur le développement de résistance
aux traitements est peu connue. Une étude publiée en 1997
par Descamps et al. portant sur la susceptibilité des virus
du groupe O aux antirétroviraux a rapporté une sensibilité
aux analogues nucléosidiques similaire à celles des virus
de sous-type B, alors que 6 des 11 virus étaient résistants
aux analogues non nucléosidiques testés (TIBO, névirapine,
delavirdine). Aucune différence significative n'a été
retrouvée vis-à-vis des antiprotéases [72]. Dans
une étude publiée début 1998, la susceptibilité
des virus de sous-types A, B, C, D et E a été testée
vis-à-vis de différentes molécules (zidovudine, lamivudine,
didanosine, névirapine, foscarnet et ritonavir). Il n'a pas été
montré de différence de susceptibilité en fonction
des différents isolats, hormis une tendance à une susceptibilité
moindre à toutes les drogues pour les isolats de sous-type D [73].
Différents essais proposant l'AZT en protocoles courts de traitement
en fin de grossesse ont été réalisés en Thaïlande
et en Afrique. Les premiers résultats obtenus en Thaïlande
indiquent un taux de transmission plus faible pour les femmes ayant reçu
un traitement par AZT (risque de transmission réduit de moitié).
Cependant, d'autres essais seront nécessaires pour évaluer
l'efficacité du traitement de l'enfant, traitement « post-exposition
» qui pourrait couvrir non seulement l'exposition périnatale,
mais aussi les premières semaines de l'allaitement qui, selon certains
auteurs, présenteraient un risque élevé de transmission
virale.
Plusieurs études récentes, dont une effectuée
au sein de la cohorte pédiatrique française, ont permis
de mettre en évidence le rôle protecteur de la césarienne
programmée. En cas de traitement par AZT, le taux de transmission
est significativement plus bas chez les enfants nés par césarienne
programmée (avant le travail et à membranes intactes) qu'en
cas de césarienne en urgence ou d'accouchement par voie basse [74].
D'autres études ayant pour objectif la mesure
de l'efficacité de lavages vaginaux avec des produits virucides,
lavages effectués au moment de l'accouchement pour éviter
le contact de l'enfant avec des sécrétions maternelles contaminantes,
sont actuellement en cours. Les lavages constituent une approche simple
et économique, particulièrement applicable dans les pays
en développement. Ils pourraient être facilement associés
à des traitements antiviraux. Les résultats d'un essai réalisé
au Malawi n'ont pas montré d'effet bénéfique du lavage
vaginal à la chlorhexidine sur le risque de transmission du VIH
à l'enfant, sauf en cas de rupture prématurée des
membranes supérieure à 4 heures. En revanche, un effet bénéfique
sur la mortalité néonatale précoce a été
observé. Par ailleurs, d'autres protocoles permettant d'évaluer
l'efficacité de la supplémentation en vitamine A ou celle
de l'utilisation d'immunoglobulines spécifiques anti-VIH sont actuellement
en cours.
CONCLUSION À
l'évidence, de nombreux mécanismes interviennent dans la transmission
materno-ftale du VIH, qui s'avère multifactorielle. Le facteur
dominant est sans doute le stade de l'infection de la mère, corrélé
à son niveau de réplication virale, à la virulence
de la souche virale et à l'importance du déficit immunitaire.
L'identification d'une majorité de transmissions virales tardives,
dans les quelques semaines précédant l'accouchement ou au
moment de l'accouchement, permet d'envisager plus facilement la mise en
place d'un traitement antirétroviral limité à la fin
de la grossesse pour réduire au minimum le risque de ftotoxicité
de ces médicaments. Dans les pays en développement, il est
également nécessaire de renforcer les moyens de lutte contre
la mortalité et la morbidité maternelle et infantile, en essayant
de généraliser le dépistage des maladies sexuellement
transmissibles, en informant sur les risques de transmission du VIH, notamment
par l'allaitement, et en améliorant les soins obstétricaux.
Un des résultats majeurs obtenus ces dernières années
en matière de réduction de la transmission materno-ftale
est qu'un traitement de relativement courte durée, administré
à la mère en fin de grossesse et à l'enfant en début
de vie, pourrait être efficace. Un taux de transmission proche de
0 % d'ici à l'an 2000 pourrait être atteint par l'utilisation
d'associations puissantes d'antirétroviraux. La prévention
de la transmission materno-ftale du VIH devrait être considérée
comme prioritaire, particulièrement dans les pays en développement
où la prévalence de l'infection par le VIH est élevée.
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