Accueil > Revues > Biologie et recherche > Virologie > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Biologie et recherche
Virologie
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable

Quantification de la charge virale dans le suivi des infections herpétiques : faut-il la recommander ?


Virologie. Volume 4, Numéro 6, 493-4, Novembre - Décembre 2000, Retour de congrès


Résumé  

Auteur(s) : J. Gozlan, Service de bactériologie-virologie, Hôpital Saint-Antoine, 184, rue du Faubourg-Saint-Antoine, 75571 Paris Cedex 12..

Résumé : La mesure de la charge virale a montré depuis quelques années son importance majeure dans le suivi des infections à VIH ou liées aux virus des hépatites B et C. L’intérêt de cette approche dans le diagnostic ou le suivi d’infections liées à certains virus du groupe Herpès était l’objet de l’atelier annuel du Groupe de réflexion et d’études sur le contrôle des infections virales (Greciv), qui s’est déroulé le 20 juin 2000 à Paris. Les trois virus réellement concernés aujourd’hui par cette question sont le cytomégalovirus (CMV), le virus d’Epstein-Barr (EBV) et le huitième herpès virus humain (HHV8), en raison de leur importance clinique chez l’immunodéprimé, mais aussi parce ce sont ceux pour lesquels des outils fiables de quantification sont disponibles.

ARTICLE

La mesure de la charge virale a montré depuis quelques années son importance majeure dans le suivi des infections à VIH ou liées aux virus des hépatites B et C. L'intérêt de cette approche dans le diagnostic ou le suivi d'infections liées à certains virus du groupe Herpès était l'objet de l'atelier annuel du Groupe de réflexion et d'études sur le contrôle des infections virales (Greciv), qui s'est déroulé le 20 juin 2000 à Paris.

Les trois virus réellement concernés aujourd'hui par cette question sont le cytomégalovirus (CMV), le virus d'Epstein-Barr (EBV) et le huitième herpès virus humain (HHV8), en raison de leur importance clinique chez l'immunodéprimé, mais aussi parce ce sont ceux pour lesquels des outils fiables de quantification sont disponibles.

Sommes-nous prêts techniquement ?

La réponse à cette question est un « oui, mais... ». Ainsi, des outils commerciaux existent, depuis quelques années (antigénémie CMV), moins longtemps (PCR quantitative Monitor CMV, Nasba Nuclisens CMV) ou devraient apparaître très vite (ADN branché CMV). De plus, le développement de la technique de PCR en temps réel autorise maintenant, au sein des laboratoires équipés, une quantification fiable des génomes viraux, à un moindre coût, et surtout de façon indépendante de la mise à disposition de kits commerciaux. Ces techniques, appliquées aux trois virus précités, fonctionnent déjà dans certains de ces laboratoires. Leurs performances intrinsèques sont satisfaisantes, mais un travail de consensus reste nécessaire, afin de préciser les seuils de normalité ou d'intervention (ainsi que les unités les plus appropriées), et surtout de comparer les résultats provenant de techniques différentes, imposant ou non un travail d'harmonisation de celles-ci. Des soutiens financiers et logistiques doivent maintenant être trouvés auprès des organismes concernés, autorisant la mise en place des contrôles de qualité nécessaires à ce travail.

Quelles sont les indications essentielles de cette quantification ?

Elles varient selon les trois virus, mais ne concernent aujourd'hui que la population immunodéprimée, puisque leur apport dans d'autres circonstances (risque de transmission materno-fœtale du CMV, infection nosocomiale...) n'est pas connu.

Le cytomégalovirus

L'intérêt du traitement anticipé d'une infection à CMV avant l'apparition éventuelle de signes cliniques a été démontré chez les patients greffés de moelle allogéniques. Au vu d'études reposant sur l'antigénémie, la quantification du niveau de l'infection est intéressante puisque le niveau de la charge virale semble être corrélé avec le risque de maladie, permettant de limiter ces traitements aux patients les plus à risque. Le suivi sous traitement pourrait aussi bénéficier de cette approche quantitative, même s'il est concevable d'exiger sur cette population une négativation pure et simple des marqueurs avant de décider d'interrompre un traitement.

On peut supposer que ces résultats puissent également s'appliquer à certains types d'autogreffe, notamment celle utilisant des cellules CD34+ purifiées dont on sait qu'elle présente un risque élevé d'atteinte viscérale après infection. Il en est de même des transplantations d'organes solides, sur lesquelles les traitements prophylactiques ou anticipés ont démontré leur intérêt par rapport au traitement curatif des maladies à CMV constituées.

L'étude ANRS Prédivir démontre enfin qu'à l'heure des multithérapies, les marqueurs de l'infection à CMV gardent leurs valeurs prédictives chez les sujets VIH-positifs immunodéprimés. Là encore, la quantification de l'antigénémie ou des génomes viraux permet d'affiner ce diagnostic d'infection et de cibler les sujets les plus à risque de développer rapidement une atteinte viscérale. On pourrait proposer une surveillance qualitative tous les deux mois chez les sujets ayant moins de 100 lymphocytes T CD4 par mm3, puis un rapprochement et une quantification de ce suivi chez les sujets infectés.

Le virus d'Epstein-Barr

Le niveau et l'évolution de la charge virale EBV dans le sang de sujets transplantés est prédictif de la survenue d'un lymphome post-greffe. L'intérêt d'un suivi de cette charge virale au décours de la greffe et jusqu'à 3 mois semble établi dans les situations les plus à risque : allogreffes de moelle HLA incompatible et/ou déplétée en cellules T et/ou comportant du sérum antilymphocytaire ou de l'OKT3 dans le conditionnement ; transplantations d'organe riche en lymphocyte B (intestin ou foie) ou dans un contexte donneur positif-receveur négatif. Ce suivi doit être rapproché, hebdomadaire, en raison des variations rapides de la charge virale EBV parfois observées et des mesures thérapeutiques qui peuvent en résulter : réduction de l'immunosuppression, administration d'anticorps anti-CD20, et probablement dans un futur proche les thérapies cellulaires avec injection de CTL spécifiques.

Il n'existe pas d'indication actuelle du suivi de la charge virale EBV chez le sujet VIH-positif, en dehors de cas ponctuels ou d'études biocliniques en cours.

L'herpèsvirus humain 8

La fréquence des maladies de Kaposi post-transplantation varie de 0,5 à 5 %, mais ce risque est bien plus élevé si l'on ne considère que les sujets séropositifs pour ce virus. Des essais prospectifs sont en cours, mais il semble s'en dégager qu'un suivi pourrait être indiqué chez les transplantés d'organe solide, à condition d'un dépistage sérologique préalable. Seuls les sujets présentant des anticorps contre le HHV8, ou transplantés avec un organe provenant d'un donneur HHV8-positif sont concernés par ce suivi, dont le rythme reste à définir et la durée apparaît prolongée (3 ans), en raison de la survenue parfois très tardive des sarcomes de Kaposi post-greffe.

Comment interpréter les résultats et quels sont les seuils à définir ?

Les études prospectives en cours, ou devant se mettre en place les mois à venir, permettront de mieux définir la valeur de ces examens et les attitudes à adopter en fonction de leurs résultats. Des seuils de normalité, établis sur leur réalisation chez des sujets sains, existent : il s'agit de 1 000 copies pour 100 000 cellules dans le cas de l'EBV (chez un sujet séropositif pour ce virus), et de l'indétectabilité pour le CMV et l'HHV8, variable selon la sensibilité des techniques utilisées pour ces virus. Les seuils d'intervention sont différents, et dépendent également du terrain concerné pour certains virus. Il est admis qu'une intervention thérapeutique doit être proposée chez un greffé de moelle à risque de lymphome post-greffe au-delà de 3 000 copies EBV pour 100 ou 150 000 cellules. Pour le CMV, ce seuil pourrait être, toujours chez les greffés de moelle, de 1 000 copies pour 100 000 cellules, ou de 1 à 5 cellules (selon les auteurs) exprimant l'antigène pp65 pour 200 000 cellules observées. Un niveau d'antigénémie CMV supérieur (10 à 30 cellules positives pour 200 000 cellules) semble être requis chez le sujet VIH-positif. De tels seuils d'intervention ne sont pas encore clairement définis pour le HHV8.

Un point doit cependant être souligné : l'importance de l'étude cinétique de la charge virale, puisqu'une augmentation significative de celle-ci peut avoir plus de valeur qu'un taux stable, même s'il est plus élevé. Il est enfin évident que ces valeurs sont toutes indicatives, et doivent être mises en regard de chaque situation clinique concernée.

Les perspectives

Ces outils de quantification vont se développer dans un futur maintenant proche, et l'heure est évidemment à leur évaluation prospective. Les mois prochains devraient attester de leur fiabilité, reproductibilité et homogénéité, confirmer les indications actuelles et peut-être en trouver d'autres. Les interventions thérapeutiques optimales en réponse à ces quantifications seront précisées lors de ces travaux prospectifs à venir. Ces techniques trouveront de plus une place privilégiée dans des études fondamentales, s'intéressant notamment à la latence et à la réactivation des herpèsvirus. Il conviendra enfin d'associer cette quantification à l'analyse des réponses cellulaires spécifiques, pour appréhender de façon globale les équilibres mis en jeu dans l'organisme permettant ou non à ces virus d'échapper au contrôle immunitaire et d'entraîner des infections sévères.

Orateurs étant intervenus lors de cet atelier : Pr H. Agut (Paris), Dr V. Giordanengo (Nice), Pr A. Garbarg-Chenon (Paris), Pr J.-M. Seigneurin (Grenoble), Dr V. Calvez (Paris).

Animateurs et rapporteurs de la table ronde : Dr G. Raguin (Paris), Pr J.-C. Nicolas (Paris), Pr V. Leblond (Paris), Dr A.-M. Fillet (Paris), Pr N. Milpied (Nantes).


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]