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Les anticorps anti-glycolipides dans le diagnostic des neuropathies périphériques auto-immunes par la technique Dotzen ® Ganglio Profile Antibodies


Annales de Biologie Clinique. Volume 64, Numéro 2, 149-56, Mars-Avril 2006, Article original


Résumé   Summary  

Auteur(s) : C Caudie, A Reymond, J-C Antoine, P Petiot, P-M Gonnaud, C Vial , Service d’immunologie et de neuroimmunologie, Groupement hospitalier Est, Fédération de biologie, Hôpital neurologique et neurochirurgical Pierre Wertheimer, Lyon Bron, Service de neurologie, Hôpital Bellevue, St Étienne, Laboratoire d’explorations fonctionnelles du système nerveux central, Groupement Hospitalier Nord, Hôpital de la Croix Rousse, Lyon, Service d’explorations et de consultations neurologiques, Groupement Hospitalier Sud, Pierre-Bénite, Service d’électromyographie de pathologies neuromusculaires, Groupement Hospitalier Est, Hôpital neurologique et neurochirurgical Pierre Wertheimer, Lyon Bron.

Résumé : La présence d’autoanticorps anti-glycolipides sériques, polyclonaux et monoclonaux, a été rapportée dans les neuropathies périphériques aiguës et chroniques. De nombreuses méthodes de détection sont utilisées. Dans le cadre de l’évaluation des nouvelles trousses de diagnostic, nous avons testé la trousse Dotzen ® Ganglio Profile Ab. Elle permet la détection simultanée de dix autoanticorps dirigés contre les glycolipides fixés sur membrane qui sont les sulfatides et les gangliosides GM3, GM2, GM1, GD3, GD1a, GD1b, GT1a, GT1b, GQ1b. Nous avons travaillé sur deux séries de sérums de neuropathies périphériques auto-immunes, 52 sérums de patients présentant une neuropathie périphérique aiguë associée à des anticorps de classe IgG et 37 sérums de patients présentant une neuropathie chronique associée des anticorps de classe IgM. Nous avons identifié les différents profils anticorps dans 82 sérums sur les 89 analysés. La concordance des résultats avec ceux de la technique d’immunodot maison est de 96 % pour les profils autoanticorps de classe IgG (50/52) et 92 % pour les profils autoanticorps de classe IgM (32/37). La technique présente une excellente praticabilité. L’identification simultanée de dix autoanticorps anti-glycolipides par immunodot sur membrane permet de mieux définir les profils autoanticorps spécifiques des différentes formes électrocliniques du groupe hétérogène des neuropathies périphériques auto-immunes.

Mots-clés : immunodot, autoanticorps, glycolipide, ganglioside, sulfatide, neuropathie périphérique, syndrome de Guillain-Barré, Dotzen ® Ganglio Profile Ab

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) : C Caudie1, A Reymond1, J-C Antoine2, P Petiot3, P-M Gonnaud4, C Vial5

1Service d’immunologie et de neuroimmunologie, Groupement hospitalier Est, Fédération de biologie, Hôpital neurologique et neurochirurgical Pierre Wertheimer, Lyon Bron
2Service de neurologie, Hôpital Bellevue, St Étienne
3Laboratoire d’explorations fonctionnelles du système nerveux central, Groupement Hospitalier Nord, Hôpital de la Croix Rousse, Lyon
4Service d’explorations et de consultations neurologiques, Groupement Hospitalier Sud, Pierre-Bénite
5Service d’électromyographie de pathologies neuromusculaires, Groupement Hospitalier Est, Hôpital neurologique et neurochirurgical Pierre Wertheimer, Lyon Bron

Article reçu le 17 Juin 2005, accepté le 3 Decembre 2005

L’étude des anticorps anti-glycolipides associés aux neuropathies périphériques auto-immunes a considérablement amélioré notre connaissance sur la physiopathologie du système nerveux périphérique [1-6]. Tous les anticorps dirigés contre les glycolipides du système nerveux appartiennent à la grande famille des glycosphingolipides. Les principaux glycolipides sont : les gangliosides qui présentent une extraordinaire diversité par la présence d’un à plusieurs acides sialiques sur la chaîne oligosaccharidique, deux sulfoglycosphingolipides à acide glucuronique appelés SGPG et SGLPG qui ont des épitopes identiques avec la Mag (glycoprotéine associée à la myéline), les sulfatides et le galactocérébroside. Ils présentent tous de nombreuses similitudes structurales à l’origine de fréquentes réactions croisées. Actuellement, le neurologue dispose d’une batterie d’anticorps plus ou moins spécifiques qui permet l’orientation étiologique des neuropathies périphériques. Plusieurs méthodes de détection sont utilisées. La réactivité des anticorps anti-glycolipides est recherchée par immunodétection sur plaque de chromatographie en couche mince sur gel de silice [5, 6]. Cette technique de détection de nombreux anticorps fait référence, mais elle est peu utilisée, car peu adaptée à la pratique du laboratoire. La technique Elisa qui permet une mesure quantitative d’un anticorps a été développée pour les anticorps dirigés contre les gangliosides majeurs comme le GM1, le GD1b et le GQ1b. Elle a un intérêt clinique limité car tout résultat positif doit être confirmé par la technique d’immunodétection après chromatographie en couche mince. La technique d’immunodot sur membrane a été proposée par Chabraoui et al. en 1993 [7], optimisée à + 4 °C et contrôlée par la technique d’immunodétection par chromatographie [8, 9]. Elle permet la recherche simultanée de dix anticorps anti-glycolipides et elle est à la base de la définition des profils anticorps associés aux différentes formes cliniques et électrophysiologiques des neuropathies périphériques [9]. Récemment, des trousses de diagnostic ont été proposées pour la recherche des anticorps sur des batteries de plus en plus larges de glycolipides. Ces trousses de diagnostic sont le GanglioCombi de Bühlmann développé en microplaques Elisa identifiant 5 autoanticorps anti-gangliosides, le coffret Euroimmun Ganglioside profile Euroline sur membrane identifiant 7 autoanticorps anti-gangliosides de Bio Advance et le coffret Dotzen Ganglio Profile antibodies sur membrane identifiant 10 anticorps anti-glycolipides de Zentech.Dans le cadre de la validation clinique des trousses de diagnostic nouvellement commercialisées, nous avons testé les performances de la trousse Dotzen® Ganglio Profile antibodies sur une série de 89 sérums de neuropathies périphériques auto-immunes aiguës et chroniques. Les neuropathies périphériques aiguës sont encore appelées syndrome de Guillain-Barré. Elles présentent de nombreuses formes électrocliniques, depuis les formes bénignes ambulatoires, aux formes sévères évoluant en 24 heures vers une tétraplégie complète avec atteinte respiratoire et bulbaire. Un événement prodromique, le plus souvent infectieux, est habituel dans le mois précédant l’apparition des signes. Il a été décrit dans le syndrome de Guillain-Barré plus d’une vingtaine d’anticorps anti-glycolipides [10] et il a été clairement démontré l’existence de corrélations spécifiques entre les anticorps anti-glycolipides et les différentes formes du syndrome de Guillain-Barré. La forme clinique classique, sensitivo-motrice démyélinisante, la plus anciennement connue, est la plus fréquente. La forme axonale motrice ou sensitivo-motrice survient le plus souvent après une infection aiguë par Campylobacter jejuni. Elle présente des anticorps de classe IgG anti-GM1 ou GD1a. Dans les formes avec atteinte oculomotrice de type syndrome de Miller Fisher, il est décrit la présence d’IgG anti-GQ1b dès le début des symptômes dans 95 % des cas. Dans les formes plus rares, sensitives pures avec ataxie, il est décrit des IgG anti-GD1b, dans les formes sévères avec une atteinte des nerfs bulbaires, il est décrit des IgG anti-GT1a et anti-GT1b [11-21].Dans le groupe des neuropathies périphériques chroniques associées à une gammapathie monoclonale, il est décrit dans 50 à 70 % des cas, la présence d’une IgM monoclonale à forte activité anti-glycolipides à acide glucuronique ou anti-gangliosides [22-24]. Dans les neuropathies motrices multifocales avec blocs de conduction persistants, les travaux du groupe de Pestronk [25] ont souligné la présence d’anticorps anti-GM1 et une bonne sensibilité des patients aux immunoglobulines humaines polyvalentes administrées par voie intraveineuse. Les anticorps anti-GM1 sont observés selon les séries de patients dans 20 à 80 % des cas [26, 27].

Matériel et méthodes

Les sérums

Les sérums de patients reçus au laboratoire dans le cadre du bilan d’une neuropathie périphérique ont été conservés à - 20 °C dans la sérothèque « neuropathies périphériques auto-immunes ». Les sérums ont été documentés sur les plans épidémiologique, clinique, électrophysiologique et immunologique et classés en deux groupes de neuropathies auto-immunes en fonction de la classe IgG ou IgM des profils autoanticorps anti-glycolipides.

Un groupe de sérums contrôles a été également conservé. Il comprend des sérums de différentes maladies neurologiques.

Les profils anticorps anti-glycolipides identifiés dans les neuropathies périphériques

Ils ont été mis en évidence par la technique d’immunodot développée par Chabraoui et al. [7] à partir de la détection simultanée de dix anticorps anti-glycolipides de classe IgG et de classe IgM. Les anticorps recherchés sont les anticorps anti-galactocérébroside, anti-sulfatides et anti-gangliosides GM3, GM2, GM1, GD3, GD1a, GD1b, GT1b, GQ1b [8, 9]. La technique développée sur membrane de PVDF (polyvinylidène difluoride) de Millipore a été optimisée à la température de 4 °C selon les recommandations internationales. Les gangliosides purifiés proviennent de Sigma ou Calbiochem, en fonction de la disponibilité du marché. Pour chaque sérum de patient, il est préparé quatre bandelettes, deux pour l’identification des anticorps de classe IgG et deux pour l’identification des anticorps de classe IgM. Il est déposé 1 μg de chacun des gangliosides et 0,2 μg de sulfatides et de galactocérébroside sous un volume de 1 μL. Les bandelettes préparées à l’avance sont conservées à + 4 °C en milieu sec pendant plusieurs semaines avant utilisation. Les sérums de patients et les sérums contrôles sont testés systématiquement aux dilutions 1/100 et 1/250. Le temps d’incubation des sérums est de 120 minutes à froid sous agitation douce. Les immunsérums anti-IgM et anti-IgG humaines couplés à la phosphatase alcaline (Jackson Immuno Research d’Interchim) sont incubés 90 minutes avec agitation et à froid. La révélation de l’enzyme est de 30 minutes à 25-30 °C par le substrat Sigma fast tablets NBT/BCIP (nitrobleu de tétrazolium en tampon bromo-chloro-indolyl-phosphate). Le seuil de positivité a été fixé à la dilution 1/100. Le résultat de chaque anticorps est exprimé en croix en fonction de l’intensité de la coloration de chacun des spots (+ : positif faible ; ++ : positif ; +++ : positif fort). Cette technique d’immunodot a permis la définition de quatre types de profils autoanticorps de classe IgG et de deux types de profils de classe IgM en identifiant le ou les gangliosides majeurs. Nous présentons dans la ( figure 1 ) des exemples de profils de classe IgG associés de façon spécifique aux différentes formes électrocliniques du syndrome de Guillain-Barré. Elle a également permis de montrer la réactivité des IgM monoclonales vis-à-vis des différents glycolipides dans les neuropathies périphériques chroniques associées à une gammapathie monoclonale.

Le titrage des anticorps anti-GM1 de classe IgG et IgM a été réalisé par la technique Elisa maison, technique modifiée d’Adams et al. [7]. Les puits d’une microplaque Costar sont sensibilisés par 100 μL de ganglioside GM1 (Sigma) dissous dans le méthanol. Les titrages sont réalisés en double exemplaire avec un blanc sérum (sans GM1). Les sérums dilués au 1/20 sont incubés 120 minutes à + 4 °C. La révélation est effectuée en 60 minutes à froid en présence d’un immunsérum anti-IgM humaines, marqué à la peroxydase pour révéler les anticorps de classe IgM et d’un immunsérum anti-IgG humaines, pour révéler les anticorps de classe IgG. Huit sérums négatifs et 2 sérums positifs sont systématiquement inclus dans chaque série de titrage pour le calcul du seuil décisionnel et pour la standardisation interne. Le seuil décisionnel a été établi à 2.

Les anticorps anti-glycolipides par la trousse Dotzen® Ganglio Profile Ab

La trousse Dotzen® Ganglio Profile Ab utilise une technique d’immunodot sur membrane commercialisée par Zentech et distribuée par Ingen Rungis France. Elle permet la détection simultanée de 9 anticorps anti-gangliosides GM3, GM2, GM1, GD3, GD1a, GD1b, GT1a, GT1b, GQ1b et un anticorps anti-sulfatides, de classes IgG + IgM pour le dépistage, de classe IgG et IgM pour la caractérisation des anticorps en cas de positivité. Les bandelettes de membrane contenant les différents glycolipides adsorbés sous la forme de microgouttes, sont incubées 10 minutes à froid dans 1 mL de diluant, sous agitation, puis 120 minutes après addition de 250 μL de sérum de patient dilué au 1/100. Après 3 lavages de 5 minutes, les bandelettes sont incubées à froid avec l’immunsérum anti-immunoglobulines humaines, marqué à la peroxydase, pendant 60 minutes. Après trois lavages de 5 minutes et un rinçage dans l’eau désionisée, les bandelettes sont incubées 10 minutes dans la solution de substrat chromogène, le tétraméthylbenzidine. La réaction est stoppée par un lavage de 5 minutes dans l’eau. Les bandelettes sont séchées à l’air libre sur un papier absorbant avant d’être lues à l’aide d’une grille d’identification. La présence des autoanticorps se traduit par la présence de spots de coloration bleue, d’intensité variable. Les spots les plus colorés sont immunodominants. Sur chaque bandelette, un spot de contrôle du bon déroulement de la réaction immunologique est inclus. De plus, une bandelette contrôle positif est testée dans chaque série avec un sérum.

Résultats

Sérums testés

Nous avons travaillé sur 89 sérums de neuropathies périphériques auto-immunes de notre sérothèque, 52 sérums de patients présentant une neuropathie périphérique aiguë avec des anticorps de classe IgG (tableau 1( Tableau 1 )) et 37 sérums de neuropathies périphériques chroniques avec des anticorps de classe IgM (tableau 2( Tableau 2 )). Huit sérums contrôles négatifs ont été inclus.
Tableau 1 Les profils autoanticorps anti-glycolipides de classe IgG dans les 52 sérums de syndrome de Guillain-Barré par les deux techniques il est observé les mêmes profils.

Les profils de classe IgG

n

Technique Maison

Technique Dotzen

Formes de Guillain-Barré

Profils avec GM1 dominant

24

IgG anti-GM1

IgG anti-GM1

Atteintes motrices et axonales

IgG anti-GM1>GD1b

IgG anti-GM1>GD1b

IgG anti-GM1>GD1a+GM2

IgG anti-GM1>GD1a+GM2

Profils avec GD1a dominant

3

IgG anti-GD1a

IgG anti-GD1a

Atteintes motrices et axonales sévères

IgG anti-GD1a>GM1+GM2+sulfatides

IgG anti-GD1a>GM1+GM2+GT1a+sulfatides

Profils avec présence du GQ1b

22

IgG anti-GQ1b

IgG anti-GQ1b+GT1a

Atteintes oculo-motrices

IgG anti-GQ1b>GD3

IgG anti-GQ1b+GT1a>GD3

IgG anti-GQ1b>GD3+GT1b

IgG anti-GQ1b+GT1a>GD3+GD1b+GT1b

IgG anti-GQ1b+GT1b+GM3+GD1a

IgG anti-GQ1b+GT1a+GT1b+GM3+GD1a

Profils avec GD1b dominant

3

IgG anti-GD1b

IgG anti-GD1b

Atteintes sensitives pures avec ataxie

IgG anti-GD1b+GD3

IgG anti-GD1b+GD3


Tableau 2 Les profils anticorps de classe IgM anti-glycolipides identifiés dans les 37 sérums testés par les deux techniques : il est observé les mêmes profils.

Les profils anticorps à IgM monoclonale à activité anti-glycolipides

Technique maison

Technique Dotzen

Ganglioside dominant

Formes cliniques

IgM anti-GM1

IgM anti-GM1

GM1

Atteintes motrices

IgM anti-GM1 > GD1b

IgM anti-GM1 > GD1b

IgM anti-GM1 > GD1b+sulfatides

IgM anti-GM1 > GD1b+sulfatides

N = 8

IgM anti-GD1b

IgM anti-GD1b

GD1b

Atteintes sensitives et ataxiantes

IgM anti-GD1b+GD3

IgM anti-GD1b+GD3

N = 3

IgM anti-gangliosides disialylés : GD1b+GD3+GT1b+GQ1b

IgM anti-gangliosides disialylés : GD1b+GD3+GT1a+GT1b+GQ1b

Disialylés

Atteintes sensitives et ataxiantes avec ophtalmoplégie type Canomad

IgM anti-GD1b+GD3+GT1a+GT1b+ GQ1b+GD1a+GM3

IgM anti-GD1b+GD3+GT1a+GT1b+GQ1b+ GD1a +GM3

N = 5

Les profils anticorps à IgM polyclonales

Technique maison

Technique Dotzen

Ganglioside dominant

Formes cliniques

IgM anti-GM1

IgM anti-GM1

GM1

Motrices pures

IgM anti-GM1 > GD1b

IgM anti-GM1 > GD1b

IgM anti-GM2

IgM anti-GM2

GM2

N = 16

IgM anti-GD1b

IgM anti-GD1b

GD1b

Sensitives

N = 1

IgM anti-GM2

IgM anti-GM2

GM2

Aiguës post-CMV

IgM anti-GM2 > GM1

IgM anti-GM2 > GM1

N = 3

IgM anti-sulfatides

IgM anti-sulfatides

Sulfatides

Sensitives

N = 1

Performances analytiques et diagnostiques de la trousse Dotzen® Ganglio Profile Ab

La praticabilité

La trousse est de manipulation simple à réaliser. Elle contient tous les réactifs prêts à l’emploi. La durée totale de la manipulation est de 4 heures. Les sérums sont dilués au 1/505. La lecture des bandelettes est facile en raison de l’observation de spots colorés bien visibles sur une grille de lecture. Les bandelettes sont conservées à sec à l’abri de la lumière et peuvent être relues à tout moment. La présence d’anticorps se traduit par un à plusieurs spots de couleur plus ou moins intense sur fond blanc. Lorsque le fond de la bandelette est coloré pour certains sérums de patients, les spots négatifs apparaissent en blanc.

Les deux sérums de contrôles positifs en anticorps de classe IgG et IgM anti-glycolipides testés dans chaque série se révèlent trop faiblement positifs sur un à deux spots parmi les dix à tester. Le spot immunodominant anti-GM1 le plus fréquent n’est pas inclus dans ces deux contrôles.

La sensibilité de la trousse

La sensibilité de la trousse est globalement plus faible que celle de la technique maison. Les spots obtenus sont d’intensité et de diamètre plus faibles. La trousse a identifié les anticorps anti-glycolipides permettant la définition des profils anticorps spécifiques dans 82 sérums sur les 89 analysés.

Les profils autoanticorps de classe IgG (tableau 1)

La trousse a identifié correctement 50 profils anticorps sur les 52 testés. Deux sérums de patients présentant un syndrome de Guillain-Barré moteur et axonal avec un profil IgG anti-GM1 et GD1b ne sont pas bien identifiés. L’anticorps anti-GM1 est peu visible. Les 22 sérums présentant un profil contenant des IgG anti-GQ1b dans le syndrome de Miller Fisher et ses variants cliniques sont toujours très bien identifiés par la présence de deux anticorps immunodominants dirigés contre les gangliosides GQ1b et GT1a. La trousse permet l’identification d’un nouvel anticorps anti-GT1a toujours associé à l’anticorps anti-GQ1b dans notre série. Ce profil IgG anti-GQ1b et GT1a apporte une plus grande fiabilité au diagnostic du syndrome de Miller Fisher. Les 3 profils IgG anti-GD1a dominant sont également bien révélés dans les formes motrices et axonales du syndrome de Guillain-Barré. Nous présentons dans la ( figure 2 ) quelques exemples de profils anticorps spécifiques observés dans différentes formes électro-cliniques du syndrome de Guillain-Barré.

Les profils autoanticorps de classe IgM (tableau 2)

La trousse a identifié correctement 32 profils sur les 37 testés.

Les profils à IgM monoclonale à forte activité anti-gangliosides GM1 et GD1b et à forte activité anti-ganglioside GD1b sont le plus souvent bien identifiés. Les réponses autoanticorps sont fortement positives. Les profils à IgM monoclonale à activité anti-gangliosides disialylés de type Canomad (chronic ataxic neuropathy, ophtalmoplegia, IgM paraprotein, cold agglutinins, disialosyl ganglioside antibodies) sont très bien identifiés. La trousse met bien en évidence le profil Canomad spécifique à 5 anticorps dirigés contre les gangliosides ayant un épitope disialylé comme le GD1b, GD3, GT1a, GT1b, GQ1b. La trousse présente une bonne sensibilité pour les gangliosides disialylés.

Les profils de type IgM polyclonales anti-GM1 ou anti-GM2 d’intensité modérée ne sont pas bien identifiés. La trousse manque de sensibilité pour les gangliosides monosialylés de type GM1 et GM2. Ces profils à IgM polyclonales anti-GM1 sont associés aux neuropathies périphériques motrices multifocales avec blocs de conduction persistants. Les réponses obtenues avec la trousse sont faibles ou négatives.

La spécificité de la trousse

Les 8 sérums de contrôles négatifs se sont tous bien révélés négatifs en IgG et IgM. Nous n’avons pas observé la présence d’anticorps dits faux positifs pouvant gêner ou fausser l’interprétation des profils. Les IgG anti-GQ1b et GT1a sont révélés uniquement dans le syndrome aigu de Miller Fisher, les IgM anti-GQ1b et GT1a uniquement dans la neuropathie chronique de type Canomad présentant une ophtalmoplégie externe. Cela indique l’excellente spécificité de la trousse vis-à-vis de ces deux anticorps associés de façon spécifique à l’atteinte des nerfs oculomoteurs. Les anticorps anti-gangliosides immunodominants au sein de chaque profil anticorps sont bien identifiés.

Discussion

La trousse Dotzen® Ganglio profile Ab nous a permis d’identifier les anticorps anti-glycolipides dans 82 sérums sur les 89 testés dans une série de neuropathies périphériques auto-immunes. La trousse a bien identifié les anticorps anti-glycolipides permettant la définition de profils autoanticorps spécifiques. Les profils de classe IgG, observés dans les variants du syndrome de Guillain-Barré, sont le plus souvent bien interprétables en s’aidant du guide d’interprétation proposé par Zentech. Les profils de classe IgM à activité monoclonale sont également bien identifiés. Par contre, les profils à IgM polyclonales anti-GM1 ou GM2 ne sont pas révélés ou faiblement révélés dans les sérums de neuropathies motrices multifocales avec blocs de conduction. Nous avons amélioré la sensibilité de la trousse en travaillant sur les sérums à des dilutions de travail plus faibles aux 1/100 et 1/200 à la place de la dilution 1/505 préconisée par le fabricant. La trousse présente une excellente praticabilité en réalisant la recherche simultanée de dix anticorps anti-glycolipides de classe IgG et IgM. Elle utilise dans son panel de glycolipides, le ganglioside GT1a qui révèle un nouvel anticorps spécifique anti-GT1a toujours associé à l’anticorps anti-GQ1b dans notre série de syndrome de Miller Fisher. Ce profil à deux anticorps est hautement spécifique du syndrome de Miller Fisher et de ses variants, dont le point commun sur le plan clinique est l’ophtalmoplégie externe. Lorsque les anticorps anti-GT1a sont présents isolément, ils permettent selon Koga et al. [28] d’identifier de nouveaux variants électro-cliniques du syndrome de Guillain-Barré, en particulier celui se compliquant d’une paralysie bulbaire ou la paralysie bulbaire isolée autoimmune. Ce ganglioside a toute sa place dans le panel de glycolipides à tester [29].

Conclusion

La recherche systématique de tous les anticorps anti-glycolipides s’impose pour l’établissement des profils autoanticorps spécifiques des atteintes du nerf périphérique dans le cadre du diagnostic des nombreuses formes électro-cliniques auto-immunes. La technique d’immunodot, en raison de sa simplicité et de sa grande adaptabilité à identifier de nouveaux autoanticorps, doit permettre la détection de tous les autoanticorps anti-glycolipides connus à ce jour, en une seule technique fiable. Les IgM monoclonales à activité autoanticorps à la fois anti-glycolipides à acide glucuronique et anti-MAG sont encore recherchées par immunochromatographie en couche mince, le glycolipide purifié SGPG n’étant pas encore disponible sur le marché.

Remerciements

Nous remercions Corine Buis et Jocelyne Félix qui nous ont aidés à la mise au point et à l’optimisation de la technique d’immunodot maison et à la constitution de la sérothèque neuropathies autoimmunes et la Société Ingen pour l’ensemble des réactifs fournis. Ce travail a été effectué dans le cadre du Groupe de Qualité Inter-Hospitalier Lyonnais des Hospices Civils de Lyon (Dr AM Duclos-Martinez et Dr E Bannier) et du Groupe d’Etude des Neuropathies Périphériques Dysimmunes des Hospices Civils de Lyon (Dr C Vial, Dr P Petiot, Dr PM Gonnaud).

Références

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