ARTICLE
Depuis le 1er janvier 1995, l'approvisionnement, la détention
et la traçabilité des médicaments dérivés
du sang (MDS) relèvent de la compétence pharmaceutique (loi
n° 93-3 du 4 janvier 1993). Dans un but d'exhaustivité du
suivi, il a été mis en place, depuis fin 1996, à
l'hôpital de Saintes une double traçabilité de ces
produits : d'une part par la fiche dispensation administration (existante),
d'autre part en ajoutant un suivi informatique par un logiciel Episurv®.
Une analyse et un bilan de cette double traçabilité ont
été réalisés sur l'année 1997 en vue
d'une constante amélioration des résultats.
Matériels et méthodes
Les supports de la traçabilité sont les fiches dispensation
administration à 3 feuillets qui peuvent suivre deux circuits,
celui des prescriptions nominatives ou celui des stocks déportés
(dotations d'urgences situées en huit lieux géographiques).
Les délivrances (nominatives et renouvellement de dotation),
puis les retours d'informations (confirmant l'administration) sont répertoriés
sur un bordereau de suivi (édité par numéro de lot
et par produit à chaque réception de MDS) et saisis sur
informatique sur une adaptation du logiciel Episurv®. Ces
deux sources de données permettent de connaître à
tout moment les produits détenus en stock à la pharmacie,
ceux disponibles en stock déporté dans les services, l'historique
des administrations réalisées. La concordance des deux types
de traçabilité est effectuée régulièrement
pour rectifier les erreurs éventuelles.
Résultats
En 1997, 3 143 unités de MDS ont été délivrées
par la pharmacie pour un coût total de 4 735 182 F. Les administrations
au sein de l'hôpital représentent 73 % des MDS délivrés
pour un coût de 1 629 308 F (34 %) à 929 patients différents
(figure 1).
Huit cent six unités de MDS ont été rétrocédés
(26 %) à 9 patients différents, pour un coût de 3
105 873 F (66 %) (figure 1).
La grande majorité des MDS rétrocédés (95
%) sont des facteurs antihémophiliques. Le reste, 52 unités,
a été prêté à d'autres établissements
de soins.
Les délivrances au sein de l'hôpital sont effectuées
à 73 % sur stock déporté (1 658 unités) et
27 % (627 unités) sur prescriptions nominatives.
Les MDS les plus prescrits à l'hôpital sont les immunoglobulines
antitétaniques (29 %), puis l'albumine (28 %) et les immunoglobulines
polyvalentes (25 %) (figure 2).
Les trois services qui prescrivent le plus les MDS sont les urgences
(30 % des prescriptions, surtout des antitétaniques), les réanimations
(surtout des albumines), puis le service de neurologie (surtout des immunoglobulines
polyvalentes) (figure 3).
Seulement 5 unités ont été non tracées en
1997 (3 pansements hémostatiques, 1 immunoglobuline anti-D et une
immunoglobuline antitétanique), soit 1,6 des MDS (produits
en stock déportés, administrés mais impossibilité
de retrouver à quels patients).
CONCLUSION
..., Discussion
Ce bilan sur l'année 1997 montre une bonne traçabilité
des MDS (99,8 %), cela malgré l'importance des stocks déportés
(73 % des prescriptions au sein de l'hôpital).
Ce pourcentage encourageant n'a pu être obtenu que par un investissement
quotidien d'un pharmacien, celui-ci se déplaçant mensuellement
dans les services pour vérifier la concordance des stocks informatiques
et réels avec l'aide de la surveillante concernée. Une vérification
au minimum hebdomadaire est réalisée au sein de chaque service
ayant un stock déporté. Tout écart est signalé
immédiatement à la pharmacie afin de retrouver le patient
concerné.
La mise en place d'une traçabilité informatique par le
logiciel Episurv® a permis d'optimiser le suivi des stocks,
tant à la pharmacie que dans les services avec dotation. Il permet
un contrôle hebdomadaire des stocks (nombre de produits, numéro
de lot...), le croisement des données existantes (réception,
délivrance, administration) par différents items (numéro
de lot, service...) et facilite d'une part le retour des MDS en cas de
retrait de lot et d'autre part l'isolement du MDS perdu au sein d'un stock
déporté.
REFERENCES
1. Loi 93-5 du 4 janvier 1993 (JO du 5 janvier 1993).
2. Circulaire DGS/DH n° 46 du 12 décembre 1994
relative à la situation des médicaments dérivés
du sang à compter du 1er janvier 1995.
3. Circulaire ministérielle n° 98/231 du 9 avril
1998 relative à l'information des malades, en matière de
risques liés aux produits sanguins labiles et aux médicaments
dérivés du sang, et sur les différentes mesures de
rappel effectuées sur ces produits.
|