Accueil > Revues > Biologie et recherche > Annales de Biologie Clinique > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Biologie et recherche
Annales de Biologie Clinique
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable
  Version PDF

Détection simultanée d’IgM anti-Epstein-Barr virus et d’IgM anti-hépatite A lors d’une hépatite aiguë


Annales de Biologie Clinique. Volume 64, Numéro 5, 467-9, Septembre 2006, Pratique quotidienne

DOI : 10.1684/abc.2006.0012

Résumé   Summary  

Auteur(s) : F Sane, M Lazrek, A Dewilde, L Bocket, S Couignoux, JC Paris, D Hober , Service de virologie/UPRES EA 3610, CHRU de Lille, Université de Lille 2, Service des maladies de l’appareil digestif et de la nutrition, CHRU de Lille.

Résumé : Nous rapportons le cas d’un jeune homme de 15 ans admis pour une hépatite aiguë. Le bilan virologique retrouve la présence concomitante d’IgM anti-Epstein Barr virus et d’IgM anti-hépatite A. La présence d’IgG anti-EBNA et le contexte clinique ont permis d’écarter l’hypothèse d’une infection récente à EBV et de confirmer le diagnostic d’hépatite aiguë A.

Mots-clés : VHA, EBV, hépatite A aiguë

ARTICLE

Auteur(s) : F Sane1, M Lazrek1, A Dewilde1, L Bocket1, S Couignoux2, JC Paris2, D Hober1

1Service de virologie/UPRES EA 3610, CHRU de Lille, Université de Lille 2
2Service des maladies de l’appareil digestif et de la nutrition, CHRU de Lille

Article reçu le 24 Avril 2006, accepté le 22 Mai 2006

L’observation

Un jeune homme âgé de 15 ans et demi, sans antécédents particuliers, est admis en urgence dans le secteur des soins intensifs pour une hépatite aiguë sévère.

L’histoire de la maladie commence quatre jours plus tôt par l’apparition d’un syndrome d’allure grippale associant céphalées, maux de gorge, douleurs abdominales diffuses, diarrhée liquide et nausées. L’examen clinique est normal ; l’électroencéphalogramme est normal. Le traitement à l’entrée est symptomatique et comporte un antipyrétique, un antidiarrhéique et un antiémétique. Le bilan biologique retrouve une cytolyse hépatique et un ictère cholestatique. Les aspartates et les alanines aminotransférases sont respectivement à 5 800 UI/L et 4 300 UI/L (N < 40 UI/L). La bilirubine totale est à 30 mg/L (N < 12 mg/L) et la bilirubine conjuguée à 19,6 mg/L (N < 3 mg/L). Les gamma glutamyltransférases sont à 119 UI/L (N < 45 UI/L) et les phosphatases alcalines sont à 429 UI/L (N < 270 UI/L). La protéine C réactive est à 21 mg/L (N < 6 mg/L). L’hémogramme retrouve une thrombopénie à 89 000 plaquettes/mm3 et une neutropénie associée à un syndrome mononucléosique (globules blancs : 5 200/mm3 dont 23% de polynucléaires neutrophiles, 50 % de lymphocytes et 15 % de lymphocytes hyperbasophiles). Le taux de prothrombine est à 50 % et le facteur V à 90 %. Les sérologies des hépatites virales B, C et du VIH sont négatives. Les sérologies du cytomégalovirus et de l’herpes simplex virus témoignent d’une infection ancienne. Les recherches des anticorps de classe IgM dirigés contre le virus de l’hépatite A (HAVAb IgM ABBOT® Illinois, États-Unis) et contre le virus d’Epstein-Barr (EBV) (IgM anti-EBV Enzygnost®, Dade Behring, Marburg, Allemagne) sont positives. Les recherches des IgG anti-EBV (IgG anti-EBV Enzygnost®, Dade Behring, Marburg, Allemagne) et des IgG anti-EBNA (IgG anti-EBNA, BMD, Marne La Vallée, France) sont positives. La recherche de l’ARN du VHA dans le sérum par amplification génique (PCR), réalisée rétrospectivement dans le cadre de la surveillance épidémiologique des hépatites A est positive. Aucun traitement spécifique n’est prescrit. L’évolution de la maladie est marquée par une aggravation de la cholestase hépatique suivie par une normalisation progressive de tous les paramètres hépatiques et biologiques.

Le point de vue du clinicien

Le virus de l’hépatite A (VHA) est la première cause d’hépatites aigües dans les pays industrialisés [1]. Son épidémiologie s’est considérablement modifiée au cours des dernières années en raison de l’amélioration du niveau de vie et des progrès de l’hygiène. Ainsi, en France, le taux de prévalence des IgG anti-VHA chez les jeunes recrues du service national a diminué de 40 % en 20 ans, passant de 50 % en 1978 à 10 % en 1998 [2].

Le VHA est principalement transmis par voie féco-orale, de façon directe ou indirecte. L’eau de consommation et les aliments souillés jouent un rôle prédominant dans la transmission indirecte. La transmission sexuelle, surtout homosexuelle par contacts anaux est plus rare. D’autres modes de transmission sont possibles : transmission parentérale et transmission périnatale [3, 4]. Dans notre observation, l’interrogatoire du patient n’a pas permis de déterminer le mode de contamination. La durée moyenne d’incubation de l’hépatite A peut varier de deux à sept semaines. L’hépatite A est le plus souvent asymptomatique. Lorsque des signes cliniques sont présents, l’évolution est rapidement favorable dans la plupart des cas [5]. L’âge conditionne l’expression clinique des infections par le VHA. Inapparentes dans la majorité des cas avant l’âge de 6 ans, elles sont habituellement symptomatiques chez l’adolescent et l’adulte. Les formes anictériques se présentent fréquemment comme des gastroentérites virales [3, 5]. Les adultes sont plus exposés au risque d’hépatite ictérique et d’insuffisance hépatique sévère ou fulminante. En dehors de l’insuffisance hépatique, l’évolution des hépatites A peut être marquée par une amélioration, suivie d’une rechute ou d’une cholestase prolongée. Les hépatites cholestatiques, caractérisées par la persistance de l’ictère après l’épisode aigu, ainsi que les formes à rechute sont rares. L’évolution ne se fait jamais vers la chronicité [5]. L’infection est suivie d’une immunisation durable. Il n’existe pas de traitement spécifique de l’hépatite A. La prévention repose principalement sur le respect des mesures d’hygiène universelles et sur la vaccination des populations à risque [1].

L’infection aiguë par le VHA est, depuis le 11 novembre 2005, une maladie à déclaration obligatoire au même titre que 27 autres maladies [6]. Tout cas d’hépatite aiguë A devra désormais être notifié par le médecin traitant ou le biologiste à la DDASS du département concerné.

Le point de vue du biologiste

Le virus de l’hépatite A appartient à la famille des picornaviridae, au même titre que les entérovirus et les rhinovirus. Il est le seul représentant du genre hépatovirus. Il s’agit d’un virus non enveloppé, dont le génome est constitué par un simple brin d’ARN. Il est très stable dans l’environnement. Comme les autres entérovirus, le VHA est résistant à la chaleur, à la congélation, ainsi qu’à un pH acide [7]. Du fait de sa résistance au pH acide, le virus n’est pas détruit lors de son passage dans l’estomac. L’exceptionnelle résistance du virus et sa forte concentration dans les selles déterminent les modes de transmission [8].

Le diagnostic virologique d’une infection par le VHA repose principalement sur la recherche des anticorps de type IgM anti-VHA, en relation avec un tableau d’asthénie et d’ictère, une notion de voyage en zone d’endémie, une élévation des transaminases. Les IgM anti-VHA sont toujours présentes dans le sérum à la phase symptomatique [5]. La recherche des anticorps totaux anti-VHA n’est pas utile dans le diagnostic des hépatites aiguës virales A. Il n’existe pas d’hépatite chronique A ; il n’est donc pas justifié de proposer une recherche des anticorps anti-VHA devant une élévation chronique des transaminases. La recherche du génome viral dans le sang et les selles est réservée aux enquêtes épidémiologiques [5].

Dans notre observation, des anticorps de classe IgM dirigés contre le VHA et le virus d’Epstein Barr ont été retrouvés de façon concomitante.

Au cours d’une infection par l’EBV, un syndrome mononucléosique est fréquemment retrouvé. De plus, des signes de cytolyse hépatique avec augmentation des transaminases sont quasi constants. Un syndrome mononucléosique peut également être retrouvé au cours d’une hépatite aiguë A [8, 9]. Un diagnostic biologique différentiel peut s’avérer nécessaire. Dans notre cas, la présence des anticorps de classe IgG anti-EBNA a permis d’écarter l’hypothèse d’une infection récente à EBV. L’apparition des IgG anti-EBNA est en effet très tardive lors d’une infection primaire à EBV. Il faut attendre plusieurs semaines avant de pouvoir les détecter [10]. Le contexte clinique a conforté, dans notre observation, le diagnostic d’hépatite A aiguë.

La détection simultanée des IgM anti-EBV et des IgM anti-VHA a été rapportée par certains auteurs. Naveau et al. [10] ont détecté la présence des IgM anti-EBV chez 9 patients parmi 15 adultes ayant une hépatite aiguë associée à des IgM anti-VHA.

Fikar et al. ont rapporté ce même type d’observation chez un enfant [11]. Une réactivation de l’EBV au décours de l’hépatite aiguë A ou une stimulation polyclonale pourraient expliquer ce type de profil. L’hypothèse d’une réaction croisée entre les IgM anti-VHA et les IgM anti-VCA EBV semble peu probable du fait que ces deux virus appartiennent à des familles différentes. Freymuth et al. rapportent que la présence simultanée dans le sérum d’IgG anti-VCA et des facteurs rhumatoïdes peut entraîner une réaction IgM anti-VCA faussement positive [12]. Cependant, la technique utilisée dans notre laboratoire permet l’élimination préalable des facteurs rhumatoïdes.

La mise en évidence des anticorps de classe IgM anti-EBV n’est pas un critère absolu d’infection. Une interprétation prudente des résultats sérologiques est nécessaire.

Références

1 Buisson Y, Nicand E. Vaccination against hepatitis A. EMC-Hépato-Gastroenterologie 2005 ; 2 : 75-85.

2 Joussemet M, Depaquit J, Nicand E, et al. Seroepidemiological shift of hepatitits A in France youth. Gastroenterol Clin Biol 1999 ; 23 : 447.

3 Ciocca M. Clinical course and consequences of hepatitis A infection. Vaccine 2000 ; 18 : S71-S74.

4 Ranger-Rogez S, Alain S, Denis F. hepatitis viruses : mother-to-child transmission. Pathol Biol 2002 ; 50 : 568-75.

5 Durand F. Clinical forms of hepatitis A. Rev Med Interne 2000 ; 21 : 50-7.

6 . Décret n° 2005-1395 du 10 novembre 2005 modifiant la liste des maladies faisant l’objet d’une transmission obligatoire des données individuelles à l’autorité sanitaire. Journal officiel 263 du 11 novembre 2005.

7 Hutin YJ, Pool V, Cramer EH, et al. A multistate foodborne outbreak of hepatitis A. N Engl J Med 1999 ; 340 : 595-602.

8 Peigue-Lafeuille H. Picornaviridae. In : Huraux JM, Agut H, Nicolas JC, Peigue-Lafeuille H, eds. Traité de virologie. Paris : Estem, 2003 : 389-405.

9 Garcia-Erce JA, Salvador-Osuna C, Seoane A, Damborenea Tajada J, Laudo F. Mononucleosis syndrome caused by hepatitis A virus. Rev Clin Esp 1999 ; 199 : 777.

10 Naveau S, Delfraissy JF, Poitrine A, Poynard T, Chaput JC. Simultaneous detection of IgM antibadies to hepatits A virus (IgM anti-HAV) and IgM antibadies to viral capsid antigen of Epstein-Barr virus (IgM anti-VCA EBV) in patients with acute viral hepatitis. Gastroenterol Clin Biol 1985 ; 9 : 109-12.

11 Fikar CR, Mckee C. False positivity of IgM antibodies to Epstein-Barr viral capsid antigen during acute hepatitis A infection. Pediatr Infect Dis J 1994 ; 13 : 413-4.

12 Freymuth F, Foucaut P, Quibriac M, Petitjean J, Ajchenbaum F, Pujol M. Anti-Epstein-Barr virus IgM antibodies in viral hepatitis A and B : significance and prevention. Gastroenterol Clin Biol 1986 ; 10 : 441-2.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]