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Bilan d’un an de double traçabilité des médicaments dérivés du sang au centre hospitalier de Saintes


Journal de Pharmacie Clinique. Volume 18, Numéro 1, 48-9, Mars 1999, 4es ATELIERS DU SNPHPU


Résumé   Summary  

Auteur(s) : V. JACQUES, G. MENARD, L. BOISNARD, J.-N. PAROLA, C. POBEL, .

Résumé : Depuis fin 1996, une double traçabilité des médicaments dérivés du sang a été mise en place au CH de Saintes (fiche dispensation administration et suivi informatique). Un bilan sur l’année 1997 a permis de montrer une bonne traçabilité de ces produits (99,8 %) et cela malgré l’importance des stocks déportés (73 % des prescriptions de l’hôpital).

Mots-clés : médicaments dérivés du sang, traçabilité.

Illustrations

ARTICLE

Depuis le 1er janvier 1995, l'approvisionnement, la détention et la traçabilité des médicaments dérivés du sang (MDS) relèvent de la compétence pharmaceutique (loi n° 93-3 du 4 janvier 1993). Dans un but d'exhaustivité du suivi, il a été mis en place, depuis fin 1996, à l'hôpital de Saintes une double traçabilité de ces produits : d'une part par la fiche dispensation administration (existante), d'autre part en ajoutant un suivi informatique par un logiciel Episurv®.

Une analyse et un bilan de cette double traçabilité ont été réalisés sur l'année 1997 en vue d'une constante amélioration des résultats.

Matériels et méthodes

Les supports de la traçabilité sont les fiches dispensation administration à 3 feuillets qui peuvent suivre deux circuits, celui des prescriptions nominatives ou celui des stocks déportés (dotations d'urgences situées en huit lieux géographiques).

Les délivrances (nominatives et renouvellement de dotation), puis les retours d'informations (confirmant l'administration) sont répertoriés sur un bordereau de suivi (édité par numéro de lot et par produit à chaque réception de MDS) et saisis sur informatique sur une adaptation du logiciel Episurv®. Ces deux sources de données permettent de connaître à tout moment les produits détenus en stock à la pharmacie, ceux disponibles en stock déporté dans les services, l'historique des administrations réalisées. La concordance des deux types de traçabilité est effectuée régulièrement pour rectifier les erreurs éventuelles.

Résultats

En 1997, 3 143 unités de MDS ont été délivrées par la pharmacie pour un coût total de 4 735 182 F. Les administrations au sein de l'hôpital représentent 73 % des MDS délivrés pour un coût de 1 629 308 F (34 %) à 929 patients différents (figure 1).

Huit cent six unités de MDS ont été rétrocédés (26 %) à 9 patients différents, pour un coût de 3 105 873 F (66 %) (figure 1). La grande majorité des MDS rétrocédés (95 %) sont des facteurs antihémophiliques. Le reste, 52 unités, a été prêté à d'autres établissements de soins.

Les délivrances au sein de l'hôpital sont effectuées à 73 % sur stock déporté (1 658 unités) et 27 % (627 unités) sur prescriptions nominatives.

Les MDS les plus prescrits à l'hôpital sont les immunoglobulines antitétaniques (29 %), puis l'albumine (28 %) et les immunoglobulines polyvalentes (25 %) (figure 2).

Les trois services qui prescrivent le plus les MDS sont les urgences (30 % des prescriptions, surtout des antitétaniques), les réanimations (surtout des albumines), puis le service de neurologie (surtout des immunoglobulines polyvalentes) (figure 3).

Seulement 5 unités ont été non tracées en 1997 (3 pansements hémostatiques, 1 immunoglobuline anti-D et une immunoglobuline antitétanique), soit 1,6 ‰ des MDS (produits en stock déportés, administrés mais impossibilité de retrouver à quels patients).

CONCLUSION

..., Discussion

Ce bilan sur l'année 1997 montre une bonne traçabilité des MDS (99,8 %), cela malgré l'importance des stocks déportés (73 % des prescriptions au sein de l'hôpital).

Ce pourcentage encourageant n'a pu être obtenu que par un investissement quotidien d'un pharmacien, celui-ci se déplaçant mensuellement dans les services pour vérifier la concordance des stocks informatiques et réels avec l'aide de la surveillante concernée. Une vérification au minimum hebdomadaire est réalisée au sein de chaque service ayant un stock déporté. Tout écart est signalé immédiatement à la pharmacie afin de retrouver le patient concerné.

La mise en place d'une traçabilité informatique par le logiciel Episurv® a permis d'optimiser le suivi des stocks, tant à la pharmacie que dans les services avec dotation. Il permet un contrôle hebdomadaire des stocks (nombre de produits, numéro de lot...), le croisement des données existantes (réception, délivrance, administration) par différents items (numéro de lot, service...) et facilite d'une part le retour des MDS en cas de retrait de lot et d'autre part l'isolement du MDS perdu au sein d'un stock déporté.

REFERENCES

1. Loi 93-5 du 4 janvier 1993 (JO du 5 janvier 1993).

2. Circulaire DGS/DH n° 46 du 12 décembre 1994 relative à la situation des médicaments dérivés du sang à compter du 1er janvier 1995.

3. Circulaire ministérielle n° 98/231 du 9 avril 1998 relative à l'information des malades, en matière de risques liés aux produits sanguins labiles et aux médicaments dérivés du sang, et sur les différentes mesures de rappel effectuées sur ces produits.


 

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