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Dosage automatique en cinétique de l’activite L-asparaginase plasmatique en suivi thérapeutique des leucémies aiguës lymphoblastiques


Annales de Biologie Clinique. Volume 62, Numéro 5, 568-72, Septembre-Octobre 2004, pratique quotidienne


Résumé   Summary  

Auteur(s) : J-L Orsonneau , EA Brassart , M Lecame , P Thomare , O Delaroche , D Dudouet , Laboratoire de biochimie générale, Nantes, Unité fonctionnelle de pharmacie clinique oncologique, Nantes.

Résumé : La L-asparaginase est un élément important de l’arsenal thérapeutique utilisé au cours des leucémies aiguës lymphoblastiques, entraînant une déplétion en L-asparagine. L’existence d’effets secondaires importants et notamment le développement d’anticorps justifie son monitorage pour s’assurer de l’efficacité thérapeutique, le dosage de L-asparagine, lui, s’avérant plus difficile. Nous comparons ici les résultats obtenus avec une méthode enzymatique cinétique automatisée avec ceux de la méthode la plus répandue et utilisant le réactif de Nessler. La corrélation s’avère excellente avec r \= 0,992 et la droite d’allométrie s’établit à y \= 1,038x – 0,37 μkat/L. La spécificité et la précision s’avèrent supérieures avec la méthode enzymatique, et sa mise en œuvre est plus aisée, avec notamment un temps de réalisation nettement plus court. Cela permet un monitorage en temps réel du traitement et pourrait peut-être permettre des ajustements thérapeutiques de manière à atténuer les effets secondaires tout en conservant la même efficacité.

Mots-clés : L-asparaginase, leucémie aiguë lymphoblastique, ammonium, dosage enzymatique, monitorage traitement médicamenteux

Illustrations

ARTICLE

Auteur(s) :, J-L Orsonneau1, EA Brassart1, M Lecame2, P Thomare2, O Delaroche1, D Dudouet1

1Laboratoire de biochimie générale, Nantes
2Unité fonctionnelle de pharmacie clinique oncologique, Nantes

Article reçu le 23 Mars 2004, accepté le 21 Mai 2004

La L-asparaginase (L-asparagine amidohydrolase ; EC 3.5.1.1) fait partie de l’arsenal thérapeutique utilisé dans la prise en charge des leucémies aiguës lymphoblastiques (LAL) de l’adulte et de l’enfant. En hydrolysant la L-asparagine en acide L-aspartique et en ammonium, elle inhibe la synthèse protéique des cellules blastiques. Celles-ci sont en effet déficitaires en asparagine synthétase (aspartate-ammonia Ligase ; EC 6.3.1.1), et l’administration de L-asparaginase conduit donc à l’apoptose et à la mort cellulaire. Seulement deux formes commerciales sont actuellement disponibles, la Kidrolase® (extraite d’Escherichia coli), toujours administrée en première intention, et l’Oncaspar® (forme pégylée de la L-asparaginase d’E. coli). Ces différentes formes donnent des taux circulants variables [1, 2] du fait d’une grande variabilité inter-individuelle de leurs propriétés pharmacocinétiques. Outre des effets secondaires parfois graves au niveau du foie et du pancréas, l’administration de L-asparaginase peut entraîner des réactions de type allergique parfois intenses, mais aussi une réaction immunitaire asymptomatique. Celle-ci aboutit à la synthèse d’anticorps spécifiques anti-L-asparaginase de type IgG d’intérêt diagnostique et pronostique [3] car pouvant conduire à une perte d’efficacité thérapeutique. Le monitorage par mesure de l’activité enzymatique circulante est donc essentiel [4, 5]. Un seuil de 1,7 μkat/L semble assurer une déplétion complète en L-asparagine même s’il reste actuellement discuté [5]. Quant au suivi du taux d’asparagine, il est lui plus délicat à réaliser en pratique clinique. Cela est dû à la fois à son instabilité dans le prélèvement, liée en particulier à la présence de la L-asparaginase, et aux techniques chromatographiques à mettre en œuvre [6].Plusieurs méthodes de dosage de la L-asparaginase ont été décrites [7-10], mais la plus fréquemment utilisée est celle décrite par Werber et al. [8]. La mesure de l’activité enzymatique s’effectue par incubation du sérum dans un tampon contenant de la L-asparagine, puis après arrêt de la réaction, par dosage de l’ammonium avec le réactif de Nessler. Cette méthode est longue et non automatisable. Il nous a paru intéressant de développer une technique automatique plus rapide et plus précise pour améliorer le suivi des patients.

Matériels et méthodes

Échantillons

Tous les échantillons sanguins nécessaires à la validation de la méthode ont été prélevés sur voie centrale chez des enfants atteints de LAL de novo traités selon le protocole Fralle 2000 au décours de l’induction (9 injections intramusculaires de 100 μkat/m2 chacune) et de l’intensification no 1 (6 injections de 100 μkat/m2). Les prélèvements étaient effectués 30 minutes et 2 heures après la première injection, puis 2 heures avant chacune des autres injections. Pour mémoire, un microkatal (μkat) de Kidrolase® correspond à la production d’une micromole d’ammonium par seconde à 37 °C. La mesure de l’activité enzymatique est une des composantes d’un monitorage spécifique de la L-asparaginase mis en place chez ce type de population au CHU de Nantes. Son objectif est d’explorer le phénomène de « répondeurs silencieux » peu décrit dans la littérature. Ce protocole sans bénéfice individuel direct a reçu l’avis favorable du CCPPRB des Pays de Loire, et le consentement éclairé des parents des enfants traités a été systématiquement recueilli au préalable par écrit. Les échantillons sanguins étaient recueillis sur héparinate de lithium. Après centrifugation et décantation, le plasma des patients était stocké à – 80 °C, et les dosages effectués à la fin de chaque phase de traitement.

Méthode de référence

La méthode de référence (méthode de Nessler) était celle préconisée par Werber et al. [8]. Brièvement, 100 μL de plasma sont incubés dans 900 μL de tampon Tris pH 7,30 contenant 44 mmol/L de L-asparagine pendant 45 minutes. Après précipitation par l’acide trichloracétique, la concentration d’ammonium dans le surnageant est dosé avec du réactif de Nessler par photométrie à 450 nm du complexe iodo-mercurique formé. Le réactif de Nessler provenait de VWR International SAS (Fontenay-sous-bois) ref. 31074.265, la L-asparagine de Sigma Aldrich (Saint Quentin Fallavier) réf. A-7094, et les mesures étaient effectuées sur un spectrophotomètre Beckman DU 7500 (Beckman Coulter France SA Roissy CDG). La calibration s’effectuait à l’aide d’une gamme de sulfate d’ammonium allant de 0 à 20 mmol/L, ce dernier point correspondant à 7,40 μkat/L de L-asparaginase.

Méthode enzymatique

La méthode testée est basée sur l’action de la glutamate déshydrogénase (GLDH) sur l’α-cétoglutarate en présence de NADPH. Nous avons utilisé le réactif ammonium Roche/Hitachi 917 réf. 11877984 (Roche Diagnostics, Meylan). Les réactifs 1 (substrat tamponné) et 2 (GLDH et NADPH) étaient utilisés selon les recommandations du fabricant. À l’un des flacons de substrat tamponné (réactif 1) était ajouté de la L-asparagine à la concentration de 124 mmol/L, de manière à obtenir une concentration finale de 40 mmol/L dans le mélange réactionnel conformément à [2] ; il devient alors le réactif 3 pour la programmation du cycle analytique. La stabilité de celui-ci a été vérifiée sur une semaine dans le compartiment réactif de l’analyseur. Le dosage était effectué dans un canal ouvert d’un Hitachi 917 selon la programmation du tableau I( Tableau I ). En résumé, après élimination de l’ammonium endogène (échantillon, réactif 1 puis réactif 2), le réactif 3 contenant la L-asparagine est rajouté 5 minutes après le début du cycle analytique. La cinétique d’apparition de l’ammonium produit par la L-asparaginase plasmatique est suivi par la décroissance de DO à 340 nm entre la 8e et la 10e minute du cycle analytique.

La Kidrolase® (Laboratoire Bellon, Montrouge) a été utilisée pour la préparation des sérums de contrôle, les trois niveaux ont été aliquotés et stockés à – 80 °C. Il n’a pas été noté de dégradation de l’activité après plus d’un an de stockage. Un pool de sérum non surchargé a été traité de manière identique pour la mesure de la limite de détection. Le facteur de calcul a été déterminé à partir d’une solution de Kidrolase® (dans NaCl 9 g/L + BSA 20 g/L) passée 20 jours de suite. La valeur obtenue (tableau I) est proche de la valeur théorique, et analogue à celle obtenue pour des enzymes à coenzyme nicotinique dosées dans les mêmes conditions. Sérum ou plasma hépariné peuvent être indifféremment utilisés pour les deux méthodes.
Tableau I Programmation de l’Analyseur Hitachi 917.

Analyse

Code / Tps / Point

Cin.A/10/27-34

Longueur d’onde (2ème/princ.)

700/340

Volume échantillon (normal)

10,0 μL

Volume échantillon (réduit)

5,0 μL

Diluant

Eau

Réactif R1

125 μL

Réactif R2

75 μL

Réactif R3

100 μL

DO limite

6 000/Décroissante

Calibration

Type

Linéaire

Point

2

Point Span

2

Limite DS

0,1

Limite duplicat.

20 %-200 DO

Limites

Code application/unité

9**/μkat/L

Limites d’alerte

0-10

Concentration standards

Calibrateur 1 (code / valeur)

Eau/0,00

Facteur de calcul

9 300

Résultats

L’évaluation de la méthode enzymatique a été effectuée selon les préconisations de la commission de validation de techniques de la SFBC [11] à ceci près qu’elle s’est déroulée sur plus d’un an, au fur et à mesure de l’inclusion des patients.

Évaluation du domaine de mesure

La limite de détection (mesures des blancs dans 30 séries), dans les conditions normales de la programmation, s’élève à 0,036 μkat/L. La limite de quantification obtenue après dix mesures de dilutions successives du contrôle le plus faible s’établit à 0,057 μkat/L. La limite supérieure de linéarité s’élève, elle, à 10 μkat/L. Pour les valeurs supérieures, une prise d’essai deux fois moindre était effectuée automatiquement par l’analyseur.

Évaluation de la précision

La répétabilité des deux méthodes a été mesurée en passant 20 fois de suite chacun des trois niveaux de contrôle, les résultats sont rassemblés dans le tableau II( Tableau II ). La reproductibilité a été évaluée avec les mêmes contrôles testés systématiquement avec chaque série de patients. Les résultats obtenus par les deux méthodes sont rassemblés dans le tableau III( Tableau III ).

Deux cent six échantillons provenant de 16 patients traités par la Kidrolase® ont été testés simultanément par les deux méthodes entre septembre 2002 et décembre 2003. Les résultats de la comparaison sont présentés sur la ( figure 1 ). La droite d’allométrie s’établit à y (méthode enzymatique) = 1,038 x (méthode de Nessler) – 0,370 μkat/L, et le coefficient de corrélation r = 0,992. Il faut noter que la moyenne des résultats obtenus sur les prélèvements (P0) précédant la 1e injection de Kidrolase® s’élève à 0,30 μkat/L pour la méthode de Nessler alors qu’elle est effectivement de 0,00 μkat/L pour la méthode enzymatique.
Tableau II Étude de la répétabilité (n = 20).

Contrôle bas

Contrôle moyen

Contrôle elevé

Méthode de nessler

Moyenne (μkat/L)

0,733

3,738

8,835

Écart type (μkat/L)

0,108

0,149

0,217

Coefficient de variation (%)

14,79

3,98

2,45

Méthode enzymatique

Moyenne (μkat/L)

0,325

3,405

7,926

Écart type (μkat/L)

0,010

0,020

0,048

Coefficient de variation (%)

3,13

0,59

0,61


Tableau III Étude de la reproductibilité (n = 30).

Contrôle bas

Contrôle moyen

Contrôle elevé

Méthode de nessler

Moyenne (μkat/L)

0,651

3,808

8,625

Écart type (μkat/L)

0,219

0,317

0,548

Coefficient de variation (%)

33,64

8,33

6,35

Méthode enzymatique

Moyenne (μkat/L)

0,351

3,394

8,219

Écart type (μkat/L)

0,027

0,086

0,179

Coefficient de variation (%)

7,78

2,55

2,18

Interférence de l’ammonium endogène

Compte tenu du principe de la méthode de référence, la présence d’une mmol/L d’ammonium dans l’échantillon correspond à une surestimation de 0,37 μkat/L. Pour la méthode testée il n’a pas été observé d’interférence de l’ammonium endogène, celui-ci étant toujours éliminé avant l’addition du réactif de déclenchement pour les taux observés. Ceux-ci s’élevaient respectivement à 250, 380, 470 et 560 μmol/L pour le pool de sérum utilisé pour la détermination de la limite de détection et pour les trois niveaux de contrôle. Ces résultats corroborent d’ailleurs l’observation de Laterza et al. [12] selon laquelle le taux ammonium plasmatique augmente chez les patients traités par la L-asparaginase. Une alarme analyseur prévenait de tout risque d’erreur par épuisement de substrat en cas d’activité enzymatique très élevée.

Des plasmas lipémiques, hémolysés et ictériques ont été surchargés avec de la L-asparaginase. Aucune interférence analytique n’a été retrouvée jusqu’à des taux de 4 mmol/L de triglycérides, 2 g/L d’hémoglobine et 600 μmol/L de bilirubine.

Discussion

La méthode enzymatique est très aisée à mettre en œuvre, l’adaptation du réactif commercial est particulièrement simple puisqu’elle se limite à ajouter 280 mg de L-asparagine dans un flacon de 15 mL du coffret. Ce dernier permet la réalisation d’environ 100 dosages pour un coût unitaire en réactif largement inférieur à 1€. De ce fait, le monitorage des patients traités par la L-asparaginase peut parfaitement s’envisager en temps réel, avec le dosage effectué en même temps que les autres paramètres biochimiques de suivi de la chimiothérapie, sur le même prélèvement. Le temps de réalisation est très inférieur à celui de la méthode de Nessler dont la seule incubation nécessite 45 minutes, et la mesure en cinétique apporte spécificité et qualité. Les performances du dosage enzymatique sont en effet largement supérieures tant en précision qu’en exactitude, particulièrement pour les valeurs faibles où la méthode chimique montre ses limites, même si cela n’a pas d’impact réel sur l’attitude thérapeutique, du moins dans l’état actuel de nos connaissances. Les patients avant traitement présentent en moyenne une activité L-asparaginase apparente d’environ 0,30 μkat/L avec la méthode de Nessler, il en va de même pour des patients non traités, et l’on retrouve cet écart au niveau des résultats des sérums de contrôle ainsi que comme erreur constante retrouvée dans l’équation de la droite d’allométrie. En dehors de ce léger biais, la comparaison entre les deux méthodes s’avère excellente, avec une faible dispersion comme le montre la ( figure 1 ), un très bon coefficient de corrélation, et les résultats sont tout à fait transférables.

On remarque une répartition des valeurs observées sur une très grande plage puisque dépassant 25 μkat/L alors que la déplétion en L-asparagine semble être obtenue avant même d’atteindre 1,70 μkat/L selon Tsurusawa et al. [13]. Cette dernière étude utilisait d’ailleurs une méthode enzymatique sur microplaque plus complexe de réalisation mais aux performances analogues pour le dosage de la L-asparaginase. La grande dispersion des résultats reflète l’extrême variabilité des paramètres pharmacocinétiques de la L-asparaginase d’un patient à l’autre, alors que les doses administrées sont parfaitement standardisées dans le cadre du protocole Fralle 2000. On voit donc tout l’intérêt qu’il peut y avoir à effectuer un monitorage en temps réel pour envisager de moduler les doses à administrer de manière à espérer une diminution des effets secondaires [4, 14] tout en conservant l’efficacité thérapeutique.

Nous disposons donc là d’une méthode fiable, précise et facile à mettre en œuvre sur différents automates de biochimie mais aussi manuellement sur n’importe quel spectrophotomètre. Le dosage de L-asparaginase peut donc être réalisé avec les autres paramètres de biochimie prescrits dans le suivi des chimiothérapies avec comme objectif à venir une meilleure prise en charge thérapeutique.

Références

1 Boos , Werber , Ahlke , et-al. Monitoring of asparaginase activity and asparagine levels in children on different asparaginase preparations Eur J Cancer 32A 1996 1544-1550

2 Vieira Pinheiro , Müller , Schwabe , et-al. Drug monitoring of low-dose PEG-asparaginase (Oncaspar™) in children with relapsed acute lymphoblastic leukaemia Br J Haematol 113 2001 115-119

3 Woo , Hak , Storm , et-al. Anti-asparaginase antibodies following E. coli asparaginase therapy in pediatric acute lymphoblastic leukaemia Leukemia 12 1998 1527-1533

4 Ahlke , Nowak-Göttl , Schulze-Westhoff , et-al. Dose reduction of asparaginase under pharmacokinetic and pharmacodynamic control during induction therapy in children with acute lymphoblastic leukaemia Br J Haematol 96 1997 675-681

5 Rizzari , Zucchetti , Conter , et-al. L-asparagine depletion and L-asparagine activity in children with acute lymphoblastic leukemia receiving im or iv Erwinia C. or E. coli L-asparaginase as first exposure Ann Oncol 11 2000 189-193

6 Gentili , Zucchetti , Conter , Masera , D’Incalci Determination of L-asparagine in biological samples in the presence of L-asparaginase J Chromatogr B Biomed Appl 657 1994 47-52

7 Tagami , Matsuda An enzymatic method for the kinetic measurement of L-asparaginase activity and L-asparagine with an ammonia gas-sensing electrode Chem Pharm Bull 38 1990 153-155

8 Werber , Ahlke , Nowak-Göttl , Jürgens , Verspohl , Boos Asparaginase activities in vitro are highly sensitive to different buffer conditions Acute Leukemias VI 1997 512-516

9 Ylikangas , Mononen A fluorometric assay for L-asparaginase activity and monitoring of L-asparaginase therapy Anal Biochem 280 2000 42-45

10 Lanvers , Vieira Pinheiro , Hempel , Wuerthwein , Boos Analytical validation of a microplate reader-based method for the therapeutic monitoring of L-asparaginase in human serum Anal Biochem 309 2002 117-126

11 Vassault , Grafmeyer , Naudin , et-al. Protocole de validation des techniques (document B, stade 3) Ann Biol Clin 44 1986 686-745

12 Laterza , Gerhardt , Sokoll Measurement of plasma ammonia is affected in patients receiving asparaginase therapy Clin Chem 49 2003 1710-1711

13 Tsurusawa , Chin , Iwai , et-al. L-asparagine depletion levels and L-asparaginase activity in plasma of children with acute lymphoblastic leukaemia under asparaginase treatment Cancer Chemother Pharmacol 53 2004 204-208

14 Attarbaschi , Mann , Kronberger , Witt , Garner , Dworzak Effects of dose-reduced Medac L-asparaginase on coagulation in trial ALL-BFM2000 Klin Padiatr 215 2003 321-326


 

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