ARTICLE
Auteur(s) :, V
Amos, J Beney
1Institut central des Hôpitaux valaisans, Division
pharmacie, Sion, Valais, Suisse
Les commissions du médicament (CDM), désormais reconnues dans la
législation de nombreux pays, sont un instrument-clé de la gestion
de la pharmacothérapie à l’hôpital et constituent un lien entre les
services de pharmacie et le corps médical. Hormis la sélection de
médicaments, le cahier des charges de la CDM comprend les audits de
prescription, l’élaboration de recommandations, la mise en place
d’une politique de formation et d’information des professionnels de
santé concernant les médicaments et la gestion du risque
médicamenteux iatrogène [1-3]. Ces nombreuses tâches impliquent une
charge de travail importante pour les membres et des interactions
régulières entre ceux-ci. Il est dès lors avantageux de créer une
CDM unique lors de regroupement ou de fusion d’établissements
hospitaliers. Or, les établissements partenaires sont parfois très
éloignés les uns des autres. En pratique, les réunions de travail
posent de nombreux problèmes : perte de temps due aux trajets,
agendas incompatibles, manque de flexibilité pour le choix des
dates, etc. Dans ce contexte, le recours à des moyens informatiques
de communication, de travail et d’information à distance pourrait
offrir un complément aux réunions de travail face à face. Une revue
de la littérature a été entreprise pour vérifier cette
hypothèse.Après une introduction à la terminologie concernant le
travail coopératif assisté par ordinateur (TCAO) et à la
technologie mise en jeu (groupware), les besoins de la CDM dans ce
domaine sont discutés. La revue de littérature présente ensuite les
avantages et les limites du TCAO dans le cadre de la CDM.
Contexte
Le premier système informatique de travail collaboratif créé en
1968 par Douglas Engelbart [4] et son équipe à l’université de
Stanford (États-Unis) a redéfini la notion de distance entre des
chercheurs géographiquement disséminés amenés à travailler
ensemble. Par la suite, l’avènement en 1969 du précurseur
d’internet, Arpanet (Advance research projet agency network) qui
connectait quatre universités de la côte ouest des États-Unis, puis
en 1989 l’apparition des premiers réseaux commerciaux (MCI et
CompuServe) offrant une passerelle de courrier électronique vers
internet [5], ainsi que le développement de plates-formes de
travail collaboratif pour entreprises telles que Lotus
Notes® d’IBM ont rendu encore plus aisés la
communication, la collaboration et le travail entre individus
situés à distance les uns des autres.
Les technologies spécialisées dans le travail coopératif assisté
par ordinateur (hardware et software) sont regroupées sous le terme
de groupwares ou collecticiels. En raison de son utilisation plus
répandue, le terme groupware sera retenu dans ce travail. En outre,
le travail coopératif assisté par ordinateur fait l’objet d’une
discipline scientifique dénommée Computer supported cooperative
work ou CSCW « qui étudie la manière dont les groupes
travaillent et qui tente d’établir de quelle façon la technologie,
en particulier l’informatique, peut les aider dans leurs
tâches » [6]. Dans le texte qui suit, les termes TCAO et CSCW
seront considérés comme synonymes.
Groupwares
Selon la définition d’Ellis [6], les groupwares sont conçus
spécifiquement pour supporter et faciliter le travail de groupe,
ils fournissent une interface à un environnement partagé. Cette
définition sera retenue dans ce travail, il faut toutefois préciser
qu’il n’y a pas de définition universellement acceptée pour
caractériser le concept de groupware.
Taxonomie des systèmes groupwares
Il existe différentes façons de classer les systèmes groupwares,
l’une des plus citées est la taxonomie espace-temps qui distingue
l’interaction entre utilisateurs en termes de lieu et de temps
(tableau 1( Tableau 1 )) [6, 7].
Les systèmes groupwares sont parfois classés selon le type
d’outils ou d’association d’outils offerts aux usagers. Il faut
préciser que dans la littérature consultée, cette catégorisation
n’est ni exhaustive ni homogène. De plus, les frontières entre
certains outils ou groupes d’outils ne sont pas nettes,
s’interpénètrent et évoluent aussi avec les progrès de la
technologie. Le tableau 2( Tableau 2 )
mentionne quelques exemples d’outils ou groupes d’outils groupwares
[8-14].
Tableau 1 Classification espace-temps des systèmes
groupwares selon Ellis CA.
|
Même lieu
|
Lieux différents
|
|
Même temps
|
Interaction synchrone (face à face)
|
Interaction synchrone distribuée
|
|
Temps différents
|
Interaction asynchrone
|
Interaction asynchrone distribuée
|
Tableau 2 Exemples d’outils intégrés dans les systèmes
groupwares.
|
Catégories d’outils ou de groupes d’outils groupwares
|
Description
|
|
Messagerie électronique
|
Le courrier électronique (e-mail) est un outil de communication
asynchrone qui permet l’envoi et la réception de messages avec
diverses options telles que le transfert et tri de messages,
l’attachement de fichiers, la création de listes de contacts,
etc.
|
|
Groupe de discussion et liste de diffusion
|
- Le groupe de discussion réunit, via le courrier électronique,
des dizaines, voire des milliers de personnes autour d’un même
centre d’intérêt.
- La liste de diffusion est un outil de communication qui utilise
le courrier électronique et qui permet à chaque abonné de
s’adresser à tous les autres et de recevoir leurs messages.
|
|
Agenda de groupe électronique
|
L’agenda de groupe permet la planification et la coordination de
tâches entre plusieurs utilisateurs.
|
|
Conférence électronique
|
Les outils de conférence électronique comprennent des systèmes
basés sur le texte, le son ou la vidéo.
|
|
Applications de workflow
|
Les applications de workflow permettent l’organisation des flux de
travail par un enchaînement automatisé des différentes opérations
et étapes de validation d’une tâche complexe (procédure de
commande, suivi de projet, etc.).
|
|
Système d’aide à la décision de groupe (GDSS : Group decision
support systems)
|
Les outils d’aide à la décision peuvent être de plusieurs
types : outils de classification (outils de pondération,
d’analyse de probabilité, etc.) ; vote électronique ;
outils de génération d’idées (brainstorming).
|
|
Espaces de travail partagés
|
- Cette catégorie de système groupware donne à l’utilisateur
accès à un espace de travail partagé avec possibilité d’éditer du
texte, des croquis, des éléments de design, etc. Les espaces de
travail partagés sont en principe utilisés en parallèle à d’autres
systèmes groupwares, par exemple les GDSS.
- Exemples : salles de travail virtuelles, tableaux blancs
partagés, environnements spécifiques pour le support de la
collaboration scientifique (Scientific collaboratories), etc.
|
- Outils d’accès au savoir
- (knowledge management)
|
Ces outils permettent le partage du savoir au sein d’un groupe. Par
exemple, on peut citer : les bibliothèques, les FAQ (questions
fréquemment posées), la cartographie des compétences, les portails,
les moteurs de recherche, etc.
|
Travail coopératif assisté par ordinateur
Comme on l’a vu plus haut, les systèmes groupwares permettent à des
individus de travailler en groupe, même s’ils n’ont pas la
possibilité d’être ensemble d’un point de vue géographique ou
temporel. Pour atteindre cet objectif d’une manière probante, les
systèmes groupwares doivent permettre aux personnes d’interagir de
manière optimale tout en minimisant les interférences dues à
l’utilisation de la technologie [15].
Pour mieux cerner de quelle manière les individus travaillent
ensemble en utilisant les technologies informatiques, des
recherches en CSCW sont menées par diverses disciplines
scientifiques : informatique, sociologie, psychologie,
sciences économiques, sciences de la communication, etc. Des
travaux de recherche sont conduits sur des fronts variés :
design et acceptation des groupwares par les utilisateurs,
utilisabilité (usability) et évaluation des aspects sociaux et
psychologiques. En effet, ces éléments ont une importance cruciale
dans la réussite ou l’échec de l’implantation de ce type de
technologie dans une entreprise ou une institution [16, 17].
Groupware Besoins de la commission du médicament
La sélection de médicaments qui figurent dans la liste des
médicaments ou livret thérapeutique, l’élaboration de
recommandations et la réalisation d’audits de prescription sont des
activités communes aux CDM. Ces commissions sont habituellement
composées de 10 à 20 membres. Les pharmaciens prennent en charge
une grande partie du travail préparatoire. Sur cette base, les
fonctionnalités qu’un système groupware destiné à la CDM ont été
identifiées et classées en quatre catégories selon Deschamps
(tableau 3( Tableau 3 )) [18] : 1)
outils de production à distance ; 2) outils d’organisation et
de coordination des activités des membres ; 3) outils de
communication ; 4) outils d’accès des membres en situation de
mobilité.
Tableau 3 Systèmes Groupwares : outils
potentiellement utiles à la Commission du médicament (CDM).
|
1. Outils de production à distance
|
|
- Partage de fichiers (Word, Access, Excel, HTML, PDF, etc.) entre
les membres
|
|
- Fonctionnalités de synchronisation de versions : gère les
différentes versions d’un document
|
|
- Fonctionnalités de workflow : chaîne de validation des
documents
|
|
- Partage de bases de données (ex. base de données médicaments)
|
|
- Outils d’aide à la décision (GDSS), par exemple vote
électronique
|
|
2. Outils d’organisation et de coordination des activités des
membres
|
|
- Agenda partagé : facilite la coordination des activités des
membres et donne l’alerte en cas de conflit.
|
|
- Gestion des accès, sécurité
|
|
3. Outils de communication
|
|
- Courrier électronique avec possibilité d’envoyer des e-mails à
des personnes non membres de la CDM
|
|
- Groupes de discussion et listes de diffusion
|
|
- Conférences électroniques
|
|
- Moteur de recherche : pour rechercher spécifiquement des
documents (Word, Access, Excel, PDF, etc.) générés par les membres
de la CDM
|
|
4. Accès des membres en situation de mobilité
|
|
Espace de travail sur le Web accessible par login et mot de
passe.
|
Méthode
Une recherche de littérature de 1990 à février 2005 a été menée
dans Medline, International pharmaceutical abstracts online ainsi
que dans Cambridge scientific abstracts computer technology (base
de données informatiques et technologiques).
Les recherches ont été conduites en utilisant les équivalents
des termes suivants dans les thésaurus individuels : pharmacy
and therapeutics committee, formulary, medical informatics,
computer supported cooperative work, computer mediated
communication, computer communication networks, professional staff
committee, groupware, virtual meeting, groupwork. Cette recherche a
été complétée sur les sites web ou cédéroms bibliographiques des
revues suivantes : Journal de pharmacie clinique (1997-février
2005) [19], Revue Prescrire (1990-février 2005) [20], Computer
Supported Cooperative Work (1997-février 2005) [21]. De plus, les
références bibliographiques pertinentes mentionnées dans les
articles préalablement sélectionnés ont également été retenues.
Les références ainsi identifiées ont été évaluées et classées en
deux catégories : 1) références traitant de l’utilisation
de l’informatique en lien avec les activités de la CDM ;
2) références traitant du travail coopératif assisté par
ordinateur ou de communication dans le domaine de la santé à
l’exception de la télémédecine et du dossier patient informatisé,
deux aspects qui ne sont pas directement en relation avec la
problématique de la CDM.
Résultats
La recherche de littérature a permis d’identifier 50 références
pour la catégorie 1 (informatique en lien avec la CDM) et 150
références pour la catégorie 2 (travail coopératif dans le domaine
de la santé).
Informatique en lien avec la CDM
La majorité des 50 références de la catégorie 1 concerne la
communication de la CDM à l’intention des utilisateurs de la liste
des médicaments. Pour améliorer la diffusion de la liste des
médicaments, de nombreuses organisations la mettent à disposition
électroniquement, par exemple sur leur intranet ou sur PDA [22-33].
De même, divers formulaires tels que des requêtes de modification
de la liste des médicaments, demandes d’autorisation de
prescription de spécialités pharmaceutiques ne figurant pas dans la
liste des médicaments institutionnelle ou des fiches de rapport
d’effets indésirables sont édités en versions informatiques [24,
30, 34-36]. Certains établissements de soins publient également des
recommandations d’utilisation de médicaments sur leur intranet
[25-27, 30, 35, 37, 38] ou sur ordinateur personnel de poche (PDA)
[23, 31]. Parallèlement, des CDM rapportent l’utilisation d’outils
informatiques non collaboratifs dans la gestion du système de la
liste des médicaments tels qu’outils d’évaluation de la sécurité de
la médication [39, 40], outils de suivi de l’utilisation de
médicaments [41, 42], outils d’analyse pharmacoéconomique [43, 44],
bases de données [45-47].
Ces exemples mettent en évidence l’utilisation des technologies
informatiques par les CDM et les pharmacies d’établissements de
soins dans la gestion du système de la liste des médicaments et la
diffusion d’informations à l’intention des professionnels de santé.
Par contre, l’utilisation de moyens informatiques de communication
et de travail à distance au sein même de la CDM n’est décrite que
dans deux résumés de présentation lors de meetings de l’ASHP en
1993 et 2003. Ces deux présentations mentionnent l’utilisation du
courrier électronique par une CDM [48] et un comité en lien avec
une CDM [49]. Les avantages et inconvénients de cette méthode de
communication et de travail ne sont toutefois pas abordés.
Travail coopératif dans le domaine de la santé
Sur les 150 références de la catégorie 2, huit articles pertinents
ont été identifiés. Trois références décrivent l’utilisation de
moyens informatiques de communication et de travail dans le cadre
de comités professionnels : un comité de recherche en soins
infirmiers [50], un comité d’éthique [51] et un comité de révision
de protocoles d’expérimentation [52]. Quatre articles traitent de
l’utilisation des technologies de l’information au sein d’équipes
interdisciplinaires s’occupant de patients souffrant d’affections
chroniques [53-56]. Une référence décrit le développement d’un
espace virtuel pour une communauté de doctorants de diverses
disciplines de santé et leurs superviseurs [57].
Comités professionnels
Rakel décrit en 1996 [50] l’utilisation de la messagerie
électronique au sein d’un comité mis sur pied pour intégrer la
recherche dans la pratique clinique des soins infirmiers. Les
courriers sont envoyés par l’intermédiaire de listes de diffusion.
L’auteur définit des règles pour un bon fonctionnement du
comité ; on peut citer : obtenir l’accord des membres et
évaluer leur satisfaction régulièrement, poser clairement les
fonctions, attentes et responsabilités de chacun, mettre en place
une formation informatique si nécessaire, etc. En 2001, Eiser et
al. [51] décrivent également l’utilisation du courrier électronique
et d’une liste de diffusion comme outils de consultation au sein
d’un comité d’éthique. Eiser et al. mentionnent parallèlement
l’utilisation d’un logiciel de discussion avec possibilité
d’archivage qui est en cours d’adoption par le comité. En 2004,
Silverman [52] décrit un comité ayant entièrement remplacé ses
réunions plénières par le courrier électronique dans le but de
diminuer la charge de travail des membres et gagner du temps. Ce
comité est chargé de revoir et approuver les protocoles
d’expérimentation sur des animaux.
Pour Rakel, la communication et le travail par voie électronique
apportent plusieurs avantages tels qu’opportunités égales de
participation pour les membres, valorisation des idées de chacun,
responsabilisation plus grande des participants, atténuation de la
domination de certains individus sur le groupe, etc. En pratique,
les éléments positifs constatés par Rakel sont un gain de temps
ainsi qu’une participation accrue des différents membres du groupe.
Une augmentation de la productivité des membres du comité a
également été constatée. Les échanges électroniques peuvent être
archivés et classés, ce qui permet d’effectuer des analyses
rétrospectives et de mettre en évidence des problèmes récurrents.
Toutefois, en raison de l’absence d’interaction face à face, Eiser
et al. et Silvermann mentionnent un risque de diminution de
l’engagement réciproque des membres les uns vis-à-vis des autres
ainsi que la possibilité de survenue de malentendus. Si la
confiance entre les membres est faible, la possibilité d’archiver
les données peut être vécue comme un facteur négatif et restreindre
la communication et la coopération. La fréquence de consultation du
courrier peut également influencer négativement les échanges si
elle est trop faible. Dans le cas de problème complexe tel que le
processus de révision et approbation de protocoles décrit par
Silvermann, on constate que les nombreux échanges d’e-mails
demandent potentiellement plus de temps qu’une réunion plénière et
la communication par courrier électronique s’avère moins propice au
débat que les réunions face à face. Ces divers éléments conduisent
l’auteur à remettre en cause le mode de fonctionnement de ce comité
virtuel. Pour ces différentes raisons, Rakel, Eiser et al. et
Silvermann préconisent de conserver des réunions de travail
classiques. Dans ce contexte, la communication et le travail
collaboratif électronique sont un complément aux réunions face à
face.
Équipes interdisciplinaires
En 2004, Wiecha et Pollard [53] soulignent l’importance que les
technologies de la communication pourraient avoir dans le futur
dans le fonctionnement d’équipes virtuelles susceptibles
d’améliorer la prise en charge interdisciplinaire des patients.
Pitsillides et al. [56] décrivent en 2004 la prise en charge de
patients cancéreux à domicile par des équipes interdisciplinaires
fonctionnant en mode virtuel (projet Ditis). Les outils utilisés
sont : logiciel de travail collaboratif, agents mobiles
(téléphones, PDA, PC mobiles, etc.), bases de données, outils de
télémédecine, etc. Les avantages mis en évidence sont un accès plus
rapide aux informations concernant le patient et une coordination
des soins plus efficace aboutissant à une amélioration de la
qualité de vie du patient. La possibilité de stocker et analyser
les données et de mettre en évidence les performances a permis
d’obtenir un financement pour de futurs services. Les désavantages
de ce mode de travail sont peu abordés par les auteurs. En 2003,
Lapidos et Rothschild [54] proposent un concept d’utilisation des
technologies de la communication au sein d’équipes
interdisciplinaires prenant en charge des malades chroniques ou
âgés. Ce concept, nommé Virtual integrated practice fait l’objet
d’une étude pilote en 2004 par ces mêmes auteurs [55]. Les
professionnels de santé impliqués dans les soins (médecin,
pharmacien, diététicien, travailleur social, autres) se réunissent
une première fois pour établir les objectifs, coordonner leurs
actions et décider d’un mode de communication. L’équipe fonctionne
ensuite de manière virtuelle en utilisant un ou plusieurs des
outils suivants : courrier électronique, téléphone, fax, vidéo
conférence, internet, etc. Pour les auteurs, les avantages
constatés lors de l’étude pilote sont par exemple : meilleure
efficacité du temps investi par les soignants, amélioration de la
coordination des soins, prise en charge plus complète du patient,
augmentation de la participation du patient à sa prise en charge et
amélioration de ses connaissances, standardisation de certains
processus de soin, meilleure répartition des ressources. Toutefois,
les auteurs constatent que même si les membres de ces équipes
virtuelles sont enthousiastes, l’implémentation de cette méthode de
travail nécessite un effort et un renforcement significatif. Des
infirmières ont travaillé dans ce but. En ce qui concerne les
outils utilisés, contrairement aux attentes, le courrier
électronique est peu utilisé au sein de l’équipe virtuelle. Selon
les auteurs, le manque de confidentialité et le risque de surcharge
de la boite aux lettres électronique peuvent expliquer cet élément.
En raison de sa facilité d’utilisation et d’une grande familiarité
pour les membres de l’équipe virtuelle, le fax est l’outil de
communication préféré. Ce dernier élément est à mettre en lien avec
la constatation de Wiecha et Pollard qui soulignent le manque de
connaissance actuel sur la manière dont la technologie de
l’information et de la communication pourrait améliorer le
fonctionnement des équipes de soins [53].
Communauté de doctorants et superviseurs
En 2003, Richardson et Cooper [57] décrivent le développement d’un
espace virtuel (Health_Voice Web-site) pour une communauté de
doctorants de diverses disciplines de santé et leurs superviseurs.
Le but de cet espace est d’encourager l’interdisciplinarité et de
favoriser le développement d’une culture de la recherche. Les
outils à disposition sont un forum de discussion permettant des
échanges asynchrones et synchrones tels que séminaires en ligne ou
débats, une liste de diffusion et un tableau blanc. Les éléments
positifs constatés sont, par exemple, une valorisation des idées
pertinentes des doctorants auprès des superviseurs, une intégration
plus grande des doctorants dans la vie de la faculté, etc. Des
échanges entre doctorants et superviseurs de différentes
disciplines ont aussi contribué à élargir les débats. Les auteurs
notent également que l’organisation de séminaires et rencontres
« réels » a contribué au renforcement de la communauté
virtuelle. On constate toutefois que malgré un bon fonctionnement
technique, par manque de temps ou d’intérêt, certains superviseurs
et étudiants ont été peu disposés à travailler avec ces médias. Les
auteurs constatent également qu’une action soutenue (par exemple
par le biais de facilitateurs ou animateurs) est nécessaire pour
maintenir et favoriser le développement de cet espace collaboratif.
Discussion, conclusion
Le recours à des supports informatiques tels que l’intranet ou le
PDA permet à certaines CDM ou pharmacies hospitalières de diffuser
des informations, formulaires et recommandations auprès des
professionnels de santé. Par contre, l’utilisation de moyens
informatiques de communication et de travail à distance au sein
même de commissions du médicament ou d’autres comités de
professionnels de santé n’est que peu documentée.
Les outils groupwares principalement utilisés sont la messagerie
électronique avec ou sans recours à une liste de diffusion [50-52,
55] et le logiciel de discussion (asynchrone ou synchrone)
accessible via internet [51, 57]. Ces deux applications permettent
de s’affranchir des contraintes de temps et de lieu, ce qui répond
au problème principal d’une CDM multisites. Elles permettent
également d’accélérer les échanges d’information et d’augmenter les
interactions entre les membres des comités, il s’ensuit en général
un gain de temps. Les informations peuvent être facilement
archivées et permettre ainsi des analyses rétrospectives. Dans ce
cadre, le logiciel de discussion peut jouer un rôle utile dans la
préparation et l’envoi d’ordres du jour, procès verbaux et
documents de travail de séances plénières d’une CDM. Après lecture
des documents, les utilisateurs peuvent poster leurs remarques et
les rendre directement lisibles aux autres membres. Toutefois, pour
un fonctionnement adéquat, une CDM a potentiellement besoin
d’outils supplémentaires comme indiqués dans le tableau 3 :
outils de production à distance, d’organisation et de coordination,
outils de communication et éventuellement outils d’accès pour les
membres en situation de mobilité.
Les résultats de cette recherche de littérature mettent aussi en
évidence divers facteurs-clés concernant la réussite du travail
collaboratif en mode virtuel. Si les conditions le permettent, des
réunions face à face entre membres du groupe, avant implémentation
du système groupware et ensuite de manière ponctuelle, permettent
aux utilisateurs de créer des liens sociaux et stimuler la
collaboration au sein de la communauté virtuelle [55, 57]. Dans ce
contexte, la présence d’un facilitateur ou animateur exerçant une
action soutenue pour renforcer l’utilisation du système de travail
collaboratif pourra s’avérer également judicieuse [55, 57]. De par
leur rôle moteur dans de nombreuses CDM, les pharmaciens ont une
position de choix pour remplir cette tâche et mobiliser les autres
membres. Les malentendus et les conflits peuvent être source de non
collaboration et de non utilisation de la plate-forme de travail
électronique. Pour les éviter, il peut être utile d’édicter des
règles d’utilisation (quel type d’information est transmise et à
qui la transmettre) et de comportement (Netiquette) [57]. Comme
mentionné par Goldbloom [58], mal utilisée, la messagerie
électronique peut causer une perte de temps. Accaparés par le tri
de leur courrier électronique, certains usagers seront moins
disponibles pour leurs tâches journalières. D’autres utilisateurs
n’accorderont que peu d’attention à leurs messages restreignant
ainsi la collaboration [51, 52]. La littérature consultée montre
également que certains outils tels que l’e-mail ne permettent pas
de gérer les problèmes complexes de manière satisfaisante, en
particulier lorsque le groupe comprend un grand nombre de
participants. L’implémentation de systèmes groupwares ne peut donc
se faire qu’en conservant les réunions face à face, ces dernières
étant plus propices aux débats de fond.
Un autre aspect important relevé dans les références
sélectionnées est l’acceptation des systèmes groupwares par les
utilisateurs [50, 55, 56]. La littérature générale sur le CSCW
mentionne plusieurs éléments susceptibles d’influencer l’adoption
ainsi que l’appropriation de ces technologies par les usagers. Ces
facteurs concernent principalement les caractéristiques des outils
informatiques, des utilisateurs et de leurs tâches et du contexte
social [17]. En ce qui concerne les outils informatiques, ceux-ci
doivent être à même de soutenir les interactions sociales, de même
que les processus cognitifs [17] : perception, mémorisation,
traitement des informations, prise de décision, etc. Par ailleurs,
le système doit posséder un certain nombre d’attributs qui
permettent aux usagers de l’utiliser de manière aisée, cela est
caractérisé par le terme usability. Ce terme est parfois traduit en
français par ergonomie ou " utilisabilité ".
L’Organisation internationale de normalisation (ISO) et la
Commission electrotechnique internationale (IEC) ont défini
plusieurs standards en relation avec l’ergonomie, en particulier
ISO/IEC 9126, ISO/IEC 9241 [59]. L’adoption des technologies de
communication par les utilisateurs dépend également de facteurs
individuels tels que les préférences, la formation, les habitudes,
les croyances, les craintes, la personnalité, le statut social,
etc. Par exemple, Eiser et al. [51] mentionnent que la possibilité
de stocker et analyser les données peut être perçue par les
utilisateurs comme un facteur négatif si le niveau de confiance
entre les membres du groupe n’est pas suffisant. De plus, le
rapport coût – bénéfice perçu par l’usager est crucial. En effet,
si l’énergie mentale ou physique nécessaire à l’utilisation de
certains outils technologiques est disproportionnée par rapport au
bénéfice retiré, ou si ce bénéfice n’est pas directement profitable
à l’utilisateur, ces outils sont susceptibles de ne pas être
adoptés [16]. Par exemple, dans l’étude pilote de Lapidos et
Rothschild [54], la communication par fax, plus familière, a été
préférée au courrier électronique. D’autre part, l’implémentation
de nouveaux outils informatiques de communication et de travail
peut amener de nouvelles manières de travailler. Par exemple, la
mise à disposition immédiate d’informations auparavant détenues par
un petit nombre de personnes. Certains individus peuvent donc voir
leur prérogatives diminuer et résister à l’utilisation du nouveau
système [17]. Le contexte social joue également un rôle
prépondérant dans l’adoption des technologies de la communication.
En effet, la cohésion du groupe, les normes et la capacité du
système à transmettre les interactions sociales influencent
l’acceptation des outils informatiques de travail et de
communication [17].
Ce travail s’appuie sur une recherche de littérature dans les
trois bases de données Medline, International pharmaceutical
abstracts et Cambridge scientific abstracts computer technology.
Bien que ne couvrant pas de manière complètement exhaustive les
travaux du domaine étudié, ces sources comprennent non seulement
des références d’articles publiés mais également de présentations
lors de congrès, ce qui permet de restreindre le biais de
publication. De plus, la littérature générale sur le CSCW apporte
également des informations de fond sur le sujet. Les problèmes
techniques sont une composante importante de l’acceptabilité de
système groupware. Les références analysées n’abordent pourtant pas
ce point. Contacté fin 2003 par les auteurs, le professeur Eiser et
al. [51] a mentionné dans une brève correspondance une possible
diminution de la qualité de communication en cas de problème
technique.
Pour accomplir les tâches qui leur sont dévolues [1-3], les
membres de CDM doivent pouvoir interagir efficacement, même s’ils
sont éloignés géographiquement ou n’ont pas la possibilité de se
réunir régulièrement. Cette revue de la littérature montre que les
groupwares peuvent faciliter les interactions au sein de CDM. Les
facteurs de succès du travail de groupe en mode virtuel sont :
la conservation des réunions face à face, en particulier lors de
problème complexe, la désignation d’un facilitateur pour stimuler
l’engagement des membres, la définition de règles
organisationnelles et de comportement, la mise en place d’une
formation informatique si nécessaire, l’évaluation régulière de la
satisfaction des utilisateurs. Hormis les éléments identifiés dans
cette revue, le choix et l’implémentation de tels systèmes doivent
également intégrer des aspects organisationnels et techniques tels
que la facilité d’installation et de maintenance (ressources
matérielles et humaines), la sécurité (gestion des droits,
surveillance du système, etc.) et l’utilisation de logiciels déjà
présents dans l’institution.
Les avantages, inconvénients et facteurs de succès mis en
évidence dans cette revue de la littérature permettront de guider
le choix d’une solution informatique adaptée aux besoins de la
CDM.
Références
1 Décret n° 2000-1316 du 26 décembre 2000 relatif aux
pharmacies à usage intérieur et modifiant le code de la Santé
publique (deuxième partie : Décrets en Conseil d’Etat).
Journal officiel de la République française du 30 décembre
2000 : 20954–20963. Site internet :
http ://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MESH0023036D,
consulté le 12/08/2004.
2 Coalition working group. Principles of a sound drug formulary
system. 2000. Site internet :
http ://www.amcp.org/data/nav_content/drugformulary0.000000E+00pdf,
consulté le 15/09/2004.
3 Charles P. Coe. Preparing the pharmacy for a joint
commission survey. 4th edition. Bethesda : American Society of
Health-System Pharmacists, 1998.
4 Stanford University. Stanford Libraries Organization,
MouseSite, a resource for exploring the history of human computer
interaction.
http ://sloan.stanford.edu/mousesite/1968Demo.html, consulté
le 02/06/2003.
5 Arobase. ressource francophone sur le courrier électronique.
Site internet :
http ://www.arobase.org/culture/histoire.htm, consulté le
08/03/2005.
6 Ellis CA, Gibbs SJ, Rein GL. Groupware - Some
Issues and Experiences. Communications of the ACM 1991 ;
34 : 39-58.
7 Johansen R. Groupware, computer support for business
teams. New-York : Free Press, 1988.
8 Laboratoire universitaire de la faculté de médecine Broussais
Hôtel-Dieu, Santé Publique Informatique Médicale (SPIM). Site
internet :
http ://www.spim.jussieu.fr/doc/jc/theorie.pdf, consulté le
03/05/2003.
9 Lococo A, Yen DC. Groupware : computer
supported collaboration. Telematics and Informatics 1998 ;
15 : 85-101.
10 Terzis S, Nixon P. Building the next generation
groupware : a survey of groupware and its impact on the
virtual enterprise. 1999 Feb. Available from :
http ://www.cs.tcd.ie/publications/tech-reports/.
11 Terzis S, Nixon P, Wade V, Dobson S, Fuller J. The future of
enterprise groupware applications. 1999 Mar. Available from :
http ://www.cs.tcd.ie/publications/tech-reports/.
12 Kock NF. The effects of asynchronous groupware on business
process improvement. Unpublished PhD thesis, University of Waikato,
New Zealand, 1997. Site internet :
http ://www.cis.temple.edu/~kock/public/thesis97/thesis.htm,
consulté le 20/06/2003.
13 Beuscart R, Yousfi F, Dufresne E,
Derycke A. Travail coopératif et groupware. In :
Demongeot P, Le Beux P, Weil G, eds. Informatisation
de l’unité de soins du futur. Paris : Springer Verlag,
1994 : 195-240.
14 Usability first : online guide to usability resources.
http ://www.usabilityfirst.com./groupware/index.txl, consulté
le 20/05/2003.
15 Coleman D. Chapter 1 : Groupware - The Changing
Environment. In : Coleman D, Kutner AH,
Stegman C, Knudsen C, Wellington D, Marshak RT,
et al., eds. Groupware : collaborative strategies for
corporate LANs and intranets. Prentice Hall Publisher, 1997 ;
Site internet :
http://www.colloborate.com/publication/publications_resources_groupware_book_toc.htm.
consulté le 21/06/2004.
16 Nogier JF. Ergonomie du logiciel et design Web.
2e édition. Paris : Dunod, 2003.
17 Andriessen JHE. Working with groupware :
understanding and evaluating collaboration technology.
Londres : Springer Verlag, 2003.
18 Deschamps C. Les habits neufs du groupware : les outils
de groupware en ligne. Magasine Influx 2001 (mars), Site
internet : http ://joueb.com/outilsfroids/news/105.shtml,
consulté le 25/06/2003.
19 Journal de Pharmacie Clinique. Site internet :
http ://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/bio_rech/jpc/sommaire.md,
consulté le 16/05/2005.
20 Intégrale Prescrire CD-Rom, janvier 1981 (N° 1) à
décembre 2004 (N° 256). Paris.
21 Computer Supported Cooperative Work (CSCW). Site
internet : http ://www.springerlink.com, consulté le
16/05/2005.
22 Hackett DJ, Schliesser SH, Harlow J,
Baker H. Development of an intranet pharmacy website to
improve communication within a multi-campus hospital (abstract of
meeting presentation). ASHP Summer Meeting 2003 ; 60 :
P-22D.
23 Fisher JS, Pinto B, Nesbit T, Feroli ER,
Faris R. Assess and improve the process used to convey
formulary information to pharmacists (abstract of meeting
presentation). ASHP Summer Meeting 2002 ; 59 : P-42.
24 Glauberman RE. Like a needle in a haystack :
developing a pharmacy intranet site for centralized information
access (abstract of meeting presentation). ASHP Summer Meeting
2002 ; 59 : P-46.
25 Collette DR, Cramer RL. Development and
implementation of a pharmacy Intranet site to improve communication
in a large health care institution (abstract of meeting
presentation). ASHP Midyear Clinical Meeting 2000 ; 35 :
P-62D.
26 Dishman BD. Improvement in information management
through the use of a hospital based Intranet system (abstract of
meeting presentation). ASHP Midyear Clinical Meeting 2000 ;
35 : P-63D.
27 Imperiali RD, Clapp MJ. Building a pharmacy
department Site Web (abstract of meeting presentation). ASHP
Midyear Clinical Meeting 1998 ; 33 : P-189D.
28 Bailey M, Ferro K. Innovative drug formulary
management through computer-assisted protocols (abstract). J Man
Care Pharm 1998 : 250-2 ; 4 : 246–7.
29 Goldinger A, Kramer I, Michel K,
Walther S. Electronic formulary. Krankenhauspharmazie
1997 ; 18 : 484-5.
30 Van Cura JD, Porter JB. Implementation and design
of a pharmacy site Web (abstract of meeting presentation). ASHP
Midyear Clinical Meeting 2001 ; 36 : MCS-57.
31 Park KH, Kim KS, Moon SL, Kim MJ,
Shin WG, Cho NC. Introduction of the promising function
of a drug information center in Seoul National University hospital
pharmacy (abstract of meeting presentation). ASHP Midyear Clinical
Meeting 1996 ; 31 : Intl-7.
32 Smorra SR, Migaki G, Stoner S. Implementation
and evaluation of an internet based medication formulary (abstract
of meeting presentation). ASHP Midyear Clinical Meeting 2004 ;
39 : P313E.
33 Hardy S, Rouleau A. Régionaliser la politique
hospitalière du médicament. Revue Prescrire 2003 ; 23 :
390-2.
34 Premo KL, Johnston KR, Fontaine C,
Knight G. Development of an electronic nonformulary request
procedure in a Veterans Affairs health care network (VISN-2)
(abstract of meeting presentation). ASHP Midyear Clinical Meeting
2001 ; 36 : P-279R.
35 Chiu CC, Lee S, Boro MS. Implementation of
online drug use criteria to facilitate nonformulary drug requests
(abstract of meeting presentation). ASHP Midyear Clinical Meeting
2001 ; 36 : P-376E.
36 Brown RR, Liang BB, Benkstein KL,
Fong AM, Millar S. The development and implementation of
an electronic process to handle nonformulary requests (abstract of
meeting presentation). ASHP Midyear Clinical Meeting 2004 ;
39 : MCS-45.
37 Williamson J. Utilization of a hospital intranet to
maintain drug usage protocols (abstract of meeting presentation).
ASHP Midyear Clinical Meeting 2004 ; 39 : P321D.
38 Meyer T, Woodward B. Virtual Pharmacopeia :
online pharmaceutical information system for the OR (abstract of
meeting presentation). ASHP Annual Meeting 1999 ; 56 :
MCS-4.
39 Escasa-Torres NM, Millares M, Mann-R,
Kaplan D, Takagi-J. The implementation of an intranet-based
medication safety evaluation tool and process in a large managed
care organization (abstract of meeting presentation). ASHP Midyear
Clinical Meeting 2004 ; 39 : MCS-14.
40 Hetey SK, Tourville JF, Scott WA. Pharmacy and
therapeutics committee responsibilities evolve to include
medication and patient safety (abstract of meeting presentation).
ASHP Midyear Clinical Meeting 2003 ; 38 : MED 47.
41 Lundquist SC, Wegner PM. Implementation of a
medication utilization management committee (abstract of meeting
presentation). ASHP Midyear Clinical Meeting 2003 ; 38 :
MCS-48.
42 Lefebvre P, Bussieres JF, Vallee M,
Letarte N, Dehaut C. Therapeutic drug management program
(TDMP) : a canadian perspective (abstract of meeting
presentation). ASHP Midyear Clinical Meeting 2004 ; 39 :
P181D.
43 Wang ZX, Salmon JW, Walton SM.
Cost-effectiveness analysis and the formulary decision-making
process. J Manage Care Pharm 2004 ; 10 : 48-59.
44 Fetudes BA, Skledar SJ, Ansani NT.
Implementation of a model cost-effectiveness analysis (CEA) into
the formulary review process (abstract of meeting presentation).
ASHP Midyear Clinical Meeting 2003 ; 38 : PI-44.
45 Ervin K, Culley C, Gross P, Ansani N,
Skledar S. Using a database management system to organize
formulary decisions (abstract of meeting presentation). ASHP
Midyear Clinical Meeting 2004 ; 39 : P298D.
46 Empey PE, Hamlin AR, Dawson T,
Armitstead JA. Design and implementation of a web-based vendor
registration system at a large teaching hospital (abstract of
meeting presentation). ASHP Summer Meeting 2004 ; 61 :
P-3D.
47 Lefebvre P, Bussieres JF, Vallee M,
Letarte N, Dehaut C. Therapeutic drug management program
(TDMP) : a canadian perspective. ASHP Midyear Clinical Meeting
2004 ; 39 : P181D.
48 Chow CL, Chim TS. Pharmacy formulary
maintenance : online approach (abstract of meeting
presentation). ASHP Annual Meeting 1993 ; 50 : P-20D.
49 Jones MD, Smith KM, Hamlin AR,
Armitstead JA. Formulary think tank : a virtual system
designed to expedite the support of a hospital formulary and
operation of pharmacy services (abstract of meeting presentation).
ASHP Midyear Clinical Meeting 2003 ; 38 : MCS-50.
50 Rakel BA. Committee meeting, an electronic alternative.
Nurs Manag (Harrow) 1996 ; 27 : 32F-32G.
51 Eiser AR, Schade SG, Anderson-Shaw L,
Murphy T. Electronic communication in ethics committees :
experience and challenges. J Med Ethics 2001 ; 27(Suppl.
I) : i29-i32.
52 Silverman J. Virtual IACUC meetings : compliant or
not ? Lab Anim (NY) 2004 ; 33 : 15-7.
53 Wiecha J, Pollard T. The interdisciplinary eHealth
Team : chronic care for the future. J Med Internet Res
2004 ; 6 : e22.
54 Rothschild SK, Lapidos S. Virtual integrated
practice : integrating teams and technology to manage chronic
disease in primary care. J Med Syst 2003 ; 27 :
85-93.
55 Lapidos S, Rothschild SK. Interdisciplinary
management of chronic disease in primary practice. Manag Care
Interface 2004 ; 17 : 50-3.
56 Pitsillides B, Pitsillides A, Samaras G, Andreou P,
Georgiadis D, Christodoulou E, Panteli N. User perspective of
DITIS : virtual collaborative teams for home-healthcare. Stud
Health Technol Inform 2004 ; 100 : 205-16.
57 Richardson B, Cooper N. Developing a virtual
interdisciplinary research community in higher education. J
Interprof Care 2003 ; 17 : 173-82.
58 Goldbloom DS. Meeting mania 2004. Br Med J 2004 ;
329 : 1467-9.
59 UsabilityNet. a project funded by the European Union to
promote usability and user centred design. Site internet :
http ://www.usabilitynet.org/tools/r_international.htm,
consulté le 22/07/2003.
|