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Onerba : un an déjà


Annales de Biologie Clinique. Volume 56, Numéro 2, 226-7, Mars - Avril 1998, Congrès


Résumé  

Auteur(s) : C. Lemort, .

Résumé : Il y a tout juste un an avait lieu la création de l'Onerba (Observatoire national de l'épidémiologie de la résistance bactérienne aux antibiotiques) [1]. Cette première année de fonctionnement a permis de préciser les structures mais aussi d'obtenir des premiers résultats. Le conseil d'administration (C.J. Soussy) comporte donc comme prévu des bactériologistes, des pathologistes infectieux d'origine tant médicale que vétérinaire et est assisté d'un conseil scientifique regroupant des membres des quelques onze réseaux s'intéressant au sujet, ce qui représente en fait près de 400 laboratoires (Y. Péan). L'état des lieux des résistances a été présenté pour certaines espèces bactériennes ou pour certaines pathologies.

ARTICLE

Il y a tout juste un an avait lieu la création de l'Onerba (Observatoire national de l'épidémiologie de la résistance bactérienne aux antibiotiques) [1]. Cette première année de fonctionnement a permis de préciser les structures mais aussi d'obtenir des premiers résultats. Le conseil d'administration (C.J. Soussy) comporte donc comme prévu des bactériologistes, des pathologistes infectieux d'origine tant médicale que vétérinaire et est assisté d'un conseil scientifique regroupant des membres des quelques onze réseaux s'intéressant au sujet, ce qui représente en fait près de 400 laboratoires (Y. Péan). L'état des lieux des résistances a été présenté pour certaines espèces bactériennes ou pour certaines pathologies.

Pour les résistances « communautaires », deux études (Afocorpi-bio et Epiville) ont été centrées sur les infections urinaires (P. Weber) au cours desquelles Escherichia coli reste (à 68 %) le premier pathogène loin devant les autres entérobactéries (Proteus mirabilis 4 %, Klebsiella sp 3 %) ou les bactéries à Gram positif (entérocoque 8 %, staphylocoque 8 %). En cas d'hospitalisation récente, le pourcentage d'E. coli diminue au profit des entérobactéries du groupe 3 (Enterobacter sp., Serratia sp.) ou des entérocoques. La sensibilité aux antibiotiques des souches d'E. coli isolées se situe à 61 % pour les aminopénicillines, 67 % pour l'association amoxicilline-acide clavulanique, 99,8 % pour les céphalosporines de 3e génération, 72 % pour le triméthoprime-sulfaméthoxazole, 87 % pour les quinolones de 1re génération, entre 92 % et 95 % pour la norfloxacine ou la ciprofloxacine.

Les entérocoques résistants aux glycopeptides (P.Y. Allouch) ont fait l'objet de deux enquêtes de portage : chez des appelés du contigent (Hôpitaux des Armées) (1,1 % de porteurs avec 90 % de E. faecium) ou de patients de réanimation (ColBVH) (2 % de portage avec aussi principalement E. faecium sans souche épidémique ­ pulsotypes différents ).

Concernant les entérobactéries isolées d'hémocultures (M.H. Nicolas), deux études ont également été présentées (C.CLIN Nord et ColBVH). D'une manière générale, les bacilles à Gram négatif sont responsables de 50 % des hémocultures positives et, parmi ceux-ci, 83 à 95 % sont des entérobactéries dont 72 à 81 % du groupe 1 (E. coli, P. mirabilis, Salmonella sp.), 10 à 13 % de groupe 2 (Klebsiella sp., Citrobacter sp.) et 9 à 15 % de groupe 3 (Enterobacter sp., Serratia sp.). Suivant les types de services d'hospitalisation, d'importantes différences de répartition sont notées : 83 % de groupe 1 dans le moyen et le long séjour contre 44 % en soins intensifs. L'origine nosocomiale des souches d'entérobactéries est associée à une résistance à 11,4 % aux céphalosporines de 3e génération contre à peine 1,5 % pour une origine communautaire. Le mécanisme en est une bêtalactamase à spectre étendu pour 21 % des souches du groupe 2 d'origine nosocomiale et une hypersécrétion de céphalosporinase pour 25 % des souches du groupe 3 aussi d'origine nosocomiale.

Les Staphylococcus aureus méthicilline-résistants (SARM) font l'objet de l'attention d'à peu près tous les réseaux hospitaliers (N. Marty) dont les données sont concordantes. Entre 1993 et 1997, la proportion de SAMR a légèrement diminué passant de 41 à 37 % ce qui est essentiellement dû à une diminution de cette proportion dans les services de réanimation alors qu'en moyen et long séjour la tendance est plus à l'augmentation. Au niveau des prélèvements pathologiques, cela se traduit par une baisse de 46 à 32 % dans les hémocultures et de 42 à 31 % dans les prélèvements pulmonaires. On estime le nombre d'infections nosocomiales à SAMR entre 25 000 et 45 000 par an dans nos hôpitaux. En revanche, l'évolution de ces souches vers la sensibilité à la gentamicine s'est confirmée : 13 % de sensibles en 1993 et 54 % en 1997.

Si cette première année de fonctionnement de l'Onerba a consisté essentiellement en un recensement des réseaux, de leurs moyens et des études en cours, les perspectives futures de travail s'organisent sur plusieurs axes (V. Jarlier) : standardisation des méthodes de travail en particulier avec la détermination d'un contrôle de qualité passant par des souches « étalon » adaptées, méthodologies (y compris informatiques) pour la surveillance des résistances primaires et secondaires. Concernant les résistances des principales espèces bactériennes, chaque réseau continuera à prendre en charge les types d'enquêtes auxquelles il s'intéresse, ce qui devrait permettre de recueillir des données sur les entérobactéries, les pyocyaniques et les streptocoques (non entérocoques), mais il est également prévu deux enquêtes inter-réseaux centrées sur les SARM en pathologie communautaire et les Haemophilus influenzae en situation invasive.

REFERENCES

1. Pinon G. La création de l'Onerba. Ann Biol Clin 1997 ; 55 : 154.


 

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