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Physiopathologie de l’iode : intérêt actuel de son dosage en biologie clinique


Annales de Biologie Clinique. Volume 58, Numéro 4, 395-401, Juillet - Août 2000, Revues générales


Résumé   Summary  

Auteur(s) : E. Plantin-Carrenard, J.-L. Beaudeux, M.-J. Foglietti, Service de biochimie C, Groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière, 47-83, boulevard de l’Hôpital, 75013 Paris.

Résumé : L’iode joue un rôle central dans la physiologie de la thyroïde puisque c’est un constituant essentiel des hormones thyroïdiennes et un régulateur des fonctions de la glande thyroïdienne. Les apports en iode sont variables d’un individu à l’autre, mais également chez un même individu. Son insuffisance ou excès constituent des situations préoccupantes en termes de santé publique. Les carences, qui ne sont plus exceptionnelles sous une forme modérée dans les pays industrialisés, et les surcharges, souvent d’origine iatrogène, sont responsables de dysfonctionnements thyroïdiens d’expression biologique et/ou clinique, mais sont aussi révélateurs d’affections thyroïdiennes sous-jacentes. Le dosage de l’iode dans les liquides biologiques (sang, urine) peut permettre, au cours de l’exploration biologique d’une dysthyroïdie, de préciser son étiologie, de mettre en œuvre une thérapeutique adéquate et de suivre son efficacité.

Mots-clés : Iode – Thyroïde – Dysthyroïdie – Produit de contraste iodé – amiodarone.

Illustrations

ARTICLE

Matériels et méthodes

Matériel et supports internet

L'étude a été menée entre novembre 1999 et janvier 2000. Le logiciel de navigation utilisé est le Microsoft® Internet Explorer® 4.0. Les moteurs de recherche utilisés sont Excite (http://www.excite.com) et Northernlight (http://www.northernlight.com). Ces deux moteurs ont peu de différence au niveau de leur niveau de recherche (tableau 1) (http://www.abondance.com/outils/baromonde.html). Cependant Northernlight est le plus large index du web, tandis que Excite est le plus populaire des moteurs de recherche, car facile à utiliser. Le méta-moteur utilisé est Metacrawler (http://www.metacrawler.com).

Les moteurs de recherche proposent une recherche simple et une recherche avancée, et répondent en donnant le nombre de documents correspondant à la requête ainsi que leur localisation (uniform resource locator ou URL, qui désigne l'adresse internet d'un site). Il existe des niveaux de recherche (titre, résumé, adresse, domaine, site, etc.) à partir desquels il est possible d'effectuer sa requête. Le catalogue de notre choix étaient « le web mondial ». Les mots utilisés sont des mots anglais (pour la rédaction de l'article, nous utiliserons la traduction française de ces mots). Suivant la logique de l'interrogation du moteur, nous avons utilisé en recherche avancée des mots clés : des troncatures (*), l'inclusion (+), des exclusions (­), des opérateurs booléens (AND ou & pour « et », OR pour « ou », AND NOT ou NOT pour « sauf ») ou proximité (NEAR, ADJ) (tableau 1).

Les outils de recherche par méta-index ou méta-moteur permettent d'obtenir la localisation des documents et le nom des moteurs qui ont fourni les résultats, ils sont plus puissants que les moteurs de recherche. Ils soumettent la requête à plusieurs moteurs de recherche, reçoivent et compilent les réponses de chaque moteur en supprimant les doublons. L'utilisation de liens recommandés par certains sites, répondant à nos critères de sélection, a été mise en œuvre.

Établissement des critères de recherche : première analyse des résultats

Dans un premier temps, nous avons interrogé internet par recherche simple en introduisant des mots clés « syndrome de Down », « trisomie 21 » (Down syndrome, trisomy 21, en anglais). Cette phase préliminaire de la recherche nous a permis d'avoir un descriptif (différents mots clés associés au DS ou trisomie 21) des sites sur l'internet. De cela découle la sélection de mots clés rapportés dans le tableau 2.

Reformulation des critères de recherche

Après avoir établi les mots clés associés, répondant à notre objectif (tableau 2), nous avons interrogé les outils de recherche, en suivant leur logique d'interrogation. Afin d'éviter une évaluation intuitive des sites, nous avons tenté de définir des critères explicites d'appréciation. Les questions suivantes ont dirigé notre sélection finale : Le thème du site est-il clairement défini ? Quelle est la précision de l'information ? L'information est-elle récente (date de mise à jour) ? L'auteur est-il identifié ? Peut-on le contacter ? Ou existe-t-il un lien de contact avec le webmaster ? Nous avons exclu les listes de diffusion (news groups) et les sites de publicité « grand public ».

Résultats et discussions

Les sources trouvées

Il existe des centaines de moteurs de recherche sur l'internet. Seule une minorité (le Big seven, constitué par Altavista, Excite, Hotbot, Infoseek, Lycos, Northernlight et Webcrawler), rassemble la majorité des requêtes des interrogateurs (95 à 97 % des interrogations). Les réponses que l'on obtient habituellement sont : l'URL, le résumé et le pourcentage de pertinence de la réponse. Mener une recherche thématique sur internet demande quelques directives de base pour optimiser le temps investi pour la recherche d'une information. Dans la plupart des cas, le procédé est proche de celui que l'on adopte habituellement lors d'une recherche bibliographique en ligne ou sur cédérom. Ainsi, l'utilisation du mot « trisomie » en recherche simple lors de notre investigation, donnait 1 637 documents avec le moteur Excite et 9 624 avec le moteur Northernlight (tableau 3). L'expression « Down syndrome », qui semble avoir été traduite par « Down » + « syndrome » , en donnait 3 261 311 sur le moteur Excite et 204 265 avec le moteur Northernlight. Les documents obtenus avec les mots « Down AND syndrome » (ou Down&syndrome) répondaient plus à notre attente, du fait de la spécificité de la majorité de ces documents à la trisomie 21.

Les résultats ainsi obtenus en recherche avancée sur les moteurs démontrent qu'il est nécessaire de définir des termes associés au(x) mot(s) clé(s) principal(aux) et juger de soi-même de la pertinence des réponses. Le tri des sites par l'utilisateur est un problème majeur.

Influence des moteurs de recherche sur les résultats : apport du méta-moteur

Chaque moteur a son propre système d'interrogation. La plupart des moteurs proposent un menu « aide » qui donne des instructions sur leur propre système d'interrogation. Le tableau 3 montre que les moteurs de recherche n'apportent pas tous les mêmes réponses. Cela s'explique par le fait que les sites internet ne sont pas forcément enregistrés par leurs auteurs dans les différents moteurs existants. Il apparaît donc nécessaire de consulter plusieurs moteurs. Ceux-ci ne tiennent habituellement pas compte des doublons. L'établissement de la requête de recherche entraînant la production d'une liste de sites réellement pertinents a donc été nécessaire. L'utilisation du méta-moteur Metacrawler nous a permis d'obtenir une liste de sites dans laquelle sont exclus des doublons, contrairement aux recherches sur les moteurs. Ainsi, la totalité des documents relatifs à « Down AND syndrome » consultés par Metacrawler correspondait à seulement 41 sites (figure 1) : ce qui permet à l'investigateur un gain de temps dans la consultation des contenus des sites de sa requête.

Question de validité de l'information sur internet

Il n'existe pas de règle régissant la validité des informations sur l'internet. De plus, contrairement au revues scientifiques dotées d'un comité de lecture, les informations sur internet sont pour la plupart des cas issues des seules critiques de leurs auteurs ou de leur entourage. Certaines informations pourraient êtres rapportées à partir de références sérieuses, alors que d'autres pourraient ne pas bénéficier d'examens rigoureux. Une sélection des documents (sur la base des critères suivants : 1) thème non clairement défini ; 2) mise à jour des informations antérieure à 1998 ; 3) auteur non identifié ; 4) aucun lien possible avec le webmestre), nous a permis de localiser une quarantaine de sites développés par des instituts, des hôpitaux, des cliniques, des sociétés savantes, des structures académiques (universités et laboratoires), des personnes physiques (plus souvent des parents de patients trisomiques). Sur l'ensemble des sites répertoriés avec Metacrawler à partir des mots clés « syndrome AND Down », 90 % intégraient spécifiquement la génétique du SD, 75,6 % intégraient les conférences (nationales et internationales) sur le SD, 66 % intégraient les recherches en cours sur le SD et seulement 29 % intégraient la nutrition et le SD.

Une synthèse d'informations médicales et scientifiques est proposée sur le site Down syndrome health (http://www.ds-health.com). Ce site présente de nombreux articles, entre autres, l'histoire du SD, la génétique du SD, les formes de manifestations du SD, les controverses sur différentes théories du SD et une collection de plus de 150 liens externes pouvant aider les chercheurs à mieux cerner la spécificité du SD. Malgré la richesse et l'originalité des informations sur ce site, on peut simplement lui reprocher l'absence de références bibliographiques spécifiques. Sur le site Down syndrome (http://www.nas.com/downsyn/contrib.html) sont proposés des articles médicaux rédigés par des médecins, à partir de leurs études et expériences sur le risque de récurrence du SD, sur le traitement des patients trisomiques, etc. Ces documents ne comportent aucune référence bibliographique.

Online Mendelian Inheritance in Man (OMIM #190685 ; http://www.ncbi.nlm.nih.gov), présenté par le docteur McKusick et ses collaborateurs, propose une description médicale du SD. Celle-ci comprend une brève description du SD, ses caractéristiques cliniques, l'origine de la translocation trisomie 21 et la description sommaire de la région critique du SD sur le chromosome 21. Des références bibliographiques y figurent avec un lien direct sur PubMed (le service de recherche de la National Library of Medicine qui offre un accès à plus de 10 millions de références dans Medline, PreMedline et autres bases de données). Cependant, sa vocation prive ce site de nombreux détails.

Le journal multidisciplinaire Down Syndrome Quaterly propose sur son site (http://www.denison.edu/dsq/) un guide de santé pour sujets trisomiques 21, de la naissance à l'âge adulte. Ce guide, élaboré grâce à la collaboration de nombreux experts du Down syndrome Medical Interest Group des États-Unis, est accompagné de nombreuses références bibliographiques.

Des titres et auteurs de programmes de recherches sur le SD sont accessibles sur le site DS health issues (http://www.ds-health.com/research.htm), pour les programmes financés par différents organismes de santé des États-Unis et sur le site français de la Fondation Jérôme Lejeune (http://www.fondation-jerome-lejeune.asso.fr) pour les programmes financés par la Fondation. Les programmes d'étude concernent aussi bien la recherche expérimentale que la recherche clinique, et plus particulièrement les aspects génétiques, biochimiques, neurologiques, cognitifs, communicatifs et hématologiques.

Le lecteur pourra ainsi découvrir d'autres sites de son intérêt à partir des URL du tableau 4 et par les liens proposés par les sites.

CONCLUSION

Ce travail permet de trouver des sources d'informations complémentaires sur le SD, au-delà des traditionnelles sources d'information des bibliothèques. Cependant, l'utilisateur ne doit pas perdre de vue les limites de ces ressources. Il doit rester maître de son investigation et faire preuve de prudence et de jugement sur l'exactitude des informations auxquelles il a accès. L'analyse de l'information brute est une phase importante qui doit permettre de sélectionner et enregistrer les sites pertinents dans ses signets. La recherche par méta-moteur nous a permis de réduire les bruits de fond, d'avoir un accès plus rapide, pour pouvoir faire des recherches plus affinées. Des bases de données médicales sur le SD ainsi que de nombreuses informations biochimiques, génétiques et neurologiques sont accessibles sur internet et peuvent faciliter la recherche sur cette condition.

.Remerciements. Les auteurs remercient la Fondation Jérôme- Lejeune pour son soutien financier. Nous invitons le lecteur à nous faire part des nouveaux sites d'intérêt sur le syndrome de Down (E-mail : chango@u308.nancy.inserm.fr ou à partir du site http://www.multimania.com/edsinfo).

Article reçu le 12 avril 2000, accepté le 3 mai 2000.

REFERENCES

1. Pool R. Computing in science : beyond databases and e-mail. Science 1993 ; 261 : 841-3.

2. Pallen M. Guide to the internet : introducing the Internet. Br Med J 1995 ; 311 : 1422-4.

3. Pallen M. Guide to the internet : the world wide web. Br Med J 1995 ; 311 : 1552-6.

4. Kipp DE, Radel JD, Hogue JA. The Internet and the nutritional scientist. Am J Clin Nutr 1996 ; 64 : 659-62.

5. Lejeune J, Gautier M, Turpin R. Étude des chromosomes somatiques de neuf enfants mongoliens. CR Acad Sci 1959 ; 248 : 1721-2.


 

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