Auteur(s) : M. El Harrack, B. Le Guenno, P. Gounon, Biopharma, BP 4569, Rabat, Maroc.
Résumé : Durant l'été 1996, une pathologie inhabituelle chez des chevaux de la zone littorale atlantique au nord-ouest du Maroc était rapportée aux services vétérinaires. Elle se caractérisait par une paralysie ascendante des membres postérieurs évoluant vers la mort dans 40 % des cas ou vers un rétablissement lent mais sans séquelles pour le reste des animaux. L'histopathologie orientait vers une infection virale du système nerveux ; cependant, les investigations de laboratoire permettaient d'éliminer rapidement les maladies virales classiques telles la rhinopneumonie ou la peste équine. Un broyat d'encéphale d'un cheval décédé était inoculé sur cinq types cellulaires différents. Après plusieurs passages, un virus cytopathique sur cellules BSR, sensible aux solvants des lipides et de taille inférieure à 100 nm, était isolé. Parallèlement, des sérums de chevaux malades étaient testés contre les alphavirus des encéphalites équines américaine, Eastern, Western et Venezuelan Equine Encephalitis (EEE, WEE, VEE), et contre le flavivirus West Nile, connu en France pour avoir été responsable d'une pathologie comparable en Camargue dans les années 1960 [1]. Ces 9 prélèvements étaient positifs en IgG contre West Nile. Pour étayer cette suspicion, deux séries de prélèvements réalisées dans un même élevage en mars et en octobre 1996 étaient testées contre West Nile et montraient une nette séroconversion entre les deux dates. La confirmation venait de l'identification par immunofluorescence du virus isolé en culture et l'étude en microscopie électronique montrait les aspects caractéristiques de cette famille des Flaviviridae rapportés dans la légende.
Illustrations
Figure 1. Les cellules en culture inoculées par les suspensions
virales ont été fixées directement dans la boîte
par 1,6 % glutaraldéhyde dans un tampon phosphate 0,1 M pH 7,4,
pendant trois heures, puis post-fixées par 2 % de tétroxyde
d'osmium dans le même tampon. Les échantillons sont ensuite
déshydratés, inclus dans une résine époxyde
puis coupés et observés.
Deux aspects très différents peuvent être observés
dans les échantillons. D'une part des virus libres de très
petite taille (50 nm) visibles dans les espaces intercellulaires (V flèche)
et d'autre part des masses importantes, presque para-cristallines de protéines
virales en cours d'assemblage dans la région golgienne (G, vésicules
golgiennes). On peut noter aussi que des virus peuvent être réabsorbés
par les cellules par endocytose à vésicules mantelées
(coated pit) (insert flèche).