Résumé : Dans un service d’exploration fonctionnelle respiratoire (EFR), les gaz du sang artériel font l’objet de deux démarches : la première, analytique, est similaire à celle d’un service de biochimie, la seconde, interprétative, permet au médecin d’EFR de se poser de multiples questions liées à la complexité des variables analysées face à un malade donné. La présence du malade, et de son dossier médical, est nécessaire pour avoir en mains toutes les données permettant une interprétation correcte des gaz du sang. Ce texte sera centré sur les échanges gazeux, l’équilibre acide-base est néanmoins essentiel à analyser car, là aussi, il faut éviter toute naïveté, l’interprétation d’un bilan acido-basique peut être difficile. Il est peut-être bon de rappeler que la normalité du pH, de PaCO2, de CO3H– ne permet pas, seule, d’affirmer que l’équilibre acide-base est normal. L’analyse simultanée de l’ionogramme est nécessaire. |
ARTICLE
Les techniques de dosage des protéines urinaires utilisant le
rouge de pyrogallol sont majoritairement utilisées par les laboratoires,
77 % d'entre eux en 1997 selon les annales du contrôle de qualité
national. Elles sont très sensibles aux interférences provoquées
par les gélatines éliminées dans les urines après
perfusion d'un soluté de remplissage. En revanche, les techniques
au bleu de Coomassie (2 % des laboratoires) ou par précipitation
à l'acide trichloracétique (1 %) n'y sont pas sensibles
[1].
Une proportion non négligeable de laboratoires (7 % des participants
au contrôle de qualité interlaboratoires Pro-Bio-Qual) ont
recourt à une méthode dont la sensibilité aux gélatines
est inconnue, la spectroréflectométrie sur plaques multicouches
Upro Vitros®. Avec cette technique, les protéines
se fixent en présence d'oxalates sur un complexe molybdate-pyricatéchol
et déplacent son maximum d'absorption de 450 à 670 nm [2]
; la lecture est faite sur analyseur Ektachem® ou Vitros®.
Pour mettre en évidence une éventuelle interférence,
nous avons opéré selon le protocole Valtec [3]. Cinq niveaux
de protéinurie ont été étudiés : 0,02,
0,14, 0,44, 1,92 et 4,45 g/l, des aliquotes de chaque urine ont été
surchargées avec du Plasmion® pour atteindre des
concentrations respectivement de 3,75, 7,5, 11,25 et 15 g/l de gélatine.
Les dosages ont été pratiqués en double sur analyseur
Ektachem 700® avec les plaques Upro Vitros®
(réf. n° 680 0120).
Les résultats sont regroupés dans le tableau
1. Aucun écart ne dépasse 0,01 g/l. Il est donc
possible d'affirmer que l'évaluation des protéinuries sur
plaque Upro Vitros® au violet de pyrocatéchol est
totalement insensible à la présence de gélatine fluide
modifiée. Il serait utile de déterminer si cette insensibilité
provient du colorant lui-même ou bien de la technologie des plaques
multicouches.
Références
1. Le Bricon T, Boudaoud S, Chenebit A, Viguier D, Erlich D,
Bousquet B. Interférence des solutions de remplissage vasculaire
à base de gélatine sur le dosage des protéines urinaires
totales : comparaison de deux techniques de dosage automatisées.
Ann Biol Clin 1999 ; 57 : 108-9.
2. Fujita Y, Mori I, Kitano S. Determination of proteins by using
the color reaction with pyrocatechol violet-molybdenum (VI) complex. Chem
Pharm Bull 1984 ; 32 : 4161-4.
3. Vassault A, Grafmeyer D, Naudin C, et al. et les membres
de la commission « Validation de techniques » de la SFBC. Protocole
de validation de techniques (Document B). Ann Biol Clin 1986 ;
44 : 686-745.
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