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Dosage de la cotinine urinaire libre


Annales de Biologie Clinique. Volume 63, Numéro 5, 467-73, Septembre-Octobre 2005, article original

Article gratuit   Summary  

Auteur(s) : N Jacob, C Berny, J-C Boyer, B Capolaghi, G de l’Homme, G Desch, D Garelik, N Houdret, G Le Moel, M Moulsma, E Plantin-Carrenard

Résumé : Objectifs : la cotinine est un marqueur sensible et spécifique de l’imprégnation tabagique, présent dans tous les milieux biologiques. Un recueil d’urine est bien accepté par les fumeurs en demande active de sevrage mais on ne peut exclure une variation de la cotininurie en fonction des apports hydriques. Cette étude a eu pour but de déterminer si l’on doit en tenir compte ou non d’après le dosage de la créatinine sur l’échantillon d’urine. Le critère choisi pour en décider est une comparaison au taux de monoxyde de carbone dans l’air expiré.Matériel et méthodes : le CO a été mesuré chez 53 fumeurs se présentant à une première consultation en tabacologie. La cotininurie (miction au moment de la consultation) a été mesurée par CLHP-UV. Les valeurs limites pour juger de l’abstinence sont de 8 ppm pour le CO et de 0,05 mg/L pour la cotininurie. La créatininurie a été mesurée par la réaction de Jaffé.Résultats : dans le groupe de fumeurs, le taux moyen de CO est égal à 18,5 ± 10,6 ppm et la cotininurie moyenne à 1,45 ± 0,86 mg/L. Huit fumeurs ont un taux de CO <\; 8 ppm et pourraient être considérés comme abstinents, mais seul l’un d’entre eux a une cotininurie indétectable. La concentration de créatinine urinaire est variable selon les échantillons (étendue 0,7 - 35 mmol/L). La cotinine n’est que faiblement corrélée à la créatinine (r \= 0,279 \; p \= 0,037). Alors qu’il existe une corrélation hautement significative entre cotinine et CO (r \= 0,649 \; p \= 0,0001), la corrélation cotinine/créatinine versus CO n’est pas significative (r \= 0,249 \; p \= 0,072). Afin de corriger éventullement la variabilité induite par les apports hydriques, la cotininurie de chaque échantillon a été ajustée par rapport à la créatininurie moyenne (8,3 mmol/L) calculée pour le groupe de sujets. Une corrélation pratiquement identique à la corrélation initiale est retrouvée entre la cotinine ajustée et le taux de CO (r \= 0,640 \; p <\; 0,0001).Conclusion : la cotininurie mesurée sur une miction est un indicateur fiable de l’intensité du tabagisme au niveau individuel. Corriger la cotininurie par rapport à la créatininurie n’apparaît pas nécessaire dans ce contexte. Mesurer la cotinine peut contribuer à une meilleure prise en charge des sujets en demande active de sevrage, rendant possible l’adaptation du traitement substitutif nicotinique pour un suivi personnalisé. Ceci autorise également un suivi adapté chez la femme enceinte fumeuse et chez les sujets en prévention secondaire. Enfin, une cotininurie très faible permet de signifier le maintien de l’abstinence.

Mots-clés : cotinine, monoxyde de carbone, tabagisme, CLHP

 

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