ARTICLE
Auteur(s) : C Dupont, I
Madelaine-Chambrin, P Faure
Service de pharmacie, Hôpital Saint-Louis, AP-HP, 1 avenue
Claude Vellefaux, 75475 Paris Cedex 10
Les anticorps monoclonaux (AcMo) représentent une classe de
médicaments en pleine expansion depuis les dix dernières années.
Grâce aux nombreux antigènes cibles disponibles, cette classe de
médicaments s’adresse à des pathologies variées comme la
cancérologie [1-3], la dermatologie [4, 5], la rhumatologie [6], la
transplantation d’organe [7] ou plus récemment la neurologie [8].
En décembre 2006, il était dénombré plus de 114 AcMo en
développement dont 74 % en phase II ou III. Une trentaine de
molécules devraient arriver sur le marché d’ici 2009. Aucune
recommandation officielle concernant les bonnes pratiques
d’administration des anticorps monoclonaux n’est actuellement
disponible, générant une hétérogénéité des pratiques. Même s’ils
sont tous administrés par voie injectable de par leur nature
protéique, ces AcMo se révèlent avoir des modes d’administration
différents. Après avoir recensé un certain nombre de critères
propres à chaque AcMo (commercialisés, sous autorisation temporaire
d’utilisation ou en essai clinique), nous avons recherché si une
uniformisation des pratiques était possible.
Matériels et méthodes
Dans un premier temps, nous avons recensé tous les AcMo ayant une
AMM en France ainsi que ceux utilisés à l’hôpital Saint-Louis
(AP-HP, Paris), sous autorisation temporaire d’utilisation (ATU) ou
en essai clinique.
Pour chacun des AcMo, nous avons ensuite listé un certain nombre
de critères spécifiques. Du point de vue pharmacologique, ont été
renseignés : le principe actif, le nom de spécialité, le
laboratoire, le type d’anticorps, la voie d’administration et la
prémédication éventuelle. Nous avons indiqué la nécessité ou non de
dispositifs médicaux (DM) associés tels que les filtres, les
tubulures, les poches. Et nous avons également étudié le
conditionnement, la galénique du produit (lyophilisat à
reconstituer ou solution), la durée de perfusion, le débit
d’administration.
Les AcMo ont été répartis en groupes en fonction de leur
indication : cancérologie, prévention du rejet de greffe et
autres.
A partir de tous les items recensés, nous avons effectué des
regroupements pour étudier les liens éventuels entre les items.
Nous nous sommes ensuite focalisés sur les modalités
d’administration (débit, posologie, tolérance, DM associés, voie
d’administration) en fonction du type d’anticorps.
Résultats
L’analyse a porté sur 25 AcMo : 16 ayant une AMM, 2 étant sous
ATU et 7 en essai clinique. Les principaux résultats sont résumés
dans le tableau 1 (anticorps
monoclonaux étudiés et leurs principales caractéristiques).
Concernant leurs indications, pour les médicaments ayant une
AMM, 7 d’entre eux (43,8 %) sont indiqués en cancérologie, 3
(18,7 %) dans le rejet de greffe et 6 (37,5 %) dans
d’autres indications. Pour les AcMo en développement, leur
répartition est respectivement de 3 (33,3 %), 2 (22,2 %)
et 4 (44,5 %). Les autres indications rencontrées sont
majoritairement la polyarthrite rhumatoïde, le psoriasis, la
maladie de Crohn, l’asthme…
La comparaison des voies d’administration montre que les
répartitions sont respectivement pour les médicaments ayant une AMM
et pour ceux en développement de 12 et 7 en intraveineuse (IV), 3
et 2 en sous-cutanée (SC) et 1 ayant une AMM en intramusculaire
(IM).
Tous les AcMo administrés en cancérologie sont administrables
par voie IV. Ils correspondent aux premiers AcMo commercialisés. A
noter que les traitements associés (cytotoxiques) sont dans la
majorité des cas administrés par cette même voie. Cette voie IV se
justifie d’autant plus que les patients sont porteurs d’un cathéter
ou d’une chambre à cathéter implantable, facilitant leur
administration. Dans la prévention du rejet de greffe, que ce soit
en traitement péri opératoire ou en traitement d’entretien, là
aussi, c’est la voie IV qui est utilisée. Pour les autres
indications, la voie d’administration est plus variable. La voie SC
semble être en émergence et son intérêt réside en particulier dans
le traitement des maladies chroniques. C’est le cas dans le
traitement de l’asthme, de maladies auto-immunes ou du psoriasis.
Il existe un cas particulier (palivizumab, Synagis®)
administré par voie IM. Cet anticorps, indiqué dans la prophylaxie
du virus respiratoire syncitial (VRS) chez les nourrissons, a été
développé pour cette voie du fait de l’âge des enfants à qui il est
administré. Une injection IM étant plus sure et plus facile qu’une
injection SC ou IV pour les nouveau-nés. En conclusion la tendance
objectivée est l’augmentation de la voie SC facilitant
l’auto-administration. Ces données sont regroupées dans le tableau 2 (relation entre le type
d’anticorps et la voie d’administration).
Les premiers AcMo commercialisés étaient murins ou chimériques.
A l’heure actuelle, les nouveaux médicaments de cette classe sont
majoritairement humanisés ou humains. Tous les anticorps murins ou
chimériques sont administrés par voie IV. A contrario, tous les
AcMo administrés par voie SC sont humanisés ou humains. La voie SC,
immunogène, n’a pu être utilisée qu’après le développement d’AcMo
humanisés ou humains moins immunogènes. En conclusion, les nouveaux
AcMo majoritairement humanisés ont été développés avec
l’administration par voie SC.
De la même façon nous avons analysé la relation type
d’anticorps/tolérance. Le constat montre que les AcMo chimériques
nécessitent majoritairement une prémédication (5/10) alors que les
anticorps humanisés ou humains n’en nécessitent pas (1/15). La
prémédication est généralement composée d’un antihistaminique par
voie orale associé à un corticoïde et à du paracétamol.
La durée de la perfusion a également fait l’objet d’une analyse
par la recherche d’une relation entre la durée de la perfusion et
la tolérance, la prémédication ayant été prise comme item
représentant la tolérance du médicament. Aucune relation n’a pas
été retrouvée : des AcMo administrés en IVD peuvent avoir
besoin d’une prémédication, alors que certains administrés par
perfusion longue n’en nécessitent pas obligatoirement. Dans
l’évolution de la commercialisation des AcMo, les tendances à noter
sont : moins de prémédication, une posologie maximale d’emblée
(alors que précédemment la posologie était instaurée
progressivement) ainsi qu’un débit maximum.
Nous nous sommes également intéressés aux différents DM pouvant
être utilisés avec ces médicaments et notamment les filtres. Lors
de la commercialisation des premiers AcMo, il était recommandé
d’utiliser un filtre spécifique pour chacun d’entre eux, obligeant
le pharmacien à détenir différentes références de filtres.
Actuellement, 6 AcMo nécessitent toujours l’utilisation d’un
filtre. Pour 3 d’entre eux c’est un filtre à 0,2 ou 0,22 μm, 1
dont les pores doivent être inférieurs à 1,2 μm, 1 à
1,2 μm et le Mabcampath® qui, dans sa précédente
présentation, nécessitait l’utilisation d’un filtre à 5 μm. A
noter qu’aucune relation entre le type d’AcMo et l’utilisation d’un
filtre spécifique n’a été retrouvée. Suivant les renseignements
fournis par les laboratoires, les justifications d’utilisation de
ces filtres sont variables. Les filtres à 0,2 μm sont destinés
à prévenir le passage d’éventuels agrégats, celui à 1,2 μm
pour l’infliximab doit assurer « une filtration stérilisante
supplémentaire » et le filtre à 5 μm utilisé pour
l’alemtuzumab était destiné à prévenir le passage de débris de
verre. Une évolution dans l’utilisation de ces DM est à souligner.
Pour l’Erbitux®, lors des essais cliniques le filtre se
plaçait avant la poche, dans l’AMM actuelle il se place après, et
une solution plus concentrée ne nécessitant plus de filtre a été
récemment mise à disposition. De même pour le
Mabcampath® dont la 1re forme galénique qui
exigeait l’utilisation d’un filtre a été substituée par une
nouvelle formule qui n’en nécessite plus. La tendance évolue donc
vers une suppression de l’utilisation de ces filtres. Parmi les
molécules en développement étudiées, seul le Mylotarg®
(utilisé sous ATU dans les LAM) en nécessite encore un.
Pour les autres DM spécifiques devant être utilisés, aucun n’est
lié à la galénique du médicament. L’Erbitux® nécessitait
dans son ancienne formulation une poche vide, le
Mylotarg® une tubulure opaque. Cette protection de la
lumière n’est toutefois pas due à l’AcMo lui-même mais à
l’antibiotique (ozogamycin) qui lui est couplé. Un des AcMo en
essai clinique nécessite une seringue de 1 mL à cause des très
faibles doses qui sont administrées.
Dans la majorité des cas, peu de recommandations
d’administration sont notifiées dans les RCP des médicaments. Pour
6 d’entre eux, le soluté permettant la reconstitution et/ou la
dilution est précisé. Par exemple, pour l’Herceptin®, il
est mentionné qu’il ne doit absolument pas être dilué dans du
glucose 5 %. En termes de régulation de débit, il y a très peu
de données. Pour l’un des AcMo, le fournisseur indique qu’il peut
être perfusé par « pousse-seringue, pompe à perfusion ou
système de goutte à goutte ». Pour les autres, il n’y pas
d’indications précises sur le strict respect du débit (faut-il
utiliser une pompe ou un perfuseur peut-il suffire ?).
Les modalités d’administration n’ont pas de liens avec l’origine
des laboratoires fabricants (européen ou américain). Aucun de ces
pays n’a émis de recommandation spécifique quant à la bonne
utilisation des AcMo. De ce fait les laboratoires, quel que soit
leur pays d’origine, n’ont pas de guidelines leur permettant
d’harmoniser l’administration de ces molécules.
Tableau 1 Anticorps monoclonaux étudiés et leurs
principales caractéristiques.
|
Molécule
|
Spécialité
|
Labo
|
Statut
|
Type AC
|
Indication
|
Voie
|
Filtre
|
Tubulure ou poche particulière
|
|
Abciximab
|
Reopro
|
Centocor/ Lilly
|
AMM
|
Chimérique
|
Complication cardiaque ischémique, réduction risque IDM
|
IV
|
Oui 0,2 µm ou 5 µm agrégats
|
Non
|
|
Adalimumab
|
Humira
|
Abbott
|
AMM
|
Humain
|
Polyarthrite rhumatoïde
|
SC
|
Non
|
Non
|
|
Alemtuzumab
|
Mabcampath
|
Schering
|
AMM
|
Humanisé
|
LLC
|
IV
|
Oui 5 µm fixant les protéines de faible PM
|
Non
|
|
Basiliximab
|
Simulect
|
Novartis
|
AMM
|
Chimérique
|
Rejet du greffon dans formes aiguës de transplantation rénale
|
IV
|
Non
|
Non
|
|
Bevacizumab
|
Avastin
|
Roche
|
AMM
|
Chimérique
|
Cancer colorectal
|
IVL
|
Non
|
Non
|
|
Cetuximab
|
Erbitux
|
Merck
|
AMM
|
Chimérique
|
Cancer colorectal
|
IV
|
Non
|
Non
|
|
Daclizumab
|
Zenapax
|
Roche
|
AMM
|
Humanisé
|
Rejet du greffon dans formes aiguës de transplantation rénale
|
IV
|
Non
|
Non
|
|
Efalizumab
|
Raptiva
|
Serono
|
AMM
|
Humanisé
|
Psoriasis
|
SC
|
Non
|
Non
|
|
Ibritumomab tiuxetan
|
Zevalin
|
Roche/Scherin g
|
AMM
|
Murin
|
LNH
|
IV
|
Oui 0,2 ou 0,22 µm
|
Non
|
|
Infliximab
|
Remicade
|
Schering
|
AMM
|
Chimérique
|
Maladie de Crohn, spondylarthrite ankylosante, polyarthrite
rhumatoïde, rhumatisme psoriasique, rectocolite hémorragique,
psoriasis
|
IV
|
Oui, <1,2 µm
|
Non
|
|
Muromonab
|
Orthoclone
|
Janssen Cilag
|
AMM
|
Murin
|
Rejet du greffon dans formes aiguës de transplantation cardiaque,
hépatique ou rénale
|
IV
|
Non
|
Non
|
|
Omalizumab
|
Xolair
|
Novartis
|
AMM
|
Humanisé
|
Asthme persistant
|
SC
|
Non
|
Non
|
|
Palivizumab
|
Synagis
|
Abbott
|
AMM
|
Humanisé
|
Infection respiratoire due au virus syncytial
|
IM
|
Non
|
Non
|
|
Rituximab
|
Mabthera
|
Roche
|
AMM
|
Chimèrique
|
LNH
|
IV
|
Non
|
Non
|
|
Tositumomab + iodine
|
Bexaar
|
GSK
|
AMM
|
Murin
|
LNH
|
IV
|
|
|
|
Trastuzumab
|
Herceptin
|
Roche
|
AMM
|
Humanisé
|
Cancer du sein, forme métastatique, surexpression HER2
|
IVL
|
Non
|
Non
|
|
Gemtuzumab ozogamicin
|
Mylotarg
|
Wyeth
|
ATU
|
Humanisé
|
LAM
|
IV
|
Filtre Minisart 1,2 µm de faible affinité protéique
|
Tubulure dédiée à ce produit ?
|
|
Inolimomab
|
Leucotac
|
Opi
|
ATU
|
Murin
|
Réaction greffon contre hôte en cas greffe MO
|
IV
|
Non
|
Non
|
|
Certolizumab
|
Certozilumab Pegol
|
|
EC
|
Humanisé
|
Maladie de Crohn, polyarthrite rhumatoïde
|
SC
|
|
|
|
CNTO 1275
|
|
Parexel
|
EC
|
|
Psoriasis
|
SC
|
|
|
|
Ipilimumab
|
|
BMS
|
EC
|
Humain
|
Cancer de la prostate, mélanome métastatique
|
IV
|
Non
|
Non
|
|
Pertuzumab
|
Omnitarg
|
Genentech
|
EC
|
Humanisé
|
Cancer de la prostate, tumeurs solides
|
IV
|
|
|
|
Visiluzumab
|
Nuvion
|
Parexel
|
EC
|
Humanisé
|
Réactions sévères du greffon contre l’hôte, rectocolite
hémorragique sévère
|
IV
|
|
Non
|
|
Eculizumab
|
Soliris
|
|
EC, statut de méd orphelin
|
Humanisé
|
Hémoglobinurie paroxystique nocturne
|
IV
|
|
|
|
Zanolimumab
|
|
|
EC
|
Humain
|
Lymphome T non cutané
|
IV
|
|
|
Tableau 2 Relation entre le type d’anticorps et la voie
d’administration.
|
Spécialité
|
Type d’anticorps
|
Voie d’administration
|
|
Avastin
|
Humanisé
|
Perfusion IV lente
|
|
Enbrel
|
Chimère hamster/humain
|
Sous-cutanée
|
|
Erbitux
|
Chimère murin/humain
|
Intraveineuse
|
|
Herceptin
|
Humanisé
|
Intraveineuse lente
|
|
Humira
|
Humanisé
|
Sous-cutanée
|
|
Mabcampath
|
Humanisé
|
Intraveineuse
|
|
Mabthera
|
Chimère murin/humain
|
Intraveineuse
|
|
Remicade
|
Chimère murin/humain
|
Intraveineuse
|
|
Simulect
|
Chimère murin/humain
|
Intraveineuse (bolus ou perfusion)
|
|
Synagis
|
Humanisé
|
Intramusculaire
|
|
Zenapax
|
Humanisé
|
Intraveineuse
|
|
Zevalin
|
Murin
|
Intraveineuse
|
Discussion
Cet état des lieux montre une grande hétérogénéité dans
l’utilisation des médicaments de cette classe. Chaque fournisseur
développe ce type de médicament avec des modalités d’administration
propres parfois sans justification évidente. La voie
d’administration est quant à elle mieux documentée. Moins les
anticorps sont immunogènes (humanisés ou humains), plus la voie
sous-cutanée est développée. Cette voie présente l’avantage d’une
auto-administration possible par le patient. Cette voie SC est
d’autant plus intéressante que les traitements sont administrés au
long cours. Cela évite aussi au patient de venir à l’hôpital tous
les 15 jours ou tous les mois pour une administration
intraveineuse. La voie sous-cutanée pourrait donc également
intéresser la cancérologie qui dispose actuellement d’AcMo utilisés
par voie IV. Les patients atteints de pathologie cancéreuse
pourraient réaliser leur injection SC eux-mêmes et éviter le
recours à l’hôpital de jour pour une administration IV. Ce principe
est actuellement développé pour les immunoglobulines polyvalentes
en SC.
Après des débuts très hétérogènes, il apparaît une
simplification dans l’utilisation de ces AcMo. On note de moins en
moins de DM associé à l’utilisation des médicaments. Au début de la
commercialisation des AcMo, un filtre spécifique était associé pour
préparer le médicament. Le pharmacien devait gérer plusieurs
références de filtres, alors que pour la plupart, le seuil de
filtration était identique. Les filtres n’étant pas fournis avec le
conditionnement de la spécialité, une bonne organisation entre le
pharmacien en charge des médicaments et celui des DM est
essentielle pour coordonner les commandes, même si ces DM sont la
plupart du temps fournis gracieusement pas les laboratoires.
L’idéal serait donc que les DM associés soient intégrés dans le
conditionnement de l’AcMo (comme cela peut être le cas pour les
immunoglobulines polyvalentes ou les facteurs
anti-hémophiliques).
Aujourd’hui, il y a une simplification de l’utilisation pratique
de ces médicaments. Actuellement seuls le Mabcampath®,
le Remicade® et le Zevalin® nécessitent un
filtre.
Il n’existe aucune recommandation quant à la bonne manipulation
de ces médicaments. Dans l’attente de ces recommandations, il
appartient aux COMEDIMS locales de s’organiser afin de promouvoir
le bon usage et d’homogénéiser les pratiques.
Conclusion
Après un début d’utilisation « empirique » lors des
premiers essais cliniques et en l’absence d’expérience clinique,
chaque laboratoire qui commercialisait un nouvel AcMo avait des
recommandations qui lui étaient propres. Un cadre réglementaire a
été défini avec les AMM mais sans harmonisation des pratiques. Le
recul actuel des pratiques justifie une simplification de leur
utilisation. De moins en moins de DM particuliers sont utilisés
(comme les filtres), la voie sous-cutanée est en développement
depuis la mise à disposition d’AcMo humanisés moins immunogènes.
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