ARTICLE
Papillomavirus et cancer du col utérin
Le cancer du col utérin correspond à un carcinome épidermoïde
(malpighien) dans 90 % des cas et à un adénocarcinome dans
10 % des cas. C'est un cancer d'évolution lente qui est précédé
par des lésions intraépithéliales appelées
néoplasies intraépithéliales cervicales (cervical
intraepithelial neoplasia ou CIN). Ces lésions précancéreuses
sont caractérisées histologiquement par une désorganisation
de l'architecture de l'épithélium, des atypies nucléaires
et des figures de mitoses anormales. Les grades I, II, III ou les termes
bas grade et haut grade sont utilisés pour définir la hauteur
de l'épithélium malpighien impliquée par ces anomalies
(figures 1 et 2). Il n'existe
qu'un type de lésion intraépithéliale glandulaire
pour l'adénocarcinome appelé adénocarcinome in
situ. La lente évolution des lésions intraépithéliales
permet de dépister ce cancer avant qu'il ne devienne invasif. Leur
traitement entraîne une guérison sans risque de métastases.
Le dépistage des lésions précancéreuses se
fait par la cytologie qui classe les anomalies selon la terminologie de
Bethesda (tableau 1) [1].
Les anomalies cytologiques des cellules malpighiennes (squamous cells)
bien définies sont classées soit en lésions malpighiennes
intraépithéliales de bas grade (low grade squamous intraepithelial
lesion ou LSIL) si elles correspondent uniquement à des koïlocytes
(figure 3), soit en lésions
malpighiennes intraépithéliales de haut grade (high grade
squamous intraepithelial lesion ou HSIL) si ces anomalies affectent
des cellules de type basal (figure
4). Les anomalies cytologiques mal définies sont classées
en atypies des cellules malpighiennes de signification indéterminée
(ASC-US) (figure 5) ou
ne permettant pas d'exclure une lésion intraépithéliale
de haut grade (ASC-H). Les anomalies des cellules glandulaires sont classées
en adénocarcinome in situ ou atypies des cellules glandulaires.
Le cancer du col utérin est fréquent, avec environ 360
000 nouveaux cas diagnostiqués dans le monde en 1990 et 190 000
décès [2]. Il représente la première cause
de mortalité par cancer chez la femme dans les pays en voie de
développement, où le dépistage n'a pas été
mis en place. L'incidence de ce cancer a baissé de manière
importante dans les pays où le dépistage par la cytologie
existe [3]. Pourtant, même dans ces pays, il reste un problème
de santé publique. Dans 60 % des cas, les femmes qui développent
ce cancer aux États-Unis n'ont pas eu de dépistage ou l'ont
eu de manière trop espacée [4, 5]. Dans 10 % des cas, elles
ont eu un frottis mais n'ont pas eu un suivi approprié. Enfin,
dans 30 % des cas, elles ont développé un cancer invasif
en dépit d'un frottis régulier [4, 5]. En France, environ
3 600 nouveaux cas sont diagnostiqués par an et 1 600 femmes meurent
de ce cancer [6]. Les raisons de développer un cancer du col utérin
sont les mêmes en France qu'aux États-Unis. Le premier objectif
pour diminuer l'incidence de ce cancer est donc d'augmenter la couverture
de la population. Le second est certainement d'améliorer l'efficacité
de la cytologie chez les femmes ayant un examen cytologique régulier.
Une question d'actualité est la place que pourrait prendre la
détection des papillomavirus humains (PVH) potentiellement oncogènes
dans le dépistage et le diagnostic des précurseurs intraépithéliaux
du cancer du col utérin. Les PVH sont des virus à ADN à
double brin d'environ 7 900 paires de bases. Ils infectent le revêtement
épithélial de la peau et de certaines muqueuses. Ce tropisme
tissulaire se traduit par des interactions spécifiques entre le
virus et sa cellule hôte, le kératinocyte. In vivo,
la réplication du génome viral et la formation de virions
sont étroitement liées au déroulement complet du
programme de différenciation des kératinocytes. Cela explique
pourquoi la réplication de particules virales in vitro n'a
pas encore été obtenue dans les conditions de routine. En
l'absence d'un tel système, le clonage moléculaire des génomes
viraux à partir de l'ADN extrait de biopsies ou de prélèvements
de cellules est une étape nécessaire à la caractérisation
de ces virus et à la définition de leur pouvoir pathogène
et de leur potentiel oncogène. L'organisation génétique
des PVH est caractérisée par l'existence d'un seul brin
codant sur lequel ont été identifiés 8 gènes
ou exons dont les produits sont mis en jeu dans la réplication
du génome viral (E1 et E2), dans la régulation de la transcription
du génome viral (E2), dans l'immortalisation et la transformation
cellulaire (E6 et E7) et dans la synthèse des protéines
de capside des virions (L1 et L2) [7-9].
Plusieurs arguments plaident en faveur du rôle causal
des PVH dans l'étiologie et la progression des lésions précancéreuses
et des cancers invasifs. Plus de 40 génotypes sont susceptibles
d'infecter la muqueuse génitale [10, 11]. Seule une quinzaine d'entre
eux (les PVH 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59, 66, 68) sont
mis en évidence dans les CIN de haut grade [10-15] et sont considérés
comme potentiellement oncogènes. Le PVH16 est mis en évidence
dans 20 % des lésions de bas grade et dans 50 à 60 % des
lésions de haut grade. Une patiente infectée par un PVH16
ou 18 a un risque relatif de développer un CIN de 30 à 50
fois plus important qu'une femme qui ne présente pas d'évidence
d'infection par un PVH [16, 17]. Le risque de progression d'une lésion
de bas grade vers une lésion de haut grade est associé à
la persistance d'une infection par un PVH potentiellement oncogène
[18, 19].
Il existe également de nombreux arguments expérimentaux
qui montrent que les PVH associés aux néoplasies cervicales
interviennent dans toutes les étapes de la carcinogenèse
et que les oncogènes E6 et E7 ont un rôle central dans ce
processus. L'expression des gènes E6 et E7 augmente au cours de
la progression tumorale et les transcrits de ces gènes sont détectés
dans les cancers invasifs [8, 9]. L'intégration du génome
viral au génome cellulaire est observée dans la majorité
des carcinomes invasifs. Cette intégration contribue à la
dérégulation de la transcription des oncogènes viraux.
Les protéines E6 et E7 des PVH oncogènes interagissent l'une
avec la protéine p53 et l'autre avec la protéine pRB, qui
jouent un rôle central dans la régulation du cycle cellulaire.
La dégradation de la protéine p53 qui résulte de
son interaction avec la protéine E6 entraîne une instabilité
génomique. De plus, il existe des variants du PVH16 qui sont associés
avec un risque plus élevé de persistance ou de progression
[20].
Les PVH sont largement répandus dans la population normale et
on estime qu'au minimum 10 à 20 % des femmes sont infectées
de manière latente. Si on les recherche de manière cumulative
par PCR, on peut même les détecter chez 50 % des femmes,
en particulier pendant la grossesse [21]. Seulement une très petite
proportion des femmes infectées par ces virus développe
un CIN de haut grade. On connaît mal les mécanismes qui contrôlent
les étapes clés de l'expression du potentiel oncogène
des PVH que représentent le passage d'une infection latente vers
une néoplasie intraépithéliale et la régression
ou la progression des CIN de bas grade. Ces mécanismes s'exercent
probablement à deux niveaux : la régulation intracellulaire
de l'expression du génome viral par des protéines cellulaires
et la réaction immunitaire dirigée contre les protéines
virales [8, 9]. Des cofacteurs interviennent aussi pour favoriser le développement
d'une lésion après une infection par un PVH oncogène,
comme l'immunosuppression iatrogène ou acquise (VIH), une co-infection
par le virus de l'herpès simplex, l'usage du tabac, la contraception
hormonale [22]. Une minorité de CIN et de cancers invasifs ne contiennent
pas de séquences d'ADN viral [14, 15]. On ne sait pas si cette
non-détection est liée à des tumeurs d'étiologie
différente avec un mauvais pronostic, comme certains l'ont suggéré
[14].
Les méthodes de détection
des PVH
Des méthodes de détection et d'identification se sont
développées dans un but épidémiologique, diagnostique
ou pronostique. La détection et l'identification des PVH dans les
biopsies ou dans les prélèvements de cellules reposent sur
la détection de l'ADN viral dans l'ADN extrait du prélèvement
par hybridation moléculaire ou par PCR. Les différentes
méthodes ont une sensibilité et une spécificité
variables et sont complémentaires les unes par rapport aux autres
[23].
La détection de l'ADN viral sans amplification
* La technique de southern-blot
La méthode de référence a été pendant
longtemps la technique de transfert-hybridation (southern blot hybridization).
L'ADN extrait du prélèvement est coupé par une endonucléase
de restriction de référence (Pst1). Après électrophorèse,
transfert sur une membrane et hybridation avec une sonde nucléique,
le plus souvent radioactive, spécifique d'un PVH ou de plusieurs
PVH (mélanges de sondes), l'identification du type de PVH est déduite
de l'analyse du nombre et de la taille des fragments générés
par cet enzyme. Cette technique peut être utilisée dans des
conditions variables d'hybridation. Dans des conditions moins strictes
d'hybridation, des ADN viraux n'ayant que des homologies partielles avec
les sondes utilisées peuvent être mis en évidence,
ce qui permet d'identifier un large spectre de génotypes connus
ou des PVH non encore caractérisés. Elle permet aussi de
mettre en évidence des infections par des types multiples de PVH
et d'étudier l'état physique des séquences virales
détectées, libres ou intégrées dans l'ADN
cellulaire. Cette méthode permet de détecter de 0,2 à
1 copie d'ADN viral par cellule. Ce seuil de détection est compatible
avec un rôle dans le mécanisme de la carcinogenèse.
* La capture d'hybride
La technique d'hybridation moléculaire non radioactive appelée
Hybrid Capture Assay, commercialisée par Digene Diagnostics,
a été agréée comme méthode de détection
des PVH par la Food and Drug Administration et commercialisée aux
États-Unis et dans la plupart des pays européens [24]. Cette
méthode détecte l'ADN viral à l'aide de sondes ARN.
La capture des hybrides est réalisée avec un anticorps spécifique
des hybrides ADN/ARN ; les hybrides sont ensuite révélés
par une approche immunoenzymatique utilisant un substrat qui permet une
amplification du signal par un mécanisme de chimioluminescence.
La méthode utilise deux mélanges de sondes, contenant l'une
que des ARN spécifiques des PVH génitaux non oncogènes
(types 6, 11, 42, 43 et 44) et l'autre des ARN spécifiques des
PVH génitaux potentiellement oncogènes (types 16, 18, 31,
33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59 et 68). La méthode permet une
analyse semi-quantitative de la charge virale. Elle est plus sensible
que la technique de southern-blot et détecte environ 5 000 molécules
d'ADN viral [24].
* L'hybridation in situ
Cette méthode permet de préserver la morphologie du prélèvement
et de localiser l'ADN viral ou ses transcripts au niveau du tissu et de
la cellule infectée. Sa sensibilité est de 20 à 50
copies d'ADN viral par cellule [23]. Elle est intéressante pour
comprendre la pathogénie du cancer du col, mais n'est pas utilisée
pour son dépistage ou son diagnostic.
La détection de l'ADN viral après
amplification par PCR
La technique d'amplification en chaîne de séquences d'ADN
par la polymérase (polymerase chain reaction ou PCR) est
largement utilisée dans la détection et l'identification
des infections à PVH [23, 25-28] et permet de mettre en évidence
de 10 à 100 copies d'ADN viral. C'est la méthode la plus
sensible. La PCR peut se faire en utilisant des amorces dégénérées
ou consensus localisées dans une région conservée
du gène L1, telles que les amorces MY11/MYO9 [29] ou GP5+/GP6+
[30] permettant de détecter un large spectre de génotypes.
La PCR peut aussi utiliser des amorces spécifiques de type (PVH
6, 11, 16, 18, 31, 33...) [31]. La mise en évidence des produits
d'amplification peut ensuite se faire de différentes manières
: 1) en hybridant les produits d'amplification avec des sondes oligonucléotidiques
consensus ou des sondes spécifiques de type ; 2) en utilisant la
technique du polymorphisme de taille des fragments de restriction (RFLP)
basée sur l'identification des ADN viraux en fonction du nombre
et de la taille des fragments obtenus après traitement des produits
d'amplification par des enzymes de restriction et électrophorèse
sur gel d'agarose [32] ; 3) en effectuant le séquençage
des produits d'amplification et en comparant la séquence obtenue
avec une banque de données qui permet d'identifier les types de
PVH et leurs variants [32].
Des approches pour quantifier l'ADN viral sont en cours d'évaluation
: les amorces nucléotidiques peuvent être marquées
à la biotine et les produits d'amplification sont alors révélés
par le complexe streptavidine-biotine et la peroxydase par une méthode
semi-quantitative [33]. Une méthode de PCR en temps réel
[34] permet également une quantification de l'ADN viral dans les
prélèvements [35, 36].
Indications cliniques de la détection
de l'ADN d'un PVH
Prise en charge d'un frottis anormal
Le meilleur moyen de prendre en charge les femmes dont le frottis comporte
des atypies des cellules malpighiennes mal définies (ASC-US) reste
un sujet de controverses [37-39]. Certains cliniciens proposent de suivre
ces femmes en répétant un frottis six mois plus tard en
se basant sur les arguments suivants. Les anomalies détectées
peuvent ne correspondre qu'à des atypies de réparation dans
un contexte inflammatoire ou à une métaplasie immature qui
sont surévaluées en cytologie. D'autre part, si ces anomalies
correspondent à une véritable lésion intraépithéliale
de bas grade, beaucoup d'entre elles régressent spontanément
sans traitement ou ne progressent que lentement vers une lésion
de haut grade. Cette lente évolution permet de suivre ces lésions
par la cytologie sans faire prendre de risque à la patiente et
permet de traiter seulement les anomalies qui persistent plus de 2 ans.
Cependant, 5 % de ces anomalies correspondent à des lésions
de haut grade et même parfois des cancers invasifs et certains cliniciens
préfèrent d'emblée pratiquer une colposcopie.
La détection de l'ADN d'un PVH a été proposée
comme une alternative pour trier, parmi les patientes avec un diagnostic
cytologique d'ASC-US, celles qui nécessitent un examen colposcopique
[40-44]. L'objectif de ce typage est de détecter dans ce groupe
de femmes celles qui ont une infection par un PVH potentiellement oncogène
et qui sont à risque d'avoir ou de développer une lésion
de haut grade. Des études ont comparé la sensibilité
et la spécificité du suivi cytologique et de la virologie
par rapport à la biopsie sous colposcopie systématique [40-44].
La sensibilité correspond à la probabilité qu'une
patiente qui a une néoplasie intraépithéliale ait
un test positif. La spécificité est la probabilité
qu'une femme qui n'a pas de néoplasie intraépithéliale
ait un test virologique négatif. La virologie a une meilleure sensibilité
que le suivi cytologique pour détecter la présence d'un
CIN de haut grade (tableau
2). La recherche d'un PVH oncogène pourrait être effectuée
parallèlement à la cytologie de contrôle faite par
la méthode conventionnelle ou se faire sur le matériel résiduel
de la cytologie quand le prélèvement est effectué
en milieu liquide [45]. Ce mode de prélèvement permet de
faire un étalement des cellules en couche mince ou monocouche par
un processus de centrifugation ou de sédimentation. Il permet de
faire le test virologique sur une partie du matériel prélevé
pour la cytologie et évite une deuxième visite pour la patiente.
Les patientes ayant un test virologique positif auraient une colposcopie.
Une virologie négative conduirait à un suivi cytologique
(tableau 3). En revanche,
la spécificité de la virologie est inférieure à
celle de la cytologie. Si l'on admet que la prévalence d'un CIN
de haut grade est de l'ordre de 5 % chez les patientes ayant un ASC-US,
il faut comparer le bénéfice de détecter plus tôt
un petit nombre de lésions précancéreuses avec le
coût additionnel suscité par des colposcopies chez de nombreuses
femmes qui n'ont pas de lésion de haut grade [46]. Des études
coût/efficacité doivent être faites dans chaque pays
en tenant compte du prix de la colposcopie, de la facilité d'accès
à cet examen, du prix de la cytologie en milieu liquide et de celui
de la virologie. Elles permettront de choisir entre la recherche d'un
PVH, le suivi cytologique ou la colposcopie d'emblée pour une patiente
qui a un diagnostic cytologique d'ASC-US (tableau
3). Les défenseurs du test virologique viennent plutôt
des États-Unis où le contexte économique est très
différent de celui de la France et où la colposcopie et
la biopsie ont un coût beaucoup plus élevé.
La détection d'un PVH n'est pas utile pour les patientes qui
ont un diagnostic cytologique de lésion intraépithéliale
de bas grade ou de haut grade [42, 47], mais pourrait l'être dans
certains cas particuliers, comme celui d'une patiente qui a une lésion
persistante en cytologie et des biopsies négatives [48]. Peu de
données sont à ce jour disponibles pour établir l'intérêt
d'un test virologique pour une patiente qui a un diagnostic cytologique
d'atypie glandulaire [49]. Enfin, la détection d'un PVH dans le
suivi des patientes traitées par conisation pour détecter
la persistance ou la récidive d'une lésion est également
une indication en cours d'évaluation [50, 51].
Dépistage primaire
Dans le cadre du dépistage systématique des précurseurs
du cancer du col utérin, la détection de l'ADN d'un PVH
a été proposée, seule ou associée au frottis.
La sensibilité de la virologie est le plus souvent supérieure
à celle de la cytologie pour dépister les CIN de haut grade
(tableau 4) [52-55]. L'absence
de détection d'un PVH est associée à un faible risque
d'avoir ou de développer une lésion précancéreuse
du col et correspond à une valeur prédictive négative
élevée. Associée à une cytologie négative,
elle permettrait d'espacer l'intervalle de dépistage, améliorant
le rapport coût/efficacité du dépistage du col. Plusieurs
études sont en cours en Europe et aux États-Unis pour évaluer
cet aspect. La valeur prédictive négative de la virologie
n'étant pas de 100 % (tableau
4), cela signifie aussi qu'il existe une faible proportion de lésions
précancéreuses et de cancers invasifs du col non détectés
par la virologie [15]. On ne sait pas si de telles lésions témoignent
d'une voie de carcinogenèse non associée aux PVH ou de l'inadéquation
des méthodes actuellement utilisées pour détecter
l'infection par certains PVH.
La spécificité de la virologie est moins bonne que celle
de la cytologie. La détection d'un PVH ne signifie pas la présence
d'une lésion clinique, et d'autres examens seraient nécessaires
pour différencier les infections latentes des infections associées
à une lésion. La fréquence des infections latentes
ou transitoires est importante chez les femmes avant 35 ans [15, 56-58].
Dans le contexte d'un dépistage, une approche virologique chez
des femmes jeunes conduirait à examiner un nombre important de
femmes sans lésion décelable par la cytologie ou la colposcopie.
Chez les femmes plus âgées, la persistance d'une infection
par un PVH oncogène est un facteur de risque significatif d'avoir
ou de développer une lésion [15, 58, 59]. Mais il n'existe
pas de consensus sur la prise en charge la plus adéquate pour le
clinicien en cas de test virologique positif et de cytologie négative
: faire des frottis annuels, répéter le test de détection
d'un PVH pour évaluer la persistance de l'infection ou faire d'emblée
une colposcopie ?
Certains proposent également le dépistage virologique
primaire dans les pays en voie de développement quand il n'existe
pas de dépistage cytologique [54]. Là aussi des études
de coût/efficacité sont nécessaires pour choisir la
mise en place d'un dépistage virologique ou cytologique et mettre
en place le suivi et le traitement des lésions associées.
CONCLUSION La
détection et l'identification des PVH ont une place dans la prise
en charge des atypies malpighiennes mal définies. Des tests de détection
des PVH oncogènes encore plus performants sont en cours d'évaluation.
Il persiste cependant des inconnues, parmi lesquelles le pourcentage réel
de cancers invasifs du col utérin non associés à un
PVH et le rôle de la variabilité des PVH potentiellement oncogènes
dans la persistance et la progression des lésions précancéreuses.
Ces considérations doivent être prises en compte pour définir
les stratégies de dépistage du cancer du col utérin.
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