Accueil > Revues > Biologie et recherche > Annales de Biologie Clinique > Texte intégral de l'article
 
      Recherche avancée    Panier    English version 
 
Nouveautés
Catalogue/Recherche
Collections
Toutes les revues
Médecine
Biologie et recherche
Annales de Biologie Clinique
- Numéro en cours
- Archives
- S'abonner
- Commander un       numéro
- Plus d'infos
Santé publique
Agronomie et Biotech.
Mon compte
Mot de passe oublié ?
Activer mon compte
S'abonner
Licences IP
- Mode d'emploi
- Demande de devis
- Contrat de licence
Commander un numéro
Articles à la carte
Newsletters
Publier chez JLE
Revues
Ouvrages
Espace annonceurs
Droits étrangers
Diffuseurs



 

Texte intégral de l'article
 
  Version imprimable

Cinquante ans de biologie avec la SFBC


Annales de Biologie Clinique. Volume 58, Numéro 1, 10-1, Janvier - Février 2000, Editoriaux


Résumé  

Auteur(s) : F. Rousselet, .

Résumé : Quand, en 1950, j'ai commencé à travailler dans un laboratoire de biologie, les tâches à accomplir n'avaient que de lointains rapports avec l'activité des laboratoires modernes. Tout se faisait manuellement, à commencer par la fabrication des réactifs. De mémoire je ne vois guère que les colorants de May-Grünwald-Giemsa (RAL), certains milieux de culture comme les Löwenstein (Institut Pasteur) et les antigènes pour les réactions sérologiques (BW et dérivés) qui nous arrivaient tout prêts. Les méthodes biochimiques, gravimétriques, titrimétriques, rarement colorimétriques, sans oublier la gazométrie pour l'urée et la « réserve alcaline », dataient pour la plupart de plusieurs dizaines d'années. Nos techniques (on dirait maintenant nos « modes opératoires ») étaient le plus souvent recopiées à la main, issues généralement de nos « bibles » : les fiches de Fleury et le Fiessinger. En fait, beaucoup de laboratoires apportaient leur petite note personnelle, l'expérience ayant montré (ou paru montrer) qu'un peu plus de A ou de B améliorait la netteté ou la rapidité de la réaction. On se transmettait ces recettes de l'un à l'autre à chaque changement de paillasse avec quelques conseils sur les tours de main facilitant le travail. Inutile de dire, qu'après quelques « passages », la technique avait subi quelques simplifications, pas toujours heureuses.

ARTICLE

Quand, en 1950, j'ai commencé à travailler dans un laboratoire de biologie, les tâches à accomplir n'avaient que de lointains rapports avec l'activité des laboratoires modernes. Tout se faisait manuellement, à commencer par la fabrication des réactifs. De mémoire je ne vois guère que les colorants de May-Grünwald-Giemsa (RAL), certains milieux de culture comme les Löwenstein (Institut Pasteur) et les antigènes pour les réactions sérologiques (BW et dérivés) qui nous arrivaient tout prêts. Les méthodes biochimiques, gravimétriques, titrimétriques, rarement colorimétriques, sans oublier la gazométrie pour l'urée et la « réserve alcaline », dataient pour la plupart de plusieurs dizaines d'années. Nos techniques (on dirait maintenant nos « modes opératoires ») étaient le plus souvent recopiées à la main, issues généralement de nos « bibles » : les fiches de Fleury et le Fiessinger. En fait, beaucoup de laboratoires apportaient leur petite note personnelle, l'expérience ayant montré (ou paru montrer) qu'un peu plus de A ou de B améliorait la netteté ou la rapidité de la réaction. On se transmettait ces recettes de l'un à l'autre à chaque changement de paillasse avec quelques conseils sur les tours de main facilitant le travail. Inutile de dire, qu'après quelques « passages », la technique avait subi quelques simplifications, pas toujours heureuses.

La diffusion des publications étrangères restait très limitée du fait du strict contrôle des changes. Aussi notre grande source d'informations était les Annales de biologie clinique, dont chaque numéro était attendu avec impatience. Nous y trouvions des améliorations de techniques connues ou des techniques originales, plus rarement des analyses nouvelles. Le cas échéant, on se mettait au travail pour essayer ces nouveautés et comparer leurs résultats avec ceux que fournissait la technique « maison ».

La SFBC tenait des réunions de travail plusieurs fois par an, généralement dans l'amphithéâtre de biochimie de la Faculté de la rue des Saints-Pères. C'était l'occasion de rencontrer des maîtres ou des collègues et de faire évoluer ses connaissances. C'était aussi, pour les jeunes ayant la possibilité de faire un peu de recherche, de présenter une communication, transformée avec la bénédiction du tout puissant rédacteur en chef, le Professeur Paget, en une publication dans les Ann Biol Clin. La joie et la fierté de se voir imprimer pour la première fois est un souvenir inoubliable !

À partir des années 1960, la biologie clinique va évoluer très vite avec les progrès de l'instrumentation, l'apparition de l'automatisation et le développement des fournisseurs de réactifs. La liberté du biologiste va se réduire peu à peu au choix de techniques toutes prêtes et concurrentes. Il fallait que la SFBC évolue aussi : des commissions sont créées, notamment pour évaluer dans plusieurs centres, de manière coordonnée et en toute objectivité, les qualités et défauts des nombreuses nouveautés proposées, dans lesquelles le biologiste isolé se perdait.

Jusqu'alors la « qualité » dépendait de la conscience et de l'habileté des opérateurs, souvent remarquables, et de la vigilance des cadres du laboratoire.

Un des grands mérites de la SFBC a été d'initier le premier contrôle de qualité, notamment grâce à la compétence de l'équipe de l'hôpital Necker animée par le Professeur Michel Bailly et au développement des échantillons de contrôle. Il devenait possible, bien avant que des textes officiels réglementent cette « assurance de qualité », d'autocontrôler le travail effectué et la valeur des résultats rendus. Les comparaisons des résultats obtenus, et de leur dispersion, avec les différentes techniques ont donné des arguments solides pour choisir les plus fiables.

En dehors du souci constant de suivre ou de précéder les évolutions de la biologie, les dirigeants de notre société ont eu la préoccupation du rayonnement de la biologie française. La SFBC reflète bien, à plusieurs points de vue, l'« exception française ». En effet, en dehors de nos frontières, généralement les différentes disciplines composant la « biologie clinique » sont distinctes et, par exemple, la « biochimie clinique » est une entité sans rapport avec la microbiologie ou l'hématologie. Il n'existe donc pas de société internationale de biologie clinique comme il existe l'IFCC (International Federation of Clinical Chemistry, dont fait partie la SFBC malgré sa polyvalence).

Le rayonnement d'une société est souvent lié à ses publications. Or, du fait de sa nature même, la SFBC ne peut faire entrer facilement ses publications dans aucune classification internationale reconnue. De plus, si nous sommes une « société savante », consultée à ce titre par les pouvoirs publics, la plupart de nos membres sont des biologistes praticiens à qui nos publications doivent apporter aussi les informations de base. Il est donc difficile d'associer harmonieusement dans la même revue des publications de haut niveau et des notes plus pratiques. C'est pourquoi on avait réservé celles-ci à une revue annexe : l'Information scientifique du biologiste. Cette solution a été finalement abandonnée, mais il semble que l'actuelle rédaction des Annales ait trouvé l'équilibre nécessaire et nous apporte une publication de grande qualité.

La Société française de biologie clinique doit continuer son rôle fédérateur de l'ensemble des biologistes quelle que soit leur origine universitaire, qu'ils exercent dans le secteur privé ou dans les hôpitaux, et contribuer à toujours améliorer le service aux malades.


 

Qui sommes-nous ? - Contactez-nous - Conditions d'utilisation - Paiement sécurisé
Actualités - Les congrès
Copyright © 2007 John Libbey Eurotext - Tous droits réservés
[ Informations légales - Powered by Dolomède ]