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Dosages des protéines urinaires totales par une technique automatisée au rouge de pyrogallol


Annales de Biologie Clinique. Volume 59, Numéro 2, 187-92, Mars - Avril 2001, Pratique quotidienne


Résumé  

Auteur(s) : J.-C. Fiorina, I. Aimone-Gastin, V. Pitiot, J.-L. Guéant, Laboratoire de biochimie des protéines, CHU Nancy-Brabois, 54511 Vandœuvre-lès-Nancy.

Résumé : Le dosage des protéines urinaires est un élément essentiel dans la démarche diagnostique et le suivi thérapeutique des patients atteints de pathologies glomérulaires ou tubulaires, ou présentant des protéinuries dites de « surcharge » (présence de chaînes légères associées à une gammapathie monoclonale, hémoglobinurie observée lors d'épisodes d'hémolyse...) [1]. Bien qu'il s'agisse d'un examen couramment pratiqué dans les laboratoires d'analyses biologiques et médicales, il n'existe pas, à l'heure actuelle, de technique de référence pour le dosage des protéines dans les urines [2]. En effet, les difficultés rencontrées lors du dosage des protéines urinaires sont nombreuses et concernent tant l'hétérogénéité de ces protéines que la gamme étendue des concentrations rencontrées en pathologie. Par ailleurs, le milieu urinaire est un milieu complexe, riche en sels, participant à l'élimination de métabolites naturels ou de médicaments, potentiellement responsables d'interférences lors des dosages [2, 3]. Pour tenter de résoudre ces problèmes, de nombreuses méthodes ont vu le jour. Actuellement, les méthodes les plus utilisées en France sont les dosages colorimètriques. Le principe de ces dosages est simple : après liaison des protéines avec le colorant, le spectre d'absorption de ce dernier est modifié et la différence d'absorption entre les deux spectres est proportionnelle à la concentration en protéines.

Illustrations

ARTICLE

L'utilisation de la technique faisant appel au bleu de Coomassie, décrite par Bradford en 1976, est restreinte à un nombre limité de laboratoires de biologie médicale [4]. Ce colorant présente l'avantage de réagir avec l'ensemble des protéines présentes dans les urines, même si l'intensité de la réaction varie en fonction de la nature même de la protéine. Le bleu de Coomassie sous-estime les protéines de faible masse moléculaire, ce qui pose problème lors de l'exploration des protéinuries tubulaires ou chez les patients présentant une excrétion urinaire de chaînes légères monoclonales. Par ailleurs, cette technique n'est pas utilisable par les laboratoires qui souhaitent automatiser ces dosages (adsorption du colorant sur les parois des cuves de mesure et des tubulures, réactif corrosif). En outre, le domaine de mesure reste limité, souvent inférieur à 1 g/l et les dispersions interlaboratoires observées lors du contrôle national de qualité de 1997 sont importantes (CV tronqué à 12,3 % pour les valeurs basses, à 18,8 % pour les valeurs élevées). Enfin, il a été rapporté que le fait d'ajouter du SDS (sodium-dodecyl-sulfate) au bleu de Coomassie permettait d'améliorer la sensibilité du dosage des protéines urinaires, notamment chez les patients présentant une excrétion de chaînes légères monoclonales [5].

La technique reposant sur l'utilisation du rouge de pyrogallol, décrite par Fujita en 1983 et adaptée aux protéines urinaires par Watanabe en 1986 [6], est la plus utilisée (60 % des laboratoires lors du contrôle national de qualité de 1993 et plus de 75 % des laboratoires lors du contrôle national de qualité de 1997). Son principe est simple : le colorant combiné avec le molybdate forme un complexe qui absorbe à 460 nm. En milieu acide, la fixation du colorant sur les groupements aminés des protéines déplace le pic d'absorption à 598 nm [6]. Cette technique a l'avantage d'être facile à automatiser : elle se caractérise, de ce fait, par une reproductibilité satisfaisante. Son domaine de mesure est étendu (0,05 à 2 g/l) [7]. Elle présente néanmoins des problèmes de fiabilité, notamment en ce qui concerne les urines colorées (présence de pigments ou d'hémoglobine) et les dispersions inter-laboratoires observées lors du contrôle national de qualité de 1997 restent importantes (CV tronqué à 13,5 % pour les valeurs basses, à 12,2 % pour les valeurs élevées). Enfin, certains auteurs font état d'un risque important de sous-estimation de la protéinurie par le rouge de pyrogallol pour les échantillons urinaires contenant de grandes quantités de chaînes légères monoclonales [2, 7].

Notre laboratoire avait jusqu'alors choisi de doser les protéines urinaires par la technique manuelle au bleu de Coomassie, cela en raison d'un recrutement composé d'échantillons urinaires provenant à la fois des services de néphrologie de l'hôpital d'adultes et de l'hôpital d'enfants. Lorsqu'il a été décidé d'évaluer une technique susceptible de permettre le passage à un dosage automatisé, notre choix s'est porté sur un colorant qui présentait l'avantage d'être doublement concentré. Le but de notre étude était d'évaluer les performances de cette technique de dosage des protéinuries au rouge de pyrogallol installée sur un Hitachi 911, et de comparer ces résultats avec ceux obtenus par la méthode manuelle de dosage des protéinuries au bleu de Coomassie, à la fois en ce qui concerne les échantillons urinaires non sélectionnés et des spécimens contenant des chaînes légères ou lourdes monoclonales.

Matériels et méthodes

Échantillons urinaires testés

Notre étude a été réalisée sur des urines de 24 heures recueillies en flacon stérile, sans adjonction d'antiseptique. La majorité des échantillons provenait de patients hospitalisés ou vus en consultation au CHU de Nancy, le plus souvent au service de néphrologie. À leur arrivée au laboratoire, les urines étaient centrifugées à 430 g pendant 10 min à température ambiante dans une centrifugeuse GT422 (Jouan, Saint-Herblain, France).

Les échantillons urinaires pour lesquels une recherche de chaînes légères monoclonales était prescrite ont été concentrés dans des cellules d'ultrafiltration Amicon de 200 ml (Beverly, États-Unis) sous une pression d'azote de 4 bars, à travers des membranes Filtron-Disc Membrane OM (Filtron France, Coignières, France) de 62 mm de diamètre et dont le seuil de coupure est de 10 000 Da. Nous avons ainsi sélectionné 27 urines : 12 patients présentaient des chaînes légères et/ou lourdes monoclonales en quantité peu importante dans leurs urines (traces : n = 2, quantité faible : n = 3, quantité peu importante : n = 7), 8 en quantité assez importante et 7 en quantité importante (n = 2) ou très importante (n = 5).

Technique manuelle au bleu de Coomassie

La solution de bleu de Coomassie était préparée toutes les semaines, par dilution du bleu de Coomassie Brillant (Fluka, Sigma Aldrich Chimie, Saint-Quentin-Fallavier, France) en milieu éthanol et acide orthophosphorique (Prolabo, Fontenay-sous-Bois, France) de manière à obtenir une concentration finale en bleu de 0,1 g/l. La calibration était effectuée en cinq points et faisait appel à un calibrant composé d'albumine et de gammaglobulines humaines (N Protein-Standard SL, Dade Behring, Marburg, Allemagne).

Pour chaque urine, une première estimation de la quantité de protéines présentes était réalisée à l'aide d'une bandelette Multistix 8 SG (Bayer Diagnostics, Puteaux, France). Selon le résultat obtenu, l'urine à tester était diluée, si nécessaire, dans du NaCl 0,9 % de manière à se situer dans le domaine de linéarité de la technique (0,05-0,60 g/l).

Cinq microlitres de l'échantillon urinaire étaient alors ajoutés à 300 µl de la solution de bleu de Coomassie. S'ensuivaient une agitation et une incubation à température ambiante pendant 10 min au minimum. La lecture des microplaques était effectuée au spectrophotomètre à 620 nm (A-5082 Grädig, SLT-Labinstruments, Autriche).

Le contrôle de qualité quotidien était réalisé en testant les contrôles Liquicheck® urine chemistry controls levels 1 et 2, contenant un mélange d'albumine et de gammaglobulines humaines (BioMed, Irvine, États-Unis). Notre laboratoire était également inscrit à un programme de contrôle de qualité externe (programme Human Urine RIQAS, Randox Laboratories, Crumlin, Royaume Uni).

Dosage au rouge de pyrogallol

Les dosages au rouge de pyrogallol étaient réalisés sur un automate Hitachi 911 (Boehringer-Mannheim, Roche, Meylan, France) avec un réactif concentré deux fois et dépourvu de SDS (rouge de pyrogallol, J2L Elitech, Labarthe Inard, France). La calibration était effectuée en deux points : le premier point correspondait à un blanc réactif (NaCl à 0,9 %) et le deuxième à un calibrant composé d'albumine et de gammaglobulines bovines et dont la concentration en protéines était de 1 g/l (J2L Elitech, Labarthe Inard, France).

Le suivi au quotidien de la qualité de l'analyse était réalisé en testant les réactifs Liquichek® urine chemistry controls levels 1 et 2, et permettait d'observer des CV de 3,7 % (level 1) et de 1,4 % (level 2) (n = 28).

Caractérisation des chaînes légères monoclonales

La mise en évidence de chaînes légères monoclonales dans les urines faisait appel, après concentration préalable des urines, à une séparation électrophorètique des protéines présentes dans les échantillons au moyen d'un support Hydragel-Protein 15/30 (automate Hydrasis, Sebia, Issy-les-Moulineaux, France). L'identification des chaînes légères monoclonales se faisait par immunofixation (Gel Hydragel 4 IF, Sebia, Issy-les-Moulineaux, France). Notre laboratoire ne rendait pas de quantification de chaînes légères monoclonales, mais l'analyse visuelle du support Hydragel permettait une estimation semi-quantitative des chaînes lourdes et/ou légères monoclonales excrétées dans les urines.

Protocole d'évaluation

L'évaluation de la technique de dosage des protéinuries au rouge de pyrogallol installée sur l'automate Hitachi 911 a été réalisée selon les recommandations publiées par la Société française de biologie clinique [8].

La détermination de la limite de détection s'est faite en réalisant trente-cinq mesures successives du blanc réactif. La limite de détection était alors considérée comme étant égale à 3 fois l'écart-type calculé.

L'étude du domaine d'analyse et des limites de linéarité de la technique a fait l'objet de deux séries de mesures. Un pool d'urine d'une concentration finale de 0,76 g/l était dilué dans une solution de NaCl 0,9 % dans les proportions suivantes 1, 1/2, 1/4, 3/20, 1/10 et 1/16. Chaque dilution faisait alors l'objet d'un dosage en double. D'autre part, afin d'étudier la linéarité pour les protéinuries importantes, deux urines, l'une de concentration évaluée à 0,20 g/l et l'autre à 2,10 g/l, étaient mélangées dans des proportions variables allant de 0 et 100 %, par paliers de 10 %. Le dosage était réalisé en double.

L'étude de la répétabilité a été réalisée sur 4 échantillons dont la concentration protéique variait de 0,128 à 0,74 g/l. La reproductibilité a été évaluée en analysant les résultats obtenus avec deux échantillons de concentrations égales à 0,24 et 0,74 g/l au cours de 28 essais indépendants.

L'évaluation de la justesse de la technique a pour but de mettre en évidence des erreurs systématiques d'ordre proportionnel ou constant et doit normalement faire appel à des spécimens de contrôle titrés ou à des matériaux de référence choisis à trois niveaux de concentrations différents [8]. En l'absence de contrôles commercialisés fournissant les valeurs attendues pour le réactif rouge de pyrogallol de J2L, un standard à 0,2 g/l fourni par ce fabricant a été utilisé à la dilution 1/2 dans du NaCl 0,9 %, pour tester l'exactitude de la technique dans les valeurs basses.

L'étude de l'interférence de l'hémoglobine a été réalisée en utilisant une solution mère d'hémoglobine à 2,5 mg/ml à partir d'hémoglobine humaine purifiée (Serva, Heidelberg, Allemagne) reprise dans de l'eau distillée. Trois urines, avec des concentrations en protéines totales de 0,04 g/l, 0,23 g/l et 1,32 g/l, ont été surchargées par des concentrations croissantes d'hémoglobine humaine allant de 0 à 100 mg/l. Les dosages ont été réalisés en double.

Comparaison des techniques au rouge de pyrogallol et au bleu de Coomassie

La comparaison des résultats obtenus par la technique au rouge de pyrogallol et par celle au bleu de Coomassie a porté sur des échantillons urinaires non sélectionnés (n = 105) ainsi que sur des urines contenant des chaînes légères monoclonales (n = 27). Les régressions linéaires ont été obtenues par la méthode des moindres carrés (logiciel Statview, SAS Institute, États-Unis).

De plus, deux échantillons urinaires contenant essentiellement des immunoglobulines monoclonales (> 90 %) et provenant de deux patients différents ont été, après concentration, dilués avec une solution de NaCl à 0,9 %, afin de comparer la linéarité des deux techniques sur ce type d'échantillons. Sept dilutions différentes ont été testées en double pour chaque échantillon.

Résultats

La valeur moyenne des 35 mesures successives du blanc réactif était de 0,010 g/l pour un écart-type de 0,015 g/l, ce qui correspondait à une limite de détection de 0,045 g/l.

L'étude du domaine d'analyse et des limites de linéarité de la technique a fait l'objet de deux séries de mesures. En ce qui concernait l'étude des dilutions du pool d'urines dans une solution de NaCl à 0,9 %, le coefficient de corrélation r2 de la droite de régression était de 1,00. Il en était de même lors de l'étude du mélange des deux urines dans des proportions variables. Ces résultats permettent de conclure à l'existence d'une relation linéaire pour des concentrations protéiques urinaires allant de 0,045 g/l à 2,10 g/l.

Les résultats de l'étude de la répétabilité et de la reproductibilité sont présentés dans les tableaux 1 et 2. Les CV observés lors des essais de répétabilité variaient de 1,2 % à 6,2 %, et ceux des essais de reproductibilité de 1,3 % à 3,7 %.

L'exactitude de la technique dans les valeurs basses a été appréciée en dosant un standard à 0,2 g/l dilué au 1/2 en NaCl 0,9 %. La moyenne des 13 mesures réalisées était de 0,109 g/l pour une valeur théorique attendue de 0,100 g/l, ce qui représentait un écart de 9 % par rapport à la valeur attendue, avec un CV de 2,7 %.

Les résultats de l'étude de l'interférence de l'hémoglobine figurent dans le tableau 3. Pour toutes les urines testées, la plus faible surcharge en hémoglobine provoque une estimation de l'hémoglobinurie à +++ sur bandelette Multistix®, tandis que la valeur de la protéinurie n'est notablement modifiée que pour la plus forte concentration en hémoglobine.

La comparaison des résultats observés avec la technique au rouge de pyrogallol et avec celle au bleu de Coomassie sur 105 échantillons permettait d'obtenir un coefficient de corrélation r2 égal à 0,97 (figure 1) avec une équation de la droite : y = 1,07 x + 0,04, montrant que les valeurs trouvées avec le rouge de pyrogallol étaient de 10 % supérieures à celles obtenues avec la technique de dosage au bleu de Coomassie. Avec des urines contenant des chaînes légères et/ou des chaînes lourdes d'immunoglobulines monoclonales, la droite de régression était comparable (Y = 1,18 X + 0,07, r2 = 0,96).

Le test de dilution réalisé avec les deux échantillons urinaires contenant essentiellement des immunoglobulines monoclonales (> 90 %, essentiellement des chaînes légères de type kappa) montre une linéarité parfaite avec la technique au rouge de pyrogallol (r2 = 1,00) dans les domaines testés (0 à 1,5 g/l pour la première urine ; 0 à 2,5 g/l pour la deuxième urine). Avec la technique au bleu de Coomassie, les coefficients de corrélation étaient comparables mais la droite de régression présentait une ordonnée à l'origine négative, responsable d'une sous-estimation de la protéinurie par cette technique (figure 2).

Discussion

Parmi les techniques de dosage des protéines urinaires, la méthode utilisant le rouge de pyrogallol est utilisée dans la majorité des laboratoires d'analyses de biologie médicale et réalise un compromis satisfaisant entre spécificité, sensibilité, praticabilité et coût [2, 9].

Dans notre étude, nous avons confirmé que les limites de linéarité et de détection de cette technique, ainsi que la répétabilité et la reproductibilité observées correspondaient aux données publiées dans la littérature [2, 7] ainsi qu'au domaine de mesure affiché par le fabricant. Ces données sont tout à fait acceptables, au vu des normes récemment publiées [10]. L'étude de corrélation comparant les résultats obtenus avec le bleu de Coomassie à ceux obtenus avec le rouge de pyrogallol fait état d'un coefficient de corrélation à 0,97 (n = 105). Il existe une surestimation des résultats d'environ 10 %, si on les compare à ceux obtenus avec le bleu de Coomassie, comme précédemment décrit [11], ce qui reste tout à fait acceptable, compte tenu des données publiées par Vassault et al. [10].

Une des limites de la technique de dosage des protéines urinaires par le rouge de pyrogallol concerne son application aux urines colorées, notamment celles contenant de l'hémoglobine. Nous avons constaté qu'il existait un risque d'interférence pour les urines surchargées en hémoglobine, et ce d'autant plus que la protéinurie était peu importante (0,04 g/l-0,23 g/l). Néanmoins, la surcharge la plus faible en hémoglobine (25 mg/l) se traduisait déjà par une estimation +++ par la bandelette Multistix, alors qu'à cette concentration, la valeur de la protéinurie n'était pas significativement modifiée.

Nous avons comparé les résultats obtenus par les techniques au rouge de pyrogallol et au bleu de Coomassie pour des urines présentant des chaînes légères et/ou lourdes d'immunoglobulines monoclonales et avons constaté que la corrélation obtenue entre ces deux méthodes était comparable à celle observée lors de l'étude des échantillons urinaires non sélectionnés. Il nous paraît intéressant de noter que, dans les deux cas, la pente obtenue était supérieure à 1. Enfin, l'épreuve de dilution réalisée à partir des deux échantillons pour lesquels la protéinurie était essentiellement constituée de chaînes légères monoclonales nous a permis d'observer que la droite de régression passait par l'origine uniquement avec la méthode au rouge de pyrogallol. La « sous-estimation » relative de la protéinurie est, dans notre étude, plus importante avec la méthode au bleu de Coomassie.

Certains auteurs ont rapporté l'existence d'un risque important de sous-estimation de la protéinurie par le rouge de pyrogallol pour les échantillons urinaires contenant des chaînes légères monoclonales en quantité importante [2, 6]. Cet inconvénient est dû au fait que le rouge de pyrogallol réagit mal avec les chaînes légères. Le Bricon et al. ont noté qu'il existait, en ce qui concerne la méthode de dosage au rouge de pyrogallol, une très grande variabilité des pourcentages de récupération de chaînes légères selon les échantillons (45 %-69 %) [2]. L'adjonction de SDS semblait améliorer ces résultats [2, 7, 12], sans toutefois faire complètement disparaître cet inconvénient, puisque ces mêmes auteurs rapportaient la persistance d'une réactivité non satisfaisante du rouge de pyrogallol vis-à-vis des chaînes légères, et ce malgré l'addition de SDS [2].

Ainsi, les résultats que nous avons obtenus sur les urines présentant des chaînes légères monoclonales pourraient être dus au fait que les réactifs étaient tous deux dépourvus de SDS et que, par ailleurs, les pourcentages de récupération des chaînes légères monoclonales varient d'un échantillon à l'autre, et ce, en fonction de la quantité de protéines de chaînes légères monoclonales excrétée [2].

CONCLUSION

Les performances de la technique de dosage des protéines urinaires au rouge de pyrogallol (J2L Elitech, Labarthe Inard, France) installée sur un automate Hitachi 911 sont tout à fait acceptables au vu des critères récemment publiés. Les avantages essentiels sont la reproductibilité et la répétabilité de cette méthode automatisée, ainsi que son domaine de mesure, plus étendu que celui de la méthode manuelle au bleu de Coomassie. Les interférences avec l'hémoglobine sont le fait de surcharges en hémoglobine assez importantes et aisément détectables à la bandelette Multistix®. Par ailleurs, les études menées sur les urines présentant des chaînes légères monoclonales nous permettent de penser que, si l'utilisation du rouge de pyrogallol peut s'accompagner d'un risque de sous-estimation de la protéinurie, ce risque existe également avec le bleu de Coomassie.

Remerciements. Les auteurs remercient vivement tous les membres de l'équipe qui ont participé à cette étude, qu'il s'agisse de la réalisation des dosages, de la relecture de l'article, ou des tâches de secrétariat.

REFERENCES

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