ARTICLE
Auteur(s) : I. Martin-Toutain, T. Vu, Z. Azgui, M.T.
Piot, M. Jung, A. Ankri
Laboratoire d’hémostase, Service d’hématologie biologique, GH
Pitié-Salpêtrière, Paris
annick.ankri@psl.ap-hop-paris.fr
Article reçu le 14 février 2004, accepté le 27 avril
2004
L’observation
Madame Y., 75 ans, est suivie pour une maladie de
Waldenström stabilisée pendant 11 ans par des thérapeutiques
comportant successivement du chlorambucil, une polychimiothérapie
de type CHOP (cyclophosphamide, oncovin, adriamycine, prednisone)
et un analogue des purines (fludarabine). L’élévation du pic IgM
kappa à 30 g/L et l’apparition d’une importante splénomégalie
font poser l’indication d’une splénectomie. L’interrogatoire et
l’examen clinique montrent l’absence de syndrome hémorragique. Le
bilan d’hémostase préopératoire met en évidence un allongement
isolé du temps de céphaline activée (TCA) à 70 secondes (sec)
pour un témoin à 34 sec, les autres tests (taux de
prothrombine (TP) = 97 %, temps de thrombine
(TT) = 22 sec/20 sec,
fibrinogène = 3,6 g/L et temps de saignement par la
méthode d’Ivy – incision au moyen du dispositif
Surgicutt® = 7 minutes) sont dans les
valeurs de référence.
L’exploration de l’allongement du TCA (tableaux I et II)
comporte : 1) la confirmation de l’allongement du TCA sur
deux prélèvements successifs avec deux céphalines
différentes : l’Automated APTT (BioMérieux) dont l’activateur
est la silice micronisée, le CK Prest® (Diagnostica
Stago) dont l’activateur est le kaolin ; 2) la mise en
évidence d’un effet inhibiteur démontrée par l’absence de
correction du TCA réalisée sur un mélange à parties égales du
plasma du patient et d’un plasma normal après 2 minutes
(indice de Rosner à 59 %, normale < 15 %) et
une heure d’incubation à 37 °C ; 3) la mise en
évidence d’une phospholipide- dépendance de l’inhibiteur
par :
– la réalisation d’un test à faible concentration de
phospholipides : le temps de thromboplastine dilué (TTD) où la
thromboplastine est diluée au 1/500e. Le ratio retrouvé
est élevé à 1,9 (normale < 1,2) ;
– la réalisation d’un test à forte concentration en
phospholipides : le test au venin de vipère Russel (DRVVT) qui
montre un ratio élevé à 1,6 (normale < 1,2) ;
4) le dosage des facteurs de la voie intrinsèque (VI)
nécessaire à la caractérisation de l’inhibiteur. Ces dosages sont
réalisés sur un automate BCS (Dade Behring) avec l’Automated APTT,
par des techniques de coagulation chronométriques selon les
recommandations du fabricant. À partir des dilutions standards au
1/10e et 1/20e, on met en évidence des
« déficits » artéfactuels en facteurs VIII, IX et
XI < 5 % et en facteur XII à 30 %. Ces
dosages contrôlés sur un autre automate de coagulation, le KC10
(Hamelung) avec le CK Prest® et réalisés avec des
dilutions croissantes pour révéler une éventuelle interférence de
l’inhibiteur, entraînent la normalisation du facteur IX (avec la
dilution 1/640e) et du facteur XII, mais les facteurs
VIII et XI restent diminués (13 % et 23 % respectivement)
malgré une dilution du plasma jusqu’au
1/1 280e.
Tableau I. Résultats biologiques
obtenus en fonction des différents réactifs et automates de
coagulation utilisés pour l’exploration de l’allongement du
TCA.
|
Tests |
Résultats |
Valeurs usuelles |
Réactifs |
Automates |
| TCA
(secondes) |
70 |
34 ± 6 |
Automated APTT (BioMérieux) |
STA (DS) |
| TCK
(secondes) |
50 |
34 ± 6 |
CK PREST® (Diagnostica Stago) |
KC10 (Amelung) |
| TCA
(secondes) |
42,9 |
28 ± 5 |
Actin® FS (Dade Behring) |
ST888 (DS) |
TCA, Tests de correction
Sans incubation |
|
|
|
|
| M
(secondes) |
72 |
34 ± 6 |
Automated APTT (BioMérieux) |
BCS (DB) |
|
M + T (secondes) |
66 |
34 ± 6 |
|
|
|
Rosner % |
59 |
< 15 |
|
|
|
Après 1 heure d’incubation |
|
|
|
|
| M
(secondes) |
76 |
40 ± 10 |
|
|
|
M + T |
84 |
40 ± 10 |
|
|
|
TTD |
|
|
|
BCS |
| M/T
(secondes) |
102/55 |
|
Simplastin® Excel
(BioMérieux) |
|
M + T/T (secondes) |
85/55 |
|
|
Ratio |
1,9 |
< 1,2 |
|
|
|
Venin de vipère Russell dilué |
|
|
LA1/LA2 (Dade Behring) |
ST888 |
|
Ratio Recherche/confirme |
1,61 |
< 1,20 |
|
|
|
Facteurs VIII, IX, XI (%) |
< 5 |
> 60 |
Automated APTT, STA®-Deficient IX,
IX, XII (DS), Hemolab cofac VIII (BioMérieux) |
BCS |
|
Facteur XII (%) |
30 |
> 60 |
|
|
Facteur VIII chromogène (%) |
300 |
> 60 |
Coamatic fVIII (Biogenic) |
STA |
|
Facteur Willebrand (%) |
270 |
> 60 |
Asserachrom (Diagnostica Stago) |
|
M : malade ; T : témoin ;
DS = Diagnostica Stago ; DB = Dade
Behring.
Tableau II. Taux des facteurs de
la voie intrinsèque (%) en fonction des dilutions croissantes du
plasma déterminés sur le semi-automate de coagulation KC10 avec le
CK PREST® (Diagnostica Stago).
|
|
Réactif déficient
|
1/10 |
1/20 |
1/40 |
1/80 |
1/160 |
1/320 |
1/640 |
1/1 280 |
| F
VIII |
Hemolab cofac VIII (BM) |
8 |
13 |
10 |
7 |
5,7 |
6 |
10 |
13 |
| F
IX |
STA®-Déficient IX (DS) |
24 |
24 |
24 |
24 |
30 |
48 |
57 |
83 |
| F
XI |
STA®-Déficient XI (DS) |
11 |
13 |
14 |
12 |
14 |
21 |
32 |
23 |
| F
XII |
STA®-Déficient XII (DS) |
70 |
68 |
|
|
|
|
|
|
BM = BioMérieux ; DS = Diagnostica Stago..
Discussion biologique
À ce stade, le diagnostic le plus probable était celui
d’anticoagulant circulant de type lupique (LA) interférant avec le
dosage des facteurs de la VI. Cependant la persistance des déficits
en facteurs VIII et XI pouvait aussi faire discuter l’association
des deux types d’inhibiteurs : LA d’une part qui peut
s’associer à des complications thromboemboliques, et anti-facteur
VIII et/ou anti-facteur XI d’autre part qui s’accompagnent de
manifestations hémorragiques. Pour cette raison, il était
indispensable en préopératoire d’éliminer la présence d’un
inhibiteur anti-facteur. La recherche d’un anti-facteur VIII ou XI
dans ce contexte était difficile car l’évaluation du facteur
résiduel et son titrage réalisés dans un système phospholipides
dépendant rendaient les résultats ininterprétables. Nous
retrouvions en effet un taux de facteur VIII résiduel à 2 % et
un titrage de l’inhibiteur à 128 unités Bethesda.
Le dosage du facteur VIII par technique chromogénique nous a
permis d’éliminer la présence d’un inhibiteur spécifique et d’un
déficit en facteur VIII en observant une concentration de facteur
VIII à 300 %. Le dosage chromogénique du facteur VIII réalisé
avec le réactif Coamatic Factor VIII (Biogenic), utilise des
quantités optimales de calcium, de phospholipides et de facteur
IXa, plus un excès de facteur X. Ainsi le facteur X est activé en
facteur Xa par le facteur IXa. Cette activation est fortement
stimulée par le facteur VIII qui joue un rôle de cofacteur. Il
existe une relation linéaire entre la vitesse d’activation du
facteur X et la quantité de facteur VIII. Le taux de facteur Xa
généré, révélé par un substrat chromogène est proportionnel à la
concentration de facteur VIII plasmatique. Bien que la technique
chromogénique contienne des phospholipides, l’absence
d’interférence avec les anticorps antiphospholipides liés au LA
peut être expliquée par la concentration ou la configuration des
phospholipides utilisés [1] et la dilution du plasma du patient au
1/80 pour la réalisation du dosage. De plus le test est indépendant
de la phase contacte et de la formation du complexe prothrombinase
qui sont les cibles principales du LA [1].
Le déficit en facteur VIII n’était donc dû qu’à l’interférence
du LA dans la mesure chronométrique de ce facteur. L’étiologie du
déficit en facteur XI a été mise sur le compte du même mécanisme.
Le diagnostic communiqué a été : LA interférant avec le dosage
des facteurs de la voie endogène. La patiente a donc été
splénectomisée sans complication hémorragique. La recherche
d’anticorps antiphospholipides par technique Elisa est restée
négative. Ce LA était très probablement en rapport avec l’IgM
monoclonale présentée par la patiente, mais cette relation, déjà
rapportée dans plusieurs observations [2, 3], n’a pas été explorée
dans ce cas.
Habituellement, le CK Prest® qui contient une
concentration phospholipidique plus importante que l’Automated APTT
est moins sensible aux LA, tout en gardant sa sensibilité aux
déficits en facteur de la voie endogène. Cette propriété nous
permet dans la plupart des cas en urgence d’avoir une orientation
diagnostique en cas d’allongement du TCA, ce qui n’était pas le cas
dans notre observation. C’est pourquoi pour compléter la
caractérisation de ce LA, nous avons pu tester une troisième
céphaline, l’Actin® FS (Dade Behring) composée de
phospholipides de soja. Cette céphaline peu utilisée est la seule
céphaline d’origine végétale disponible sur le marché. Avec cette
céphaline, le TCA reste allongé à 42,9 sec/28 sec (tableau I) mais nous avons observé une
normalisation des facteurs de la VI bien que l’interférence du LA
dans leur dosage persiste : les résultats obtenus avec
l’Actin® FS pour le dosage des facteurs de la VI varient
du simple au double suivant l’automate, les réactifs déficients et
les dilutions utilisés (tableau III). La moindre sensibilité de
l’Actin® FS à ce LA (et aux LA en général) pourrait
s’expliquer par son origine végétale. Ce réactif serait moins
sensible aux anticorps dirigés contre des complexes
protéines-phospholipides humains [4, 5]. Les différences observées
sur une même dilution en fonction des réactifs déficients et des
automates utilisés (tableau III)
demeurent actuellement inexpliquées. La normalisation des dosages
des facteurs de la coagulation importants sur le plan décisionnel
(VIII, IX, XI) sur des dilutions croissantes est obtenue
précocement avec l’Actin® FS. L’utilisation de ce
réactif pour une méthode chronométrique de dosage en un temps des
facteurs de la VI facilement adaptable sur les automates de
coagulation apparaît intéressante comme alternative au dosage
chromogénique non usuel dans tous les laboratoires d’hémostase même
spécialisés pour le diagnostic différentiel entre LA et inhibiteur
antifacteur. Son intérêt diagnostique pour la confirmation rapide
de LA de faible intensité [5] reste à confirmer.
Tableau III. Taux des facteurs
de la voie intrinsèque (%) mesurés avec l’Actin® FS en
fonction des dilutions croissantes du plasma du patient déterminés
sur deux automates différents, le BCS (Dade Behring) et le ST888
(Diagnostica Stago).
|
|
Automate |
Déficient |
1/10 |
1/20 |
1/40 |
1/80 |
1/160 |
1/320 |
1/640 |
1/1 280 |
| F
VIII |
BCS (DS) |
Plasma exempt fVIII (DB) |
47 |
51 |
48 |
60 |
|
|
|
|
|
|
ST888 (DS) |
Plasma exempt fVIII (DB) |
80 |
80 |
76 |
85 |
93 |
108 |
147 |
218 |
|
FIX |
BCS |
STA-Déficient IX (DS) |
55 |
50 |
48 |
47 |
|
|
|
|
|
|
ST888 |
Plasma exempt fIX (DB) |
45 |
51 |
53 |
56 |
67 |
93 |
134 |
|
| F
XI |
BCS |
STA-Déficient XI (DS) |
72 |
70 |
71 |
80 |
|
|
|
|
|
|
ST888 |
Plasma exempt fXI (DB) |
29 |
28 |
31 |
39 |
53 |
77 |
122 |
230 |
| F
XII |
BCS |
STA-Déficient XII (DS) |
69 |
72 |
67 |
|
|
|
|
|
|
|
ST888 |
Plasma exempt fXII (DB) |
31 |
30 |
30 |
23 |
13 |
|
|
|
DB = Dade Behring ; DS = Diagnostica
Stago.
Les anticoagulants circulants
Les anticoagulants circulants (ACC), inhibiteurs acquis de la
coagulation sont des auto-anticorps faisant partie de la famille
des immunoglobulines G et/ou M et plus rarement A. Il existe
plusieurs catégories d’ACC. Leur diagnostic différentiel est
important (tableau IV).
Tableau IV. Diagnostic différentiel
entre LA, inhibiteur dirigé contre un facteur de la voie endogène
(VIII, IX, XI ou XII) et déficit vrai en facteur de la voie
intrinsèque (VI) (d’après Arnoux [6]).
|
|
LA |
Anticorps anti-facteur de la VI |
Déficit en facteur de la VI |
|
TQ |
Normal ou allongé
(attention au déficit associé en facteur II) |
Normal |
Normal |
|
TCA |
Allongé |
Allongé |
Allongé |
Test de mélange sur TCA
Indice de Rosner |
Non corrigé
> 15 % |
Non corrigé après 1 heure d’incubation à 37 °C |
Corrigé
< 12 % |
| TTD
Mélange/Témoin |
Positif (> 1,2) |
Négatif |
Négatif |
DRVVT (normalisé)
Dépistage/Confirmation |
Positif |
Négatif |
Négatif |
Facteurs VI
(méthode chronométrique) |
Normaux ou diminution de plusieurs facteurs Correction par dilution
du plasma |
Diminution du facteur cible. Non correction par dilution du
plasma |
Diminution d’un facteur |
Les ACC de type lupus anticoagulant (LA), également appelés
anticoagulant de type antiprothrombinase font partie de la famille
des anticorps antiphospholipides (APL). Ils sont dirigés contre des
protéines porteuses de phospholipides (PL) parmi lesquelles la
β2-glycoprotéine 1 et la prothrombine [6-8]. Ces ACC n’entraînent
pas de complications hémorragiques, mais en revanche peuvent
s’associer à des thromboses.
Les ACC dirigés contre un facteur de la coagulation définissent
les anti-facteurs. Ils neutralisent un facteur synthétisé en
quantité normale par le patient. Le plus fréquent est l’inhibiteur
acquis dirigé contre le facteur VIII coagulant mais il existe aussi
des inhibiteurs du facteur IX et du facteur XI ou des autres
facteurs de la coagulation. Ces ACC s’accompagnent de
manifestations hémorragiques à l’exception de l’anti-facteur
XII.
Algorithme pour le diagnostic d’un anticoagulant circulant de
type lupique [9]
1) Préparation d’un plasma pauvre en plaquettes :
double centrifugation à 2 500 g pendant 15 minutes à
15 °C.
2) Éliminer la présence d’héparine.
3) Dépistage du LA devant un allongement des tests de
coagulation phospholipides dépendants, les plus utilisés étant les
suivants :
– TCA et temps de Quick (TQ) en routine ;
– temps de thromboplastine dilué (TTD) : le TTD consiste
à sensibiliser le TQ (qui sauf exception est insensible aux LA)
grâce à une forte dilution de la thromboplastine (au
1/500e) dans du CaCl2 0,025 M. Il est affecté par
toute diminution de l’un des facteurs exploré par le TQ (VII, X, V,
II) et est sensible à l’héparine. La sensibilité du TTD dépend de
la nature du réactif utilisé ;
– test au venin de vipère Russel dilué (DRVVT) : le
venin de vipère Russel est capable de transformer la prothrombine
en thrombine en présence de facteurs V et X et de phospholipides.
Il présente l’avantage de ne pas être influencé par les déficits
touchant les facteurs situés en amont du facteur X (facteurs VII,
VIII, IX ou facteurs du système contact). Il est rendu insensible à
l’héparine jusqu’à une concentration de 1 U/mL. La sensibilité
du DRRVT varie en fonction du réactif utilisé ;
– temps de coagulation en présence de kaolin (kaolin
clotting time ou KCT).
4) mise en évidence d’une activité inhibitrice :
réalisation de tests de mélange montrant l’absence de correction
des tests de dépistage après adjonction de plasma témoin. Les
critères d’interprétation des épreuves de mélange varient selon les
tests (tableau V) : pour le TCA, on prend généralement
en compte l’indice de Rosner [10] calculé selon la formule :
[(TCA Mélange-TCA Témoin)/TCA Patient] × 100. Pour le
TTD, on considère le ratio du temps du mélange/temps du témoin. Le
DRVVT peut être interprété selon le même critère mais en principe
le DRRVT est utilisé pour les tests de confirmation (cf
ci-dessous) ;
5) confirmation de la dépendance en phospholipides de
l’inhibiteur par la correction de l’allongement des tests de
dépistage après augmentation de la concentration en phospholipides
des réactifs, qui neutralisent plus ou moins partiellement
l’activité du lupus anticoagulant. Les phospholipides utilisés pour
ces tests de confirmation peuvent être des lysats plaquettaires
(test original de Triplett), des phospholipides liposomes ou en
phase hexagonale. Actuellement, deux types de réactifs commerciaux
sont utilisés, reposant soit sur le principe du TCA avec
neutralisation par des phospholipides en phase hexagonale (Staclot
LA, Diagnostica Stago), soit sur celui du DRVVT (IL, BioMérieux,
Dade Behring). Pour les tests de confirmation utilisant le DRVVT,
il est recommandé d’exprimer leur résultat sous forme d’un ratio
normalisé qui s’obtient en divisant le rapport (DRVVT patient
dépistage/ DRVVT patient confirmation) par le rapport calculé de la
même manière avec le témoin (tableau V) ;
6) absence d’anomalie des facteurs de la coagulation,
excluant une coagulopathie associée.
Tableau V. Critères de positivité
habituellement retenus pour le diagnostic d’un LA (d’après Arnoux
[6]).
|
|
Négatif |
Douteux |
Positif |
|
Test de correction du TCA1 Indice de Rosner |
< 12 |
12-15 |
> 15 |
|
TTD2 |
< 1,1 |
1,1-1,2 |
> 1,2 |
|
DRRVT |
|
|
|
|
– dépistage3 |
< 1,1 |
1,1-1,2 |
> 1,2 |
|
– confirmation4 (test de neutralisation) |
< 1,1 |
1,1-1,2 |
> 1,2 |
1 Interprétation du test de correction du
TCA : calcul de l’indice de Rosner. [(TCA
Mélange – TCA Témoin)/TCA Patient] × 100 ;
2 TTD (temps de thromboplastine diluée).
Interprétation du rapport temps mélange
(patient + témoin)/temps témoin. Chez les patients sous
anticoagulants oraux avec un INR > 3, le seuil de
positivité peut être relevé à 1,3 ;
3 Interprétation du rapport temps patient/temps
témoin (ou mélange/témoin en cas de déficit en facteur X, V,
II) ; 4 DRVVT (test au venin de vipère Russel
dilué) mesuré après ajout de phospholipides. Interprétation du
rapport normalisé : (DRVVT dépistage patient/DRVVT
confirmation patient)/(DRVVT dépistage témoin/DRVVT confirmation
témoin).
Conclusion
L’observation présentée montre que le diagnostic différentiel
entre LA et inhibiteur anti-facteur peut s’avérer difficile et est
indispensable à l’attitude thérapeutique puisque les complications
cliniques associées sont opposées et bénéficient de thérapeutiques
très différentes.
Il est important d’utiliser plusieurs réactifs et automates pour
la caractérisation des LA. En effet, il existe de nombreuses
céphalines (réactifs phospholipidiques) commercialisées, d’origines
animale ou végétale qui ont des sensibilités variables vis-à-vis
des LA. Leur sensibilité peut même changer d’un lot à un autre.
Cette différence de sensibilité peut être accentuée par
l’utilisation d’automates différents. Seuls le dosage du facteur
VIII par technique chromogénique et l’utilisation d’une troisième
céphaline d’origine végétale nous ont permis d’exclure la présence
d’un anti-facteur et d’opérer la patiente sans précautions
particulières par rapport au risque hémorragique.
Remerciements. Nous remercions le docteur
Marie-Dominique Dautzenberg (laboratoire d’hémostase, service
d’hématologie biologique, Hôpital Necker, Paris) et le docteur
Valérie Eschwège (service d’immunologie et hématologie biologiques,
Hôpital Saint-Antoine, Paris) pour leur collaboration.
Références
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