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L'objectif de cette rubrique est de promouvoir la communication, l'échange
d'idées et d'informations entre virologues de toutes spécialités
afin de faire mieux « vivre » notre discipline. Vous y trouverez
régulièrement des informations sur l'enseignement, une liste
régulièrement actualisée de conférences et
de congrès nationaux et internationaux, des présentations
et commentaires d'ouvrages, des discussions d'aspects réglementaires,
etc. Nous sollicitons votre participation active dans l'animation de ces
thèmes et de tout autre information susceptible d'intéresser
la virologie. Vos textes et/ou informations sont à transmettre
à : Noël Tordo, Laboratoire des Lyssavirus, Institut Pasteur,
75724 Paris Cedex 15 Tél. : 33 01 40 61 31 34 Fax
: 33 01 40 61 32 56 E.mail : ntordo@pasteur.fr
Prévention
* Vaccination contre l'hépatite B
La vaccination contre l'hépatite B a fait l'objet d'une polémique
concernant le risque particulier d'induire des atteintes dégénératives
du systèmes nerveux. Cette attaque contre le vaccin n'a pas de
réel fondement scientifique comme cela a déjà été
mentionné dans nos colonnes (Virologie 1997 ; 1 (5) : 363-4).
En revanche, l'efficacité de ce vaccin dans la prévention
des complications de l'infection par le virus de l'hépatite B (VHB),
en particulier le cancer primitif du foie, a été démontrée
de façon indiscutable. Dans ce contexte, il est utile de rappeler,
dans ses grandes lignes, l'avis formulé en juin 1998 par le Comité
technique des vaccinations et la section des maladies transmissibles du
Conseil supérieur d'hygiène publique de France à
ce sujet. Cet avis (publié intégralement dans le Bulletin
épidémiologique hebdomadaire 1998, n° 31 : 133-4)
définit les groupes à risque d'infection par le VHB, définition
qui a conduit à préconiser une très large vaccination
en population générale. Ces groupes sont les personnels
des établissements de soin et de prévention, les personnes
susceptibles d'être, au cours de leurs activités, en contact
direct avec des sujets infectés ou exposés au sang et autres
produits biologiques, les nouveau-nés de mères infectées,
les enfants accueillis en collectivité. Cette définition
étendue englobe les malades susceptibles d'être transfusés
ou greffés, l'entourage des sujets infectés, les personnes
exposées à une transmission sexuelle du VHB ainsi que celles
appelées à voyager ou à séjourner dans les
pays d'endémie (Afrique, Asie, Amérique centrale et du Sud).
Un unique schéma de vaccination est préconisé : il
comporte trois doses administrées avec un intervalle d'au moins
un mois entre la première et la deuxième, de 5 à
12 mois entre la deuxième et la troisième. Une vaccination
accélérée comportant trois doses rapprochées
et une quatrième un an après reste possible quand l'immunisation
doit être rapidement acquise. Dans le schéma général,
les rappels systématiques au-delà des trois injections initiales
ne sont plus recommandés. Cependant, pour les professionnels de
santé et les autres personnes très exposées au VHB,
cette attitude doit être modulée en fonction de l'âge
auquel a été pratiquée la première vaccination
: après l'âge de 25 ans, le rappel prévu par les textes
réglementaires doit être effectué suivi de la mesure
du taux des anticorps anti-HBs sériques et la nécessité
de procéder à des injections additionnelles sera à
considérer si ce taux est inférieur à 10 mUI/ml.
Pour les sujets dialysés, la surveillance du taux des anticorps
anti-HBs doit être annuelle et s'accompagner d'un rappel si ce taux
est inférieur à 10 mUI/ml.
* Accident d'exposition
au sang et virus de l'hépatite C
La circulaire DGS/DH/DRT n° 98/634 d'août 1998, se référant
à la circulaire DGS/DH/DRT/DSS n° 98/228 d'avril 1998, précise
la conduite à tenir vis-à-vis du virus de l'hépatite
C (VHC) lors d'un accident d'exposition au sang (blessure, piqûre).
Dans tous les cas, la recherche du statut du sujet source vis-à-vis
du VHC
est déterminante et un bilan doit lui être proposé
: sérologie VHC et, en cas de
positivité, amplification génique (PCR) à
la recherche d'une virémie à VHC. Si le sujet source est
infecté par le VHC ou si son statut ne peut être connu, un
suivi de
la personne exposée doit être fait afin de reconnaître
précocement le survenue d'une hépatite aiguë due au
VHC : dosage des transaminases en début de surveillance, tous les
quinze jours pendant 3 mois, puis tous les mois pendant 3 mois, sérologie
VHC en début de surveillance, à 3 mois et 6 mois. Toute
élévation des transaminases pendant la période de
suivi justifie une PCR-VHC.
Ouvrages
* Les virus, de la structure aux pathologies
H. Terzian. Collection Pavages, Diderot Éditeur, Arts et Sciences,
1998, 169 p.
Cet ouvrage, destiné aux étudiants des premier et deuxième
cycles universitaires de biologie et de médecine, a pour but d'introduire
le lecteur dans le monde de la virologie. Il est divisé en quatre
grandes parties consacrées respectivement à la définition
et à la classification des virus, au cycle viral et à la
réplication des génomes viraux, à l'immunité
et au pouvoir pathogène, enfin à l'écologie des infections
virales. L'approche est le plus souvent transversale, mettant sur le même
plan, par exemple, la réplication des phages et celle des virus
humains, animaux ou des plantes, ce qui est tout à fait en accord
avec l'unité structurale et fonctionnelle des virus. Les chapitres
consacrés au pouvoir pathogène et à l'épidémiologie
mettent l'accent sur l'actualité et la gravité de certaines
viroses humaines et animales, une démarche tout aussi pertinente
montrant que les virus ne sont pas seulement un intéressant phénomène
biologique mais aussi un danger pour la santé. Malgré les
dimensions modestes de ce livre de format « poche », ses objectifs
didactiques sont pleinement remplis et sa lecture devrait inciter les
étudiants les plus curieux à aborder des ouvrages plus spécialisés.
On peut regretter, de ce point de vue, l'absence de références
bibliographiques précises, même en nombre limité,
car elles auraient contribué à faciliter le travail d'approfondissement.
On peut regretter aussi certaines erreurs ou approximations : les lentivirus
ne sont pas des rétrovirus oncogènes (page 138), le singe
macaque ne doit pas être considéré comme un réservoir
de VIH au sens propre (page 159). Ces erreurs peuvent être la source
de confusions et seront, sans nul doute, rapidement corrigées.
En revanche, il faut louer la présentation très réussie
de cet ouvrage, qui bénéficie d'une typographie aérée
et d'illustrations de belle qualité. Au total, un bon livre d'initiation,
facile à transporter et à lire, le tout à un prix
raisonnable.
Bêtisier
Virologie est une revue sérieuse, didactique, diffusant
des connaissances scientifiques actualisées dans tous les domaines
de la virologie. Pour autant, elle ne se veut pas austère et se
propose d'égayer ses numéros avec quelques « perles
virologiques », glanées çà et là. Si,
au cours de votre activité professionnelle, vous avez été
confrontés à des mots ou des événements qui
prêtent à sourire, n'hésitez pas à en faire
profiter nos lecteurs.
Dans des prescriptions :
- de sérologie des hépatites : antigènes d'Australie,
IgM anti-deltaplane, anticorps anti-nucléocapsulés ;
- de sérologie VIH : western bloc, antigène B24.
D'un correspondant liégois, humour belge de doctorants en médecine
vétérinaire répondant à des questions sur
la pathologie des maladies virales :
- Q. Étiologie de la maladie de Newcastle (aussi dénommée
pseudopeste aviaire, causée par un paramyxovirus) ;
- R. Maladie appelée aussi « pseudorage », causée
par un « parapoxvirus ».
Réponse erronée, mais véritable condensé
de virologie vétérinaire : la pseudorage, ou maladie d'Aujeszky,
est provoquée par un herpèsvirus infectant de nombreuses
espèces de mammifères, mais pas les oiseaux ; les parapoxvirus
sont responsables du nodule d'Orf chez l'homme et d'entités cutanées
chez les ruminants.
La disparition de Jonathan Mann (1947-1998)
Jonathan Mann, récemment disparu dans un accident d'avion, restera
dans l'histoire comme une des personnalités les plus marquantes
dans la lutte contre l'infection à VIH et le sida. Avant d'étudier
la médecine à Saint-Louis et Boston, il s'était intéressé
à l'histoire et aux sciences politiques, séjournant en particulier
à Paris. Spécialiste de médecine interne, épidémiologiste,
il a été engagé par le Center for Disease Control
(CDC) et a exercé son activité de surveillance des maladies
infectieuses pendant plusieurs années au Nouveau-Mexique. Ce médecin
américain, parlant parfaitement la langue française, est
envoyé au Zaïre en 1984. C'est là qu'il est confronté
au sida et qu'il en perçoit la dimension mondiale, avec la nécessité,
non seulement de lutter contre le virus, mais aussi d'améliorer
les conditions sociales qui favorisent l'émergence de la maladie.
En 1986, il devient directeur du programme sida de l'OMS et donne une
impulsion majeure à l'engagement de cet organisme contre l'infection
à VIH. Il y associe une réflexion éthique sur la
santé en affirmant que la lutte contre le sida est indissociable
de celle pour le respect des droits de l'homme. Il quitte l'OMS en 1990
et devient professeur d'épidémiologie et de santé
publique, à Harvard puis à Philadelphie. Sa volonté
de combattre l'exclusion et la précarité au sens le plus
large reste intacte, comme le montre son engagement aux côtés
de Médecins du Monde. Cela l'a conduit parfois à privilégier
l'implication sociale au détriment de certaines réalités
scientifiques, comme lors de la récente controverse sur la pertinence
des essais vaccinaux de phase III contre le VIH. Cependant, sa quête
d'une éthique sociale moderne trouve des résonances en chacun
de nous et la mort de ce citoyen du monde, comme le qualifie si bien Emmanuel
Hirsch, ne peut nous laisser indifférents.
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