ARTICLE
En
ce début d'année, il est de tradition d'émettre des
vux... souhaits de voir les ABC continuer à grandir, s'améliorer,
répondre à l'attente des biologistes, voire prédire
l'avenir. L'an 2000 n'est plus très loin, mais comment imaginer
ce que la biologie clinique pourra être en ce troisième millénaire.
Les pessimistes sauront aisément trouver dans les sigles actuels
(GBEA, ANAES, POCT [1]...) des motifs d'inquiétude et de ressentiment
quant à un encadrement trop réglementé de la profession.
Les optimistes (fidèles lecteurs des ABC !) feront le bilan de
la formidable avancée de la biologie au service des malades et
sauront préparer les outils de demain.
On peut, et doit, reprocher aux pessimistes de ne pas avoir un regard
critique sur l'histoire de la biologie de ces vingt dernières années
et de considérer les modes d'exercice actuels comme immuables.
Le regard sur ces progrès récents doit être le moteur
de toute invention d'un mode d'exercice différent, même si
elle risque d'être effectivement « entachée » de
connotations économiques et réglementaires, a priori
frustrantes. Le métier de biologiste risque de changer... mais
n'a-t-il pas déjà changé ? La biologie délocalisée
interroge [2], la démarche qualité (quand elle n'est pas
savamment ou commercialement détournée de son objectif)
inquiète, la nomenclature, les RMO irritent. Mais ces raisons de
mauvaise humeur ne sont-elles pas le fruit de notre baisse de vigilance
[3].
L'optimiste compte beaucoup sur l'évaluation pour définir
ce qui sera effectivement bénéfique pour les patients. C'est
à ce biologiste optimiste que revient la tâche de convaincre
le technocrate de rédiger les règles du jeu d'une biologie
au service des patients et de la santé publique. Il devient important
et essentiel de ne plus laisser aux « gourous de la biologie médicale
» [3] l'analyse de nos faits et gestes. Soyons créatifs, inventifs,
et responsables pour créer une nouvelle génération
de biologistes.
Au-delà de cette rhétorique sur les défauts de
la profession et du système de santé, au-delà des
choix, toujours difficiles, de la sélection de protocoles de soins
performants, les ABC doivent être le forum d'échanges d'opinions
scientifiques sur le futur d'une médecine qui, plus qu'autrefois,
ne peut se passer de ces « examens complémentaires »
confortant la démarche diagnostique et thérapeutique de
tout praticien. Certes, tout a un coût, mais l'estimation des bénéfices
doit également être notre préoccupation. C'est cette
expertise dans toute les composantes du métier que les sociétés
savantes se doivent de défendre, la SFBC s'y emploie, les ABC la
relatent...
A tous et à toutes, bonne année, et bonne lecture.
REFERENCES
1. Jardillier JC. À propos de la biologie délocalisée.
L'Éditorial de ce numéro, p. 9.
2. Goudable J, et al. Recommandations concernant la biologie
délocalisée. Ce numéro p. 114.
3. Pinon G. La biologie hospitalière malades des gourous
et autres consultants. Ann Biol Clin 1997 ; 55 : 358-9.
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